10.07.2009

Le silence ahurissant des medias occidentaux

Où sont les médias occidentaux, où sont ces politiciens défenseurs de la liberté des urnes, où sont ces associations de défense des droits de l'Homme, si prompts à dénoncer les pouvoirs anti-démocratiques ?


Paris, le 5 juillet 2009

Les medias occidentaux avaient vivement accusé l'Iran de bloquer les communications Internet et téléphoniques. Ces medias avaient tout fait pour diffuser des vidéos amateurs tournées avec des téléphones mobiles et se plaignaient que leurs équipes ne pouvaient pas tourner sur place et qu'ils ne disposaient d'aucune image professionnelle. Ils ne se sont pas donnés la peine de vérifier l'origine de ces vidéos ou communications téléphoniques: le président iranien était accusé et c'était bon.

La population du Honduras résiste contre le coup d'état qui a expulsé le président élu Manual Zelaya. Ils organisent aujourd'hui dimanche 5 juillet une marche immense depuis plus de 6 heures vers l'aéroport de Tegucigalpa pour manifester leur soutien au retour de Manual Zelaya malgré l'interdiction des forces militaires aux ordres. Le Président est à bord d'un avion qui a décollé de Washington à destination de Tégucigalpa, bien que les putchistes aient fait fermer l'aéroport et annoncé qu'ils n'accepteraient aucun avion dans l'espace aérien.

Les manifestants sont plusieurs milliers et ils avaient réussi à faire reculer les forces de répression jusqu'à l'aéroport. Mais les militaires ont usé de leurs forces à l'aéroport.
Les images sont disponibles en direct sur les chaînes de télévision de l'Amérique du Sud, notamment sur http://www.telesurtv.net .
A l'heure où j'écris ces lignes, minuit passé en Europe, on dénombre deux morts et de nombreux blessés par balles.  L'avion du Président est toujours attendu. Les militaires sont en position de combat.

Si les médias et les politiques occidentaux n'avaient pas passé sous silence la lutte quotidienne des Honduriens en faveur du retour de leur président, les forces du coup d'état ne se seront pas senties en position forte.

Après leur soutien tout azimut apporté aux opposants iraniens, le silence des medias et politiques occidentaux est grave. Une information qui n'est pas en boucle sur les radios d'information, qui ne passe pas dans les journaux TV de 19h00 ou 20h00, n'est pas une information.

La démocratie à géométrie variable selon les seuls intérêts d'une minorité restera le propre de la démocratie occidentale.  Elle est en opposition frontale avec la vraie démocratie qui l'effraie. C'est pourquoi elle court à sa perte, elle va mourir étouffée par la peur qu'elle entretient, elle est en train de se suicider.

Gilbert Léonard

Source: http://www.michelcollon.info

01.07.2009

Musavi, criminel et larbin au service d'Obama

Qui est Hossein Musavi

le « combattant de la liberté » d’Iran ?

Alexandre Teitelbaum

(extraits)

I La logique éléctorale des puissances occidentales

En ce qui concerne les élections, la logique occidentale part d’un principe universel : quand un ami des grandes puissances triomphe, il s’agit d’élections libres et quand des partis, mouvements ou personnalités hostiles gagnent, il y a fraude !

Dans le cas actuel, en Iran, on applique le principe universel en le complétant d’une espèce de syllogisme : 1) le candidat de l’opposition MUSAVI devait gagner ces élections, comme le souhaitaient les occidentaux, 2) MUSAVI a perdu les élections (un tiers des voix contre deux tiers au président actuel), 3) Conclusion : il y a eu fraude,

La conclusion a été assumée par les grandes puissances, ses leaders politiques et les grands médias.

Le résultat final, communiqué officiellement sur les 40 millions de votants Ahmadinejad 62.63% (25 millions) ; Musavi 33.75% (13.500.000) Rezai 1.73% (692.000) Karoubi 0.85% (340.000).

Pour qu’un tel résultat soit le résultat d’une fraude, celle-ci eut été monumentale et personne n’a apporté la moindre preuve d’une manipulation de cette envergure. Mais la « communauté internationale » (c’est ainsi que les médias nomment les grandes puissances) veut se débarasser à n’importe quel prix du gouvernement iranien actuel. C’est pourquoi MUSAVI est devenu le « combattant de la liberté »,

Mais on parle peu de ses états de service.

II Qui est MUSAVI ?

Il fut le premier ministre du pays pendant la guerre avec l’Irak (1981-1989). Il fut responsable de l’exécution du massacre de milliers de prisonniers politiques. C’est durant son mandat que la totalité des partis et organisations politiques, syndicats, organisations féministes etc. furent poursuivis, leurs membres - dont des milliers de jeunes et étudiants - arrêtés, torturés, exécutés. Il s’agit du plus grand massacre de l’histoire contemporaine d’Iran. Parmi les victimes, 53 membres du comité central du part Toudeh (communiste), dont 4 qui avaient passé 25 dans les prisons du Shah, des poètes, des écrivains, professeurs d’université, médecins, des dizaines de militaires (parmi lesquels le commandant en chef des forces navales d’Iran, le général Afzali, accusé d’être communiste), les principaux représentants des minorités religieuses au parlement (toutes de gauche), liquidés après avoir souffert des tortures inimaginables tant physiques que psychologiques (par exemple être contraint à tirer le coup de grâce à leur camarades). Les revendications d’autonomie des minorités ethniques (près de 60% de la population du pays) durement réprimées, des centaines de kurdes et de turkmènes pendus sur les places publiques. L’ampleur de la répression politique, religieuse, ethnique, et antiféministe du régime islamiste a contraint plus de 4 millions d’iraniens à l’exil, le plus grand exil de toute son histoire. On estime à 30 000 le nombre d’assassinats dans ces quelques mois de 1988.

En 2008, à l’occasion du vingtième anniversaire du massacre, Amnesty International, dans son rapport annuel, demande que les responsables du « massacre des prisons » rendent des comptes (la plupart des victimes étaient déjà en prison). Tout le monde en Iran n’a pas oublié ce sanglant épisode de l’histoire et durant la campagne électorale, plusieurs fois, les étudiants ont demandé des explications à Musavi sur son rôle de l’époque.

III Pourquoi ce gouvernement iranien gêne-t-il tant les puissances occidentales ? Les mêmes qui ne pipent mot quand il s’agit de dictatures ou de démocraties amies qui violent systématiquement les droits de l’homme.

En premier lieu parce que le gouvernement d’Iran est un obstacle considérable dans la région pour la stratégie impérialiste et son gendarme local le gouvernement de droite raciste d’Israël. En deuxième lieu parce que l’Iran, fort de son droit, résiste à l’énorme pression des grandes puissances et poursuit son programme de développment de l’énergie nucléaire.

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Par Alexandre Teitelbaum argenpress/insurgente.org

traduit par Al Fare

21.06.2009

Le moteur à eau dit "Moteur Pantone"

La technologie Pantone consiste à modifier l'alimentation en carburant du moteur à explosion (essence ou diesel), elle est censée permettre une forte réduction de pollution et une importante économie de carburant, en remplacement ou en adjonction du produit de la pyrolyse de vapeur (essence, eau, etc.). Cependant, aucune étude scientifique, aucune publication n'a permis de démontrer la réalité des performances annoncées.

Paul Pantone né en 1950 à Détroit, est un inventeur américain qui a déposé un brevet international n° US005794601A1pour son « processeur multi-carburants Geet » qu'il a conçu seul. Il a rendu libre et public tous les plans de son invention. En 2005, aucune équipe ou compagnie industrielle ne commercialise le procédé. Des équipementiers travaillent depuis 2003 sur la boucle d'air et l'injection d'eau

Paul Pantone a été condamné pour escroquerie et incarcéré pendant deux semaines le 21 août 2005, à cause de clients peu satisfaits. Il reste actuellement (le 28 février 2008) incarcéré dans un hôpital psychiatrique de l'Utah.

Conçu initialement comme un préchauffage des gaz d'admission par récupération de la chaleur des gaz d'échappement, le procédé Pantone, selon ses partisans, réduirait la consommation de carburants conventionnels et entraînerait une réduction des émissions polluantes. Aucune étude scientifique n'a démontré de réduction de consommation ou d'émission de gaz polluants avec ce type de dispositif.

On peut en fait distinguer plusieurs principes de réalisations :

  1. Le plan initialement publié par Pantone, et repris par J-L Naudin, utilise une recirculation des gaz d'échappement dans un « bulleur » afin de préchauffer et de vaporiser le carburant (généralement un mélange eau + essence). Mis en œuvre par certains particuliers sur des tondeuses, ce type d'installation est le plus médiatisé.[réf. nécessaire] Ce principe fait l'objet du brevet déposé par Paul Pantone.
  2. Une installation radicalement différente a été réalisée initialement sur le « Tracteur n°22 » par Mr Antoine Gillier. [4], puis sur d'autres véhicules. S'agissant d'un moteur Diesel, il n'était pas question de modifier le circuit d'injection de gazole pour mettre en place un bulleur. Le PMC (Processeur Multi Carburants) agit seulement sur un flux de vapeur d'eau, ajouté à l'entrée d'air. Ici, seule la vapeur d'eau est préchauffée et comprimée, il n'y a pas de bullage des gaz d'échappement.
  3. De nombreux autres essais ont vu le jour, avec des réussites variables, utilisant diverses vannes, carburateurs, préchauffage du bulleur, isolation thermique du tube externe... Une association française propose actuellement un module « prêt à poser », notamment pour les machines agricoles. Ces procédés dérivés peuvent éventuellement ne pas être couverts par le brevet de Pantone.

Le système s'applique pour tout moteur thermique (moteur de tondeuse et motoculteur 4 temps, moteurs de voiture et camion à essence ou diesel, groupe électrogène, chaudière de chauffage central à fuel, etc.). Le but est d'utiliser un carburant contenant 25% d'hydrocarbures (essence, fuel, pétrole brut, etc.) + 75% d'eau. En fait, ce ne serait pas l'eau directement mais l'hydrogène tiré de cette eau, dont les partisans du Pantone disent disposer, grâce à la création inexpliquée d'un plasma. Sachant que les niveaux de température des gaz d'échappement sont à peu près 100 fois plus basses que celles d'un plasma, et que le tout est justifié par une des explications pseudo-scientifiques irréalistes, l'auteur laisse planer des doutes sur les justifications scientifiques de son invention.

Ce «multi-carburant» est porté à ébullition dans un réservoir grâce a une partie des gaz d'échappement qui y sont conduits par le biais d'un bulleur. Les vapeurs d'hydrocarbures et d'eau dégagées par l'ébullition passent dans le «réacteur à plasma» où se reproduirait «le principe de l'orage». La décomposition thermochimique du mélange eau/carburant s'effectuerait dans ce réacteur.

Selon d'autres sources , le «réacteur» ne servirait qu'à préchauffer les gaz d'admission et l'eau du bulleur ne serait absolument pas modifiée atomiquement, car elle ne servirait qu'à capter les hydrocarbures présents dans les gaz d'échappement (une faible partie des gaz d'échappement sont envoyé dans le bulleur). Le principe ne serait donc pas si compliqué que ce qu'expose Paul Pantone sur son site Internet. En outre, l'affirmation de la création d'un plasma pour «électrifier les gaz d'échappement», en utilisant «une tige d'acier placée quelques minutes dans l'axe du champ magnétique terrestre», n'a pas de réalité scientifique.

Attention: sur les moteurs Diesel, les réservoirs se déforment à cause du gazole qui revient à haute température du moteur par le retour de pompe. En plus, il faut éviter les mesures à mi-plein car le gazole est un liquide qui se dilate, ou sinon, il faut attendre quelques bonnes heures ou une nuit avant de refaire son plein.

Plans de fabrication: http://quanthomme.free.fr/qhsuite/GillierAntoine.htm

 

Le temps Lyapunov

 

01.jpgDans la physique moderne, explorant principalement des « conditions très déséquilibrées » et des systèmes chaotiques, il y a un terme technique – le « temps Lyapunov ». Il désigne une période où un certain processus (physique, mécanique, quantique, ou même biologique) se développe au-delà des limites de prévisibilité précise (ou probable) et entre dans un mode chaotique. En d’autres mots, la trajectoire du processus est subordonnée à des lois strictes seulement jusqu’à un certain moment dans le temps réel. Au-delà de ce moment, le temps « normal » se termine et le « temps Lyapunov » paradoxal (ou plus précisément, le « temps Lyapunov positif ») le remplace. Les caractéristiques de ce « temps » sont très curieuses. A la différence du temps physico-mécanique habituel, qui est considéré dans la physique classique comme une quantité essentiellement réversible (cela signifie que le temps n’est rien d’autre qu’un axe statique, ajoutant une quatrième dimension à l’espace tri-dimentionnel ; voir le modèle éducationnel d’Einstein), le « temps Lyapunov » s’écoule irréversiblement, dans une seule direction, et par conséquent, ne consiste pas en une trajectoire définie une fois pour toutes (dans l’espace quadri-dimentionnel), mais en « événements », en mouvements complètement imprévisibles, qui sont arbitraires, accidentels, irréguliers. Les processus qui surviennent durant le « temps Lyapunov » sont qualifiés de chaotiques par contraste avec les processus de la mécanique classique.

Cela peut être illustré par un exemple de la vie quotidienne. Par exemple, trois personnes sont en train de boire. Jusqu’à un certain moment, leur comportement est très prévisible : ils discutent de connaissances, d’amis, de problèmes personnels, de sport, de femmes, de politique. Progressivement, à mesure que le niveau d’ivresse s’accroît, des « bruits » (c’est ainsi que la physique moderne nomme les interférences secondaires dans le flux du processus) commence à s’insinuer dans la conversation. Ces « bruits » peuvent s’exprimer par ce que certains passages sont répétés plusieurs fois par les gens ivres, les conditions psychologiques deviennent tendues, des arguments et des conflits surgissent, l’atmosphère générale se tend. A un certain moment, les conditions atteignent le point de divergence (c’est un terme-clé dans la « théorie de la catastrophe » du physicien bien connu René Tom). Cela signifie que la logique de comportement du trio ivre dans son ensemble et de chacun de ses membres séparément, peut arbitrairement prendre une trajectoire parmi deux de probabilité égale. Par exemple, deux d’entre eux vont dormir, et le troisième rentre à la maison. Ou l’un en attaque un autre à coups de poings, pendant que le troisième tente de les calmer. Ou tous les trois vont dans la rue et se bagarrent avec des passants pour des broutilles. Ou tous se séparent tranquillement et rentrent dans leur famille avec une conscience coupable.

Quand tout le monde se rassemble pour boire, le résultat final de la beuverie n’est pas connu. Jusqu’à un certain point, la situation est subordonnée à un nombre limité de facteurs psychologiques, variant selon le niveau culturel et intellectuel des buveurs. Mais quelles que soient les pré-conditions, si la beuverie continue, tôt ou tard le point de divergence sera atteint, et le groupe entrera sans s’en apercevoir dans le « temps Lyapunov », où toutes les proportions sont érodées, où un détail minime peut causer une réaction excessive, où chaque action suivante est complètement imprévisible et manque de motifs.

Mais ce qui est le plus intéressant est que le « temps Lyapunov » n’est pas une période de désordre complet, où tous les mouvements sont absolument arbitraires. Il se situe quelque part entre un système pleinement structuré et une complète absence de système. Des fragments de trajectoires demeurent, le comportement ivre est subordonné à des fragments de conditions logico-psychologiques déterminées. Le chaos possède sa structure paradoxale, qui est appelée « physique de processus non-intégrés » ou « système d’attractions fractales ». Par conséquent, le « temps Lyapunov » est sujet à une certaine mesure paradoxale, seulement plus flexible et comprise plus largement que le déterminisme des « systèmes intégrés » (en d’autres mots, les trajectoires classiques et quantiques ordinaires). Certains physiciens contemporains – en particulier Ilya Prigogin – pensent que les processus se déroulant dans le « temps Lyapunov positif » sont la clé du mystère de la vie. Ici, dans cet état transitoire, entre la structure stricte et la complète absence de structure, dans un système chaotique, se trouve la combinaison « magique » de loi et de liberté, de modèle et d’événement, de détermination et de spontanéité, et c’est cette combinaison qui est appelée « vie ».

Un modèle purement logique et rationnel, comme l’a montré Kant, n’est pas capable de « saisir » un objet par lui-même, l’essence de la réalité, qui reste toujours inaccessible et nouménal. Le « noumène » lui-même garde un silence complet. C’est seulement dans les mondes chaotiques, pendant le « temps Lyapunov », que survient la secrète transition entre le silence et la parole, l’existence et la non-existence, le rationnel et l’irrationnel, et inversement.

Etonnant, mais les idées de Prigogin et d’autres théoriciens des « processus non-intégrés » coïncident exactement avec les doctrines traditionnelles de l’alchimie, affirmant que la « Pierre philosophale » peut être trouvée dans une « particule d’ancien chaos » que le Créateur aurait négligé pendant la création ! C’est la « magnésie des philosophes », « notre Cybèle », « notre Latone ».

Le « temps Lyapunov » est un très important concept à deux niveaux isomorphiques – la réalisation spirituelle individuelle et les transformations sociales. Pour un individu essayant de trouver son véritable centre, le « temps Lyapunov » signifie cultiver les états marginaux (alcoolique, narcotique, etc.) entre la pleine conscience éveillée et l’évanouissement nocturne.

C’est seulement à cette limite qu’il est possible de saisir le point magique, spectral, où l’existence individuelle côtoie les réalités extra-individuelles – de caractère infra-corporel et purement angélique. C’est l’essence du mécanisme de l’initiation. Le « temps Lyapunov » est une phase de « mort initiatique ». Celui qui est capable de prendre le contrôle de ce « goulot d’étranglement » dépasse la limite du dualisme fatal vie-mort. Au niveau social, c’est une image analogue. Chaque régime, chaque ordre social, chaque formation économico-politique est subordonné à des lois strictement déterminantes, incarnées dans la structure du pouvoir, dans son idéologie, dans ses règles internes. Mais l’énergie sociale, comme toute énergie dans l’univers corporel, diminue dans une direction, « produit de l’entropie ». C’est pourquoi tout régime et toute formation sociale fonctionne logiquement et en accord avec ses lois seulement pendant une période limitée. Après un certain moment, le « temps Lyapunov » arrive. Comme un groupe de buveurs, après avoir atteint une certaine limite la société commence à se comporter de manière imprévisible, chaotique. Le périphérique s’accroît jusqu’à des proportions géantes, le central et l’axial se déplace vers la marge.

Incontestablement, le « temps Lyapunov » a commencé en 1985 pour l’URSS. L’actuel président (notez, « imprévisible » !) est un exemple typique de « particule » dans un système chaotique. Devant nos yeux, un nouveau système libéral est né à partir des « vestiges en voie de disparition » du socialisme tardif dégénéré. Mais lui aussi a vieilli, son entropie grandissant terriblement vite, il commence à nous rappeler, curieusement, jusqu’aux moindres détails, les dernières phases de la société soviétique. On ne peut pas exclure que le cycle libéral sera très éphémère, puisque certains systèmes ne sont, en principe, pas viables (dans certaines conditions).

Un autre aspect important : la phase d’effondrement du soviétisme est survenue dans une complète passivité intellectuelle de la part des acteurs majeurs. En d’autres mots, il n’existe pas d’organisme social qui pourrait « saisir » le contenu principal du « temps Lyapunov » social dans notre situation et placer cette précieuse connaissance à la base d’un nouvel ordre social. Il semble que tout le monde dormait pendant les événements les plus intéressants. Mais la mort initiatique est différente de la mort ordinaire en ce que la conscience n’est pas perdue complètement (étant préservée dans un régime spécial). Le chaos doit non seulement être surmonté, mais interprété. Si cela ne se produit pas, la répétition du chaos est inévitable. Une autre catastrophe, une autre phase de changements sociaux, encore un autre « saut dans l’inconnu ». Même plus, cela se répétera (avec un rythme plus rapide) jusqu’à ce qu’une formation sociale prenne la responsabilité d’un travail scientifique et pratique, dangereux et excitant, sur les structures chaotiques.

La « stabilité » et la « régularité » sont encore plus fantomatiques et trompeuses que les derniers jours du SOVDEP (et le retour au passé est irréaliste).

Notre société est aujourd’hui un mirage aussi inconsistant que la stupidité confiante de l’homme de la rue contemporain. Mais nous savons que le « temps Lyapunov » est notre temps. C’est pourquoi la main glisse vers … (non, pas encore vers ce à quoi vous pensiez) les livres de Poincaré, Kolmogorov, Stengers, Tom, Prigogin, Capra, Nichols, Mandelbrot, et d’autres auteurs intéressants.

A notre doctrine universelle de la Révolution, en plus de l’héritage de la « Nouvelle Droite » et de la « Nouvelle Gauche », nous ajoutons les théories des « nouveaux physiciens ».

Palestine et Tradition

Un peuple, revenant à ses propres racines et à sa propre tradition, respecte les autres peuples qui a leur tour, par ricochet, acceptent le modèle traditionnel et leur passé. Il s’agit d’un principe qui, comme le remarque Douguine, constitue la base d’une approche traditionnelle des rapports entre des communautés de culture, de religion et d’ethnie différentes.

Une politique guénonienne

Concernant l’adjectif traditionnel, il n’est pas superflu d’écrire qu’Alexandre Douguine en use dans une acception particulière qui est celle de René Guénon et de tous les auteurs ayant été inspirés par son œuvre

Dans le cas particulier du conflit entre les sionistes et les Palestiniens, Douguine affirme que la proposition eurasiste doit être considérée comme l’alternative à celle des Américains. Pour lui la solution ne se trouve pas dans la laïcité mais dans un principe rassembleur résumé en ces mots : « La Tradition, notre solution ».

Pour notre part, nous pouvons observer que la validité de cette position est confirmée par l’expérience historique : en Palestine, les diverses communautés traditionnelles ont pu cohabiter de manière banale et pacifique tant que le territoire palestinien et sa population ont été sous la coupe d’une autorité traditionnelle, c’est-à-dire tout d’abord le califat omayyade puis abbasside, puis ensuite l’Empire ottoman.

Les choses ont radicalement changées suite à la prise de contrôle de la Palestine par une organisation criminelle internationale. Avec la complicité de l’impérialisme, elle y a fait affluer des groupes successifs d’immigrants, constituant l’Etat d’Israël, une tête de pont néocolonialiste qui, depuis plus d’un demi-siècle plonge le Proche-Orient dans la guerre et le terrorisme.

Les eurasistes, qui, plus que tout autres, ont a cœur la paix et la liberté, dénoncent le caractère illégitime, maffieux, agressif et anti-eurasiatique de l’entité sioniste instaurée en Palestine. Cohérents avec nous mêmes, nous soutenons toutes les forces qui, en Palestine et dans le monde arabe, ainsi que dans la communauté musulmane, veulent restituer le pays à ses légitimes propriétaires. Partisans du droit de toutes les communautés ethniques et religieuses à vivre ensemble de manière juste et pacifique, les eurasistes sont, de ce fait, opposés à l’existence du régime criminel sioniste, fondé sur un présupposé de domination raciale et religieuse qu’un groupe (celui des envahisseurs sionistes) aurait le droit d’exercer sur la population autochtone.

La position du judaïsme orthodoxe

Le fait que celle-ci soit en partie musulmane et en partie chrétienne, ne doit pas faire oublier qu’avant l’occupation sioniste, elle cohabitait harmonieusement avec une petite communauté juive, présente depuis de nombreux siècles sur le sol palestinien. Mais il s’agissait de juifs profondément enracinés dans leur tradition. Ceci était possible car jamais le judaïsme traditionnel n’a pensé fonder un Etat juif en Palestine. Les textes sacrés du judaïsme parlent bien de la fin de l’exil, mais dans les temps messianiques. Selon les rabbins, le retour en Terre sainte ne se produira que quand Dieu le décidera et non quand les juifs voudront mettre fin à leur exil. Pour eux, les textes sacrés interdisent aux juifs de se rebeller contre leurs nations-hôtes, même quand leurs souffrances sont atroces. Ceci explique l’intransigeance des rabbins d’Europe orientale et centrale face au sionisme, même à l’époque du III° Reich .

Cette position est parfaitement compatible avec les croyances des deux religions pratiquées en Palestine : l’islam et le christianisme. A l’encontre, le sionisme est non seulement incompatible avec l’islam et le christianisme, mais aussi avec le judaïsme traditionnel. Dans une perspective juive orthodoxe, en effet, l’Etat d’Israël n’est rien d’autre qu’une contrefaçon parodique du règne du Messie et le sionisme est un phénomène profondément antitraditionnel, de nature profane et profanatrice.

Ainsi, un authentique juif religieux s’est exprimé, concernant l’entité sioniste, en ces termes : « Aujourd’hui, 5 Iyar, anniversaire de la fondation de l’Etat d’Israël, né du péché et de l’iniquité du monde occidental (…), nous les Neturei Qarta nous jeûnons et nous faisons pénitence (…) l’Etat d’Israël, quand il a été déclaré souverain, a détrôné l’Eternel. »

Les Neturei Qarta (quatre cents familles résident à Jérusalem et un grand nombre vivent dans une diaspora qui est surtout importante en Grande Bretagne et aux Etats-Unis), ont envoyé une délégation à Téhéran pour féliciter le président Ahmadinejad après les propos qu’il a tenu concernant l’entité sioniste. Peu de temps après, quatorze rabbins appartenant à ce groupe – ayant à leur tête Moshe Hirsch qui fut le conseiller d’Arafat pour les « affaires juives » - se sont exprimés devant le Parlement palestinien qui leur a réservé un accueil chaleureux. « Nous sommes, ont-ils dit, les véritables juifs et nous sommes venu rencontrer le Conseil législatif palestinien pour proclamer à la face du monde notre soutien au Hamas »

Ceux qui veulent analyser le problème posé par Israël sur la base des principes énoncés par Alexandre Douguine (« La Tradition, notre solution »), doivent être cohérents et tenir compte du refus du sionisme exprimé de manière unanime par l’orthodoxie musulmane, chrétienne et juive. Comme l’a écrit le célèbre guénonien Charles-André Gilis : « Pour tout esprit traditionnel, la seule position légitime, fondée sur la vérité et le droit, consiste à refuser toute reconnaissance de l’Etat d’Israël, quelque soit le prix à payer pour ce refus. Le premier devoir d’un juif orthodoxe, d’un chrétien ou d’un musulman est de ne pas reconnaître l’Etat hébreux. »

Les Oranges-Bruns

Une manifestation de Waffen SS s’est tenue, le 16 mars 2005, au cœur de la capitale d’un État nouvellement membre de l’Union européenne et de l’OTAN, la Lettonie. Les autorités ont choisi de l’autoriser et de réprimer durement les citoyens qui protestaient. Loin d’être un fait divers, cet évènement est l’aboutissement d’un processus de négation de l’extermination et de réhabilitation du nazisme conduit par la présidente de la République, Vaira Vike-Freiberga, et publiquement financé par l’ambassade des États-Unis. Il fait suite à l’arrivée au pouvoir de partis nazis dans plusieurs États « démocratisés », en Ukraine par exemple.


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Manifestation de nazis le 16 mars à Riga

Les évènements qui se sont déroulés ce mercredi 16 mars 2005 à Riga (Lettonie) ont enflamé les esprits dans toute l’Europe orientale et la Russie, mais il est peu probable que la presse atlantiste en rende compte. En effet, ils parlent d’eux-mêmes et révèlent un aspect inadmissible de l’OTAN et de l’Union européenne depuis l’élargissement du 1er mai 2004.

À l’initiative de l’association nazie Club 415, et pour la cinquième année consécutive mais pour la première fois à l’intérieur de l’Union, plusieurs centaines de Waffen SS ont défilé dans le centre de la capitale. La manifestation, qui avait été autorisée par une délibération du conseil municipal de Riga, a été protégée par les forces de sécurité, tandis que les contre-manifestants pacifiques ont été brutalement réprimés et qu’une vingtaine d’entre eux ont été interpellés.

Il ne s’agit pas là d’un affrontement folklorique entre skinheads d’extrême droite et d’extrême gauche, mais d’un acte politique mûrement réfléchi, personnellement organisé par la présidente de la République, marquant l’aboutissement d’un rapide processus de réhabilitation du nazisme. Il ne s’agit pas non plus d’une répugnante provocation à usage interne, mais d’une stratégie internationale pilotée par l’OTAN, de gages délibéremment donnés à des organisations clandestines que l’on tient à remercier pour leur contribution à la désoviétisation de l’Europe et qui sont déjà associées à divers gouvernements, notamment en Ukraine « orange ».

Pour comprendre les enjeux de ce drame, un rappel historique est nécessaire.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis ont constitué 37 divisions de Waffen Schutzstaffel (Waffen SS), dont seulement 12 étaient composées exclusivement d’Allemands. La plupart des divisions étaient recrutées parmi les populations dites « aryennes » des pays annexés ou occupés. Bien que les Lettons ne soient pas tous considérés comme « aryens », ils furent enrôlés en masse. Sur 900 000 Waffen SS, environ 150 000 étaient lettons, constituant ainsi le plus fort contigent étranger alors même que leur pays ne comptait pas 2 millions d’habitants. Ils formèrent notamment la 15e Division de grenadiers qui fut l’unité non-allemande la plus décorée de la Waffen SS. Ce sont eux qui se retranchèrent dans Berlin et livrèrent les derniers combats du IIIe Reich.

Les SS lettons ne se batirent pas pour défendre leur pays, mais principalement contre la Résistance en Biélorussie et en Russie. La plupart étaient des volontaires. Cependant, en 1944, ils furent rejoints par des conscrits dont certains étaient enrôlés de force.

D’autre part, environ 130 000 Lettons s’engagèrent contre l’Axe. La plupart combattirent dans l’Armée rouge qui libéra leur pays du nazisme. À l’issue des négociations entre les Alliés, la Lettonie, ainsi que les autres États baltes, fut absorbée par l’Union soviétique.

Avant même la fin de la Guerre mondiale, les services secrets britanniques recrutèrent des agents parmi les criminels de guerre nazis (notamment des membres de l’Arajs Kommando) pour combattre le communisme et les exfiltrèrent en Suède avec l’aide du SMT, le service secret local. Une unité SS de 1 500 hommes fut ainsi entièrement reconstituée, sous le commandement du colonel Osis, avec le projet de partir à l’assaut contre les Soviétiques. Mais l’idée fut abandonnée après que le tribunal de Nüremberg ait qualifié la Waffen SS et toutes ses sections d’« organisation criminelle ». En 1949, ces agents furent transférés à Hambourg (dans la zone allemande ocupée par les Britanniques) pour être traités par le MI6 (« opération Jungle »). Les « meilleurs » éléments reçurent une formation complémentaire en Grande-Bretagne. Tous furent bientôt intégrés dans ce qui allait devenir le réseau « stay-behind » de l’OTAN, géré en commun par les Britanniques et les États-uniens . Plusieurs parachutages et opérations d’infiltration furent tentées pour des missions d’espionnage et de sabotage. Mais toutes échouèrent suscitant une répression cruelle des Soviétiques. En définitive, cette méthode fut abandonnée, en 1952, au profit d’opérations psychologiques.

Ces réseaux ont été entretenus pendant toute la Guerre froide. En 1997, l’Allemagne a révélé verser encore des pensions à 50 000 anciens SS ou à leurs ayant-droits, un peu partout dans le monde. Ainsi la veuve de Reinhard Heydrich (l’architecte de la « solution finale ») ou Heinz Barth (lun des responsables du massacre d’Oradour-sur-Glane) continuaient à être payés pour ces crimes .
Du point de vue des Anglo-Saxons, cet investissement n’était pas inutile. Il fournit un encadrement pour prendre le pouvoir lors de l’éclatement de l’Union soviétique. Et ce processus est loin d’être terminé. Ainsi, lors de la récente « révolution » orange, des agents de ces réseaux, regroupés au sein du Congrés des nationalistes ukrainiens (KUN) et du Parti pan-ukrainien de la liberté (Svoboda, ex-SNPU) se sont joints à « Notre Ukraine » la coalition soi-disant démocratique de Viktor Yuschenko et lui ont fourni l’encadrement politique nécessaire. Aucun doute n’est possible sur l’identité nazie de ces formations : la première inscrit explicitement sur tous ses documents la mention : « Fraction Stefan Bandera », tandis que la seconde utilise le trident et la swastika comme symboles. Sans parler des amis de Madame Timoschenko : l’UNA-UNSO, une organisation paramilitaire créée lors du putsch de Moscou, en 1991, qui revendique plus de 1 000 combattants ; des hommes qui sont allés se battre avec la CIA en Croatie, puis aux côtés des insurgés tchétchènes et en Géorgie.
De cette constellation, seul le groupe Svoboda a été mis sur la touche après que son leader, Oleh Tyahnybok, ait prononcé l’éloge de ceux qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, avaient « nettoyé le pays des Juifs et des Russes », et ait exhorté à suivre leur exemple en rendant « l’Ukraine aux Ukrainiens » et en « libérant le pays des Juifs moscovites qui l’exploitent ». Il s’agissait surtout d’éviter que des croix gammées n’apparaissent dans la « révolution » télévisée orange alors que la plupart des manifestants rémunérés avaient été recrutés dans ces organisations nazies.
Quoi qu’il en soit, le KUN et l’UNA-UNSO ont été considérés comme des interlocuteurs suffisamment propres, ou connus depuis assez longtemps, pour que le secrétaire général de l’Union européenne et ancien secrétaire général de l’OTAN, Javier Solana, accepte de dialoguer avec eux.

Ce qui se passe aujourd’hui -que ce soit en Europe ou ailleurs, par exemple au Liban où on nous présente les Phalangistes comme les défenseurs de la démocratie !- n’a rien à voir avec l’extension de la liberté dont se targue le président George W. Bush, mais avec la continuation d’une politique du pire, débutée pendant la Guerre froide et qui ne rencontre plus d’obstacles.

C’est dans cette perspective que le MI6 et la CIA ont pris le contrôle de la Lettonie. À la faveur du chaos post-soviétique, ils y ont placé leurs hommes à la tête de l’État. Sur place, la population désabusée parle de « la bande des étrangers », rapporte la journaliste Roumania Ougartchinska dans son dernier ouvrage. À titre d’exemple, le Bureau de protection de la Constitution (SAB), notamment chargé de défendre la démocratie, est dirigé par Janis Kazocinu. Or, celui-ci est en réalité un général de l’armée britannique, devenu attaché militaire à Riga lors de l’indépendance, puis adjoint du chef d’état-major. Il n’a pris la nationalité lettone qu’à l’occasion de sa nomination.

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La présidente de la République
de Lettonie, Vaira Vike-Freiberga

Le professeur Vaira Vike-Freiberga joue un rôle central dans ce dispositif. La famille de cette canadienne, qui a fuit la Lettonie à la chute du Reich, était liée aux agents nazis des réseaux stay-behind de l’OTAN, via une association clandestine destinée à la diaspora, Les Faucons de la rivière Daugava (Daugavas Vanagi). Celle de son époux, Imants Freibergs, est passée par le camp du MI6 en Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Professeur de psychologie à l’université de Toronto, spécialiste de l’influence des drogues sur le comportement humain, Mme Vike-Freiberga s’installe à Riga début 1999, prend la nationalité lettone et est élue au printemps présidente de la République ; mandat qui lui sera renouvellé quatre ans plus tard.

Au cours des dernières années, la présidente Vike-Freiberga s’est attelée à réécrire l’histoire européenne. Selon elle, la Lettonie aurait été successivement occupée par les Soviétiques, puis les Allemands, puis à nouveau les Soviétiques ; les Lettons qui se seraient engagés dans la SS l’auraient fait uniquement pour trouver un allié afin de libérer leur pays ; en définitive les crimes des uns et des autres seraient comparables. Pour ce faire, elle base son raisonnement sur une interprétation originale du Pacte Ribbentrop-Molotov. Il s’agirait d’un traité découlant du caractère totalitaire commun aux régimes nazis et staliniens. L’Allemagne actuelle ne saurait être tenue pour responsable des crimes nazis, mais la Russie actuelle serait toujours responsable des crimes staliniens. Or, cette lecture des faits ne correspond pas à la réalité : le Pacte Ribbentrop-Molotov est avant tout un prolongement des Accords de Munich (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni) pour préciser les zones d’influence à l’Est après le partage de la Tchécoslovaquie entre l’Allemagne, la Pologne et la Hongrie. Il faut en outre intégrer le rôle de la Lettonie elle-même durant cette période. Enfin, on ne peut qu’être stupéfait devant le refus de prendre en compte le combat de l’Armée rouge pour délivrer l’Europe de la peste brune ; et l’assimilation des Lettons qui avaient rejoint l’Armée rouge à des traîtres.
Quoi qu’il en soit, le nouveau credo à Riga, consiste à diaboliser les Soviétiques sans distinctions et à réhabiliter les nazis qui les combattirent.

En janvier 2005, le gouvernement letton a publié un ouvrage intitulé Histoire de la Lettonie : XXe siècle. Il est précisé à l’intérieur du livre qu’il a été imprimé avec le soutien financier des l’ambassade des États-Unis. Le lancement a été effectué lors d’une conférence de presse de la présidente de la République. On y lit avec surprise, entre autres, que le camp de Salaspils, où les nazis réalisèrent des expériences médicales sur des enfants et où 90 000 personnes furent asassinées, n’était qu’un « camp de travail correctif » et que les Waffen SS étaient des héros de la lutte contre les occupants soviétiques.

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Manifestants anti-fascistes interpellés par la police à Riga, le 16 mars

Cet ouvrage, ainsi que divers manuels scolaires, a soulevé la colère des parlemantaires et du gouvernement russe, et l’émoi dans de nombreux pays d’Europe centrale et orientale.
Aussi, Israël et la Russie ont officiellement demandé à la Lettonie de ne pas autoriser la réunion des Waffen SS du 16 mars. Leur requête a été rejetée.

Soulignons enfin que la Lettonie est entrée à la fois dans l’OTAN et dans l’Union européenne, lors de l’élargissement de mai 2004, conformément aux injonctions de Washington. Pendant une cinquantaine d’année, l’Union européenne a été le fruit de la volonté conjuguée des États-Uniens d’arrimer la partie occidentale au bloc altantiste pour stopper l’influence russe et des Européens de s’unir plutôt que de se détruire. Aujourd’hui, les Européens de l’Ouest n’ont plus à être protégés du « péril rouge » et l’on réhabilite le nazisme. Sauf suspension immédiate de la Lettonie, l’Union ne représente plus la paix.

Dès lors, on comprend bien qu’en pleine période de ratification du Traité constitutionnel européen, la presse atlantiste ne souhaite pas rendre compte des faits. L’Agence France Presse s’est néanmoins fendue d’une dépêche. La manifestation est présentée comme une commémoration « des anciens combattants lettons enrôlés de force durant la Seconde Guerre mondiale dans les rangs allemands des Waffen SS » ; il s’agissait de « rendre hommage à ces soldats légionnaires ». Les contre-manifestants ne sont pas qualifiés de démocrates par l’AFP, mais de « radicaux pro-russes » .

17.06.2009

Traduction du débat sur le 11 septembre sur la 1ere chaine Russe.

 


 

Arrogance des occidentaleux

ahmadinejad.jpgL’onde de choc de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad a été ressentie dans toute l’Europe et bien sûr aux Etats-Unis. Et pour cause !

Le candidat qui portait les espoirs de Washington, Tel Aviv, Paris, Berlin et Londres, Mir Hossein Moussavi , a été battu à plate couture par la figure emblématique de l’axe du mal le président Mahmoud Ahmadinejad. Et c’est le cauchemar qui continue pour les pays occidentaux qui croyaient avoir trouvé le dirigeant iranien qui leur permettrait de faire rentrer ce pays dans le concert des nations asservies au Nouvel ordre mondial et de neutraliser une position géopolitique de la plus haute importance.

Avec un score sans appel de 62,63% des suffrages exprimés Mahmoud Ahmadinejad a balayé son rival qui n’a recueilli que 33,75% des voix. La surprise a été de taille car le conditionnement médiatique était tel que la victoire de Moussavi était considérée comme quasiment acquise avant même que le peuple iranien n’aille aux urnes.

Cela étant, il y a plusieurs choses à retenir de cette élection.

Tout d’abord que le peuple iranien ne prête pas son oreille à ce qui se dit dans les cénacles occidentaux. Le fait est que, comme l’a relevé le chroniqueur d’al-Watan, Hassan Moali , « bon ou mauvais, populiste ou agressif, Ahmadinejad a eu largement les faveurs de son peuple qui a trouvé en lui l’homme qui entend restituer la grandeur de l’antique Perse. La vision de l’Occident selon laquelle Ahmadinejad incarnait le parfait provocateur qui s’amuse à réduire jusqu’à la caricature le fameux « holocauste » et qui s’accroche à son droit de développer l’industrie nucléaire, est perçue différemment à Téhéran. Dans son pays, et cette présidentielle l’a prouvé, Ahmadinejad est élevé au rang de héros national qui tient tête aux puissants de ce monde, même sous embargo. »

Ensuite, il n’est pas inutile de se pencher sur le choix de l’Occident, aussi hypocrite qu’étonnant. Comme l’a soulignée Zeina el-Tibi, Présidente de l’observatoire d’études géopolitiques de Paris et codirectrice de la revue Études géopolitiques : « Moussavi n’était pas un personnage plus « recommandable » qu’Ahmadinejad. Il ne faut pas oublier qu’il a été Premier ministre sous Khomeiny et l’un des jusqu’au-boutistes de la guerre contre l’Irak. En plus, c’est sous son gouvernement que la terreur et la répression ont été les plus dures. » Cela les grands médias l’avaient soudain volontairement oublié pour lui donner l’image d’un Obama ou d’un Kennedy iranien…

Enfin, on ne peut qu’être choqué par l’arrogance occidentale dont les dirigeants qui n’ont que le mot de démocratie à la bouche, contestent le suffrage populaire dès qu’ils ne confirme pas leurs options. Quand le vice-président américain, Joe Biden, déclare « Vu la façon dont ils répriment la liberté d'expression, la façon dont ils répriment la foule, la manière dont les gens sont traités, il y a de vrais doutes sur la légitimité de la réélection du président Ahmadinejad », quand le représentant spécial de la France pour l'Afghanistan et le Pakistan, Pierre Lellouche, exprime ses « doutes » sur la validité de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, quand les Pays-Bas « sont certains que la présidentielle a été influencée » , etc., on ne peut que s’interroger sur ce qu’aurait pensé les opinions française ou américaine si des pays du Tiers Monde avaient émis les mêmes doutes sur l’élection de Nicolas Sarkozy ou de Barack Obama, pourtant aussi démocratiques et aussi incontestables que celle de Mahmoud Ahmadinejad.

Mais il est vrai que comme l’écrivait Pascal : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ».

Cela étant écrit, ne cachons pas notre joie. La victoire de Mahmoud Ahmadinejad, c’est aussi d’une certaine mesure notre victoire, celle des mal-pensants et celle des résistants…

Michel Collon sur l'Afghanistan et le Pakistan

afghanistan6.jpgPourquoi Bush est allé en Afghanistan. Pourquoi Obama y va aussi. Les routes du gaz et du pétrole. Les causes de la remontée des Talibans et de l’effondrement de Karzaï. Qui profite de l’opium ? Pourquoi le Pakistan voisin risque d’éclater.

Interview: Grégoire Lalieu et Michel Collon

Est-il possible de gagner la guerre en Afghanistan? Non, répondent les experts. Pourtant, l’Otan poursuit ses efforts pour venir à bout des Talibans et c’est le Pakistan qui s’embrase. Quelles sont les véritables raisons de cette guerre ? Les visées hégémoniques des Etats-Unis plongeront-elles la région dans le chaos ? Dans ce nouveau chapitre de notre série « Comprendre le monde musulman », Mohamed Hassan répond à ces questions. Et il nous explique pourquoi c’est au peuple du Pakistan de sauver son pays d’une possible disparition…

 

En 2001, les Etats-Unis lançaient l’opération « Enduring Freedom » en Afghanistan car, selon eux, les Talibans refusaient de céder Oussama Ben Laden. Sept ans plus tard, plus personne ne parle de l’ennemi public numéro un. Quelles sont les raisons de cette guerre aujourd’hui?


Tout d’abord, vous devez considérer que les Talibans n’ont rien à voir avec Oussama Ben Laden. En 1996, Ben Laden, renvoyé d’Arabie Saoudite, trouvait refuge au Soudan. Les Saoudiens firent alors pression sur ce pays pour qu’il expulse le célèbre terroriste. C’est à ce moment que Ben Laden est venu en Afghanistan. Mais les attentats du 11 septembre n’avaient aucun rapport avec ce pays. Il y a juste cette réaction des Talibans lorsque Washington réclama Ben Laden : « Si vous voulez que Ben Laden soit jugé, donnez-nous les preuves et laissons-le juger par une cour islamique dans quelque pays musulman que ce soit ». En fait, les néoconservateurs de l’administration Bush ont surtout utilisé cet événement tragique comme un alibi.

Avec quelles intentions?

Trois ouvrages majeurs nous permettent de comprendre les racines de la vision des Etats-Unis. D’abord, La fin de l’Histoire de Francis Fukuyama. Il prétendait que l’Histoire de l’humanité était arrivée à son terme avec l’effondrement de l’Union soviétique et la domination de la démocratie libérale. Ensuite, Le choc des civilisations, de Samuel Huntington. Selon qui l’Histoire ne dépendrait pas de la lutte des classes mais plutôt d’un conflit entre civilisations. Huntington a donc divisé le monde entre ces différentes civilisations, décrétant que la plus agressive serait l’islamique. Le dernier ouvrage, Le grand échiquier de Zbigniew Brzezinski, considère que celui qui dominera l’Eurasie sera l’unique puissance du 21ème siècle. En effet, la majorité de l’humanité vit dans cette zone et l’activité économique y devient plus importante.
A présent, retournons à la fin de l’administration Clinton. L’année 1997 a été marquée par une sérieuse crise économique : avec l’éclatement de la bulle financière en Asie, le NASDAQ s’est effondré. Lorsque les néoconservateurs ont débarqué à la Maison Blanche avec Georges W. Bush en 2001, la situation économique n’était donc pas brillante. Malgré quoi, ils ont exposé leur objectif très clairement : personne ne doit être capable de rivaliser avec les Etats-Unis. Pour y arriver, la nouvelle administration cherchait à contrôler le monde en contrôlant les ressources les plus importantes, essentiellement le gaz et le pétrole.
Sous l’influence de Brzezinski, Clinton voulait d’abord dominer l’Europe en élargissant l’Otan, et ensuite gagner l’Asie Centrale. Mais les néoconservateurs ont dit : « Non, nous n’avons pas le temps pour cela. Vu cette crise, nous devons créer et contrôler le Grand Moyen-Orient pour disposer du pétrole ». On sent ce changement dans le discours de Bush après les attentats du 11 septembre lorsqu’il dit : « Vous êtes avec nous ou contre nous ». Avec sa conception de l’Axe du Mal, il voulait élargir la guerre.
La guerre d’Afghanistan - qui pour la première fois dans l’Histoire a été planifiée par la CIA sans la collaboration du Pentagone - n’était donc qu’un prétexte pour entraîner les troupes US et leur donner l’expérience nécessaire pour ensuite attaquer l’Irak. Vous devez savoir que le renversement de Saddam Hussein était planifié bien avant les attentats du 11 septembre.

Obama veut incarner le changement. Pourquoi concentre-t-il les efforts militaires en Afghanistan au lieu de l’Irak ?

D’abord, la guerre en Irak a soulevé des difficultés non prévues. Le gouvernement US pensait que c’était la cible la plus facile, car Saddam Hussein ne disposait pas d’une grande armée et une large partie de la population irakienne détestait son régime. Il n’aura fallu que quelques jours, du 20 mars au 10 avril 2003, pour que les Etats-Unis prennent Bagdad. Ensuite, ils ont uniquement protégé l’industrie pétrolière et laissé tout le reste exploser. Paul Bremer, le gouverneur US d’Irak, a détruit les bases de l’ancien régime irakien, démobilisé la police et la structure de l’armée. A ce moment, la résistance a augmenté, et aussi le coût de l’occupation US : huit milliards de dollars chaque mois, (auxquels vous pouviez ajouter un milliard et demi pour l’Afghanistan) ! Durant huit ans, l’administration néoconservatrice a dépensé tout son argent dans cette guerre, sans aucun résultat : ils ne sont parvenus ni à pacifier le pays, ni à créer le gouvernement qu’ils voulaient, ni à obtenir une base populaire, ni à contrôler le pétrole.
Lorsque la résistance irakienne a révélé la faiblesse de l’impérialisme US et son incapacité à remporter le conflit, le peuple des Etats-Unis est devenu plus attentif sur le plan politique. Le manque de soutien de l’opinion publique pour cette guerre a donc aussi poussé Obama à ce changement. D’autant que sur la scène internationale, cette guerre ne faisait pas l’unanimité : la France, l’Allemagne et d’autres pays ont refusé de partir en Irak. Bref, la décision d’Obama est aussi un moyen de maintenir l’alliance de l’Otan. Mais une défaite en Afghanistan pourrait marquer la fin de celle-ci.

Lire la suite:http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&catid=1&id=2082&option=com_content&Itemid=2

16.06.2009

Revolutions colorées...

drapeau-gay.jpgCes dernières années se sont déroulées ce que les historiens dénomment aujourd'hui scientifiquement "révolutions colorées". C'est ainsi que sont intervenues la révolution des roses en 2003 en Géorgie, la révolution orange en Ukraine en 2004 ou encore la révolution des tulipes en 2005 au Kirghizstan. Une tentative a eu lieu, en vain, en Ouzbékistan.

Le procédé a partout été le même : au moment où le pouvoir en place tentait de se renouveler, les partis d'opposition ont contesté le résultat des élections et bloqué le pays par des manifestations étant largement déclenchées par de nouveaux médias financés par des ONG américaines. Vous commencez à entrevoir la duplique iranienne ?

Développons un peu, afin de ne pas trop se donner le mauvais air d'un fanatique de la théorie du complot. Au Kirghizstan, pour la seule année 2004, sur les 50,8 millions de dollars d'aide des Etats-Unis, 12,2 ont été consacrés aux partis politiques "non-partisans" et aux "médias indépendants", et 21,8 aux réformes.

En Géorgie, les américains ont investi 1 milliard de dollars pour stabiliser le budget du pays et former les nouvelles générations de cadres, nécessairement pro-occidentales.

Le chef d'orchestre du système de financement des révolutions colorées est l'association Project on Transitional Democraties ("projet pour les démocraties en transition") dont le président, Bruce P. Jackson, a été nommé directement par la Maison Blanche et travaille en liaison étroite avec la CIA et les ambassades des pays cibles. Le système repose sur deux sources : une source gouvernementale américaine, le programme de coopération de l'USAID (United States Agency for International Developpement), des sources non étatiques, dont principalement la Fondation Soros et la Freedom House (créee en 1941 par le président Roosevelt pour préparer l'opinion américaine à l'entrée en guerre des Etats-Unis).

Maintenant que nous savons cela, quoi de bien contestable ? Pas grand chose finalement .... cela fait bien longtemps que l'argent est le nerf de la guerre. Et d'autant plus longtemps que le jeu des influences des uns sur les autres, et de préférence des plus forts sur les moins forts, est de mise. La plan Marshall en est la plus pure illustration : endiguer le communisme en Europe au moyen de ..... l'argent. Tout s'achète, y compris les idéologies.

Établir désormais un lien avec l'Iran est délicat, pour la simple raison que la situation est brûlante. Elle est flagrante .... nous, sujets de l'histoire, la vivons de "dedans", sans le recul nécessaire pour tirer de conclusions "historiques" définitives.

Néanmoins, en procédant par faisceau d'indices, l'émergence d'une nouvelle révolution colorée en Iran devient tout à fait vraisemblable, ou serait, si je devais me tromper - ce qui n'est pas exclu -, tout à fait envisageable. Je veux simplement l'envisager avec vous.

Le mobile est évident. Pour ainsi dire, il est TROP évident, si bien que personne, aucun média s'entend, ne l'évoque. Taire la cause pour ne pas faire apparaître la conséquence probante. Et alors, quel est-il ? : nous le savons tous, il s'agit de renverser Mahmoud Ahmadinejad, celui-ci étant considéré, à tort ou à raison, ce n'est pas le sujet, comme dangereux. D'une part, parce qu'il a tenu des propos antisionistes graves ("il faut rayer Israël de la carte"). Et d'autre part parce qu'il a développé une stratégie nucléaire de façon cohérente, et dont les acquis semblent chaque jour devenir un peu plus imminents.

Deuxième indice : une telle contestation, une telle mobilisation, avec autant de manifestants, est IMPOSSIBLE à réaliser par l'opposition seule dans un pays autoritaire comme l'Iran. Moussavi ne peut sérieusement avoir pu provoqué un mouvement social de cette ampleur par son seul charisme, si remarquable soit-il.

Troisième et dernier indice : Moussavi est un pro-occidental. Comme dans les autres révolutions colorées, l'opposant est, comme par hasard (mais est-ce un hasard ?), un pro-occidental. C'est à croire que dans ces pays là, il n'y a plus de gauche ni de droite, pas plus qu'un dernier vestige de la confrontation un peu plus habillée entre capitalisme et communisme, et que, donc, seul le critère "occidentalisant" y divise les opinions. Les opposants ne sont jamais, non pas anti-occidentaux (il serait faux de dire que ceux qui ne sont pas pro-occidentaux sont forcément anti-occidentaux), mais au moins du même bord nationaliste que le détenteur du pouvoir. Et l'histoire ne manque pas de produire de nombreux cas où l'opposition se trouve du même côté que son objet même. Alors pourquoi pas dans le cas de ces révolutions très spéciales ?

Encore une fois, ne cherchant pas plus à convaincre qu'imposer, je vous laisse seul juge, étant rappelé que les avis précités ne sont que des suppositions. Situation à suivre donc ... l'œil affûté, légèrement déscotché de France télévision si possible.