28/09/2011
Infos régional
Le front anti-poulets se mobilise dans le Gers
17 structures se fondent dans un collectif en opposition aux poulaillers industriels

Martine Delmas, Jean-Bernard Le Croix et François Favre hier à la tribune. photo Michel Amat
Le collectif Bien vivre dans le Gers fait bien son boulot. Il faut le reconnaître, après avoir suivi une conférence de presse de cette toute nouvelle structure, on a envie de tout, sauf de grignoter quelques « nuggets » ou manchons de poulets issus des élevages industriels. On y parle OGM, antibiotiques, ammoniac, farines animales, nitrates… Bref, pas de quoi ouvrir l'appétit, en songeant à ces volailles vivant une quarantaine de jours et regroupés par 24 au m² sans jamais voir, le plus souvent, la lumière du jour.
Avec la création de ce collectif, la résistance prend un peu plus de poids. 17 associations, syndicats agricoles ou partis politiques s'y sont regroupés afin de s'opposer aux quatre projets de poulaillers industriels de Vivadour dans le Gers, qui font polémique depuis le début de l'été.
En réponse aux déclarations des responsables de la société coopérative, Bien vivre dans le Gers a son argumentaire. Tout y passe : la précarisation de l'exploitant agricole, les limites du bien-être animal, les nuisances aux riverains, la mise en danger de l'environnement ou la dévalorisation de l'image gastronomique du département.
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Une société mort-née
La société LD Corporate Industry est sous le coup d'un dépôt de bilan. Une bien étrange histoire.

Martial Laurenceau et Christian Joulain pensent que les fonds vont arriver de Dubaï. archives nancy ladde
Il y a unpeu plus de quatre mois, la société LD Corporate Compagny s'installait dans les locaux de la pépinière gérée par EuroLacq à Orthez-Biron. À la clé, selon le patron, Martial Laurenceau, une quinzaine d'embauches immédiates puis une cinquantaine d'emplois à pourvoir très rapidement.
Cette société, spécialisée dans le commerce d'équipements automobiles via un site Internet affichait l'ambition d'un développement national et européen. Martial Laurenceau nous avait même confié « envisager d'utiliser les ex-Papeteries des Gaves pour aider la mairie dans la création d'un pôle d'affaires ».
Quatre mois plus tard, la réalité n'a plus rien à voir. La dizaine de salariés qui a effectivement été embauchée, a été convoquée le 26 septembre dernier pour signer une rupture de contrat de leur période d'essai. Certains ont travaillé un mois, d'autres deux et à ce jour, aucun n'a vu la couleur d'un salaire. « Tout le monde s'est fait avoir dans cette affaire », a souligné, hier matin, David Habib qui a rencontré quatre ex-salariés en compagnie de Jacques Cassiau-Haurie, le magistat de Biron. À ce jour, au moins six familles sont plongées dans une situation extrêmement difficile. « J'ai rencontré Martial Laurenceau via Pole Emploi, raconte un ex-salarié. J'étais en confiance. Puis nous avons eu un entretien, j'ai été embauché. Pour moi, qui cherchais du boulot depuis six mois, c'était une aubaine ! » Nommé directeur d'exploitation, chargé des relations avec les fournisseurs et de la gestion des pièces automobiles, cet homme, embauché au 1er septembre se pose rapidement des questions sur la viabilité de l'entreprise. « On n'avait aucun outil de gestion », poursuit-il.
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Charente-Maritime : 50 000 kilos de coquilles Saint-Jacques rejetés à la mer
Interdites à la pêche en 2010, les saint-jacques ont retrouvé leurs marins, hier matin. Ils en ont ramassé plus de 50 tonnes… pour finalement tout jeter.
Nous sommes le jeudi 27 octobre. Il est 10 h 37 au large du pertuis Breton de La Rochelle. La drague du Reine de la mer remonte sa première virée de coquilles Saint-Jacques. Les marins sont de bonne humeur, ils ont le sourire. Les coquilles reposent en paix dans les fonds marins depuis deux ans.
L'année dernière, la pêche avait été interdite à cause d'une trop forte concentration en toxine, nommée acide domoïque. « Il n'y a pas beaucoup de gars qui devraient manquer à l'appel… Ils sont sur les dents », explique Romuald Coutanceau, à la barre du bateau bleu et blanc, flanqué d'une sirène. Dans le silence et la concentration, Stéphane Bessus, son second, enroule les funes (1) et les déroule, trie les pectinidés et les « dépétule » - leur décolle les crépidules de la coque. À bord, se trouvent aussi Michel, qui, à la retraite, est venu prêter main-forte à son fils avec son vieil ami de plus de cinquante ans, Jean-Michel Salahun.
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Gradignan : une commerçante braquée
La police a interpellé un braqueur qui venait de dérober la recette d'une buraliste.

Le braqueur a été placé en garde à vue dans les locaux de la brigade de sûreté urbaine de Pessac. Photo Thierry David
Lundi, en fin de matinée, la gérante d'un tabac presse situé dans le centre commercial de Malartic, à Gradignan, a été agressée par un homme casqué et armé d'une bombe de gaz lacrymogène. Le malfaiteur a intercepté la commerçante qui venait de descendre de sa voiture et allait déposer la recette du week-end à sa banque, avenue du Général-de-Gaulle. Menacée puis aspergée de gaz paralysant, la commerçante âgée de 52 ans a résisté mais le braqueur est parvenu à la faire chuter et s'est emparé du contenu de son sac, soit quelques milliers d'euros et des chèques. Il s'est enfui à pied pour rejoindre un complice qui l'attendait dans une voiture. Des témoins ont tenté de le bloquer et l'un d'eux parviendra à arracher son casque avant qu'il ne monte dans le véhicule. La victime a quant à elle couru derrière la voiture et a arraché le ruban adhésif masquant la plaque minéralogique.
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Licenciées pour des tickets de caisse : des cas à Bordeaux, Pau, Anglet...
L'affaire qui a secoué l'enseigne Cora ce mercredi a déjà connu des précédents similaires en Aquitaine. Avec des issues différentes pour les caissières licenciées
La région Aquitaine n'a pas été épargnée par ces affaires de licenciements de caissières ayant récupéré des bons de réduction (Photo archives J-D Chopin)
Alors que l'enseigne Cora doit faire face, ce mercredi, à un tollé général, en particulier sur les réseaux sociaux, depuis que l'on sait que l'une de ses employées risque d'être licenciée pour avoir récupéré un ticket de caisse sur lequel figurait une promotion pour un sandwich, ce type d'affaire n'est pas une nouveauté en Aquitaine.
En effet, en 2004, deux grandes affaires de ce type, impliquant les enseignes Leclerc et Auchan, ont défrayé la chronique dans notre région.

Ainsi en 2004 donc, quatre caissières du magasin Leclerc d’Anglet ont été licenciées pour avoir utilisé à des fins personnelles des bons de remise laissés par les clients.
Aux prud’hommes, les quatre ont gagné. Et deux d’entre elles ont obtenu 8000 euros pour licenciement abusif.
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Questions a Houria Bouteldja, par Laurent James.
Une partie de votre travail repose sur la mise en évidence d'une constante colonialiste dans l'histoire de France. Sur ce point, votre combat est le mien. L'essence même de la France est coloniale : l'histoire de cette nation est avant tout celle d'une région, très symboliquement désignée comme l'Ile-de-France, ayant combattu toutes les régions plus ou moins frontalières afin de les annexer à sa grandeur supposée. Contrairement à tous les autres pays d'Europe, la France s'est construite contre ses provinces et non pas à partir d'elles, afin de bâtir un Etat centralisateur. « La France n'est pas une nation, c'est un état » vous diront tous les historiens sérieux. De plus, l'origine même de cet état laisse rêveur, puisque ce sont des ressortissants d'un peuple absolument étranger aux celtes résidant jusqu'alors en Gaule qui prirent le premier les rênes du pouvoir (à savoir, des Germains originaires des Flandres). La distinction ethnique entre le peuple composant ce pays et l'élite qui le dirige est un acte fondateur de son histoire. Si la France reste ce qu'elle est depuis deux mille ans, il est d'autant plus impossible d'avoir un président de la République française qui soit arabe ou noir, qu'il est impensable d'en avoir un qui possède un accent alsacien, basque ou marseillais. La même remarque vaut évidemment pour tous les secteurs dits représentatifs de la société. Etes-vous consciente, chère Houria Bouteldja , que se battre contre le colonialisme français revient tout simplement à vouloir détruire la France ?
Non, car la France n'est pas une essence, elle est le fruit de rapports de force historiques. Pour moi lutter contre le colonialisme français c'est lutter pour la recomposition de l'identité française, pour la remise en cause de son régime politique qu'est la République. C'est effectivement, reconsidérer de manière radicale la question du jacobinisme et du centralisme français. C'est de fait la reconnaissance de toutes les identités qui composent la francité : les basques, les bretons, les immigrations récentes : italiennes, polonaises mais également celles qui viennent des anciennes colonies et qui font la France d'aujourd'hui : les cultures africaines, caribéennes, musulmanes, arabo-berbères, asiatiques... Ce n'est pas le régime républicain qui est fondamentalement en cause mais les processus historiques qui font sa réalité et notamment son universalisme abstrait qui nie et broie les identités particulières mais également le colonialisme qui est consubstantiel de la 3ème république. Il faut donc la décoloniser.
Vous avez organisé (en compagnie d'autres associations que la vôtre 1 ) la Marche du 8 mai 2008 contre « la république raciste et coloniale ». A cette occasion, vous avez réalisé des affiches portant des slogans radicaux, tels que « Non à l'intégration par le jambon » ou encore « Célébrons la victoire du peuple vietnamien à Dien Bien Phû le 7 mai 54 ». J'aimerais m'arrêter sur ce dernier. Il me semble que votre gauche est celle de Jean Genet, qui aimait à déclarer que l'issue de cette bataille lui avait prodigué un des rares éclairs de bonheur de sa vie. Croyez-vous que votre combat doit rester sur le plan strictement social ou politique ? Ne pensez-vous pas qu'il soulève des problématiques qui peuvent relever de la plus brûlante des métaphysiques ?
D'abord nous ne nous sommes jamais revendiqués "de gauche". Nous nous situons sur un autre clivage : colonial/anticolonial. Notre constat c'est que le racisme et l'esprit colonial sont transversaux à la société et que les gens de gauche ne sont pas forcément nos amis. Ils nous ont même souvent prouvé le contraire. Pour autant, nous admirons énormément Jean Genet qui fait partie de notre panthéon. Quant à notre combat, est-ce qu'il est métaphysique ? certainement ! mais pour nous tout se résume dans le mot "politique" qui pour nous est englobant. Nous appréhendons le politique comme un tout, comme une action qui irrigue le social, le philosophique, le spirituel...
Votre texte Les Habits neufs du doriotisme (2) montre avec justesse la composante racialiste d'une partie de la gauche française, et notamment du PS. Il ne faut jamais perdre de vue que l'expansionnisme colonialiste est un mouvement issu de la gauche bourgeoise, et que certains des mouvements français qui y étaient le plus violemment opposés ressortaient du nationalisme barrésien. Je pense que la même réflexion pourrait être portée sur le concept de l'immigration, qui n'est que le pendant (historique, économique et social) du colonialisme (terme inventé par Péguy en 1903). Le colonialisme a d'abord été promu culturellement par la gauche avant d'être économiquement adoubé par la droite, et l' immigrationnisme a connu l'histoire strictement symétrique. Lorsque j'entends le député PS Vincent Peillon souligner la nécessité de l'arrivée massive sur le sol français de centaines de milliers d'immigrés (Jacques Attali en souhaite, lui, des millions) afin de subvenir aux besoins de main-d'œuvre dans certains secteurs industriels ou hôteliers, j'entends résonner les discours de Jules Ferry appelant les colons à s'implanter massivement en Afrique pour aider ce continent à se développer. En somme, c'est toujours au service de la France que le nègre ou l'arabe doit travailler, jamais au service des siens dans son propre pays. Quelle est votre position très précise vis-à-vis de l'immigration ? N'est-ce pas, en tout premier lieu, une tragédie intime pour celui qui la subit, et le fait de vouloir disposer de milliers d'immigrés pour satisfaire à l'économie de son propre pays ne constitue-t-il pas le sommet de l'égoïsme de classe ? Pour résumer, l'immigration n'est-elle pas avant tout l'invention d'une certaine droite entrepreneuriale , l'arme de prédilection d'un certain patronat pour faire réviser les acquis sociaux à la baisse ?
http://www.parousia.fr/Textes/divers/impur/Houria.htm
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Entretien avec Piero San Girogio, auteur de "Survivre"
Entrevue avec Piero San Giorgio, auteur de... par lesfilsdelaliberte
En 400 pages extrêmement bien documentées, Piero San Giorgio expose les raisons pour lesquelles il faut se préparer à un véritable effondrement des bases matérielles de notre monde contemporain, quels sont les scénarios possibles de cet effondrement, et surtout comment s'y préparer.
Reprenant le concept de Base Autonome Durable, l'auteur propose ici un récapitulatif de ce qu'il faut faire pour être réellement autonome, et de manière durable. De l'alimentation à la sécurité en passant par la constitution d'un lien social pérenne en situation d'effondrement, tous les aspects pratiques d'un plan de sauvegarde personnelle sont abordés.
Une lecture indispensable.
http://www.scriptoblog.com/index.php?page=shop.product_de...
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David l'Epee: Entretien avec Alain de Benoist.
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Goldman Sachs dirige le monde
AFP - Un homme présenté comme trader à Londres a provoqué mardi un buzz sur internet en affirmant qu'il "rêvait" toutes les nuits d'une récession, des propos qui ont suscité l'indignation mais aussi des interrogations sur l'identité du jeune individu.
L'interview d'Alessio Rastani, lundi à la télévision BBC, a été visionnée par plus de 360.000 personnes sur internet, mais ses propos correspondent tellement aux stéréotypes des traders que des rumeurs circulaient sur la possibilité qu'il s'agisse d'une supercherie.
"J'ai une confession à faire: je vais au lit tous les soirs et je rêve d'une autre récession (...). Personnellement, j'ai rêvé de ce moment depuis trois ans", a déclaré Alessio Rastani.
Interrogé sur la réponse des dirigeants à la crise de l'euro, le jeune homme de 34 ans a déclaré que les traders "se foutent" de l'euro. "La plupart des traders se fichent de savoir comment (...) la situation va être résolue. Notre boulot, c'est de faire de l'argent", a-t-il affirmé.
"Les gouvernements ne dirigent pas le monde. Goldman Sachs (banque d'affaires américaine) dirige le monde. Goldman Sachs s'en fiche de ce plan de sauvetage, tout comme les importants fonds spéculatifs", a-t-il assuré.
Les commentaires de M. Rastani, présenté comme un trader indépendant par la BBC, ont provoqué de nombreuses réactions.
"Cela me semble immoral et amoral", a réagi la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado. "Le trader qui a soulevé le couvercle sur ce que la City pense vraiment", a titré The Independent.
http://www.france24.com/fr/20110927-royaume-uni-bbc-media...
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26/09/2011
LA LONGUE MARCHE DE TRAHISON NATIONALE
Pendant la guerre patriotique et antinazie de notre peuple, les dirigeants étasuniens se sont ingérés en permanence, dans la politique de la France résistante. Ils ont souhaité écarter De Gaulle, empécher l’alliance des gaullistes et des communistes, notamment à travers le Conseil National de la Résistance, dont ils ne voulaient pas. -Ils ont d’ailleurs pu obtenir que le CNR et son programme ne survivent pas à la Libération. En effet, même si des réformes importantes inspirées de son programme furent appliquées, le CNR, l’élan politique, l’esprit de Résistance et le chemin qu’ils traçaient, furent écartés- L’hostilité stratégique américaine envers Jean Moulin et sa mission unificatrice était telle, que l’on peut envisager sans extravagance, l’hypothèse que les dirigeants des USA aient joué un rôle décisif, dans la trahison qui a conduit à la mort de celui-ci. Ce qui est certain, c’est que les dirigeants étasuniens ont organisé en France pendant les années de guerre, une cinquième colonne de politiciens à leur service : les futurs fédéralistes euro-atlantistes. Ceux-ci, depuis la Libération et en dehors des parenthèses gaullistes, depuis plus de 60 ans, ont accaparé l’essentiel du pouvoir politique dans notre pays. Aujourd’hui encore, cette réalité perdure.
Voir en ligne : Comment l’Ouest fut conquis - Frances Stonor Saunders — Who Paid the Piper ?
Comment en est-on arrivé là ? A Sarkozy et à son culte de la personnalité omniprésent, à un pouvoir personnel en apparence tout puissant mais en réalité, à un Président de la République disposant certes contre la France et son peuple d’une immense capacité de nuire, tout en étant cependant vassalisé et sous contrôle, enserré dans le carcan euro-atlantiste.
Contribuer au décryptage de l’engrenage politique qui, depuis la Résistance, a conduit à l’actuelle situation d’échec du peuple laborieux, des forces réellement progressistes et anti-impérialistes, attachées à la souveraineté populaire et nationale, à la République et à la démocratie , impose quelques rappels historiques, nécessairement limités.
Dès le 6 juin 1942, dans une note accompagnant des documents et envoyée à Molotov par l’intermédiaire de l’Ambassadeur d’URSS à Londres, de Gaulle démontre que la priorité du combat antinazi ne l’empêche pas de percevoir très tôt, le danger que la politique concurrente d’hégémonie mondiale des Etats Unis, représente déjà pour l’indépendance, la souveraineté de la France et pour la paix dans le monde :
« L’impérialisme américain se manifeste sous des formes multiples et diverses. Certains de ses représentants raisonnent en terme de domination des USA sur le monde occidental… D’autres représentants, tenant de l’impérialisme économique, désirent que les USA instaurent un mode de vie pour le monde entier, qu’ils contrôlent et gèrent partout les ressources et le commerce ».
En mai 1942, en réaction à l’occupation britannique de Madagascar qui s’est faite à son insu, de Gaulle reçoit Bogomolov puis rencontre Molotov à Londres. Celui-ci l’assure du soutien de l’URSS dans cette épreuve. Le Général renforce, en accord avec Molotov, le partenariat stratégique franco-soviétique. La constitution de l’escadrille Normandie Niémen, élément symbolique de cette coopération, est accélérée à cette occasion.
En 1942 encore, le Front National est créé par les communistes et les FTP qui, par leur patriotisme et leur osmose avec la classe ouvrière, « restée seule dans son ensemble, fidèle à la France profanée » ( François Mauriac), ont conquis une position forte parmi les forces essentielles de la Résistance intérieure.
Fernand Grenier, ex-député communiste démobilisé en août 1940, a immédiatement repris ses activités militantes. Il est arrêté dés le 5 octobre et parviendra à s’évader du camp de Châteaubriant en juin 1941. Jacques Duclos le charge courant 1942, pour le Comité Cental clandestin du PCF, d’établir desrelations avec les formations de la Résistance non communiste, et notamment avec les gaullistes. Fernand Grenier et Rémy arrivent à Londres, le 11 janvier 1943 où Grenier va rencontrer le Général de Gaulle. Il est porteur d’une lettre du Comité Central donnant « l’adhésion du PCF à la France Combattante pour la libération de la France » et, d’une seconde lettre signée Charles Tillon au nom des FTP. L’objectif du Parti Communiste, souligne Fernand Grenier, est de contribuer à l’unification de la Résistance. Le PCF et la CGT participeront à la création sous l’impulsion de Jean Moulin, du Conseil National de la Résistance, le 27 mai 1943.
Le 10 décembre 1944, après que De Gaulle et Staline aient eu à Moscou, des entretiens politiques, un traité franco-soviétique d’alliance et d’assistance mutuelle est signé par Molotov et Georges Bidault « dans le but d’éliminer toute menace de l’Allemagne et de faire obstacle à toute initiative de nature à rendre possible une nouvelle tentative d’agression de sa part ». Il est prévu que l’Allemagne de l’Ouest aurait la capacité de reconstituer rapidement ses forces et sa capacité de nuisance, le traité devra donc être reconduit 20 ans plus tard. Si ce traité est clairement orienté contre la traditionnelle volonté d’hégémonie allemande, il est probable que de Gaulle y ait également vu un élément d’équilibre par rapport à l’impérialisme américain, sorti seul renforcé de la guerre.

L’alliance franco-soviétique, qui s’était déjà exprimée à travers l’envoi sur le front de l’Est de l’escadrille Normandie- Niémen, ne résistera pas à la promotion de la guerre froide symbolisée, avant la lettre, par les bombardements atomiques américains d’Hiroshima et de Nagasaki.
Les vainqueurs des nazis refusent aux Allemands de l’Ouest un Etat unitaire et lui imposent un système fédéral. Les américains jouent un rôle moteur dans cette décision qui renforcera les partisans d’un fédéralisme mondialisé, contre les Etats Nations. Depuis, l’Allemagne utilise ce fédéralisme, qui était censé l’affaiblir, pour construire méthodiquement sa domination sur l’Europe fédérale des Länder, atlantiste et néo-libérale, qu’elle entend imposer aux peuples de notre continent. Dans cette démarche historique, liée à la mondialisation, elle est aussi secondairement, rivale des Etats-Unis.
Formé le 13 novembre 1945, le deuxième gouvernement de Gaulle comprend quatre ministres communistes. Deux participaient déjà au GPRF à Alger. Celui-ci avait dû imposer aux américains sa souveraineté sur les territoires à libérer. En effet, Roosevelt et Churchill craignaient l’union du peuple de France. Les Américains, comme de Gaulle l’avait vu dès 1942, entendaient tout comme aujourd’hui gouverner la planète. Ils redoutaient que l’alliance patriotique, républicaine et progressiste que représentait le Conseil National de la Résistance perdure après la libération et se traduise politiquement par une sorte de compromis historique. Ils tentèrent d’installer le Général Giraud, leur allié, à la tête du CFLN et préparèrent la mise en place en France de L’AMGOT, un gouvernement militaire américain d’occupation. La souveraineté et l’indépendance de la France ne devaient pas être rétablies, tandis qu’une monnaie supranationale, précurseur de l’Euro, serait imposée aux Français, dans une perspective euro- atlantique en gestation.
Le CNR adopte le 15 mars 1944 son Programme, plateforme politique clairvoyante et réaliste, pour la France libérée. Ce texte affirme que la « mission de combat (de la Résistance) ne doit pas prendre fin à la Libération ». C’est un programme républicain, d’indépendance nationale, de rénovation et de démocratie sociales, prévoyant une planification économique, des nationalisations, (celle des banques en particulier), la Sécurité Sociale, une presse libérée du pouvoir de la finance …

Photographie : 1945, avec Charles de Gaulle sur les Champs Elysées, le résistant communiste Georges Marrane.
Les acquis sociaux importants de la libération découlent pour l’essentiel de l’application de ce programme qui aurait dû servir de fondation à un vaste front uni majoritaire. Les bases objectives pour ce rassemblement existaient, en contradiction avec la politique des blocs que tramaient les dirigeants américains et leurs alliés ou agents, et qui allait se traduire par l’application du Plan Marshall, la création de l’OTAN en 1949 et la stratégie de construction à marche forcée de l’Europe fédérale.
Ces acquis de la Libération ainsi que d’autres conquêtes populaires, seront systématiquement remis en cause par le pouvoir de la finance lié aux grandes banques américaines. La construction par étapes de l’Europe du capitalisme à perpétuité et de la concurrence libre et non faussée, accéléra cette régression économique, sociale et démocratique, qui fut d’abord masquée. Elle devint cynique et massive à partir de l’Acte unique, de Maastricht, d’Amsterdam et de Nice.
Elle fut menée à travers une forme de compétition -émulation ou dans une collusion sans fard, entre les gouvernements fédéralistes de droite et ceux qui se prétendaient de gauche. (cette collusion politique, cette complicité de classe des artisans de la politique du « pareil au même » s’afficha en particulier lors du sommet de Barcelone qui parmi d’autres décisions antisociales, vit le couple Chirac- Jospin voter la privatisation rampante d’ EDF – GDF).
Le CNR a été constitué à l’initiative de Jean Moulin, malgré l’opposition affirmée d’Henri Frenay ( membre du 2ème Bureau de Pétain) dont les relations avec Vichy ne cessèrent qu’en fin 1942 et qui fut en relation politique et stratégique dès le 4 avril 1943, avec le centre américain de l’OSS (future CIA ) à Berne, en Suisse, notamment pour le financement du réseau Combat. ( "Un coup de poignard dans le dos du Général" estima Jean Moulin qui accusa Frenay d’être un agent des américains. )

Photographie : inauguration le 18 avril 1942, de l’exposition "la vie nouvelle" au Grand Palais à Paris à la gloire de l’Europe et de la collaboration franco-allemande.
Après la Libération, Henri Frenay combattra les idées du CNR et en particulier, sa politique d’indépendance et de souveraineté. Il deviendra Président d’une organisation hostile à la souveraineté populaire et nationale, l’Union Européenne des Fédéralistes dont il reconnaîtra en 1988 qu’avec de nombreuses autres officines elle fut, elle aussi, largement financée par les services américains à l’origine de la "construction" européenne et atlantiste.
Par anticommunisme, le CNR a très rapidement été sabordé, en particulier par son Président démocrate chrétien Georges Bidault créateur, du MRP, qui allait participer à la démarche supranationale européiste dont il fut l’un des promoteurs. Il devait d’ailleurs soutenir ensuite la tentative de coup d’Etat d’Alger en 1961.
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article19
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Comprendre la crise
Lors de ma dernière conférence, on m’a demandé une bibliographie d’ouvrages à lire sur « la crise ». Epineuse question : si je cite tout ce qui mériterait d’être lu, d’abord je serai obligé de me fier à des critiques élogieuses (je n’ai pas tout lu, forcément), ensuite la liste aurait de quoi décourager n’importe qui.
A défaut, citons les ouvrages qui m’ont personnellement marqué, et proposons une démarche générale. A chacun ensuite d’enrichir cette liste, selon sa vision propre. De toute façon, chaque livre en appelle d’autres.
Sur le risque de collapsus dans l’économie matérielle globale
Le point de départ d’un cycle de lecture sur la « crise » actuelle est nécessairement une approche globale de la problématique globale, en particulier dans sa dimension technologique, énergétique et écologique. Ici, il est souvent difficile de trancher dans les querelles d’experts. Ci-dessous une liste de livre qui renvoient à un paradigme catastrophiste – je pense sincèrement que ce paradigme est aujourd’hui celui qui correspond au réel (« le réel, c’est quand on se cogne », disait Lacan). Cela étant, un adversaire du catastrophisme proposerait certainement d’autres livres. Renseignez-vous, ne me croyez pas sur parole, je donne mon avis parce que c’est le mien, pas parce que c’est le bon…
Introduction au siècle des menaces (J. Blamont)
Peak everything (R. Heinberg – pour l’instant disponible seulement en anglais)
Le choc alimentaire mondial (J.Y. Carfantan – Note de lecture sur ce site)
La marque du sacré (J.P. Dupuy – Note de lecture sur ce site)
La convergence des catastrophes (G. Faye – Note de lecture sur ce site)
Sur la dimension géopolitique
Ce contexte global doit être éclairé à la lumière des évolutions géopolitiques. Il faut prendre conscience des mouvements décisifs en cours dans la répartition du pouvoir sur la planète pour comprendre comment le « cerveau global » des classes dirigeantes occidentales peut aborder la « crise » (en fait, l’effondrement) de l’Occident.
Après l’Empire (E. Todd)
Le Grand Echiquier (Z. Brzezinski – Note de lecture sur ce site)
La marche irrésistible du Nouvel Ordre Mondial (P. Hillard – demanderait sans doute une actualisation, mais reste incontournable – Note de lecture sur ce site)
Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine (J. Mearsheimer et S. Walt – Note de lecture sur ce site)
Le Renversement du monde (H. Juvin – les solutions suggérées par cet auteur sont contestables, mais l’analyse est très intéressante).
La guerre des empires (F. Lenglet – une approche mainstream, très révélatrice si on la lit en se demandant dans quel but elle a été promue par le système médiatique – Note de lecture sur ce site)
La Chinafrique (S. Michel, M. Beuret – un ouvrage grand-public à base d’anecdotes, mais très révélateur – Note de lecture sur ce site)
Sur le cerveau global produit par les classes dirigeantes
Des livres fondamentaux, qui nous éloignent parfois de l’économie, et d’autres qui semblent traiter de sujets anecdotiques. Point commun : ils sont utiles pour comprendre en quoi le cerveau global dominant est aujourd’hui dément. Attention : il n’existe pas d’ouvrage de synthèse sur le sujet. Il faut lire, être transdisciplinaire, et réfléchir posément à l’interaction des champs étudiés.
La théorie des mèmes (S. Blackmore – sur un thème connexe, on peut lire ici des notes de lecture sur Howard Bloom, Le principe de Lucifer et Le cerveau global)
Propaganda, E. Bernays – Note de lecture sur ce site
L’être et le code (M. Clouscard – fondamental, mais très ardu – seulement pour lecteurs motivés !)
Le règne de la quantité et les signes des temps (R. Guénon – pour ceux qui n’ont pas le temps, il y a sur ce site une note de lecture sur un ouvrage connexe, La crise du monde moderne)
La question de la technique (M. Heidegger – Note de lecture sur ce site)
Les secrets de la Réserve Fédérale (E. Mullins – Publié par les éditions du Retour aux Sources)
La Révolte des Élites et la trahison de la démocratie (C. Lash – Note de lecture sur ce site)
Comment les riches détruisent la planète (H. Kempf – Note de lecture sur ce site)
Comprendre l’Empire (A. Soral – Note de lecture sur ce site)
Sur les enchaînements factuels de la crise dans l’immédiat
Il y a un déficit de livres fiables sur l’enchaînement de la crise depuis trois ans. Cela vient du fait que l’information disponible est massivement biaisée (parfois de manière grotesque), si bien que les auteurs sont en quelque sorte en attente. Comment décortiquer les fluctuations du dollar alors que la FED déplace des milliers de milliards de dollars sans en informer quiconque ? Dans l’immédiat, on peut se renseigner sur quelques grands principes, toujours valables, guetter les détails révélateurs, et réfléchir aux interactions entre la paraphrénie du cerveau global et les choix économiques des classes dirigeantes.
Crise ou coup d’Etat ? (Michel Drac – bon, c’est un peu embêtant de se citer, surtout en si auguste compagnie, mais je pense sincèrement que l’ouvrage, rédigé en 2008/2009, reste utile pour comprendre un peu l’aspect économico-financier, sans être noyé dans la technique. Trois ans plus tard, je n’ai pas grand-chose à retoucher. Ce n’est qu’un travail de synthèse, mais il est utile.)
Pourquoi l’Angleterre a perdu (P. Artus – Note de lecture sur ce site)
Le Scandale des délocalisations (E. Laurent – Note de lecture sur ce site)
La dette publique, une affaire rentable (A-J Holbecq – Note de lecture sur ce site)
La stratégie du choc : La montée d’un capitalisme du désastre (N. Klein)
La Banque (M. Roche – Note de lecture sur ce site)
Blythe Masters (P. Jovanovic – Note de lecture sur ce site)
L’engrenage, mémoires d’un trader (J. Kerviel – un plaidoyer pro domo à lire attentivement entre les lignes – Note de lecture sur ce site)
Le président des riches (M. Pinçon – Note de lecture sur ce site)
Marchés criminels, un acteur global (M. Roudaut – Note de lecture sur ce site)
Voilà, une liste qui ne prétend nullement à l’exhaustivité, mais qui veut simplement vous donner envie de lire, et de vous forger votre propre vision des choses, en approfondissant, de livre en livre. A mon avis, la clef de votre démarche doit être la transdisciplinarité. Si vous ne lisez que de l’économie, vous ne comprendrez rien à l’économie…
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19/09/2011
Les protocols des sages de l'internet.
1. Nous mettrons progressivement l’internet à la disposition du grand public, par paliers.
2. Comme toujours en pareil cas, nous ne permettrons qu’aux plus curieux, aux plus patients et aux plus ingénieux de s’approprier ce qui n’était alors qu’un moyen de communication militaire, puis universitaire.
3. Animés par le goût de l’aventure, le plaisir du jeu et l’orgueil d’être des pionniers, ces privilégiés joueront le rôle de défricheur et auront l’illusion de mettre à jour, dès les premières années, toutes les possibilités de ce nouveau média.
4. Les développements annoncés comme autant d’innovations et d’étapes franchies ne seront en fait que la mise en application et à disposition, sur une large échelle, de potentialités connues déjà contenues en germe.
5. L’un des premiers effets de sa mise à disposition du grand public sera d’entraîner une dépendance.
6. Nous saurons accroître cette dépendance en rendant lesordinateurs toujours plus performants et de moins en moins coûteux, allant à l’encontre des lois économiques immémoriales qui veulent que la nouveauté soit toujours plus chère.
7. La performance technologique sera inversement proportionnelle à l’usage qu’en feront ses utilisateurs.
8. Cette performance, et l’intelligence nécessaire à son développement, n’auront pour finalité que de favoriser les activités les plus médiocres, dites de loisir.
9. Les gens oublieront l’époque où les ordinateurs étaient rares, réservés aux bureaux et que, même alors, on y trouvait plus couramment de simples machines à écrire dont l’utilité était univoque et le pouvoir d’attraction proche de zéro, à l’exception des gens qui faisaient profession d’écrire.
10. Nous rendrons attrayant le futile et indispensable l’accessoire.
11. L’être humain, ordinairement attaché à sa petite personne et à ne découvrir chez autrui que ce qu’il ne connaît déjà, comprendra immédiatement que ce média est parfaitement apte à répondre à cela. Internet se peuplera alors très vite d’une multitude de sites où tout un chacun exposera aux curieux, aux intéressés comme aux égarés les morceaux choisis d’une existence dont l’intérêt sera infiniment moindre que le nombre potentiel de visites.
12. Nous transformerons le mythe Platonicien de la caverne en mode de vie. Ses habitants entravés, non contents de regarder passer des illusions en tentant d’y déchiffrer une signification, se verront offrir les moyens de contribuer eux-mêmes à ce spectacle par le renouvellement permanent et parfois répétitif des saynètes les plus indigentes, les plus inutiles comme les plus sujettes à caution.
13. Nous laisserons l’internet pénétrer au sein des familles en jouant sur la crainte de subir le fossé des générations, la segmentation des offres et la conviction intime que son usage vaut savoir.
14. Nous modifierons ce qui faisait le cœur et l’essence des relations humaines en amenant les gens à se rencontrer, se séduire, se marier et adopter des enfants grâce à l’internet.
15. Par effet de mode d’abord, d’intérêt économique ensuite, de convention grégaire enfin, les entreprises, les associations, les États et leurs administrations, ouvriront chacun un, voire plusieurs sites internet. Obligeant leurs clients, membres, citoyens ou administrés à s’équiper, ils réduiront d’autant les moyens qu’avaient ces derniers de s’adresser à un interlocuteur identifiable et d’obtenir d’eux qu’ils assument leurs responsabilités commerciales, civiles ou légales.
16. Pour la première fois dans l’histoire du commerce et de la bureaucratie, utilisateurs, usagers, clients se verront proposer de discuter entre eux de l’impossibilité d’avoir une réponse claire et fiable aux problèmes rencontrés, en échangeant sur des fora le peu d’informations dont ils disposent. Mieux, ils s’en satisferont.
17. Nous entretiendrons, à grand renfort d’images, de témoignages et de statistiques, l’illusion que le monde n’a jamais été aussi proche et appréhensible tandis que les gens s’enfermeront dans un autisme social.
18. Nous favoriserons la mise en commun entropique des ressources intellectuelles de chacun, veillant à ce que la voix du plus grand nombre soit prépondérante, étouffant ainsi sous son poids les avis éclairés.
19. Tout en laissant accroire l’idée qu’un jour l’intégralité du savoir humain sera disponible sur internet, nous inciterons au plus tôt ses utilisateurs à ne plus compter que sur cet outil pour trouver les réponses à leurs questions.
20. Nous favoriserons ainsi l’implantation d’ordinateurs dans les écoles, les lycées, les universités et les grandes écoles, et ferons perdre en quelques années des siècles d’apprentissage, de rigueur et de méthodologie dans les travaux de recherche.
21. Nous entretiendrons l’illusion que l’internet est un pouvoir exercé par ses contributeurs en y dépêchant à grand renfort de publicité hommes politiques, décideurs, scientifiques, artistes et écrivains qui viendront tenir un blog.
22. Nous pervertirons les principes de respect et de tolérance pour leur donner le sens universel d’acquiescement à toute opinion allant à l’encontre des siennes. Une netiquette sera édictée, donnant la part belle au respect de la médiocrité. La différence sera une vertu tant qu’elle n’entraîne aucune singularité.
23. Mises sur le même plan, tant technologique que factuel, les opinions se vaudront toutes.
24. L’une de nos plus grandes fiertés sera d’assister à l’épanouissement d’encyclopédies participatives où le dernier mot sera donné à des inconnus n’ayant pas à faire la preuve de leur légitimité dans les domaines où ils exerceront leur autorité. Nous ferons en sorte que leur taux de fréquentation soit inversement proportionnel à la qualité des informations.
25. Les mauvaises habitudes étant les plus rapidement acquises, toute référence mise en ligne vaudra foi tandis que son absence signifiera non-existence, de facto comme de jure.
26. Le public sera tenu au courant de projets de numérisation de bibliothèques entières que peu liront et dont personne n’ira vérifier dans le détail l’intégralité annoncée des items.
27. L’argument du gain de place et de la conservation entraînera la destruction physique de collections entières d’archives de journaux dont la lecture en ligne deviendra payante, et la consultation en totalité, incertaine.
28. Tandis que la paupérisation de la qualité des contenus disponibles sera de plus en plus répandue, des pans entiers de la culture savante comme populaire seront en voie d’extinction ou connaîtront un sort précaire puisque subordonnés à la bonne volonté, au temps, au savoir-faire de quelques passionnés.
29. Les rares succès de mouvements d’opinion qui pourraient naître de ce nouveau média seront de courte durée, d’un effet limité dans l’espace et le temps, et appelés à être impitoyablement démentis par ce que les plus attentifs appellent le “système” , et qui n’est autre que la convergence d’intérêts privés et étatiques servant nos desseins, à laquelle ils n’appartiendront jamais.
30. Le corollaire à la révolution apportée par le courriel en tant que moyen gratuit, aisé et immédiat de correspondre par écrit avec quiconque en n’importe quelle partie du globe, sera la publicité volontaire, accidentelle ou malignement intentionnelle de la correspondance privée. De par sa structure numérique et l’éventail croissant des outils mis à disposition – où la reproduction illimitée du message le dispute en importance et en effets à la multiplication des destinataires – les conséquences dépasseront l’imagination.
31. Premier vecteur de transmission de virus informatiques comme de rumeurs et de fausses nouvelles, le courriel se distinguera par la signature indélébile de son expéditeur : son identité, le lieu d’où il l’a envoyé, le système et le type même d’ordinateur depuis lequel il l’a écrit.
32. Cette preuve d’authenticité assumée de bonne foi dans maints cas de correspondances commerciales ou professionnelles par exemple, sera, en toute circonstance et quelles que soient ses intentions, le meilleur moyen de retrouver la trace de son auteur. Quant aux clés de cryptage dont aucune n’est inviolable dans l’absolu, leur seule présence ne rendra que plus suspects ceux qui en auront fait usage.
33. Nous amènerons les internautes à nous confier machinalement leur identité, leur adresse, leurs coordonnées bancaires comme leurs secrets les plus inavouables. Nous nous assurerons que les plus méfiants le fassent par inadvertance.
34. En connectant l’internet, la télévision et le téléphone à un seul flux de communication, nous en saurons plus sur chaque membre d’un foyer que ce que chacun d’eux pris séparément pourrait connaître de l’autre.
35. Nous multiplierons les déclarations de bonne foi sur la préservation des données personnelles et leur caractère temporaire, tout en travaillant d’arrache-pied à rendre leur collecte toujours plus facile, vorace, et leur stockage, illimité dans l’espace et le temps. Nous ne rendrons aucun compte sur l’usage que nous en ferons, notamment leur revente à la découpe.
http://undernierverreavantlaroute.wordpress.com/2008/04/0...
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13/09/2011
Michel Desmurget sur la Télévision.
Sur le fléau de la Télévision: probléme de sommeil, augmentation des problémes de santé (obésité, probléme cardio vasculaire à l'age adulte, anoréxie...), retard éducatif (dislectie, échec scolaire..), dépendance, acte sexuel plus précose, forte tendance à la violence, manque énorme d'imagination et de créativité.... Bref, les études existe et sont nombreuses à confirmé toute une sorte de probléme majeurs chez les enfants et les ados.
TV Lobotomie - Michel Desmurget - Lyon 8 juin... par Philip_Dru
12:57 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
11/09/2011
Thierry Meyssan : le 11 septembre 10 ans apres
11:04 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









