18/03/2012
Fils de France lève le tabou sur le patriotisme des musulmans français
Tareq Oubrou, Ghaleb Bencheikh, Robert Ménard, Père Michel Lelong, Nicolas Dupont-Aignan... que du beau monde s'est déplacé pour le lancement de Fils de France, vendredi 9 mars. Ce club de réflexion, présidé par Camel Bechikh, s'adresse à une frange de citoyens français de confession musulmane, fiers de leur religion mais également de leur amour pour la France, qui ont à cœur de participer dans la vie sociale et politique du pays au même titre que leurs concitoyens. Sa particularité : le mouvement revendique sa proximité auprès des souverainistes, où le patriotisme, le protectionnisme ou encore le refus de l'immigration sont valorisés. Le charme opérera-t-il auprès des musulmans de France ?
Le club de réflexion Fils de France a été lancé vendredi 9 mars par Camel Bechikh en présence de Robert Ménard, de Ghaleb Bencheikh, du Père Michel Lelong et de Tareq Oubrou.
Et si les citoyens français de confession musulmane avaient envie de parler d’autre chose que de la viande halal ou de la construction de mosquées ? C’est tout le propos de Fils de France, un club de réflexion lancé vendredi 9 mars par Camel Bechikh. A 38 ans, ce membre de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) a souhaité faire vivre son amour pour la France au travers de son association. Car « promouvoir l’idée que les musulmans peuvent être patriotes » est un de ses objectifs, nous explique-t-il.
Ce cercle de réflexion a ainsi été inauguré par une réunion publique sous le libellé « Vers un patriotisme engagé et citoyen », illustrée par une affiche aux couleurs nationales, arborant un coq fier, à la crête rouge et aux ailes bleues... La présence de nombreuses personnalités a été remarquée, venant s’exprimer sur la place des musulmans de France dans les débats publics. Parmi eux, Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, le journaliste Robert Ménard, le présentateur TV et intellectuel Ghaleb Bencheikh et le Père Michel Lelong, promoteur du dialogue islamo-chrétien.
Au micro de Saphirnews, le prêtre, également responsable du SRI (Service national pour les relations avec l'islam, au sein de la Conférence des évêques de France), salue le lancement de cette association. « Dans la société actuelle, il est très important que les croyants puissent contribuer à la paix sociale dans notre pays et dans le monde, qui a besoin de valeurs éthiques. Les fidèles doivent participer à la vie de la nation, tout en restant fidèles à leurs valeurs religieuses », déclare-t-il.
Camel Bechikh, président de Fils de France. Un club de réflexion proche des souverainistes
Fils de France se veut libre de toute emprise d’un parti politique, mais revendique sa proximité auprès de mouvements souverainistes tels le Mouvement républicain et citoyen (MRC), de Jean-Pierre Chevènement, et Debout la République, de Nicolas Dupont-Aignan, toujours en course à la présidentielle.
M. Bechikh concède cependant des « points de divergence » avec ces mêmes partis : oui à « l’idée d’une France forte qui résiste à la mondialisation », mais non à « l’application trop radicale » de la laïcité de M. Chevènement, à « la radicalité vis-à-vis de l’Europe » de M. Dupont-Aignan ou encore à « la xénophobie et l’islamophobie » de Marine Le Pen.
M. Bechikh a toutefois tenu à convier M. Chevènement et M. Dupont-Aignan à venir s’exprimer devant l’auditoire. Ce dernier n’a pas manqué de répondre à l’appel et a salué l’initiative « extrêmement positive » de Fils de France. « Le rassemblement des Français passe par le fait de surmonter nos différences. Cela ne signifie pas les nier, mais comprendre ce qui nous rassemble (…) et dans ce cadre républicain, il faut traiter la question de l’islam de France. (…) Les Français musulmans comme les autres citoyens participent à l’œuvre collective », affirme-t-il.
Le processus d’acculturation prôné
Pour M. Bechikh, qui veut faire « resurgir un amour enfoui » pour la France mais qu’il est souvent « interdit de déclarer », les musulmans sont aussi capables de parler de patriotisme, de protectionnisme ou encore d’immigration sans tabous, tout en restant fidèles à leurs valeurs religieuses.
Il veut ainsi « promouvoir le processus d’acculturation » − une idée prônée par Tareq Oubrou −, qui diffère de l'assimilation. « Il faut séparer le fait cultuel du fait culturel. La religion ne peut pas être prisonnière d’une identité, par exemple maghrébine ou subsaharienne, puisque l’islam est universel. Nous avons été façonnés par une langue, un environnement, une société qui est française et c’est cela que nous voulons promouvoir », explique le recteur.
Un public sous le charme
Une centaine de personnes ont fait le déplacement pour l'inauguration à l’Espace Saint-Martin, dans le 3e arrondissement de Paris. Un constat : le public est très diversifié à l’image de Fils de France, qui se veut ouvert à toutes les sensibilités et à toutes les religions. Musulmans comme Julien, musulmanes voilées comme Leïla, ou non-musulman comme Thomas… tous ont apprécié le premier discours public de l'association.
Si la plupart des auditeurs ont été invités à l'événement, plusieurs curieux se sont aussi glissés dans la salle pour découvrir l’association à l’image de Thomas, 23 ans, chauffagiste. Non musulman, il a découvert le lancement de cette initiative sur le site d’Egalité et Réconciliation, un groupe dirigé par Alain Soral, un ex-membre du Front national. Thomas déclare ne pas en être membre et a tenu à écouter le discours des responsables de Fils de France, qui lui paraissent « proches des nationalistes et des anti-Européens ». « Je ne regrette pas son passage » à cette soirée, indique-t-il à la fin des interventions.
Pour sa part, Julien se reconnaît « totalement » dans les idées prônées par l’association dont il est déjà membre : « En tant que Français converti, ma participation au sein de Fils de France coulait de source. » Quant à Leila, 25 ans, étudiante de philosophie, le discours lui a également plu. « Pour une fois, on peut dire qu’on est musulman et qu’on aime la France. Cela fait longtemps qu’on voulait que cette idée soit relayée par les médias ou des groupes. Et finalement la discussion de ce soir a permis d’exprimer cette frustration », dit-elle.
Camel Bechikh refuse encore qu’on lui colle l’étiquette de « porte-parole » d’un courant politique destiné aux musulmans mais appellent ceux qui sont désireux de connaître son association à assister aux rendez-vous mensuels nommés « Les brasseries Fils de France », où seront invités des têtes d’affiche pour discuter d’un thème adjacent aux idées du club.
Une occasion pour tous et chacun de se faire son opinion sur Fils de France, qui semble bien parti pour séduire une frange non négligeable de musulmans français, malgré les accointances politiques de l'association qui interrogent.
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LEAP : Les cinq orages dévastateurs de l’été 2012 au cœur du basculement géopolitique mondial

Dans son numéro de janvier 2012, le LEAP a placé l’année en cours sous le signe du basculement géopolitique mondial. Le premier trimestre 2012 a largement commencé à établir qu’une époque était en effet en train de se terminer avec notamment : les décisions de la Russie et de la Chine de bloquer toute tentative occidentale d’ingérence en Syrie (1) ; la volonté affirmée des mêmes, associées à l’Inde (2) en particulier, d’ignorer ou de contourner l’embargo pétrolier décidé par les Etats-Unis et l’UE (3) à l’encontre de l’Iran ; les tensions croissantes dans les relations entre les Etats-Unis et Israël (4) ; l’accélération de la politique de diversification hors du dollar US conduite par la Chine (5) et les BRICS (mais également le Japon et l’Euroland (6)) ; les prémisses du changement de stratégie politique de l’Euroland à l’occasion de la campagne électorale française (7) ; et l’intensification des actes et discours alimentant la montée en puissance de guerres commerciales trans-blocs (8). En mars 2012, on est loin de mars 2011 et du « bousculement » de l’ONU par le trio USA/UK/France pour attaquer la Libye.
Mars 2011, c’était encore le monde unipolaire d’après 1989. Mars 2012, c’est déjà le monde multipolaire de l’après crise hésitant entre confrontations et partenariats.

Evolution des réserves de change chinoises et de leur part en titres US (2002-2011) (en milliers de milliards de dollars) (en vert : total ; en saumon : titres US ; courbe rouge : évolution en % de part des titres US dans le total) – Sources : Banque populaire de Chine / Trésor US / Wall Street Journal / DollarCollapse, mars 2012
Ainsi, comme anticipé par le LEAP, le traitement de la « crise grecque » (9) a rapidement fait disparaître la soi-disant « crise de l’euro » des unes des médias et des inquiétudes des opérateurs. L’hystérie collective entretenue à ce sujet au cours du second semestre 2011 par les médias anglo-saxons et les eurosceptiques aura fait long feu : l’Euroland s’impose de plus en plus comme une structure pérenne (10), l’euro est à nouveau en vogue sur les marchés et pour les banques centrales des pays émergents (11), le duo Eurogroupe/BCE a fonctionné efficacement et les investisseurs privés auront dû accepter une décote allant jusqu’à 70% de leurs avoirs grecs, confirmant ainsi l’anticipation du LEAP de 2010 qui parlait alors d’une décote de 50% quand personne ou presque n’imaginait la chose possible sans une « catastrophe » signifiant la fin de l’euro (12). In fine, les marchés se plient toujours à la loi du plus fort… et à la peur de perdre plus, quoi qu’en disent les théologiens de l’ultra-libéralisme. C’est une leçon que les dirigeants politiques vont précieusement garder en mémoire car il y a d’autres décotes à venir, aux Etats-Unis, au Japon et en Europe. Nous y revenons dans ce [numéro].
Encours de la dette publique détenue par la banque centrale (2002-2012) – Etats-Unis (en violet), Royaume-Uni (en gris), Euroland (en pointillés violets), Japon (en pointillés gris) – Sources : Datastream / banques centrales / Natixis, février 2012
Parallèlement, et cela contribue à expliquer la douce euphorie qui alimente les marchés et nombre d’acteurs économiques et financiers ces derniers mois, pour cause d’année électorale et par nécessité de faire à tout prix bonne figure face à une zone euro qui ne s’effondre pas (13), les médias financiers américains nous refont le coup des « green shots » du début 2010 et de la « reprise » (14) du début 2011 afin de peindre une Amérique en « sortie de crise ». Pourtant les Etats-Unis de ce début 2012 ressemblent bien à un décor déprimant peint par Edward Hopper (15) et non pas à un chromo 60s rutilant à la Andy Warhol. Comme en 2010 et 2011, le printemps va d’ailleurs être le moment du retour au monde réel.
Dans ce contexte d’autant plus dangereux que tous les acteurs sont bercés d’une dangereuse illusion de « retour à la normale », en particulier du « redémarrage du moteur économique US » (16), le LEAP estime nécessaire d’alerter ses lecteurs sur le fait que l’été 2012 va voir cette illusion voler en éclats. En effet, nous anticipons que l’été 2012 verra la concrétisation de cinq chocs dévastateurs qui sont au cœur du processus de basculement géopolitique mondial en cours. Les nuages noirs qui s’amoncellent depuis le début de la crise en matière économique et financière sont maintenant rejoints par les sombres nuées des affrontements géopolitiques.
Ce sont donc, selon le LEAP, cinq orages dévastateurs qui vont marquer l’été 2012 et accélérer ainsi le processus de basculement géopolitique mondial :
. rechute des USA dans la récession sur fond de stagnation européenne et de ralentissement des BRICS
. impasse pour les banques centrales et remontée des taux
. tempête sur les marchés des devises et des dettes publiques occidentales
. Iran, la guerre « de trop »
. nouveau krach des marchés et des institutions financières.
Dans ce [numéro], notre équipe analyse donc en détail ces cinq chocs de l’été 2012.
Parallèlement, en partenariat avec les Editions Anticipolis, nous publions un nouvel extrait du livre de Sylvain Périfel et Philippe Schneider, « 2015 – La grande chute de l’immobilier occidental », à l’occasion de la mise en vente de sa version française. Il traite des perspectives du marché immobilier résidentiel américain.
Enfin, nous présentons nos recommandations mensuelles ciblées dans ce numéro sur l’or, les devises, les actifs financiers, les bourses et les matières premières.
————
Notes :
(1) Un article de CameroonVoice, publié le 06 mars 2012, offre un tour d’horizon intéressant de cette situation de blocage qu’il nous paraît utile d’analyser sous l’angle géopolitique autant que sons l’angle humanitaire qui a tendance à camoufler nombre de paramètres derrière les « évidences de la cause juste ». Souvenons-nous de l’attaque sur la Libye et des conséquences désastreuses qu’elle entraîne aujourd’hui pour de nombreux Libyens et pour toute la région ; dernière en date : la déstabilisation de toute une partie de l’Afrique sub-saharienne, comme le Mali par exemple. A ce sujet, on peut lire la très intéressante analyse de Bernard Lugan dans Le Monde du 12 mars 2012.
(2) Et au Japon qui fait profil bas mais n’a pas l’intention d’arrêter de s’approvisionner en pétrole iranien. La Chine et l’Inde de leurs côtés accroissent leurs livraisons de pétrole iranien et s’engouffrent dans le vide laissé par les Occidentaux. Les Indiens utilisent même désormais l’Iran comme une porte vers le pétrole d’Asie centrale. Sources : Asahi Shimbun, 29 février 2012 ; Times of India, 13 mars 2012 ; IndianPunchline, 18 février 2012
(3) Attendons de voir ce que sera la volonté de l’UE en la matière dans la seconde moitié de 2012. Avec la fin de la tutelle US sur la politique étrangère française suite au changement de président français, de nombreux aspects de la politique internationale de l’Europe vont changer.
(4) Nombreux sont les responsables israéliens et américains qui se demandent dans quel état vont être les relations entre les deux pays à l’issue de cette quasi-confrontation sans précédent sur la question d’une éventuelle attaque de l’Iran. Pour certains, on s’approche du moment de « ras-le-bol » d’Israël de la part des Etats-Unis, comme l’analyse l’article de Gideon Levy dans Haaretz du 04 mars 2012.
(5) Derniers exemples en date : l’accord des BRICS pour organiser entre eux des échanges en devises nationales, et particulièrement en yuan du fait de la volonté de Pékin d’internationaliser sa devise ; et la décision du Japon d’acheter des bons du Trésor chinois en accord avec Pékin. Pékin agit ainsi à l’opposé du Japon « dominant » des années 1980 qui n’avait jamais osé pousser à l’internationalisation du yen. Cet aspect suffit à réduire à néant toutes les comparaisons entre l’ascension avortée du Japon et la situation de la Chine aujourd’hui. Tokyo était sous contrôle de Washington ; Pékin ne l’est pas. Sources : FT, 07 mars 2012 ; JapanToday, 13 mars 2012
(6) Les banques de l’Euroland se dégagent de leurs activités de prêts en dollars. Source :JournalduNet, 23 février 2012
(7) A savoir la fin du social-libéralisme qui avait pris la place de la social-démocratie européenne au cours de ces deux dernières décennies ; et le retour de l’ « économie sociale de marché » au cœur du modèle rhénan, modèle historique européen continental. De la Slovaquie du nouveau premier ministre Fico à la France du futur président Hollande (ceci n’est pas un choix politique mais le résultat de nos anticipations publiées dès novembre 2010 dans [notre numéro du 15 novembre 2010]) en passant par l’Italie de Mario Monti et une Allemagne où conservateurs et sociaux-démocrates doivent désormais faire le chemin européen ensemble puisqu’il le faut pour obtenir la majorité nécessaire à la ratification des nouveaux traités européens, on voit se dessiner les contours de la future stratégie économique et sociale de l’Euroland : fiscalité progressive renforcée, solidarité sociale, efficacité économique, mise sous contrôle du secteur financier, vigilance douanière… en résumé : éloignement à grande vitesse du modèle anglo-saxon à la mode depuis 20 ans parmi les élites du continent européen.
(8) Derniers épisodes en date : l’attaque devant l’OMC de la politique commerciale chinoise concernant les « terres rares » par les Etats-Unis, appuyés par l’UE et le Japon ; les nouveaux rebondissements des accusations réciproques USA/UE toujours devant l’OMC concernant les subventions à Boeing et Airbus ; la « guerre monétaire » déclenchée par le Brésil contre les Etats-Unis et l’Europe. Sources : CNNMoney, 12 mars 2012 ; Bloomberg, 13 mars 2012 ; Mish’s GETA, 03 mars 2012
(9) D’ailleurs, impensable pour beaucoup il y a seulement trois mois, l’agence de notation vient de remonter la note de la Grèce. Source : Le Monde, 13 mars 2012
(10) Les questions de démocratisation de ces structures se posent comme nous l’avons souligné. Mais ces structures (MES, BCE…) sont désormais établies. Aux acteurs et forces politiques des deux prochaines années d’entamer leur mise sous contrôle par les citoyens plutôt que de passer leur temps à regretter un temps merveilleux… où les citoyens n’avaient même pas la moindre idée de comment leur pays gérait sa dette. Et ce n’est pas en attaquant les technocrates qui ont fait le « sale boulot » au milieu de la tempête que les politiques trouveront le chemin de la légitimation démocratique des institutions de l’Euroland, mais en proposant de nouveaux mécanismes et des processus d’implication des peuples dans les décisions. A ce propos, il est utile de savoir qu’au Parlement européen, le groupe PPE (où siègent notamment les partis de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel) tente de tuer dans l’œuf une proposition trans-partisane de création de 25 sièges du Parlement européen qui seraient élus sur des listes transnationales avec l’UE comme circonscription unique. Selon le LEAP, cette proposition est un petit pas sur le seul chemin qui peut conduire à un contrôle citoyen des décisions européennes. Il est regrettable que des chantres de la nécessité de rapprocher l’Europe des peuples soient en fait complices du blocage d’une première tentative sérieuse dans cette direction. Source : European Voice, 11 mars 2012
(11) Même le Financial Times, pourtant l’un des acteurs-clés de l’hystérie anti-euro, doit désormais reconnaître que les marchés émergents (acteurs publics et privés) ont retrouvé leur appétit pour la devise européenne. Source : Financial Times, 26 février 2012
(12) Nous insistons sur ces points car il ne faut pas oublier trop vite les discours dominants de 2010 et 2011 qui ont incité les investisseurs à acheter de la dette grecque car c’était une « affaire en or » ! Souvent les mêmes « experts » ont aussi pronostiqué une parité euro/dollar entraînant nombre d’opérateurs à vendre leurs euros pour acheter du dollar dans cette même logique. Résultat : ces « experts », qui peuplent les unes des médias et les émissions financières, ont fait perdre beaucoup d’argent aux uns et aux autres. Pour savoir anticiper l’avenir, il faut aussi entretenir sa mémoire !
(13) N’oublions pas que sans l’hystérie collective entretenue autour de la « crise de l’euro », dès la fin 2011, les Etats-Unis auraient été incapables de financer leurs énormes déficits. Wall Street et la City ont dû peindre une Europe au bord du gouffre pour pouvoir maintenir le flux d’achats de leurs titres. Maintenant que cette propagande ne fonctionne plus, il est donc vital d’essayer d’embellir la situation US faute de tarir la source extérieure du financement de l’économie américaine. Voir [nos numéros du 15 octobre 2011 au 15 janvier 2012].
(14) Pour mémoire, mi-2010, le FMI se préoccupait de ne pas « handicaper la reprise ». Et en janvier 2011, les experts se demandaient comment bénéficier de la « reprise » démontrée par les fameux « indicateurs clés » ! Sources : FMI, 07 juillet 2010 ; CreditInfocenter, 27 janvier 2011
(15) Notre équipe tient à préciser que nous apprécions le talent de Hopper et qu’il n’est cité ici que parce qu’il est le peintre par excellence de la classe moyenne de l’ « âge d’or » des Etats-Unis, qu’il a pourtant en général montrée dans une atmosphère très dépressive. Nous ne pouvons qu’imaginer ce que serait l’ambiance de ses tableaux aujourd’hui avec une classe moyenne en perdition dans un « âge de fer » pour le pays.
(16) Nous rappelons que c’est le credo fondamental sur lequel repose tout le système économique et financier global. Et en trois ans de crise, pour la première fois depuis 1945, ce moteur ne fonctionne plus. Alors il faut prétendre le plus longtemps possible, en espérant un miracle. A l’été 2012, les orages porteront bien des éclairs mais il n’y aura pas de foudre miraculeuse ; bien au contraire.
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13/03/2012
Un front clandestin pour la libération de l’Europe

Tout se passe comme si, à l’abri d’un écran protecteur, aussi invisible qu’impénétrable, des évènements considérables se produisent, dramatiquement, dont on ne parviendrait à saisir, à l’extérieur, que des fragments en ordre dispersés, inintelligibles parce que leur terrifiante cohérence intérieures se trouve occultée, rigoureusement maintenue en dehors de toute attention étrangère au secret central des choses qui s’y font et s’y défont et qui décident du sort de ce monde dans une obscurité extrême.
(…) A nous autres, derniers témoins de l’être, tout nous est prohibé. Nous nous trouvons irrémédiablement exclus de la grande édition, de la grande presse, de la radio, de la télévision ; le théâtre et le cinéma sont subversivement maintenus hors de notre portée, une violente campagne permanente et exhaustive de dénigrement, d’interdit formel et d’empêchement suractivé se poursuit inlassablement, à tous les niveaux, contre nos positions, contre nos œuvres et jusque contre les personnes mêmes qui se reconnaissent dans nos rang, atteintes, poursuivies jusque dans leurs existences même, jusqu’à leur dernier souffle.
(…) Car les choses du présent, sans distinction, sont devenues intolérables. La haute trahison spirituelle de certains, responsables et lucides ceux-là, et même plus que lucides, ainsi que le crétinisme, glorieux et moutonnier à la fois, d’une intelligentsia fermement décidée à ne pas en perdre une, qui s’obstine à s’enfoncer toujours plus avant dans l’écœurante misère de la médiocrité d’état et qui étouffe tout et nous a étouffé tous sous la lourde chape de boue de ses basses œuvres, n’en finissent plus de dévier, de souiller et d’empêcher toute vie spirituelle en devenir, et jusqu’à la vie elle-même dans les choix de sa conscience et dans la conscience de ses choix.
(…) Nous ne sommes déjà plus rien d’autre que le seul honneur de notre fidélité, si notre honneur s’appelle fidélité, si nous sommes les survivants hallucinés des serments antérieurs, fondement occultes des grands serments à venir avec les prochains renouvellements de la foi impériale.
(…) Dans la conjoncture politique actuelle, dont la caractéristique décisive est celle d’une de l’installation préventive d’une vaste conspiration mise subversivement en place et dirigée, dans l’ombre, par la « superpuissance planétaire des Etats-Unis », les combats pour la libération de l’Europe ne peuvent plus être, aujourd’hui, que des combats souterrains, les combats désespérés d’une résistance clandestine. Car il y a un front de libération de l’Europe, qui reste, à présent, la dernière chance d’une nouvelle liberté politico-historique européenne face à la conspiration mondiale qui se bat pour la fin de l’Europe, et de ses libertés géopolitiques impériales et suprahistoriques.
(…) Les forces régressives et désertificatrices à l’œuvre, suractivées, engagées en avant avec les glissements politiques négatifs opérés par le pouvoir encore en place, et qui imposent ainsi, en direct, dans les termes même de la terreur démocratique montante, leur loi de renversement et de prise de possession négative, satanique. Car tel est le signe de haute provocation qui sont les nôtres, l’obligation devant laquelle on se trouve tenu d’utiliser ce terme aux résonances bien anciennes, étrangères à nos actuelles habitudes de discours.
(…) Le renversement fondamental du front de la bataille décisive pour la libération de la conscience européenne fera que la conspiration mondiale américaine sera alors réduite à la défensive, et que c’est nous qui conduirons l’offensive du désencerclement et de l’affirmation finale de nos propres positions grand-européenne.
(…) Ainsi, désormais, seul l’inconcevable commande. Et l’inconcevable, en l’occurrence, étant l’action révolutionnaire totale du petit nombre de ceux qui ayant réussi à franchir pour eux-mêmes, pour leur propre compte, clandestinement, la ligne de passage entre l’être et le non-être, se trouvent déjà en état d’assumer la tâche de veiller sur un nouveau retour à l’être, d’un nouveau recommencement révolutionnaire de l’histoire française de l’Europe, de la plus Grande Europe.
(…) Raymond Abellio fait dire à un de ses personnages de son roman Les Yeux d’Ezechiel sont ouverts : « Aujourd’hui je le sais. Aucun homme ayant un peu le goût de l’absolu ne peut plus s’accrocher à rien. La démocratie est un dévergondage sentimental, le fascisme un dévergondage passionnel, le communisme un dévergondage intellectuel. Aucun camp ne peut plus gagner. Il n’y a plus de victoire possible ». Il nous faudra donc qu’à partir de la ligne actuelle du néant, nous recommencions, à nouveau, tout, que nous remettions tout en branle par le miracle suprahistorique d’une nouvelle immaculée conception révolutionnaire. C’est la tâche secrète de nous autres.
(…) Et il n’est pas impossible que l’épreuve de force entre le pouvoir et les forces de contestation qui vont s’élever alors contre l’état de fait puisse prendre aussitôt les allures d’une guerre civile, les choses apparaissant ainsi d’autant plus étranges que les forces de contestation se levant contre la dictature démocratique à la fois sournoise et totalitaire du pouvoir seront tout à fait inconnues, n’ayant encore fait état, ouvertement, de leur existence, et ne manifestant donc aucune relation avec ce que l’on appelle, sans doute par dérision, « l’opposition nationale » – soi-disant « gaulliste » – et autres formations de la même frime, salement complices, à la traine, et dans l’imitation honteuse du pouvoir en place – « opposition nationale » dont les positions affichées font ouvertement assaut d’allégeance aux mots d’ordre de la conspiration mondialiste se tenant présente dans l’ombre.
(…) Aussi de nouveaux rapports de puissance et de destin, absolument imprévisibles, des glissements tectoniques en profondeur viendront définir et imposer, à l’heure prévue, une conjoncture politico-historique tout à fait autre.
(…) La conspiration mondialiste peut très certainement prétendre, à l’heure actuelle, d’être en état de tout verrouiller, de neutraliser toute velléité de résistance européenne, cette prétention trouvant posée dans les termes mêmes de la dialectique offensive de ses propres intérêts d’ensemble, de ses propres desseins, désormais à découvert, de la domination planétaire. La conspiration mondialiste s’y croit déjà.
Mais l’histoire n’est absolument pas la somme des circonstances : au contraire, c’est l’histoire qui décide, invente et impose irrationnellement les circonstances de sa propre marche en avant. A la terreur de la raison démocratique totalitaire, nous opposons la ligne de front de l’irrationalité dogmatique de l’histoire elle-même.
Jean Parvulesco
Extraits de La confirmation boréale, Alexipharmaque, 2010
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Entretien avec Laurent James

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11/03/2012
Hollande, candidat liberal
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Dieudonné: "Melenchon m'emmerde"
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10/03/2012
Le blog d'Eric Werner
"L'autodéfense inclut en son concept quantité de choses très différentes, dit l'Ethnologue. On peut d'abord l'entendre au sens strict. Mettons qu'on te cambriole et que tu réussisses, je ne sais trop comment d'ailleurs, à maîtriser ton cambrioleur. Tu appelles la police, qui bien entendu te met en garde à vue, car, comme tu le sais, séquestrer quelqu'un est un crime grave. Le cambrioleur déposera plainte contre toi, et le juge (chargé d'appliquer la loi) t'infligera une peine ferme. J'évoque un cas réel, il vient de se produire à Dope-City. Autre exemple maintenant. Un certain nombre d'individus se livrent à leur passe-temps favori, la vente de drogues illicites (mais de fait tolérées). Soudain l'un d'eux s'effondre, une balle tirée depuis une fenêtre d'immeuble. On ne parle déjà plus ici exactement de la même chose. Enfin, troisième cas de figure, celui décrit dans un film dont vous souvenez peut-être: La Nuit des juges. C'est une synthèse des deux cas précédents. Un certain nombre de juges et de policiers en viennent un beau jour à faire comme Pénélope, ils entreprennent de défaire la nuit ce qu'ils font et surtout laissent faire le jour. De nombreuses victimes sont à déplorer. Chacun est libre de ses définitions."
http://ericwerner.blogspot.com/search?updated-min=2012-01...
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Les entretiens de Franck Abed
19:49 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Itineraire d'un National-Révolutionnaire
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