10.07.2009
Le silence ahurissant des medias occidentaux
Où sont les médias occidentaux, où sont ces politiciens défenseurs de la liberté des urnes, où sont ces associations de défense des droits de l'Homme, si prompts à dénoncer les pouvoirs anti-démocratiques ?
Paris, le 5 juillet 2009
Les medias occidentaux avaient vivement accusé l'Iran de bloquer les communications Internet et téléphoniques. Ces medias avaient tout fait pour diffuser des vidéos amateurs tournées avec des téléphones mobiles et se plaignaient que leurs équipes ne pouvaient pas tourner sur place et qu'ils ne disposaient d'aucune image professionnelle. Ils ne se sont pas donnés la peine de vérifier l'origine de ces vidéos ou communications téléphoniques: le président iranien était accusé et c'était bon.
La population du Honduras résiste contre le coup d'état qui a expulsé le président élu Manual Zelaya. Ils organisent aujourd'hui dimanche 5 juillet une marche immense depuis plus de 6 heures vers l'aéroport de Tegucigalpa pour manifester leur soutien au retour de Manual Zelaya malgré l'interdiction des forces militaires aux ordres. Le Président est à bord d'un avion qui a décollé de Washington à destination de Tégucigalpa, bien que les putchistes aient fait fermer l'aéroport et annoncé qu'ils n'accepteraient aucun avion dans l'espace aérien.
Les manifestants sont plusieurs milliers et ils avaient réussi à faire reculer les forces de répression jusqu'à l'aéroport. Mais les militaires ont usé de leurs forces à l'aéroport.
Les images sont disponibles en direct sur les chaînes de télévision de l'Amérique du Sud, notamment sur http://www.telesurtv.net .
A l'heure où j'écris ces lignes, minuit passé en Europe, on dénombre deux morts et de nombreux blessés par balles. L'avion du Président est toujours attendu. Les militaires sont en position de combat.
Si les médias et les politiques occidentaux n'avaient pas passé sous silence la lutte quotidienne des Honduriens en faveur du retour de leur président, les forces du coup d'état ne se seront pas senties en position forte.
Après leur soutien tout azimut apporté aux opposants iraniens, le silence des medias et politiques occidentaux est grave. Une information qui n'est pas en boucle sur les radios d'information, qui ne passe pas dans les journaux TV de 19h00 ou 20h00, n'est pas une information.
La démocratie à géométrie variable selon les seuls intérêts d'une minorité restera le propre de la démocratie occidentale. Elle est en opposition frontale avec la vraie démocratie qui l'effraie. C'est pourquoi elle court à sa perte, elle va mourir étouffée par la peur qu'elle entretient, elle est en train de se suicider.
Gilbert Léonard
Source: http://www.michelcollon.info
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01.07.2009
Musavi, criminel et larbin au service d'Obama
Qui est Hossein Musavi
le « combattant de la liberté » d’Iran ?

Alexandre Teitelbaum
(extraits)
I La logique éléctorale des puissances occidentales
En ce qui concerne les élections, la logique occidentale part d’un principe universel : quand un ami des grandes puissances triomphe, il s’agit d’élections libres et quand des partis, mouvements ou personnalités hostiles gagnent, il y a fraude !
Dans le cas actuel, en Iran, on applique le principe universel en le complétant d’une espèce de syllogisme : 1) le candidat de l’opposition MUSAVI devait gagner ces élections, comme le souhaitaient les occidentaux, 2) MUSAVI a perdu les élections (un tiers des voix contre deux tiers au président actuel), 3) Conclusion : il y a eu fraude,
La conclusion a été assumée par les grandes puissances, ses leaders politiques et les grands médias.
Le résultat final, communiqué officiellement sur les 40 millions de votants Ahmadinejad 62.63% (25 millions) ; Musavi 33.75% (13.500.000) Rezai 1.73% (692.000) Karoubi 0.85% (340.000).
Pour qu’un tel résultat soit le résultat d’une fraude, celle-ci eut été monumentale et personne n’a apporté la moindre preuve d’une manipulation de cette envergure. Mais la « communauté internationale » (c’est ainsi que les médias nomment les grandes puissances) veut se débarasser à n’importe quel prix du gouvernement iranien actuel. C’est pourquoi MUSAVI est devenu le « combattant de la liberté »,
Mais on parle peu de ses états de service.
II Qui est MUSAVI ?
Il fut le premier ministre du pays pendant la guerre avec l’Irak (1981-1989). Il fut responsable de l’exécution du massacre de milliers de prisonniers politiques. C’est durant son mandat que la totalité des partis et organisations politiques, syndicats, organisations féministes etc. furent poursuivis, leurs membres - dont des milliers de jeunes et étudiants - arrêtés, torturés, exécutés. Il s’agit du plus grand massacre de l’histoire contemporaine d’Iran. Parmi les victimes, 53 membres du comité central du part Toudeh (communiste), dont 4 qui avaient passé 25 dans les prisons du Shah, des poètes, des écrivains, professeurs d’université, médecins, des dizaines de militaires (parmi lesquels le commandant en chef des forces navales d’Iran, le général Afzali, accusé d’être communiste), les principaux représentants des minorités religieuses au parlement (toutes de gauche), liquidés après avoir souffert des tortures inimaginables tant physiques que psychologiques (par exemple être contraint à tirer le coup de grâce à leur camarades). Les revendications d’autonomie des minorités ethniques (près de 60% de la population du pays) durement réprimées, des centaines de kurdes et de turkmènes pendus sur les places publiques. L’ampleur de la répression politique, religieuse, ethnique, et antiféministe du régime islamiste a contraint plus de 4 millions d’iraniens à l’exil, le plus grand exil de toute son histoire. On estime à 30 000 le nombre d’assassinats dans ces quelques mois de 1988.
En 2008, à l’occasion du vingtième anniversaire du massacre, Amnesty International, dans son rapport annuel, demande que les responsables du « massacre des prisons » rendent des comptes (la plupart des victimes étaient déjà en prison). Tout le monde en Iran n’a pas oublié ce sanglant épisode de l’histoire et durant la campagne électorale, plusieurs fois, les étudiants ont demandé des explications à Musavi sur son rôle de l’époque.
III Pourquoi ce gouvernement iranien gêne-t-il tant les puissances occidentales ? Les mêmes qui ne pipent mot quand il s’agit de dictatures ou de démocraties amies qui violent systématiquement les droits de l’homme.
En premier lieu parce que le gouvernement d’Iran est un obstacle considérable dans la région pour la stratégie impérialiste et son gendarme local le gouvernement de droite raciste d’Israël. En deuxième lieu parce que l’Iran, fort de son droit, résiste à l’énorme pression des grandes puissances et poursuit son programme de développment de l’énergie nucléaire.
.../...
Par Alexandre Teitelbaum argenpress/insurgente.org
traduit par Al Fare
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