25.05.2009
La crise du monde moderne
Pour faire suite à la réflexion d'un de nos camarades sur les oeuvres de René Guénon (Sur la nécessité d'une autorité supérieure), nous vous proposons une lecture essentielle, celle de "La crise du monde moderne". Nous recommandons en priorité la lecture des derniers chapitres de l'ouvrage (à partir du chapitre VI intitulé "Le chaos social") qui constituent une synthèse brillante et limpide de la pensée de l'auteur.
René Guénon - La crise du monde moderne (version intégrale)
René Guénon - La crise du monde moderne (les chapitres essentiels)
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L'INDUSTRIE DE L'HOLOCAUSTE
Réflexions sur l'exploitation de la souffrance des juifs par les sionistes
Norman G. Finkelstein
Universitaire juif de New-York, dont les parents étaient des rescapés du ghetto de Varsovie et des camps de concentration, qui fait scandale l'été 2000 en publiant un petit ouvrage The Holocaust Industry : Reflections on the Exploitation of Jewish Suffering, Hardcover, juillet 2000, traduit en français et publié en février 2001, L'Industrie de l'Holocauste, avec une postface de Rony Brauman, La fabrique éditions, Paris 2001, ouvrage dans lequel il dénonce le comportement des organisations juives américaines qui utilisent la mémoire de la Shoah pour "extorquer de l'argent à l'Europe" (Allemagne, Suisse, Autriche, France ...).
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Mes parents ne trouvaient jamais d'excuse à la guerre, au racisme, à la souffrance. Ils étaient très différents des gens du voisinage. J'ai grandi dans un milieu juif, où les enfants ont généralement bien réussi, médecins, avocats professeurs, mais très raciste : on ne parlait jamais des Noirs que comme des nègres, en utilisant un argot yiddish violent. A la maison un tel langage était absolument impensable. En ce sens, mes parents ne sont jamais devenus des juifs américains.
Interview recueilli à New York par Antoine de Gaudemar, Libération, 15 février 2001, p. VII.
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Question : Jugez-vous absurde la notion de devoir de mémoire ?
Réponse : Non, bien sûr, à condition de ne pas considérer seulement l'Holocauste nazi. C'est le sens de mon cri d'alarme. Les organisations juives américaines ont transformé ce devoir de mémoire en industrie de l'Holocauste. Elles ont volé et sali ce qui s'est passé en Europe. Quand les japonais commémorent Hiroshima, c'est en illuminant le fleuve de milliers de petites lanternes flottantes. Aux Etats-Unis, ce sera un concert de pop-corn au Yankee Stadium. Tout cela est dégoûtant et je ne regrette pas un mot de ce que j'écrit".
Ibidem Libération.
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La "conscience de l'Holocauste", observe Boas Evron, un écrivain israélien respecté, est en réalité "un instrument d'endoctrinement de la propagande officielle, un ramassis de slogans, une vision du monde faussée dont le vrai but n'est nullement la compréhension du passé mais bien la manipulation du présent" (Boas Evron, "Holocaust : The Uses of Disaster" in Radical America, juillet-août 1983, p. 15). En soi, l'holocauste nazi n'implique aucun programme politique particulier. Il peut servir aussi bien à soutenir qu'à critiquer la politique israélienne. Mais réfractée à travers un prisme idéologique, "la mémoire de l'extermination des Juifs par les Nazis" en est venue à servir, selon les termes d'Evron, de "puissant instrument aux mains de la direction israélienne et de certains Juifs à l'étranger". L'holocauste nazi est devenu l'Holocauste.
Le système de l'Holocauste repose sur deux dogmes centraux : (1) l'Holocauste constitue un évènement historique catégoriquement unique ; (2) l'Holocauste constitue le point culminant de la haine irrarionnelle et éternelle des Gentils contre les Juifs.
Norman G. Finkelstein, La manipulation de l'Histoire in L'industrie de l'Holocauste, La fabrique éditions, Paris 2001, p. 43.,
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23.05.2009
QUESTIONS SUR LA NECESSITE D'UNE AUTORITE SUPERIEURE
QUESTIONS SUR LA NECESSITE
D’UNE AUTORITE SUPERIEURE
FACE AU POUVOIR TEMPOREL
DANS LA CRISE DU MONDE MODERNE
Une lecture de René Guénon par Christophe Viscard (E&R Aquitaine)
Sommaire :
I - Décadence et Proportions
1 - Quel constat devons-nous poser ?
2 - Que reste-il à l’étape de cette période ?
II - Quelle est l’opposition sérieuse entre Occident et Orient ?
Peut-on encore parler d’une restauration de la tradition chrétienne en Occident ?
III - Qu’en est-il à l’époque moderne ?
1 - La vérité occidentale et Descartes
2 - Les élites occidentales
3 - Que faire ?
I - Décadence et Proportions
La civilisation occidentale au lieu de se développer dans le sens positif et progressiste de ses visions, pourrait bien trouver un point d’arrêt ou même entièrement sombrer dans quelque cataclysme. Une transformation est imminente et nous nous approchons du théâtre des opérations : le dénouement probable de la civilisation occidentale. Sans pouvoir en prédire l’échéance, c’est tout au moins la fin d’un monde qui s’annonce. Les conclusions des processus conduisent en effet à une déduction logique de principes et de doctrines qui se sont progressivement effondrés depuis le XIVème siècle.
Dans le « quatrième âge » de la croyance hindou, nous sommes dans le Kali-Yuga : l’âge sombre ; c'est-à-dire dans une époque déjà vieille de plus de six mille ans, bien antérieure à toutes celles connues dans l’histoire classique et opposée à la période légendaire. La remarque au sujet de la chronologie occidentale est importante, au sens où elle s’impose, avouant par la même, une part d’ignorance et une certaine incompréhension qui peut déjà expliquer le cours inexorable de son esprit antitraditionnaliste.
1 - Quel constat devons-nous poser ?
L’Europe moderne est elle une véritable progression de la matière et de l’esprit, de la matière sur l’esprit ou bien de l’esprit sur la matière ? L’Europe du Moyen-âge n’a-t-elle pas été plus intéressante intellectuellement que l’Europe moderne et dégénérescente ?
On remarquera qu’il y eut entre ces deux dernières périodes occidentales une réadaptation effectuée dans l’ordre traditionnel, plus particulièrement dans les domaines des « mystères » et des formes restaurées de « l’orphisme antérieur » et du « culte delphique d’Apollon » (le pythagorisme par exemple) et la persistance des rites initiatiques.
Quels sont les moyens supérieurs dont nous dotons nos raisonnements en Occident ? Quelle est l’instance supérieure de la réflexion en Occident ? La philosophie, comme acte préparatoire vers la sagesse, a opéré un étrange revers de son étymologie. Elle s’est effectivement substituée à la sagesse. C’est pourquoi nous nommerons cette philosophie détournée de son but : « philosophie profane » dont la sagesse est purement humaine et rationnelle ou non-humaine et supra-nationale*.
> L’étape que nous abordons est essentielle pour bien comprendre les scissions qui vont exister tout au long de sept cent années d’histoire entre tradition et raison progressiste.
> L’antériorité de ces bouleversements débutera en Occident par l’emprise de l’exotérique sur l’ésotérisme
> Le rationalisme cartésien constituera [consistera], par la suite, à nier tout ce qui est d’ordre supra-rationnel
>Le Protestantisme illogique déshumanisera le sacré en ôtant au Christ sa divinité : premier signe de l’individualisme spirituel
> La Renaissance comme volonté perdue de retrouver les traces d’un Christianisme primitif
> Le renversement historique de l’autorité spirituelle par le pouvoir temporel. Série engagée dès le XIVe siècle : la Royauté française ayant travaillé inconsciemment à préparer la Révolution qui devait la renverser. Mais, il est à relever que Robespierre aura tenu à maintenir dans sa Constitution Républicaine de 1793 les termes d’ « Etre Suprême »
Cette époque de l’Occident, à partir de la Renaissance jusqu’à aujourd’hui, coïncide avec la disparition du peuple juif et avec la dernière phase de la civilisation gréco-latine. Sans élargir le raisonnement, nous pouvons voir une ressemblance entre la décadence antique et l’époque actuelle : une philosophie « profane » avait gagné du terrain, le scepticisme apparaissait et le moralisme stoïcien et épicurien remportait des succès.
Pour bien nous situer nous dirons que le vrai moyen-âge s’étend du règne de Charlemagne au début du XIVe siècle, date à laquelle commence une nouvelle décadence de l’Europe occidentale. C’est le commencement de la désagrégation de la « Chrétienté » et du régime féodal qui en était solidaire. C’est à cette période qu’on spécule sur l’émergence de l’idée de « nationalités ».
D’aucun diront que la période de la Renaissance était un renouvellement de la civilisation occidentale. Ceci est vrai si l’on s’en réfère à la matière, aux patrimoines institutionnels et à la quantité d’œuvres homologuées par l’ONU. Mais elle fut malheureusement la mort de beaucoup de choses. Comment allait-on aménager ce sursaut et ranimer la civilisation chrétienne occidentale ? Elle ne prit, grâce à quelques écrits, que ce qu’elle avait eu de plus à l’extérieur de la civilisation gréco-romaine. La restitution de la Renaissance ne pouvait plus que transmettre un caractère incomplet et artificiel.
De la Renaissance, idéal nouveau qui se constitue par référence à l'Antiquité en cette période de transition qu'est le début du Quattrocento, Brunelleschi est ordinairement considéré comme le promoteur dans le domaine de l'architecture. Cependant, on a parfois méconnu l'aspect positif, révolutionnaire de son œuvre pour n'en retenir que les survivances et les emprunts. On a beaucoup discuté pour savoir si la coupole de Santa Maria del Fiore était gothique ou Renaissance ; le problème est d'un autre ordre. Progrès certain sur le plan technique, le dôme de Florence s'inscrit dans la lignée des efforts tentés depuis l'Antiquité pour couvrir un vaste espace. En Toscane comme à Rome, on continue alors à employer la brique selon une technique plus que millénaire, et à couvrir les espaces à l'exemple du Panthéon. La parure de pierre ou de marbre, qui habille les murs sans en révéler la structure, peut librement s'adapter à la mode ; il n'est pas rare qu'elle fasse l'objet d'un concours au même titre qu'une chaire ou un autel : Brunelleschi réalisera de cette façon les corniches de la nef de la cathédrale. Quant aux sciences traditionnelles du moyen-âge, elles disparurent aussi totalement que celles des civilisations lointaines.
2 - Que reste-il à l’étape de cette période ?
Une philosophie et une science « profane ». C'est-à-dire la négation de la véritable intellectualité, la limitation de la connaissance à l’ordre le plus inférieur, l’étude empirique et des faits, des hypothèses sans fondements, des vues fragmentaires ne conduisaient plus à rien sauf à des applications pratiques qui constitueront la supériorité de la civilisation moderne dont les motivations seront purement matérialistes et humanistes, c'est-à-dire la volonté de tout réduire aux proportions purement humaines, l’abstraction de tout principe d’ordre supérieur. Une conquête de la terre en se détournant du ciel, une union partielle et fragmentée du monde gréco-romain. L’humanisme deviendra un laïcisme contemporain.
II - Quelle est l’opposition sérieuse entre Occident et Orient ?
Dans l’époque actuelle, nous avons d’un côté toutes les civilisations orientales qui sont restées fidèle à l’esprit traditionnel, de l’autre, une civilisation occidentale antitraditionnelle. L’opposition de l’Orient et de l'Occident n’avait aucune raison d’être quand l’Occident était aussi traditionnel. Depuis fort longtemps, le dépôt de la tradition primordial a été transféré en Orient. On y trouve les doctrines qui en sont issues directement.
Peut-on encore parler d’une restauration de la tradition chrétienne en Occident ?
Cette idée démontre tout d’abord la négation du monde moderne ainsi que l’insatisfaction croissance de la spiritualité. Si le traditionalisme peut encore se découper en quelques tissus et jouer sous la forme de champs et autres simulacres matérialistes, l’esprit traditionnel n’y est plus. Ce que l’on peut dire c’est que le catholicisme est le reste d’esprit traditionnel en Occident. Sur le contenu du terme tradition, on y enferme toutes formes de choses et parfois les plus insignifiantes. Ce qu’il faut comprendre et qui est un tournant dans notre perception actuelle moderne, c’est que la philosophie « profane » se tient et s’ordonne dans l’ordre du rationnel, élevée par des individus humains et souvent sans inspiration. Au tournant, d’un siècle, je citerai seulement Leibniz et Pascal pour leur particularité et leur volonté de s’affranchir de la philosophie « profane » incarnée par la pensée mécanique de l’automatisme de Descartes. Chez ces deux philosophes, nous observons la place et les outils qu’ils tendent pour restaurer une tradition perdue et à vivifier. Nous ne parlons point de simples aspirations « antimodernes » mais d’une réincarnation du Christ sur terre, dans la peau, le cœur et la vie de chaque homme, dans la communion intime de leur esprit avec le Créateur. Ce retour à la tradition rendrait évidemment possible une entente entre l’Orient et l’Occident.
« Je trouve bon qu’on approfondisse pas Copernic, mais ceci…il importe à toute la vie de savoir si l’âme est mortelle ou immortelle », Pascal, « Pensées, ch. De la nécessité du pari »
Si les philosophes profanes n’ont de limite et de reconnaissance qu’envers la raison et conquièrent l’autorité sur la spiritualité par des modèles et des dialectiques parfois trompeuses, mensongères ou ignorantes, il convient de revoir dans le retour à la spiritualité, la fonction et qualification de l’élite intellectuelle sur le plan de l’intelligence pure. Depuis plusieurs siècles et selon des intérêts divers, l’esprit moderne sur son temps, a toujours progressé en Occident dans un esprit antitraditionnel, gage de son propre désordre. Désordre qui se retrouve jusque dans la logique de ses fondements politiques qui prétend se défendre contre l’Orient alors que c’est bien lui, le monde moderne, qui menace de tout submerger et d’entraîner l’humanité dans un tourbillon. Si l'Orient ne demande rien de plus que son indépendance et sa tranquillité (ce qui reste à prouver sur le temps), alors l’Occident a bien besoin d’être défendu uniquement contre lui-même.
L’opposition entre l’esprit traditionnel et l’esprit antitraditionnel peut aussi apparaître dans la contemplation pour l’un et l’action pour l’autre. Sous ces deux termes, il apparaît que dans les cas de peuple, l’on puisse être exclusivement contemplatif ou exclusivement actif. Il y a bien deux tendances dont l’une ou l’autre domine presque nécessairement, ce qui implique aussi désharmonie ou déséquilibre. Des élites bien constituées intellectuellement pourraient affirmer une suprématie reconnue et légitimée, pour que les déséquilibres contingents à la politique et aux règles de la cité rentrent dans l’ordre. Leur force doit résider non par sur le nombre dont la loi serait la matière. Durant l’Antiquité et ce jusqu’au Moyen âge, la disposition naturelle à l’action ne les empêchaient pas de reconnaître la supériorité de la contemplation, c'est-à-dire, l’intelligence pure.
III - Qu’en est-il à l’époque moderne ?
1 - La vérité occidentale et Descartes
On peut raisonnablement dire que l’Orient maintient la supériorité de la contemplation sur l’action. L’Occident moderne affirme la supériorité de l’action et de la realpolitik sur la contemplation. Les doctrines orientales, et aussi les anciennes doctrines occidentales, sont unanimes à affirmer que la contemplation est supérieure à l’action. Mais comment prendre l’action comme référent intellectuel lorsque l’action même est une transition de l’être ? Peut-il en découler en elle-même son principe et sa raison suffisante si elle ne se rattache pas à un principe qui est au-delà de son domaine contingent ? Et c’est pourtant bien selon cette logique illusionniste qu’elle déduit sa connaissance et sa vérité, une acceptation inintelligible et contradictoire. La connaissance joue le rôle d’un « moteur immobile » (Aristote) par rapport à l’action. La connaissance seule permet de sortir des limitations fixées par la raison pour atteindre l’excellence de l’immutabilité. Sans cela, la pensée en rapport à l’action est troublée et obscurcie. Le caractère de l’époque moderne s’inscrit dans une agitation incessante faite de changement permanent, continuel et de vitesse sans cesse croissante. Une notion difficile de limite, comme l’entendait Leibniz dans « Les Principes du calcul infinitésimal », qui se pose en fondant rigoureusement le passage du variable au fixe.
La vérité s’obtient donc selon des fondamentaux purs, ils conduisent à la connaissance métaphysique, grâce à l’intuition intellectuelle. Non pas celle de l’ordre sensible de la philosophie profane. Cette intuition pure est supra-rationnelle. Avant Descartes une suprématie par-dessus le logos était envisageable et englobait l’individu dans une unité. La scission de Descartes avec le rationalisme a limité radicalement la transcendance et la connaissance de la vérité.
Du point de vue moderne, la philosophie cartésienne est individualiste car elle fonde sa connaissance sur la négation de toute faculté d’ordre supra-individuel. Tandis qu’en possédant le caractère traditionnel, l’intuition intellectuelle est au principe de tout. La science sacrée ne peut se voir opposer la logique de la philosophie profane car elle ne peut partir que de principes universels. Eux seuls connaissent pleinement la connaissance principielle. La plus immédiate de toutes les connaissances est l’intuition intellectuelle. Car la philosophie « profane », selon la logique leibnizienne, n’a pas rendu pleinement la raison d’une conclusion aussi longtemps qu’elle n’a pas rendu raison de la raison. L’époque moderne a procédé à la négation de tout principe supérieur à la raison. L’individualisme comme négation devient la cause déterminante de la décadence de l’Occident. Notre civilisation occidentale est d’autant plus singulière dans l’ordre de la pensée lorsqu’un homme prétend revendiquer la propriété d’une idée. On s’imagine à quel degré nous sommes descendus avec des plumitifs du logos : BHL, Gluksmann, Goupil, Abd el Malik et consorts. Car au fond, une idée vraie ne peut être nouvelle. Elle existe mais n’a pas encore été connue. Quand elle est découverte, elle enrichit notre connaissance pure vers la vérité. Le tout est de savoir ce que recherchent inexorablement les ronds de cuirs des plateaux télévisés et les éditoriaux mièvres et mauvais de la presse écrite.
2 - Les élites occidentales
En mettant la raison au dessus de tout, l’affaire occidentale s’est vidée comme un tonneau percé. La table rase de Descartes a réduit toute partie de l’ordre supérieur. Dans la fine logique de cette limitation, l’intelligence a forcé sa logique dans les formes nouvelles du naturalisme dans lesquelles la nature se substitue à la raison. Tous ces modèles de pensée, de Descartes à Kant, ou de Nietzsche à Bergson rejettent la métaphysique qui serait hors d’atteinte de l’individu. Le relativisme, l’instinct et le sentimentalisme de Bergson, l’unitarisme comme usage industriel de la déraison, sont autant de formes de pensée qui ne reconnaissaient plus la réalité d’un ordre supérieur. La méthode reste la même.
Pour prolonger le propos de René Guénon dans ses ouvrages, il est à noter que l’élite déclassée depuis la moitié du XIXe siècle a trahi son idéal. Les clercs ont composé, dès 1848, au côté d’une bourgeoisie qui se délestait du Bien pour défendre ses acquis. Concernant la dérive rationnelle et la limitation du cartésianisme dans l’ordre de la pensée, des penseurs ou des intellectuels sont entrés et se sont jetés dans la praxis au nom de la « bonne cause » et du combat de classe : le corpus jeté dans l’Etre-multiple. Ce qui est extrêmement intéressant, ce n’est pas la disparition de ces élites vendues, car il y en a ! Il suffit surtout de la discipline, de l’intelligence, de la réflexion, de l’honneur, le sens de la communauté, élément qu’on retrouvait dans les casernes du contingent lors des dix mois de service militaire, qui à rebours, ont apporté plus de richesses pratiques, de méthodes techniques qu’un LEP classé en zone trouble de surveillance. Cela a permis, en outre, la construction de blocs, des défenses naturelles de groupes lorsque cela tournait mal pour l’un ou l’autre. J’en viens à ce point pour une seule et bonne raison.
Les intellectuels en trahissant le peuple ont crée et se sont aliénés dans le monde « profane » des ilots de sacralité. C’est là où surgit la permissivité de la pensée. C’est ce que l’on observe chez les membres de la Gauche Prolétarienne, les intellectuels sionistes, les euro-atlantistes qui légitiment toute pensée comme déconstruction et dépassement des mœurs, des lois, des autorités, des filiations, des pouvoirs, des frontières, des cultures qui ont contribué à faire la force de la Nation de Valmy. Ils s’octroient de fait, une autorité supérieure, dans les média, bafouée et désacralisée. La déconstruction de la raison, parfaitement analysée dans l’œuvre de Lukacs, est devenue le travail permanent de sape des universités. Nietzsche, le parangon des slogans publicitaires (« Deviens de que tu es »). La construction de nos élites « profanes » repose aveuglément sur des slogans de pubs, sur les concepts de lointains horizons, de techniques futuristes, d’étrangeté dans l’altérité, la levée de toute loi susceptible de freiner leur envol prophétique, les bienfaits de l’obscurantisme des Lumières, des droits de l’homme et de l’ingérence. En cela, la démarche est éhontée car elle a transvalué le « sacré » dans le « profane », et fait reposer la logique de l’autorité du sacré dans le temporel. Plus personne ne s’y retrouve. Les hommes ne reconnaissent plus aucune autorité effective dans l’ordre spirituel, aucun pouvoir légitime dans l’ordre temporel, des profanes discutent et ébranlent des édifices sacrés aux civilisations, contestent le caractère de l’existence. L’ignorance et l’étroitesse imposent toutes leurs bornes à la vérité dans le but de produire la meilleure erreur.
Sur plus d’un milliard de chrétiens dans le monde, on compte plus de 40 millions de catholiques pratiquants. Le Protestantisme, en humanisant la religion et les textes liturgiques, a réduit de fait le Christ à n’être plus rien.
Les modernistes, les progressistes, les marxistes humanistes, les sentimentalistes, les naturalistes, les situationnistes, les vitalistes sont autant de tentatives à l’intérieur de l’Eglise catholique qui vacille avec ses propres fidèles. Ces maîtres du « profane », en développant de telles théories, sont devenus progressivement des apprentis-sorciers, inconscients des enjeux de la foi et de sa portée politique. L’enjeu affirmé est depuis deux siècles celui de la démocratie, de l’individualisme et la force des peuples à pouvoir disposer d’eux-mêmes. Ce qu’ont produit les clercs et la bourgeoisie au XIXe siècle se retrouve dans la pensée courante et vulgarisée de la démocratie.
Sur la démocratie, René Guénon insiste sur le fait que :
> L’avis de la majorité ne peut être que l’expression de l’incompétence. Théorie de la psychologie des foules. Théorie du consentement des foules (W.Lipmann « La fabrique du consentement », la manipulation des masses par Edward Bernays, créateur du concept libéral des « relations publiques » dans les années 1920)
> Le supérieur ne peut émaner de l’inférieur, parce que le « plus » ne peut sortir du « moins »
> Le pouvoir véritable ne peut venir que d’en haut et ne peut être sanctionné que par quelque chose de supérieur à l’ordre social, c'est-à-dire une autorité spirituelle.
3 - Que faire ?
> Retrouver le sens de la tradition nourri de l’art spirituel du sacerdoce et de la scolastique thomiste de l’Eglise catholique : organisation authentiquement traditionnelle.
> Relèvement de l’art royal de la maçonnerie, dépositaire de l’héritage médiéval
> Retrouver le sens de la transmission des bons savoirs et selon les compétences de chacun
> L’Occident pourrait avoir besoin de l’Orient pour revenir à la conscience de sa propre tradition.
> L’uniformité a conduit à des échecs évidents. Le sacre de l’apprentissage, d’apprendre par cœur n’est pas une solution. Il convient de placer l’intelligence devant la mémoire qui reste, de fait, la plus grande injustice humaine. Ou bien, la qualité est entièrement sacrifiée à la quantité.
> Comprendre et stimuler les universaux républicains envers les autorités musulmanes afin de s’assurer qu’aucun complot n’existe et que la pratique rituelle n’est en rien le signe d’une provocation et demeure le symptôme d’une angoisse portée par les média et les tenants du concept atlanto-sioniste du « choc des civilisations ».
> Créer un réseau d’intérêts communs, de résistance que la France a toujours eu le génie de produire depuis la Révolution française jusqu’à la Résistance. Perpétuer le génie français passerait par une entente entre la pratique musulmane et le respect d’universaux républicains.
VisK
* Dans les années 70, les théories du « non-être » se plaçant par-delà « le monde et les frontières » représentaient une sorte d’universalisme. Universalisme mao. Freudo-marxisme universaliste. Une philosophie aussi bien donc humaine et rationnelle que non-humaine et supranationale.
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Conférence "Français, musulman et patriote"
FRANCAIS, MUSULMAN ET PATRIOTE
Pourquoi la droite islamophobe et la gauche antiraciste n'en veulent pas ?
En attendant l'intégralité de la vidéo en ligne, voici le point de vue d'Alain Soral sur la question, le texte d'introduction de la conférence par Stéphane Peyral ainsi qu'un compte rendu précis et fidèle des idées qui ont été échangées le samedi 18 avril à l'Athénée Municipale lors de la conférence "Français, musulman et patriote".
Sommaire :
I - FRANCAIS, MUSULMAN ET PATRIOTE
II - PATRIOTISME DE CONCORDE
III- LES MEDIATEURS DE LA REPUBLIQUE


II - PATRIOTISME DE CONCORDE
Bonsoir à tous,
Avant de laisser la parole à nos invités, je voudrais dire quelques mots à propos de l'association Egalité et Réconciliation dont je suis le coordinateur pour la région Aquitaine. E&R est une association qui a deux ans maintenant. Elle s'est créée sous l'impulsion de lecteurs d'Alain Soral, qui est donc ici présent et qui en est logiquement le président.
Pourquoi créer une énième association me direz-vous ? Je dirais : parce que tout simplement celle-ci n'existait pas. Alors certes, je vous accorde que c'est une condition nécessaire mais peut-être pas suffisante. Mais c'est en fait pour dire qu'aux yeux de ceux qui l'ont créée et de ceux qui la rejoignent maintenant depuis deux ans, il n'existe à priori pas vraiment d'équivalent en France, à savoir une structure métapolitique qui, pour le dire vite, affirme et défend un patriotisme français, patriotisme que je qualifierais de pacifique, ouvert et recherchant toujours l'unité, la concorde plutôt que l'agressivité et l'affrontement.
Donc, ça c'est pour la forme et l'esprit de la chose si je puis dire. Maintenant, il y a aussi le point de vue général que nous défendons et qui évidemment est corrélé à un objectif.
Alors bien entendu je vais faire bref, trop bref probablement, pour exposer ce point de vue, parce que déjà ce n'est pas l'objet de la soirée, mais bien évidemment, je vous invite pour approfondir à consulter les sites internet et à lire éventuellement aussi le petit journal Flash auquel collabore Alain Soral ou tout simplement je vous invite à venir discuter avec nous qui sommes bien sûr là pour répondre aux éventuelles interrogations.
Alors pour résumer, je dirais que notre positionnement fondamental c'est le refus absolu du modèle de société totalement amoral qui nous est progressivement imposé ici en France, à savoir le modèle du calcul égoïste, de l'échange marchand, c'est-à-dire la société de l'individualisme et de l'utilitarisme ; société qui, on le voit, ne crée que de la laideur et de la violence. Et donc, face à ce modèle, nous invoquons un monde totalement opposé, fait de valeurs morales, d'éthique, un monde - pour faire un petit jeu de mot - de décence et de sens. Nous défendons donc un modèle qui nous semble de surcroît être le meilleur gage d'une vie en commun pacifique et digne.
Seulement, il y a une condition majeure pour que puisse émerger un tel modèle, c'est que tous ceux qui aspirent à le voir s'imposer puissent s'unir pour le porter et le défendre. C'est le vieil adage « l'union fait la force ». Or, on voit bien que tout est fait aujourd'hui pour que de telles unions ne se produisent pas et qu'au contraire on cherche à alimenter les tensions et à créer les divisions. En politique, c'est par exemple la tentative de faire perdurer le désormais obsolète clivage gauche-droite. Ensuite, autre exemple,il y a également les représentations biaisées que donnent les médias dominants de tel ou tel groupe ou de telle ou telle communauté. Ca c'est l'éternelle stratégie du « diviser pour mieux régner ». Et aujourd'hui, il y a donc deux armes notamment qui servent cette volonté de division, deux pièges qui nous sont tendus dirais-je, pour éviter tout simplement que les gens ne se rencontrent et ne se parlent : c'est « le choc des civilisations » et le « communautarisme ».
Ces notions mériteraient évidemment d'être explicitées, il est d'ailleurs fort possible qu'elles soient évoquées ce soir. Ce qu’on peut rapidement dire, c’est ceci : le « choc des civilisations », c’est « je m’en prends à mon voisin parce qu’il est différent de moi et qu’on m’a suggéré que tous mes maux viendraient de sa présence à mes côtés et de sa volonté de me nuire » ; le « communautarisme » c’est : « je me regoupe avec mes voisins de même couleur, de même religion, de même sexe, de même pratique sexuelle, de même ce que vous voulez et je fais pression sur le pouvoir afin de m’attirer ses faveurs (et donc ses deniers aussi et surtout) tout en entrant inévitablement en concurrence avec les autres groupes pareillement constitués.
Il faut donc juste comprendre que ces processus ne font que produire des tensions, des conflits, de la lutte mais toujours horizontale la lutte, afin que bien évidemment elle ne soit pas dirigée contre le pouvoir.
Face à cela, ce que nous disons à Egalité et Réconciliation, c'est qu'il faut en premier lieu, si on veut être conséquent politiquement parlant, éviter ces pièges et plutôt tenter, comme je le disais, d'unir toutes les bonnes volontés qui veulent résister et ce autour de valeurs communes – alors je viens d'employer le mot « résister », dans le contexte vous comprenez qu'il s'agit de la simple volonté affichée de vivre ensemble en paix et dignement.
Reste que cette union doit aussi se faire au sein d'un cadre unificateur, et que le cadre qui, pour nous à E&R, nous semble le plus adéquat c'est un cadre culturel, historique qu'on appelle la Nation française et qui, dans des conditions qu'il faudrait bien sûr préciser, peut constituer un obstacle sérieux aux projets un peu inquiétants qui sont en cours.
Mais je le redis, le chemin de la concorde est sémé d'embuche, ce n'est pas une villégiature. La volonté de dialogue et d'entente en effet ne plait pas à tout le monde, nous en avons encore eu un exemple ce soir avec quelques agités manipulés qui faisaient du bruit au bout de la rue, mais bon, bien évidemment nous ne cédons pas, nous avons une ligne de conduite, nous n'en dévierons pas et nous continuerons notre travail de dialogue et de réconciliation et d'ailleurs nous le continuons ce soir.
Et je vais donc pour cela vous laisser maintenant aux bons soins de nos invités non sans avoir au préalable ajouté deux choses : d'abord un grand merci à notre ami Camel qui a grandement contribué à ce que la rencontre de ce soir se fasse. Donc merci à lui et à tous les autres camarades qui ont bossé sur la conférence.
Et j'en profite également pour annoncer la prochaine, c'est un peu loin, ce sera au mois d'octobre prochain et nous aurons le plaisir d'accueillir Alain de Benoist sur un thème également important, celui de l'écologie et plus précisément celui de la décroissance. Nous ne manquerons de vous rappeler tout ceci en temps voulu mais maintenant je laisse la parole à nos invités que je vous présente brièvement .....
Nous sommes donc très honoré de recevoir ce soir monsieur Tareq Oubrou, théologien, recteur de la mosquée de Bordeaux, homme de dialogue qui a beaucoup travaillé sur les rapports de l'Islam avec la société française, que ce soit sur les rapports avec le droit positif, la laïcité, la citoyenneté et qui a travaillé plus généralement sur la place du sacré et de la spiritualité dans un monde de plus en plus sécularisé.
A côté de monsieur Oubrou, monsieur Alain Soral nous honore également de sa présence... sociologue, pamphlétaire, romancier, cinéaste également, il a beaucoup travaillé sur l'évolution de la société française, notamment son évolution depuis mai 68...il se définit comme patriote français et intellectuel dissident, les deux statuts n'étant pas bien sûr sans rapport, et comme monsieur Oubrou, il va nous livrer son point de vue sur « l'Islam et le patriotisme français » et nous dire en quoi et pourquoi ces deux transcendances pourrions-nous dire suscitent de l'incompréhension quand ce n'est pas de l'hostilité. Après les questions, c’est-à-dire le débat qui suivra, je vous invite à vous rendre au stand librairie au fond de la salle pour dédicace et éventuellement poursuite des échanges. Voilà. Merci et bonne soirée à tous.
Stéphane (E&R Aquitaine)
III- LES MEDIATEURS DE LA REPUBLIQUE
Egalité et Réconciliation ne ressemble décidément à aucune autre association ou structure métapolitique en France. La raison principale en est je crois qu'elle est profondément... française ! Notre moteur est sans conteste l'amour de la France. Nous voulons que cette nation de quinze siècles perdure et puisse continuer à jouer un rôle d'agent historique dans la marche du monde. Pour cela, nous voulons incarner un patriotisme d'ouverture et de paix qui, face aux défis, recourre au courage et à l'intelligence et ne cesse, par ailleurs, de viser l'unité et la concorde. Ne comptez donc pas sur nous pour faire la guerre aux français, musulmans ou autres, qui partagent notre « weltanschauung ». Nos éthiques et nos valeurs prévalent sur nos intérêts individuels et nos intérêts de classe. Et puis, nous ne voulons pas nous départir de l'idée exprimée en son temps par Jacques Bainville que la France est une « œuvre de l'intelligence et de la volonté » et que « la France c'est beaucoup mieux qu'une race : c'est une nation ».
C'est donc dans cet état d'esprit que nous avons invité Tareq Oubrou, le recteur de la mosquée de Bordeaux, afin qu'il puisse, avec notre président Alain Soral, débattre des conditions et des possibilités pour les français, musulmans et non mususlmans, de s'inscrire dans un projet commun dont le ciment identitaire serait le patriotisme français et le cadre unificateur la Nation française. L'intitulé de la conférence était : « Français, musulman et patriote. Pourquoi la Gauche antiraciste et la Droite islamophobe n'en veulent pas ? »Voici un compte-rendu de ce qui s'est dit le samedi 18 avril, le tout accompagné de quelques réflexions sur les idées qui ont été exprimées.
1. LES MEDIATEURS DE LA REPUBLIQUE
La rencontre entre le président d'Egalité et Réconciliation et le recteur de la Mosquée de Bordeaux fut plus qu'une simple conférence, il s'est presque agi d'une véritable médiation. Les deux hommes ont fait preuve d'un certain courage, compte tenu des pressions et des menaces environnantes. Ils se sont posés en médiateurs de leurs groupes respectifs et très vite, de par leurs interrogations et leurs préoccupations communes, se sont presque transformés en médiateurs de la République elle-même vis-à-vis de la communauté nationale prise dans son ensemble. Car il s'agissait bien de deux français attachés à la France, parlant à la France et soucieux de l'avenir de leur pays que nous avions à la tribune ce soir là. Deux hommes qui, face aux va-t-en guerre et aux pousse-au-crime, n'ont de cesse d'appeler à l'apaisement et au dialogue.
Alain Soral posait ainsi très vite la question essentielle : « Comment faire de cette situation de fait [la présence de 6 millions de musulmans en France] quelque chose qui se termine positivement pour la France ? ». Les deux invités ont très vite convenu que le préalable à toute réflexion de ce genre est l'apaisement des tensions et que c'est le dialogue qui peut y contribuer. Ainsi, en prélude au dialogue qui allait s'ouvrir, ils ont tous les deux commencé par rappeler leurs positions de principe.
Dans son discours liminaire, le Recteur a très bien souligné les processus mondiaux en cours qui provoquent l'affaiblissement des Etats-nations et qui en retour induisent des revendications identitaires exacerbées. Il a surtout insisté sur l'interrogation à double sens que pose le caractère pluriculturel et pluricultuel de la France. L'Islam, par exemple, interroge l'identité française mais, en retour, il est lui-même interrogé du fait de sa seule présence dans la société française. Le Recteur a donc parfaitement posé les termes du dialogue que nous voulions développer ce soir là. Le représentant de l'islam de Bordeaux n'a également pas manqué de rappeler qu'il faut « sauver les valeurs de la République parce qu'elles sauvent tout le monde », et d'insister sur le génie de la France d'avoir inventé ce modèle sociétal et politique sur lequel il faut s'appuyer pour « éviter le combat des identités » et « bâtir un projet commun ».
Alain Soral n'a pu que se réjouir d'une telle disposition d'esprit et s'est alors empressé de fustiger les processus qui précisément veulent faire obstacle à cette concorde républicaine. Car pour qu'une telle réconciliation fonctionne, encore faut-il lever les malentendus et débusquer tous les pièges qui s'y opposent. Il s'est ainsi empressé de rappeler que les immigrés venus de nos anciennes colonies sont venus en France « avec des balais dans les mains et non avec des fusils ». L'immigration est donc bien un outil du capitalisme mondialiste et il n'y a pas de complot ni de projet de conquête ou de subversion de la France par l'Islam. « La crise financière vient de Wall Street et non d'un pays arabe ! » lance-t-il. L'islamisme n'est donc bien que l'instrumentalisation d'une religion par le mondialisme marchand en vue d'alimenter le conflit de civilisation qui, semant la division, sert les intérêts de ce même mondialisme. Voilà un premier malentendu levé.
Parmi les pièges et les obstacles qui jalonnent le chemin de la réconciliation, Alain Soral a tenu également, et très vite, à s'arrêter sur l'un d'entre eux : la manipulation orchestrée par la Gauche, manipulation dont nous avons eu une traduction concrète sur le terrain le soir même. En effet, aux abords de la salle, une délégation de Gauche, composés d'anarchistes et de jeunes d'extrême-gauche, s'opposait à notre réunion et criait, au nom de l'antifascisme, ne pas vouloir du dialogue et de l'effort de paix auquel nous aspirons. Il est donc en retour légitime de se demander si finalement, à l'insu de leur plein gré, ces jeunes gens ne poussent pas à l'effet contraire, c'est-à-dire à la guerre...
2. UN OBSTACLE A LA RECONCILIATION : LE RACISME DE LA GAUCHE
Le phénomène qu'a ainsi tenu a dénoncer Alain Soral, c'est le racisme déguisé, conscient ou inconscient d'une gauche et d'une extrême-gauche laïcarde et prétendument progressiste. En effet, ces mouvances racialisent sans cesse les problèmes sociaux et homogénéisent à la façon coloniale les populations d'origine immigrée (les blacks, les beurs). Et Soral de légitimement se demander : « Pourquoi un noir devrait-il être solidaire d'un noir ? », « Demande-t-on à un blanc d'être solidaire d'un blanc ? ».
C'est en fait toute la manipulation opérée par la Gauche et alimentée par l'extrême-Gauche à l'endroit des populations immigrées qu'a voulu dénoncer le sociologue ; c'est-à-dire le modelage de ces populations dans une optique néocoloniale modernante et leur utilisation à des fins de division. Pour le dire simplement, la Gauche a utilisé les immigrés pour servir ses intérêts propres. Il fut un temps où son intérêt était que le beauf français ne touche pas à son pote, c'est-à-dire accepte l'immigration dont elle profitait économiquement (on remarquera que dans l'autre sens, il était moins demandé à ce que le pote ne touche pas au beauf français qui était alors le vrai bouc émissaire).
Seulement aujourd'hui, le « colon » capitaliste de Gauche doit également veiller à ce que les tensions qui risquent résulter de la crise, crise qu'il a lui-même contribué à provoquer, ne trouvent pas une échappatoire verticale mais horizontale. On sent donc bien que la Gauche voudrait aujourd'hui autoriser un peu plus le beauf français, majoritaire, à y « toucher » à son pote. La Gauche change de paradigme et donc de bouc émissaire afin que le danger soit identifié comme venant des arabes et non de la folie de Wall Street. D'où, d'un côté, la future nomination de Philippe Val, islamophobe d'extrême-gauche et directeur de Charlie-Hebdo, à la tête d'une des plus grandes radios de France et la bienveillance déjà affichée à l'endroit de Marine Le Pen dont le discours commence à se teinter d'anti-islamisme primaire.
3. PREALABLE A LA RECONCILIATION
Face à toutes ces manipulations et à tous ces pièges et dans l'optique d'une résorption pacifique des tensions et d'une harmonisation des communautés, le président d'Egalité et Réconciliation a en quelque sorte proposé trois lignes de conduites qui sont autant de messages à l'adresse de ceux qui se sentent concernés par l'avenir de la France.
Il a recommandé, premièrement, d'abandonner le modèle colonial jaurésien. Ce modèle assimilationniste français, inventé et appliqué par la Gauche, n'est plus opérant aujourd'hui car il agresse les identités et les spécificités, ce qui dans le contexte du mondialisme uniformisant est évidemment inconséquent. En second lieu, et pour la même raison, Soral s'est opposé au métissage comme idéologie colonialiste (et non comme aventure individuelle). Enfin, il a appelé les français de culture musulmane à refuser la culture de la repentance. Cette mentalité faite de rancœur, d'hostilité et de chantage, entretenue par les associations de Gauche et les groupes de pression communautaires, n'a fait que créer des tensions et des divisions entre les français et surtout, elle n'a jamais permis à nos compatriotes des anciennes colonies de se sentir totalement et pleinement français (mais on comprend bien que c'était en fait le but de la manœuvre). Il ne s'agit pas pour autant, rappelle Soral, d'oublier le passé mais il s'agit désormais de dépasser les contentieux et de faire de l'histoire sérieuse, en bref, d'éviter de nous faire manipuler, de cesser de nous taper dessus et d'affirmer notre fraternité dans la France et pour la France.
3. DIALECTIQUE APLLIQUEE AU MODELE REPUBLICAIN ET A L'ISLAM
Après le préalable de la réconciliation, c'est-à-dire la pacification des rapports entre les individus que nous venons d'évoquer, reste la question du cadre de la réconciliation. Alain Soral avance cette idée qu'il faut réinventer un modèle républicain de fraternité en se demandant « comment faire une réunion fraternelle de communautés fières de leurs valeurs et de leurs origines mais qui participent toutes à la grandeur de la France ? ». Il cite alors un exemple historique où un tel modèle a fonctionné en France et dont nous pourrions nous inspirer : celui du Grand Sanhédrin et du pacte social entre Napoléon et la communauté juive, pacte qui a débouché sur la pleine intégration des juifs dans la nation française et a permis qu'ils contribuent à l'aventure de la nation française et à sa grandeur (exemple historique qui soit dit en passant est quelque peu oublié aujourd'hui par les organisations représentatives juives).
Cette dynamique et cette plasticité des concepts et des principes s'est également retrouvée dans le discours du Recteur Oubrou . Celui s'est également réclamé d'une démarche quelque peu « marxienne » dans la réflexion qu'il opère à propos de l'Islam. Face à la dynamique, pour ne pas dire l'accélération de l'histoire, il a semblé revendiquer l'utilité d'une certaine méthode dialectique pour trouver les conciliations et les adaptations nécessaires.
Mais voilà, toutes ces dispositions raisonnables et réfléchies de ceux qu'on présente paradoxalement comme des extrémistes, ne parviennent pourtant pas à lever les craintes et à calmer les hostilités de certaines personnes qui, pour le coup, apparaissent finalement à leur tour comme quelque peu extrémistes et bornées. Nous avons déjà évoqué l'hostilité et le racisme larvé de la Gauche antiraciste qui d'ailleurs n'est, à priori, pas venue participer au débat ce soir là, préférant visiblement le chahut dans la rue et le folklore d'un attroupement derrière une bannière intitulée « resistencia antifascista » (parce qu'en plus ils ne seraient pas français !?). A moins que leur émissaire très spécial n'ait été ce jeune scolastique prenant la parole dès l'ouverture de la discussion pour nous faire part de sa passion biblique pour Marx et postuler, comme vérité éternelle et comme résolution finale de l'histoire, la victoire d'un prolétariat essentialisé, nous offrant donc au final un bel exemple d'idéalisme intégriste, une position très peu dialectique et en définitive très peu marxiste.
Mais venons-en maintenant à la deuxième partie du sous titre de la conférence, sous-titre qui était, je le rappelle, « Pourquoi la gauche antiraciste et la droite islamophobe n'en veulent pas ? ». Dans la chronologie du débat, après qu'aient été exposées les motivations et les méthodes de la gauche dite « antiraciste », c'est en effet une question venue du Collectif contre la Grande Mosquée de Bordeaux qui a engagé la discussion, cette fois avec donc une Droite qui s'affirme catholique et opposée à l'Islam. A la différence des gauchistes, ces personnes sont venues écouter et dialoguer, ceci semblant déjà un signe d'honnêteté. Nous verrons toutefois que la démarche n'était peut-être pas aussi bienveillante qu'on pouvait le penser.
5. LES CRAINTES D'UNE CERTAINE FRANGE DE LA POPULATION FRANCAISE
Pour revenir aux instrumentalisations opérées sur les populations, il faut se rendre à l'évidence que l'enjeu politique actuel, la manipulation en cours, se situe plutôt du côté du petit blanc français, issu de préférence de la classe moyenne et de culture chrétienne, parce que tout simplement celui-ci est démographiquement majoritaire et qu'il subit déjà et va subir encore davantage le choc de la crise financière et l'effritement identitaire de son pays. Le pouvoir capitaliste-mondialiste se demande alors comment il va pouvoir lui faire encaisser la crise et, pour le dire vite, la destruction de son pays.
C'est ainsi que dans un souci de dialogue et de clarification, nous, membres d'Egalité et Réconciliation, avions fortement incité les membres du Collectif contre la Grande Mosquée de Bordeaux qui s'affirment comme anti-mondialistes et déclarent leur identité essentiellement menacée par l'Islam, à venir poser des questions, même les plus dérangeantes, puisque ce sont souvent les plus intéressantes. Et les questions furent effectivement pertinentes. On déplorera seulement que monsieur Larebière, le président de ce collectif, n'ait pas tenu sa promesse, réaffirmée pourtant auprès de nous le matin même, de ne pas filmer l'« intervention » de son collectif et qu'il finisse par perturber le dialogue. Nous connaissons ce collectif et les mouvances identitaires auxquelles il se rattache. Nombre de leurs revendications sont légitimes et leurs actions sur le terrain, quand elles ne cèdent pas à la provocation simplificatrice, nous semblent intéressantes. Toutefois, nous avons également noté sur les blogs qui relaient leur message une tendance à la manipulation, par la fragmentation des discours et la décontextualisation des idées ; une méthode visant à plier le réel à la fiction qu'on défend et qui n'est pas sans rappeler les méthodes trotskystes. Il est d'ailleurs étonnant de voir cette mouvance souvent s'adresser à son « public » sur ce mode de la provocation superficielle, comme si celui-ci n'était pas capable de saisir les nuances ou entrer dans un minimum de subtilité (mais on comprend que cela l'obligerait par la même occasion à précisément sortir de la fiction). A Egalité et Réconciliation, nous ne voulons pas nous raconter d'histoires ni faire baisser le niveau et nous pensons que les questions délicates touchant à l'identité de la France méritent mieux que cela et ne se règlent pas à la légère. Voilà la raison pour laquelle nous avons tenu à ce qu'on ne puisse pas utiliser d'images de la conférence avant sa publication intégrale en ligne par nos soins.
Fort heureusement, malgré ce petit incident, le camarade de monsieur Larebière, a pu aller au bout de ses questions et le débat a pu se poursuivre. Il a témoigné de son inquiétude concernant la construction de cette mosquée et a dressé un tableau très juste de la situation que connaît la France aujourd'hui, à savoir la présence d'une population musulmane importante qui, immanquablement, interroge l'identité chrétienne et européenne de cette nation. Il a également temoigné d'une forme d'injustice ressentie face à l'attitude des pouvoirs publics qui donnent souvent l'impression d'être bienveillants envers l'Islam pendant qu'ailleurs ils délaissent quelque peu le patrimoine chrétien.
A cela, le Recteur Oubrou s'est empressé d'affirmer qu'il entend bien ce message venant de ce qu'on appelle la majorité silencieuse ; cette majorité de français dits « de souche » (ou appelés malheureusement « sous chiens » par certains), souvent de la classe moyenne et de culture catholique et qui n'ont pas à proprement parler de communauté constituée. Le Recteur a répété être sensible à la souffrance de cette population qui, entourée de minorités agissantes qui continuent de la charger de tous les maux, craint pour son avenir. Et par là, il a également voulu rassurer l'auditoire. Il a rappelé d'abord quel était son rôle : organiser un culte qui concerne désormais dans la région bordelaise plus de 30 000 personnes. Ensuite, concernant la future grande mosquée, il a rappelé en premier lieu, que sa construction était conforme à la loi, rappelant ensuite son utilité en tant que lieu d'édification : « c'est dans votre intérêt qu'il y ait des mosquées qui absorbent et canalisent cette spiritualité et cette présence » a-t-il dit, soulignant par là son opposition ferme à un Islam qui se développerait de façon anarchique et sauvage et qui ne pourrait être que préjudiciable au bien commun. Le message qu'a voulu faire passer cette autorité morale de la communauté musulmane de Bordeaux est donc le suivant : nous ne sommes pas vos ennemis, nous ne vous voulons aucun mal. Et de reconnaître la primauté du catholicisme en France, et de réaffirmer une volonté de transparence absolue en ce qui concerne l'implantation et l'organisation de son culte ici à Bordeaux : « La future mosquée sera ouverte à tout le monde, musulmans et non musulmans ». Un discours on ne peut plus rassurant.
Maintenant, afin d'être totalement impartial sur ce qui s'est dit durant cette soirée, nous mentionnons pour finir quelques questions qui sont restées en suspens ou qui n'ont pas provoqué, disons, de consensus entre nos invités.
6. LES QUESTIONS EN SUSPENS
La première question concerne l'immigration. Là où le Recteur Oubrou veut y voir un phénomène inéluctable, sans d'ailleurs distinguer ce qui relève du projet individuel du projet économique global, Soral pense que ce libre échange intégral, outil du capitalisme mondialisé, est à repenser car tous les peuples y sont perdants. Rappelons que monsieur Oubrou est un théologien, ce qui peut expliquer sa réticence à porter un jugement disons plus politique sur les évènements. Ce même genre de disposition s'est manifesté lorsqu'il a parlé de la diversité des tendances (politiques, idéologiques, culturelles, sexuelles) au sein de sa communauté. Il ne porte pas de jugement sur les citoyens mais sur les croyants. Le réel semble être questionné à l'aune de la foi. Ceci étant dit, c'est en quelque sorte négativement que nous avons pu juger de sa position sur la question de l'immigration puisqu'il n'a pas jugé bon de polémiquer sur celle de Soral.
La deuxième question, d'ailleurs soulevée par le membre du Collectif anti-mosquées, est celle de la double nationalité. C'est en effet une question délicate, reconnue comme telle par le Recteur. En l'état actuel des choses, il est clair que cette question pose problème, sans toutefois constituer un nœud inextricable ni un obstacle incontournable, d'autant qu'elle est loin de concerner tous les musulmans. Et puis nous n'avons jamais prétendu à E&R que tout était déjà réglé et qu'il ne restait pas du travail à faire. Il faut prendre le temps et continuer à penser des solutions pour la France de demain.
D'ailleurs, à cette question Soral n'a pas manqué de lancer les pistes de réflexions avec l'inévitable question qui découle de cette double allégeance : la hiérarchisation. Sur quoi, le Recteur Oubrou a affirmé d'une certaine façon se sentir ici en France un français musulman et non un musulman français.
Enfin, autre question, émanant une fois encore du Collectif anti-mosquées, celle d'un éventuel référendum bordelais à propos de la construction de la future grande mosquée. Une sorte de traitement de faveur pour l'Islam de Bordeaux, puisqu'à ma connaissance, ce genre de consultation n'est jamais mis en œuvre pour de tels projets. Les bordelais n'ont par exemple pas été consultés pour donner leur avis sur l'implantation d'une Eglise catholique traditionaliste dans le centre de leur ville, et c'est heureux. Une Eglise aux positions pourtant radicales et intransigeantes (mais il en faut pour le bien de la démocratie) et qui prend la liberté de célébrer le jour anniversaire de la mort du maréchal Pétain. Donc une consultation des bordelais sur la mosquée serait certes intéressante si elle porte essentiellement sur les critères architecturaux ou le fonctionnement de ce lieu et les modalités de son intégration dans la vie de la cité. Pour le reste, on ne voit pas bien où le refus de sa construction peut mener ni quels seraient les effets positifs de ce refus pour les bordelais. S'ils s'agissait encore de la construction d'un supermarché érotique du genre Sexy Center en pleine ville, on pourrait comprendre une telle débauche d'énergie et de moyen pour empêcher un tel projet mais dans le cas de la mosquée on reste un peu dubitatif.
Voilà pour les quelques questions en suspens ou qui mériteraient d'être encore débattues. Si ce compte-rendu ne prétend pas être exhaustif, il a souligné en revanche les grandes questions qui ont été abordées et a voulu rendre le climat dans lequel s'est déroulé la conférence. Comme nous le rappelons dans la conclusion qui suit, il s'est en effet passé des choses.
7. CONCLUSION
Alors que nombre d'acteurs politiques voient leur discours sans cesse démenti par le réel, c'est à plusieurs reprises ce soir-là, dans l'unité de temps et de lieu qu'a constitué cette conférence, que le réel est venu confirmer les dires d'Egalité et Réconciliation. Comme disait Lénine : « les faits sont têtus ».
Contrairement à ce qui se fait souvent en matière de conférences et afin que le mot « dialogue » prenne tout son sens, nous avions pris le parti de laisser toute la place au débat. Les questions-réponses ont donc duré deux heures, l'échange fut de très bonne qualité et s'est déroulé sans problème majeur ; une démonstration par les actes, qu'il est possible de réfléchir ensemble, au-delà de nos allégeances individuelles, sur des sujets importants et difficiles et qu'il est même possible très souvent de trouver des solutions et de s'entendre !
Autre confirmation par le réel de ce que nous ne cessons pas de répéter à E&R : l'absence dans le débat et sur des questions sérieuses de représentants de ceux qui se définissent à Gauche sur l'échiquier politique. Mais où est donc passée la Gauche ? Certes, dans un contexte ordinaire, il serait ridicule de reprocher à quelqu'un de ne pas venir à un débat mais, en l'occurrence, l'intitulé de celui-ci soir-là concernait directement la Gauche antiraciste. Comme ces gens-là se sont déplacés pour faire du chahut dans les rues à proximité de la salle, on aurait pu penser que quelques-uns en auraient profité pour venir alimenter le débat. Il n'en fut rien et ils ont visiblement voulu donner des leçons de démocratie en refusant tout simplement le dialogue ! A cette première contradiction vient s'en ajouter une autre : ces sortes de milices dites « antiracistes » sont aujourd'hui, chose relativement nouvelle, prêtes à « cogner » sur des français musulmans ; monsieur Besancenot, sur les conseils de sages avisés, avait peut-être suggéré de, comme il aime à le dire, « faire le ménage ».
Pour ce qui concerne la Droite que nous pourrions qualifier d' « identitaire », là encore, les faits sont venus démontrer les dires. Une grande partie du combat de cette mouvance est tout à fait respectable dans la mesure elle s'inscrit dans la défense de l'enracinement, la sauvegarde du lien social et la préservation des identités menacées par le mondialisme. Et il est dans leurs rangs, nous le savons, des personnes parfaitement honnêtes. Seulement, à l'instar des « gauchistes », nous déplorons qu'ils se laissent parfois gagner par le pathos, s'interdisant par là une compréhension sereine des enjeux et sacrifiant une énergie et une intelligence qui pourrait vraiment être mise au service de ce qu'ils défendent. Le petit écart de conduite constaté ce soir-là de la part d'un de leurs représentants, alors que toute la salle écoutait avec attention le propos de son camarade, est à ce titre révélateur. Et puisque nous sommes dans le sujet, terminons par ce petit emportement de fin de soirée de la part d'un jeune musulman, écart de conduite et de langage sanctionné par le départ du Recteur de la scène. Il est visiblement des façons de parler et de se tenir que ne tient pas à permettre l'Imam de Bordeaux, une réjouissante petite leçon de tenue et de politesse à méditer.
Si, comme nous venons de le voir, les faits sont têtus, nous savons que certains ne manqueront pas de mauvaise foi ni de malhonnêteté pour les déformer et les travestir. Mauvaise foi et malhonnêteté sont en effet des qualités que nous ne sous-estimons pas chez nos adversaires.
Pour notre part, des discours et des attitudes des uns et des autres lors de cette soirée, des réactions qu'elle a suscité, nous tirons d'ores et déjà un enseignement : les fondamentalistes et les bornés ne sont en réalité pas ceux qu'on croit. CQFD.
Stéphane (E&R Aquitaine)
11:30 Publié dans Conférences-Textes-Discours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : soral, oubrou, conférence, antifascisme, racisme, réconciliation, france, république






