21.04.2012

Badabing! La radio des jeunes Europeens

http://europaradio.hautetfort.com/archive/2012/04/20/bada...

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Decouvrir Thibault Isabel

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R/ Pouvez- vous vous présenter à nos lecteurs ? Comme définiriez- vous votre démarche et quelles sont vos influences majeures ?

 

Je viens initialement du milieu universitaire, auquel j’étais très attaché, mais où mes travaux ont très vite suscité une vive hostilité. Mes recherches ont été menées dans le domaine des interactions entre la culture au sens large (culture savante, culture populaire, modes de vie…) et l’évolution des mentalités. Dans quel sens peut-on dire que les goûts littéraires, cinématographiques ou même vestimentaires du moment traduisent par exemple la mise en place d’un rapport nouveau à l’existence ? C’est à ce type de questions que j’essaie de répondre. En opposant les formes culturelles actuelles à celles du passé (qu’il s’agisse d’un passé récent ou plus lointain), j’essaie de mettre au jour les caractéristiques fondamentales de notre (post)modernité, non pour en définir une « essence » (car je pense justement que les termes de « modernité » et de « tradition » sont purement conventionnels et opératoires), mais pour en cerner plutôt un « idéal-type ». L’enjeu, à mes yeux, est de déterminer la source du mal de vivre que je crois voir se répandre un peu partout dans les pays occidentaux ; si l’on admet que notre époque est la proie d’un nihilisme qu’aucune autre époque peut-être n’avait jamais connu – à un tel niveau, du moins –, on en vient naturellement à chercher ce qui, dans les révolutions culturelles successives opérées au cours des derniers siècles, pourrait être à la racine de notre situation existentielle présente. La modernité n’est pas une « essence » radicalement coupée d’un monde ancien figé et monolithique, engoncé dans une éternelle Tradition ; mais il n’en demeure pas moins que la période récente a donné naissance à un certain nombre de phénomènes culturels encore relativement inédits jusqu’à lors, et dont il s’agit d’évaluer l’impact psychologique et existentiel sur les populations. A partir d’une perspective qui était initialement située sur le terrain de la philosophie esthétique et de la psychologie culturelle, j’ai donc été amené assez rapidement à m’aventurer sur un terrain plus sociologique et politique : c’est ce qui a donné naissance aux deux livres que j’ai publiés.

Quant à mes influences, je dois dire qu’elles sont multiples : celle de Nietzsche est prépondérante, bien sûr, mais la démarche de l’historien et philosophe Jacob Burckhardt a elle aussi été fondamentale, notamment sur le plan de ma démarche méthodologique (Burckhardt a peut-être été le premier en effet à établir clairement un lien entre la « santé » psychologique des peuples et la nature de leurs productions culturelles). Tout mon travail reste en fait très marqué par l’atmosphère particulière de la critique sociale de la seconde moitié du XIXe siècle (Taine, Bourget, etc.). Enfin, je me définirais volontiers, de manière globale, comme un penseur néo-confucéen : bien que la découverte de la philosophie chinoise se soit effectuée pour moi sur le tard, je me sens de plus en plus influencé aujourd’hui par la doctrine de Confucius et de ses disciples (notamment par Xunzi et Zhang Zai, qui sont malheureusement presque complètement inconnus en France).

 

R/ Crise de l'identité individuelle et collective, vide spirituel, perte des connaissances élémentaires et du sens critique, société dépressive... Comment décrire la condition précaire de l'homme moderne occidental à l'aube du XXI° siècle ?

 

En premier lieu, je voudrais commencer par dire que, à mon sens, les hommes et les femmes du passé n’étaient pas tous follement heureux, loin s’en faut – contrairement à ce que la nature générale de mes propos pourrait autrement laisser supposer, si je ne prenais pas cette précaution oratoire ! Le malheur est consubstantiel à la condition humaine, et je ne pense sincèrement pas que notre espèce ait jamais été parfaitement épanouie, ni ne puisse jamais l’être. Si je mets en cause un certain nombre de « pathologies » culturelles modernes (crise identitaire, dépression, etc.), c’est seulement que notre époque me semble avoir intensifié des troubles qui existaient déjà autrefois, mais à un degré moindre. Comment nier en revanche que le XXe siècle ait été le siècle le plus malheureux de l’histoire humaine ? On ne parle pas simplement ici de souffrance, en termes de plaisir et de déplaisir, car, de ce point de vue, l’homme occidental contemporain n’a sans doute pas été tellement plus mal loti que ses prédécesseurs : il a même joui d’un confort plus grand, a été épargné par les famines, etc. Mais c’est d’un point de vue proprement existentiel que notre condition semble s’être détériorée. Tout l’art moderne et contemporain en témoigne, à sa manière, et l’on pourrait même remonter jusqu’aux premiers soubresauts du romantisme : depuis deux siècles, la culture occidentale donne l’image d’une société inquiète, angoissée, préoccupée comme jamais auparavant par son avenir. Pour certains sociologues, comme Alain Ehrenberg, ce serait le prix à payer pour la liberté : en accédant à un stade « supérieur » de développement, y compris intellectuel et « moral », les hommes se seraient en même temps exposés à des préoccupations qu’ils ne nourrissaient pas autrefois, et qui généreraient maintenant une sorte de dépression de masse. Mais je n’arrive pas pour ma part à comprendre en quoi on pourrait envisager comme un « progrès » une évolution existentielle qui nous plonge de fait dans la déshérence, pas plus que je ne vois en quoi les peuples du passé auraient été moins « libres » que nous ne le sommes, sous prétexte qu’ils nourrissaient des ambitions plus modestes et moins démesurées que nous ne le faisons désormais… Il me semble au contraire que le seul critère d’évaluation fondé pour rendre compte de la valeur d’une culture tient à sa capacité à structurer la psychologie d’un peuple de telle sorte que les personnes aient davantage envie de vivre. Or, les dernières décennies nous présentent un tableau psychologique terrifiant. Les troubles dépressifs touchent une part croissante de la population, au point que certains psychologues n’hésitent pas aujourd’hui à en faire une des principales causes de mortalité, directes ou indirectes, dans le monde. En l’espace d’une seule génération, le taux de suicide a doublé, en Occident (après avoir progressé de manière ininterrompue depuis un siècle au moins, dans des proportions exponentielles) ; mesure-t-on vraiment l’impact d’une telle statistique, et ce qu’elle implique quant à notre rapport collectif à l’existence ?...

 

R/ Vous ne ménagez pas l'idée de Progrès et vous n'hésitez pas à cibler la modernité. Sur quelles bases fondez- vous votre critique de l'idéologie dominante ?

 

Je fonde ma critique de l’idéologie dominante sur la critique de la démesure. C’est en effet dans cette idée de « démesure », d’« hybris », comme disaient les Grecs, que réside à mon sens la caractéristique fondamentale de la modernité, ou en tout cas ce qui permet le mieux de distinguer opératoirement l’ère « moderne » des autres périodes de l’histoire. Toutes les époques passées ont manifesté de profondes perversions psychologiques ; on trouve dans toutes les civilisations des traces évidentes de dépression, de surestimation de soi, de troubles de l’identité, etc. Mais ces pathologies, à notre époque, et pour la première fois dans l’histoire, deviennent pour ainsi dire normalisées culturellement. Et l’un des principaux vecteurs idéologique de cette normalisation, c’est l’idée de progrès. Autrefois, les gens pouvaient faire preuve de démesure ; mais leur culture dévalorisait de telles réactions. Nietzsche a raison de dire que c’est la reconnaissance du tragique qui constituait le cœur de tous les grands système de valeurs anciens, dans les plus nobles civilisations du passé (la Grèce de Périclès, la Chine féodale des Printemps et Automnes, etc.). On insistait sans cesse sur le caractère éphémère de l’existence, sur l’importance de nos limitations, sur la puissance de la nature, sur le caractère cyclique du temps (qui ne nous dissuade pas d’agir, puisqu’il nous laisse la possibilité d’améliorer les choses, provisoirement, mais qui nous empêche en tout cas de croire à un avenir parfait, utopique, qui subsisterait jusqu’à la fin des temps). Or, l’idée de progrès a totalement subverti ce digne esprit de modération. L’idée de progrès nous persuade que tout est à notre portée, que nous pouvons tout espérer de la vie. Tout esprit tragique se trouve ainsi évacué de notre univers intérieur. Le progrès serait nécessaire, irréversible et continu. Mais la réalité se moque de nos fantasmes : en elle-même, elle demeure ambivalente et tragique, et se charge bien de nous le faire savoir, à intervalles réguliers. Elle nous expose sans cesse à nos faiblesses, même si nous voudrions les nier. Mais, dans la mesure où la culture ne nous habitue plus à accepter le tragique du réel, où elle ne nous prépare plus à l’appréhender dans le calme et la sérénité, avec un sain fatalisme, nous vivons toute entrave à notre pouvoir comme une sorte de « retour du refoulé », sur un mode traumatique. Prenons l’exemple de la mort. Dans les civilisations anciennes, la mort était intégrée dans le cours normal de la vie. Chacun y était confronté en permanence, et, si elle était crainte, évidemment, elle ne pouvait cependant apparaître avec le mélange de terreur et de fascination qui prévaut aujourd’hui. Nous ne connaissons plus désormais la mort que par le cinéma. Les vieillards finissent leurs jours dans de froids hôpitaux, loin des regards. Les cérémonies funéraires sont réduites à la portion congrue. De même que l’idée de progrès essaie de nous convaincre collectivement que la société tend perpétuellement vers le mieux, que tout sera bientôt pour le mieux dans le meilleur des mondes libéraux, la publicité essaie de nous convaincre individuellement que nous pouvons nous abstenir de vieillir en appliquant telles crèmes de jouvence ou tels programmes de remise en forme, comme si nous pouvions accéder nous aussi à notre part d’immortalité… Car la foi au progrès, ne nous y trompons pas, n’est que la face idéologique d’un phénomène plus global, qui, au niveau économique, prend la forme du capitalisme. C’est pour une large part la société de consommation qui éprouve le besoin économique de nous persuader que tout s’améliore sans cesse, pour nous pousser par exemple à acheter de nouvelles paires de baskets, non parce que les précédentes sont usées, mais parce que de nouveaux modèles – plus flexibles ou montés sur coussins d’air – auraient tout simplement « ringardisé » les modèles plus anciens, désormais passés de mode… Pour que nous achetions sans cesse, les spécialistes du marketing essaient de nous faire croire que le nouveau est nécessairement mieux que l’ancien.

Lorsque je condamne l’esprit actuel de démesure, je ne me contente pas pourtant de fustiger le fantasme de toute-puissance qui préside à nombre de processus culturels modernes. La démesure concerne aussi bien la frayeur irrationnelle suscitée souvent par la Technique. D’un côté, nous sommes fascinés par la toute-puissance de la Technique, mais, dans le même temps, cette Technique nous effraie. Nous voulons croire que la science règlera tous les problèmes, qu’elle nous guérira de la maladie, qu’elle nous empêchera de vieillir, mais, d’un autre côté, nous sommes persuadés que cette même science provoquera un jour ou l’autre des catastrophes planétaires, qu’elle contribuera indirectement à la destruction du monde, dans une apocalypse sécularisée où le déluge ne sera plus provoqué par Dieu, mais par le réchauffement climatique, le renforcement de l’effet de serre et la fonte de la calotte glaciaire. Mon intention n’est pas de nier que le développement inconsidéré de la Technique fasse planer de graves menaces sur l’avenir de la planète (car je me considère même au demeurant comme un écologiste radical) ; je dis seulement que notre rapport aux catastrophes écologiques n’est pas sain, qu’il repose lui-même, dans son incarnation médiatique dominante, sur une vision du monde fantasmatique. En fait, le catastrophisme ne contredit pas le développement du progressisme ; il en est la conséquence paradoxale inévitable. Plus nous croyons fantasmatiquement au progrès, plus les retours du refoulé du réel prennent une forme traumatique, et plus nous générons alors de fantasmes inversés, où notre toute-puissance devient impuissance radicale, où notre esprit de conquête et de création devient diabolique, où l’utopie devient cauchemar. L’homme était envisagé comme un Dieu, dans le progressisme ; dans le catastrophisme, il est alors perçu comme un monstre. Mais l’homme est simplement humain, trop humain : il n’est ni ange, ni démon. Le catastrophisme est la face obscure du progressisme, et il n’y a rien d’étonnant à ce que les contemporains soient tour à tour – ou même parfois simultanément – progressistes et catastrophistes. Je condamne en somme l’excès d’humanisme (ou ce que je préfère appeler l’anthropocentrisme), mais je condamne également l’anti-humanisme, qui me semble tout aussi irrecevable. Je défends donc un humanisme non-anthropocentré, dans lequel l’homme ne renonce pas à exercer la part de puissance dont il dispose, individuellement, par rapport à ses semblables, ou collectivement, par rapport à la nature, mais dans lequel il reconnaît aussi les limites de cette puissance et se sait donc partie prenante d’un environnement humain et naturel global dont il est en partie dépendant.

La suite: http://www.thibaultisabel.com/page46aa.html

Christopher Gerard presente Vogelsang

J'ai le plaisir de vous annoncer la parution, le 3 mai prochain, de mon roman Vogelsang ou la mélancolie du vampire aux éditions L'Age d'Homme, dans la collection La petite Belgique, dirigée par Jean-Baptiste Baronian.

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Mon vampire à moi est mélomane, musicien et quelque peu dandy. Il vit et tue à Bruxelles dans le souvenir du Paris de Louis-Philippe, du Moscou d'avant la Révolution, du Vermont des années 60. Le regard détaché - avant tout celui d’un prédateur - qu'il jette sur l'homme moderne comme sur notre époque se révèle singulier. Sa rencontre avec une humaine, Penthésilée, lui fera découvrir les affres de l’amour et scellera leur destin.

Vogelsang peut se lire comme un conte philosophique sur l'amour, la mémoire et la mort. J’y vois aussi une tragédie d'où l'humour noir n'est pas absent.  Le mythe du vampire s’y trouve subverti, traité sur un mode parfois satirique afin de susciter une réflexion sur la fuite du temps, l'évolution de l'humanité, les pouvoirs cathartiques de la musique (chaque chapitre se termine par un intermède musical symbolique où apparaissent e. a. Richter, Gould et Lipatti).

La psychologie de mon prédateur - complexe et fascinante - renouvelle  l'image du vampire tout en conservant des archétypes du récit vampirique, avec des clins d'œil cinématographique (de Nosferatu à Morse) et littéraires (de Stoker à Rice) qui combleront les amateurs. 

Le nouvel Elements est disponible

15.04.2012

Les indignes hou!

Marine le Pen réponds a la FLICRA

01.04.2012

SOS Anti-antisémitisme

« Nos compatriotes musulmans n’ont rien à voir avec les motivations folles d’un terroriste, il ne faut procéder à aucun amalgame. Avant de prendre pour cible des enfants juifs, le tueur a tiré à bout portant sur des musulmans ».
 
Nicolas Sarkozy, Allocution retransmise en direct sur TF1 au JT de 20 h, 22 mars 2012
 
Apparemment, tout le monde est d’accord en France pour dire que l’affaire Mohamed Merah ne concerne que les Juifs et les Musulmans. Assis côte à côte pour bien montrer qu’ils restent amis par-delà les meurtrières actualités, les pires représentants collabos de ces deux religions ne cessent de hanter les radios et les plateaux télés : Marek Halter et Malek Chebel sur Paris Première pour les intellos, Richard Prasquier et Dalil Boubakeur sur TF1 pour les beaufs, le but est de montrer à tous les publics que les Arabes sont vraiment désolés de ce qui est arrivé aux Juifs, et que, surtout, il ne faut pas pratiquer l’amalgame ni la stigmatisation.
Il y a trois problèmes principaux dans cette affaire. D’abord, tous ceux qui posent l’égalité Arabe = Musulman font preuve d’ignorance très crasse, à la fois des Arabes et des Musulmans, ainsi que de racisme profond (assumé ou non). Les assyro-chaldéens qui ont fui l’Irak jusqu’à Marseille en savent quelque chose : quand l’Imam vient personnellement les voir pour leur demander la raison pour laquelle ils ne viennent pas au prêche du vendredi à la mosquée, les fidèles de l’Eglise Saint-Marc de Bois-Lemaître ne peuvent que répondre : « Si on ne vient pas, c’est parce qu’on est chrétien ! ». « Mais vous êtes arabes ! » leur dit l’imam, « vous avez trahi votre religion ! » « Mais non », répliquent les chaldéens, « c’est vous qui avez trahi le christianisme, il y a mille ans, en vous convertissant à l’islam ! »…
Bref. Ceci pour dire que si mes prières vont vers les âmes des Arabes musulmans Mohamed Legouad (lyonnais) et Imad Ibn Ziaten (marocain), ainsi que vers celles du rabbin Jonathan Sandler, et des enfants juifs Arieh, Gabriel et Myriam – tous ces morts qui sont évidemment les miens, de manière strictement équivalente en regard de la loi divine, parce que les amoureux de la Torah et du Coran sont et seront toujours mes frères – , je n’oublie pas, moi, le caporal parachutiste Abel Chennouf, ce catholique de Martigues (était-il maurrassien ?) dont il ne faut cesser de lire la poignante oraison funèbre prononcée par l’abbé Venard.
Excusez-moi d’avoir encore à citer Sarkozy : «Les amalgames n'ont aucun sens, je rappelle que deux de nos soldats étaient... comment dire... musulmans, en tout cas d'apparence, puisque l'un était catholique». Cette phrase est certainement à apprendre par cœur ; c’est un des plus grands symboles de l’ignominie contemporaine que j’évoquais au début de ce texte. Sur BFMTV, il était très douloureux d’entendre Albert Chennouf, le père d’Abel, s’écrier en larmes : « Monsieur le président de la république, s’il-vous-plaît, soyez digne : taisez-vous. Laissez mon fils dormir tranquille. »
Le deuxième problème lié à l’affaire Merah, c’est la lâcheté, la couardise dégoûtante de ces Musulmans qui n’ont peur que d’une chose, c’est d’être « amalgamés » et « stigmatisés ». Savent-ils seulement ce que ça veut dire, théologiquement, d’être stigmatisé ? Dès qu’il y a un problème quelconque soulevé sur la place publique (le voile, le hallal, Merah), on les voit surgir d’un seul coup, comme des mendiants infects, dépourvus du moindre sens minimal de la dignité, supplier les yeux pleins de larmes pour que l’on ne les confonde pas avec les méchants. Bande de stupides larves ! Mais c’est un honneur d’être stigmatisé par la République Française ! Ces Musulmans qui ne rêvent que d’être intégrés à la France me dégoûtent profondément. Ils veulent vivre leur religion tranquillement, sans faire de bruit, devenir comme tout le monde, comme ces bons chrétiens français émasculés depuis plus de deux cents ans par la Démocratie. Frères musulmans, je vous en supplie, ne vous franchouillardisez pas ! Ca vous intéresse tant que ça, l’éthique républicaine ? Ne tombez pas dans le même piège que celui où est tombé l’Eglise catholique ! Pas de modération, pas de compromis ni de réconciliation avec la France laïque et franc-maçonne !
J’en arrive au troisième problème. Les complotistes professionnels ont été les premiers à dégainer leur détestation de Mohamed Merah (bien plus copieusement insulté sur leur sites internet que sur les sites sionistes) : « abruti complet, vendu à l’Empire, esclave du Mossad », et j’en passe… C’est pratique, hein, de chier sa haine, planqué derrière son ordinateur… Un complotiste, c’est tellement prévisible que sa pensée pourrait être simulée en trois lignes par un logiciel de calculs. Il peut affirmer sans problème que Marine Le Pen et Mélenchon sont amis en secret, parce qu’il les a vus discuter ensemble dans un couloir. Si vous lui expliquez qu’un homme politique ne peut que forcément rencontrer son pire ennemi un jour ou l’autre, parce que les hommes politiques fréquentent à peu près les mêmes lieux, il vous traitera d’agent de la CIA. Leur réaction par rapport aux actes de Merah me font songer à l’attitude de Libération face à Action Directe dans les années 80 : les séides de Serge July se foutaient de la gueule des terroristes anarcho-communistes parce que ces derniers menaient un combat d’arrière-garde et contre-productif, et les critiquaient ouvertement parce qu’ils étaient manipulés par le pouvoir. Et July, il n’était pas manipulé, lui ? Trente ans après, qui avait raison : les démocrates républicains de Libé qui voulaient combattre le pouvoir avec des bulletins de vote (on voit où ça les a menés), ou les révolutionnaires d’A.D. qui ont vécu comme des héros ?
 
Il semble qu’un type comme Mohamed Merah menait des activités souterraines de combat (militaire ou de guerilla), ce qui ne pouvait que lui faire croiser la route de types de la DCRI dont le boulot est justement de suivre les français de son genre, et de tenter d’en faire un indic. Ca a toujours été le rôle de la police. Les tueries de Merah à Montauban et Toulouse, c’est l’acte d’un semi-indic qui s’est senti pousser des ailes de plomb.
Ces assassinats montrent que la faiblesse principale du terrorisme, qu’il soit mis en action par Emile Henry, Jean-Marc Rouillan ou Mohamed Merah, réside toujours dans le mauvais choix de la cible. Pour le dire simplement : la plus grande « idiotie » de Merah est qu’il s’est attaqué à la Torah au lieu de s’en prendre au Talmud, ce qui est une très grave erreur théologique. Le 16 septembre 1920, il y a eu un attentat contre la banque JP Morgan à New York. Pourquoi ne pas recommencer aujourd’hui ? C’est ça que tu aurais dû faire, Mohamed : au lieu de tirer une balle dans la tête des militaires qui retiraient de l’argent à un distributeur, il fallait faire exploser la banque : c’est là où vit l’Ennemi. Bien sûr, si tu avais été courageux, et même un peu mieux organisé, tu serais monté à Paris et tu aurais flingué en direct tout le plateau d’une émission télévisée d’Arthur. Là, tu aurais été beau, cohérent et authentiquement anti-talmudiste. Cela n’aurait évidemment pas empêché les complotistes d’affirmer sur Facebook que tu étais un stipendié de l’Empire. Mais, au moins, ton anti-anti-antisémitisme aurait été eschatologiquement splendide.
 
 
Voici donc ce qu’écrivait Nabe en 2004. Je me permets de vous renvoyer à mon analyse du langage de l’anti-antisémitisme, publiée en 2007 dans la revue Jibrile.
 
La vidéo de la conférence de Nabe avec Tariq Ramadan est beaucoup diffusée en ce moment sur le web. Il s’y dit des choses très sensées et très fines, quand on prend la peine de la regarder en entier. Ahmed Moualek est le premier à l’avoir diffusée sur le site de « La Banlieue s’exprime », l’introduisant avec un commentaire très honnête.
Je ne veux pas développer ici mes idées sur la Syrie, car le sujet est très complexe. Mes amis chiites libanais remercient Bachar Al Assad d’avoir aidé le Hezbollah durant la guerre de 2006 contre Israël, mais mes amis maronites se souviennent du rôle infect joué par la Syrie durant la guerre du Liban (même si le général Aoun soutient publiquement Al Assad depuis le mois de mai 2011). Aussi, ce n’est pas parce que Nabe soutient la révolution syrienne qu’il faut en faire un « complice de l’Empire » ou un « idiot utile au complot maçonnique ». Je connais certains complotistes qui s’étaient également enthousiasmés pour les révolutions tunisiennes, sans qu’ils n’aient été accusés de quoi que ce soit (à juste titre).
Tariq Ramadan précise bien qu’une des priorités est d’éviter toute opposition frontale entre sunnites et chiites. Voilà une chose qu’on aimerait entendre plus souvent. Par ailleurs, il insiste sur cette alliance permanente existant entre les salafistes littéralistes et l’Occident. Comme « idiot utile au complot maçonnique », on fait mieux… « Chaque fois qu’il y a un intérêt stratégique pour l’Occident, il y a tout à coup, soit des littéralistes, soit des radicaux extrémistes qui s’installent ». Ce qui est rigolo, c’est que les complotistes (toujours les mêmes) croient que ces phrases de Ramadan s’opposent à celles de Nabe, lorsque ce dernier déclare que seul l’islam puisse être un rempart contre l’Occident (dans les pays musulmans) ! Comme si Nabe et Ramadan pouvaient confondre le littéralisme islamiste avec l’islam révolutionnaire, le véritable islam ! N’importe quel être humain sensé, traditionaliste ou non, libéral ou non, sait très bien qu’aujourd’hui, c’est la spiritualité authentique (christianisme, islam, bouddhisme, hindouisme), qui peut servir de rempart contre l’Occident, et que le lettrisme – quelle que soit la religion – sera toujours une ruse de l’Empire du Non-Etre pour assécher, pervertir et dévoyer la spiritualité.
Entre l’Occident et la Nation, il y a une troisième voie : c’est celle de Parvulesco, Rimbaud, Gilbert-Lecomte, Ibn’Arabi, Hônen, Swami Premananda et Saint Jean : l’Eurasie organique et apocalyptique des Temps de la Fin, le Royaume Spirituel total régi par l’Ordre unificateur universel supratraditionnel de Madame Sainte Marie.

Limonov

Les alliés des USA veulent incendier toutes les églises de la péninsule arabique

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Abdulaziz Ibn Abdullah al-Cheikh, le grand mufti du Royaume d'Arabie Saoudite, principal allié des USA dans la région, a émis au mois de mars une fatwa religieuse dans laquelle il appelle à la destruction de toutes les églises de la péninsule arabique.

Elle a été émise en réponse à un député koweïtien qui souhaitait savoir comment il pourrait faire pour interdire la construction d'églises dans son pays.

L'Arabie saoudite interdit tous les bâtiments de prières non-musulmans, ce qui oblige les chrétiens à risquer une arrestation en priant dans des maisons privées, mais il existe des églises pour les minorités chrétiennes aux Émirats arabes unis, au Qatar, au Koweït, à Bahreïn, à Oman et au Yémen.

Des évêques chrétiens en Allemagne, en Autriche et en Russie ont protesté contre cette déclaration, négation inacceptable des droits de l'homme de millions de travailleurs étrangers dans la région du Golfe selon eux. 

Près de 3,5 millions de chrétiens en effet, vivent dans le Golfe, dont de nombreux travailleurs catholiques venus d'Inde et des Philippines.

La conférence des évêques en Autriche, où le roi saoudien Abdullah prévoit paradoxalement d'ouvrir un centre de dialogue interreligieux, a exigé une explication officielle de Riyad : "Comment le grand mufti pourrait-il émettre une fatwa d'une telle importance dans le dos de son roi? Nous voyons une contradiction entre la volonté de dialogue affiché et l'attitude du mufti".

Monseigneur Mark de Yegoryevsk, chef du département orthodoxe russe pour les églises à l'étranger, a déclaré la fatwa "alarmante" tandis que Monseigneur Robert Zollitsch, président de la Conférence épiscopale allemande, accusait le mufti " de ne montrer aucun respect pour la liberté religieuse, la coexistence et le libre exercice des cultes". 

Gouverner par le chaos

gouverner-par-le-chaos-collectif-anonyme.jpgPouvez-vous nous expliquer la genèse de cet essai et le choix de l’anonymat ?

Comme beaucoup de monde, j’ai été frappé par ce que l’on a appelé l’affaire de Tarnac. Pour rappel, fin 2008, une dizaine de jeunes gens vivant essentiellement dans le village corrézien de Tarnac se fait arrêter de manière extrêmement brutale et médiatique par la police et les brigades de l’anti-terrorisme avec comme chef d’inculpation le sabotage de voies ferrées de Trains à Grande Vitesse. Le nom de Julien Coupat ressort particulièrement car il est supposé être le cerveau de ce groupe appartenant à l’ultra gauche et auteur d’un ouvrage intitulé L’insurrection qui vient, rédigé sous le prête-nom de « Comité invisible » et qui annoncerait les actes de terrorisme à venir.

Cette publication d’inspiration plutôt situationniste fait suite à d’autres, notamment celles du groupe Tiqqun, dont la plus connue est la fameuse « théorie de la Jeune-Fille » (jeunisme et féminisme comme outils de contrôle social). Ayant circulé moi-même pendant des années dans les milieux d’extrême gauche, d’abord à l’université de Paris 8 (Vincennes/Saint-Denis) où j’ai fait mes études, puis dans les squats et les réseaux anarcho-autonomes-libertaires, pour finir par l’action syndicaliste sur mon lieu de travail, il m’est arrivé à plusieurs reprises, dans des soirées ou des réunions, de croiser la route de certains membres de cette nébuleuse intellectuelle et militante. Quelle ne fut pas ma surprise quand je les ai vus placés au cœur de l’attention médiatique, et en plus de cette façon ! Même si je n’ai jamais été un de leurs amis proches, j’ai senti le vent du boulet passer, car nous fréquentions les mêmes cercles. Je n’ai pas pu m’empêcher de me sentir concerné par ce qui leur arrivait et j’ai donc commencé à suivre systématiquement tout ce qui touchait à cette affaire.

Dans la même période, quelqu’un m’avait demandé de faire une conférence sur l’ingénierie sociale, thème sur lequel je travaillais depuis un certain temps. Quand il a commencé à apparaître que ce groupe de Tarnac n’était qu’un bouc émissaire, les dégradations de voies ferrées ayant été revendiquées par des écologistes allemands, je me suis mis à rédiger un texte qui associerait les deux thèmes qui m’occupaient. Après l’annulation du projet de conférence, je suis parti sur l’écriture d’un article assez long, qui a rapidement atteint la taille d’un opuscule. N’ayant pas encore d’éditeur à l’époque, je l’ai mis directement sur Internet, avec le titre « Ingénierie sociale et mondialisation ». Par solidarité et hommage envers ce groupe de Tarnac, j’ai repris le prête-nom d’auteur de « Comité invisible », ce qui a attiré l’attention de quelques personnes, dont Aude Lancelin, qui en a fait un article dans Le Nouvel Observateur. Quand les éditions Max Milo l’ont publié dans une version revue et augmentée, nous avons demandé à Éric Hazan, l’éditeur du premier Comité invisible, s’il acceptait de nous accorder la franchise, et il a refusé. D’où la publication sous anonymat, car l’identité des auteurs n’a pas d’importance, seul compte le texte, que j’ai écrit comme un manuel d’introduction à quelque chose de méconnu, pas pour attirer l’attention sur moi.

Gouverner par le chaos porte pour sous-titre « Ingénierie sociale et mondialisation ». Qu’est-ce que l’ingénierie sociale ? En quoi est-elle liée à la mondialisation ?

En un mot, l’ingénierie sociale, le social engineering, consiste à considérer le fait social comme un objet. Normalement, le fait social est considéré comme subjectif. Un groupe social est constitué par des sujets individuels, qui, ensemble se mettent à constituer un sujet collectif. Ça, c’est l’approche classique, qui induit un rapport d’interlocution, puisqu’on est dans des rapports intersubjectifs, de sujets à sujets. Ces rapports d’interlocution sont médiatisés par le langage (du moins par un code) et peuvent être pacifiques, belliqueux, neutres, ou de toute autre nature. Dans tous les cas, on s’adresse la parole, oralement ou par écrit, voire on s’apostrophe, on s’engueule ou on se menace, mais on reste des « sujets parlants », comme dit la psychanalyse. En un mot, je produis des signes et j’attends qu’on me réponde.

À l’opposé, dans une approche d’ingénierie, la sphère du sujet parlant est littéralement zappée. Tout est dé-subjectivé. Ici, on ne se parle plus. Autrui n’est donc plus l’adresse d’une interlocution mais l’objet d’une gestion, d’un contrôle, d’un management. Les idées, les émotions, les vécus, tout est objectivé. Autrui, mais aussi soi-même, peuvent alors être décrits comme des objets « en chantier », c’est-à-dire à reconfigurer, à reformater, à réinitialiser, un peu comme en informatique, en génétique ou dans le BTP, d’où l’appellation d’ingénierie, qui n’est même pas métaphorique. Il s’agit bel et bien de « faire des travaux » sur la subjectivité, de recombiner les parties, etc. Cette mécanisation de l’humain vient directement de l’approche cybernétique. Quelque part, c’est le mépris maximum pour le vivant. En même temps, c’est le type de relation à autrui que l’Occident libéral-libertaire essaie de normaliser sous le concept de « mondialisation » : relation instrumentale, de soi à soi, ou de soi à autrui.

Compte tenu que sur un chantier il est souvent moins coûteux de tout casser et de tout reconstruire à neuf que de modifier l’ancien, on voit où cela peut mener dans les sociétés humaines. Cela revient à normaliser un rapport à autrui complètement psychopathe. 1) Le sujet est un objet, 2) je peux le détruire pour un bien supérieur (ou que j’estime tel). Je sais qu’il existe en France un diplôme d’ingénierie sociale pour les gens qui veulent travailler dans le social. Mais justement, le vrai travail social est aux antipodes de l’esprit de l’ingénierie et consiste à réinjecter du langage, de l’interlocution, du sujet parlant, donc du respect, dans les couches populaires. À mon humble avis, le nom de ce diplôme devrait être changé.

Qui sont, aujourd’hui, les principaux ingénieurs sociaux ?

On pourrait reformuler : qui, aujourd’hui, considère autrui comme un objet ? Je cite pas mal de noms dans mon bouquin. Ils se répartissent en catégories. Globalement, il faut distinguer :

1) les « petites mains », qui font de l’ingénierie sociale au quotidien dans leur travail et qui sont souvent des idiots utiles du système, tous ces gens qui travaillent dans le consulting, le management, le marketing, le business, la stratégie militaire, le Renseignement, l’informatique de haut niveau (intelligence artificielle, cryptologie), la robotique, la sécurité des systèmes, etc. ;

2) les « concepteurs », qui sont souvent des esprits très brillants, plus ou moins conscients du danger de leurs recherches, les Norbert Wiener, Kurt Lewin, Pavlov, Skinner, Albert Bandura et autres Gregory Bateson ;

3) les « salauds », eux-mêmes subdivisés en deux sous-catégories : les financiers dans la haute banque, avec leur projet de gouvernement mondial, écrit noir sur blanc et assumé en toutes lettres par un David Rockefeller dans ses Mémoires ; et les planificateurs tels que Edward Bernays (et la « com’ »), Milton Friedman (et la stratégie du choc), Zbigniew Brzezinski (et le tittytainement) ou Georges Soros (et les révolutions colorées).

Quant au corpus bibliographique, il est assez vaste et n’est pas toujours perçu comme procédant d’une même inspiration. On peut citer quelques célèbres textes aux origines douteuses, ce qui n’a à ce stade aucune importance car c’est la méthodologie qu’il faut retenir comme Armes silencieuses pour guerres tranquilles, voire le plan Pike-Mazini ; ensuite, tout ce qui tourne autour de la guerre cognitive/guerre psychologique/guerre culturelle (Gramsci, la mémétique) ; les publications de l’École de Guerre Économique fondée par Christian Harbulot ; les recherches de l’historien de la publicité Stuart Ewen, notamment son ouvrage Consciences sous influence qui synthétise beaucoup de données.

Deux textes récents définissent également des programmes : le mémo révélé par Wikileaks de Charles Rivkin, ambassadeur des USA en France, qui ambitionne de reformater la culture française dans un sens plus américanophile en s’appuyant sur les minorités, et l’étude pour la RAND Corporation de la féministe Cheryl Benard, Civil democratic Islam. Partners resources and strategies, qui vise à adapter l’Islam à la modernité libérale occidentale.

Suite: http://www.voxnr.com/cc/dt_autres/EFFkulpyVFEHiBTRPR.shtml

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