09.05.2008
Nouvel Ordre Mondial - Pierre HILLARD
"Il faudrait que tous ceux qui défendent la souveraineté de la nation et l’héritage de la civilisation française et européenne s’unissent, s’entraident et forment des réseaux. "
(Pierre Hillard, Docteur en Sciences Politiques, Chargé de cours à l’Ecole Supérieure du Commerce Extérieur)
L'Union Européenne contre les Patries et les Peuples
(extraits d'un entretien de P. Hillard avec le journal Rébellion)
[...] le Traité de Lisbonne institue deux points mortels pour tous les Etats européens : la primauté du droit européen sur le droit national et la personnalité juridique permettant à l'Union européenne (UE) de signer des traités reconnus internationalement.
En fait, cette construction européenne est l'oeuvre d'une oligarchie financière et d'une certaine manière religieuse (au niveau des hauts degrés de maçonnerie) poursuivant l'unification des continents dans le but de les fusionner ensuite en une sorte de "région monde". Tous les chiffons agités en faveur de la "Paix", de la "Liberté" et autres billevesées de ce style ne servent qu' à "agiter le peuple avant de s'en servir" comme le disait si bien Charles-maurice de Talleyrand.
Une multitude de lobbies et de groupes de pression fourmille à Bruxelles dans de nombreux domaines. Cependant, si l'on devait retenir l'action d'un seul, je citerai le Transatlantic Policy Network ( le TNP : Réseau politique transatlantique). Cette organisation euro-atlantque réunissant les élus du Parlement européen et du Congrès des Etats-Unis est soutenue financièrement par plus de 30 grandes multinationales comme Boeing, Coca-Cola, Siemens, Nestlé, Microsoft, Péchiney, Michelin, IBM, etc et de multiples think tanks comme le CFR (Council on Foreign Relations), la Brooking Institution, le CSIS (Center for Strategic and International Studies) etc. L'objectif déclaré est d'aboutir, théoriquement, à un bloc euro-atlantique complet, politique, économique et militaire pour 2015.
Il faut rappeler aussi le rôle déterminant de la classe politique allemande en accord avec le monde anglo-saxon dans l'élaboration de tous les textes favorisant une Europe des régions promouvant l’ethnicisme, en définitive une Europe des tribus. En fait, tous les textes ethno-régionalistes européens sont allemands. Les Etats doivent éclater par l’émancipation ethnique, mais aussi par la gestion directe des Fonds structurels (manne financière) directement entre les régions et Bruxelles.[…] La régionalisation supranationale est donc utile au libre-échange débridé promu par les Anglo-Saxons pour dissoudre les Etats.
Il faudrait que tous ceux qui défendent la souveraineté de la nation et l’héritage de la civilisation française et européenne s’unissent, s’entraident et forment des réseaux. Des divergences existent entre des courants nationalistes chrétiens, laïcs et païens. Cependant, nous sommes tous attachés à notre pays, à ses traditions et à ses valeurs bimillénaires. La philosophie mondialiste hait la tradition, la famille classique et les vertus qui donnent un sens à la vie. Chacun à notre niveau, nous devons agir en paroles et en actions pour combattre la tendance actuelle en attendant que la roue tourne en notre faveur. Une jeune fille au XVe siècle résumait avec logique et simplicité la consuite à suivre : « Les hommes se battront et Dieu donnera la victoire ».
LISEZ REBELLION
entretien de P. Hillard paru dans le No 29 mars-avril 2008
A ECOUTER SUR CE BLOG - interview de P. Hillard sur France Cul' : Mondialisme pro-américain
SUR DAILYMOTION (double cliquer sur la vidéo pour accéder aux autres parties) :
Europe et Nouvel Ordre Mondial 1/6
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26.04.2008
Figure politique : Georges Corm
Georges Corm
Georges Corm, né le 15 juin 1940, est économiste, politologue, historien et juriste libanais. Spécialiste du Moyen-Orient, Consultant économique pour plusieurs organismes internationaux, ministre des Finances du Liban de 1998 à 2000, il enseigne actuellement la coopération économique internationale et les finances publiques à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth. Il est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire, la sociologie et l'économie des pays du bassin méditerranéen et du Proche-Orient arabe dont notamment: La Question religieuse au XXIe siècle, Géopolitique et crise de la post-modernité (La Découverte, 2006), Le Proche-Orient éclaté, 19562006 (Folio, 2006), Le Liban contemporain, Histoire et société (La Découverte, 2003 et 2005), Orient-Occident, la fracture imaginaire (La Découverte, 2002 et 2004) et La Méditerrané: espace de conflit, espace de rêve (L'Harmattan, 2001). George Corm a également publié un roman, La Mue (Noël Blandin, 1992).
L'Occident a planté les graines de la violence
propos recueillis par Dominique Simonnet
pour L'Express du 27/02/2003 Numero: 2695
Interview de Georges Corm où l'on apprend comment l’islamisme radical s’est installé au Moyen-Orient. Petit cours d’histoire.
Des siècles de domination impériale n'y ont pas suffi. Il fallait encore que l'Occident allume de nouveaux incendies: dès 1918, la France et la Grande-Bretagne, puis l'URSS et les Etats-Unis, ont colonisé le Moyen-Orient, découpé les frontières, attisé les rancœurs communautaires, et couronné les dictateurs et les intégristes. Ce sont les Occidentaux qui ont semé les graines de la violence et du fanatisme, accuse l'intellectuel libanais Georges Corm. Ce sont eux qui ont mis le Moyen-Orient à genoux. A l'heure où nous donnons des leçons de morale à la planète entière, nous nous gardons bien d'évoquer notre part de responsabilité dans cette histoire. Le monde arabe, lui, ne l'a pas oubliée.
Au Moyen-Orient, la fin de la Première Guerre mondiale marque en effet l'effondrement du modèle antique: celui de la grande structure impériale dans laquelle se mélangent les religions, les peuples, les langues. Quand l'Empire ottoman, qui avait choisi le camp des vaincus, est démembré, en 1919, la France et la Grande-Bretagne prennent le contrôle du Moyen-Orient, mais elles ne comprennent rien à cette unité dans la diversité. Elles n'y voient qu'un ensemble de «majorités» et de «minorités», notions spécifiquement européennes. Pour les Occidentaux, la langue, la religion et la race sont constitutives d'une communauté. Ils vont donc survaloriser les identités religieuses, privilégier les «minorités», celles qui ne relèvent pas du courant sunnite: les chrétiens, les musulmans hétérodoxes (chiites, ismaéliens, druzes). Et, ce faisant, provoquer un véritable émiettement de la région, en suscitant l'éveil de sentiments communautaristes.
Le partage du Moyen-Orient avait déjà été planifié par les Européens, avant même la fin de la guerre...
Absolument. En 1916, les Français et les Britanniques s'étaient secrètement partagé la région. Mais, en même temps, les Britanniques avaient promis aux Hachémites (qui gouvernaient le petit royaume du Hedjaz, avec La Mecque et les lieux saints) la création d'un royaume arabe unifié sur ces mêmes territoires (Arabie, Syrie, Liban, Palestine, Irak)! Et, en 1917, lord Balfour, ministre britannique des Affaires étrangères, avait, lui, assuré que la Palestine irait aux communautés juives d'Europe. Cela sans compter le démembrement de l'Anatolie, prévu par le traité de Sèvres (1920), et que le sursaut de Mustafa Kemal fait avorter.
Déjà, la Palestine aux juifs ?
L'idée d'un retour des juifs en Palestinen'était pas nouvelle: elle avait été avancée dès l'expédition de Bonaparte en Egypte, et les premières implantations juives avaient été créées en 1897 par le mouvement sioniste de Theodor Herzl.
Jusque-là, musulmans, chrétiens et juifs y vivaient ensemble et en paix... En 1919, les Etats-Unis tentent de freiner les visées impérialistes des Français et des Britanniques. Ils envoient au Moyen-Orient une commission d'enquête qui rend un avis très clair: le souhait des Arabes, dit-elle, c'est de s'unir en un seul Etat, sous l'égide des Hachémites. Et les Américains précisent: il ne faut surtout pas tenter de créer un Etat exclusivement juif en Palestine qui aboutirait à l'éviction des Palestiniens de leur pays.
Tout cela était assez bien vu... Mais on n'écoute pas les conseils des Américains...
Non. Les Français et les Britanniques considèrent cette commission comme une ingérence inadmissible dans leurs affaires. Les pays arabes sont alors placés «sous mandat»: la France disposede la Syrie et du Liban; la Grande-Bretagne prend l'Irak et la Palestine, en sus de l'Egypte, qu'elle occupe depuis 1882; l'Italie a occupé la Libye en 1911. Plus question d'un grand Etat arabe ! Et plus question de discuter avec les Hachémites d'Arabie, qui prônent un nationalisme arabe modernisant devenu trop populaire. En Arabie, les Britanniques provoquent d'ailleurs leur chute et placent au pouvoir, en 1926, la famille des Saoud, qui se réclame du wahhabisme, fondamentalisme musulman très localisé au centre de l'Arabie, ayant une conception rigoriste et étriquée de la charia.
Les puissances occidentales ne misent pas sur les modérés.
Il est plus simple de traiter avec les chefs de tribus qui refusent la modernité plutôt qu'avec les élites modernistes mais nationalistes. Au cours de cette période, la France et la Grande-Bretagne exercent une domination pesante sur les pays arabes, étouffant toutes les aspirations modernistes et démocrates, et renforcent les identités religieuses (diviser pour mieux régner). Ainsi, sous son mandat, la France réprime dans le sang les révoltes, comme celles des Druzes en Syrie, bombardant Damas à plusieurs reprises. En Palestine, la Grande-Bretagne, elle, met en place des structures communautaires juives, embryons d'Etat...
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la situation au Moyen-Orient ne change pas.
Des révoltes se produisent en Irak, vite matées par les Britanniques. Dès 1943, l'indépendance est demandée par les Libanais et les Syriens. Mais, cette année-là, la France commet l'acte inouï d'emprisonner pendant trois semaines le président de la République du Liban et la totalité du Conseil des ministres, sous prétexte qu'ils viennent d'ôter de leur Constitution toute référence au mandat de la France et d'instituer l'arabe comme langue officielle. Il faudra encore trois ans, et une plainte du Conseil de sécurité, pour obtenir l'évacuation des troupes françaises.
Après la Seconde Guerre mondiale, le Moyen-Orient éclate, écartelé par les multiples interventions des puissances occidentales et tétanisé par la création de l'Etat d'Israël.
Quand l'ONU décide, en 1947, le partage du territoire entre juifs et Palestiniens, la guerre entre les deux communautés est inévitable. Les Arabes ne comprennent pas pourquoi ils doivent, eux, peuple tiers, supporter le poids de l'Holocauste et des crimes commis en Europe. Pourquoi ne donne-t-on pas la Bavière aux juifs, ou pourquoi ne les accueille-t-on pas aux Etats-Unis? En Palestine, pourtant, il n'y a pas d'hostilité à une présence juive et une immigration modérée: de tout temps, il y a eu une présence juive, et aussi chrétienne. Mais ce qui leur semble inacceptable, c'est la création d'un Etat séparé. Une partie du sionisme (comme celui de Martin Buber) lui-même n'en voulait pas. Les Arabes refusent donc la résolution de l'ONU sur le partage. Le conflit israélo-arabe est engagé.
Et la géopolitique de la région va désormais en dépendre.
En 1948, les armées arabes sont vaincues par les milices juives. L'ONU demande l'internationalisation de Jérusalem et garantit aux Palestiniens expulsés un droit au retour qui ne sera pas respecté. Ce premier conflit a pour conséquence la chute des gouvernements de Syrie, en 1949, puis d'Egypte, en 1952, où les militaires prennent le pouvoir. Deux pays qui se tournent vers l'URSS, pendant que les Etats-Unis tentent d'embrigader l'Irak, le Liban et le nouvel Etat de Jordanie (créé en 1949), en plus de l'Arabie saoudite, déjà dans leur giron, dans un pacte pour contrer l'influence soviétique grandissante dans la région.
La France et la Grande-Bretagne quittent le devant de la scène. Entrent l'URSS et les Etats-Unis. C'est la guerre froide que l'on exporte au Moyen-Orient.
En effet, le monde arabe est coupé entre, d'une part, les régimes dits «progressistes», qui nationalisent à tour de bras et se tournent économiquement vers l'URSS, et, d'autre part, les clients de la puissance américaine. A ce moment-là, les pays dits «non alignés» perçoivent Moscou comme le contrepoids à l'impérialisme occidental. Les mouvements palestiniens se développent dans toute la région, avec le soutien des très nombreux groupes politiques et des pays dits «progressistes».
Suit la longue série de conflits que l'on connaît: la malheureuse expédition franco-britannique de Suez en 1956, la guerre des Six-Jours en 1967, la guerre du Kippour, en 1973... Malgré les accords de Camp David, qui rendent le Sinaï à l'Egypte, les Etats-Unis ne parviennent pas à éteindre l'incendie.
Le conflit israélo-palestinien va se poursuivre pendant quinze ans, mais sur le territoire du Liban, envahi deux fois par Israël (1978 et 1982) sous prétexte d'éradication des mouvements armés palestiniens. On continue de se battre, dans un espace restreint cette fois. Les Libanais connaîtront quinze ans de souffrances (1975-1990). La décennie suivante verra les tentatives de paix rester sans succès, car l'accord d'Oslo, en 1993, sera vidé de son sens du fait de la continuation de la colonisation israélienne.
Entre 1973 et 1985, les pays pétroliers reçoivent une manne de plus de 1 000 milliards de dollars! L'Arabie saoudite devient une puissance financière considérable. Une partie de cet argent est alors utilisée pour promouvoir la conception wahhabite de l'islam dans tous les pays musulmans.
Favoriser l'intégrisme, c'est aussi ce que fait l'Occident en Iran, jouant une fois encore sur les rivalités religieuses.
En effet. Pour éviter le développement du communisme, les Etats-Unis voient d'un bon œil les mouvements intégristes musulmans et favorisent la prise de pouvoir des religieux en Iran: l'imam Khomeini est d'abord considéré comme un paratonnerre contre le communisme. La France l'accueille et le traite comme un véritable chef d'Etat. Par la suite, lorsque la révolution iranienne dérape (prise de l'ambassade américaine à Téhéran), les Occidentaux diabolisent le chiisme et idéalisent le sunnisme wahhabite, considéré comme un allié de l'Occident. Ils ne comprennent pas que l'islamisme radical est en fait l'héritier des partis communistes: c'est la même vision anti-impérialiste du monde, la même dénonciation, avec un vocabulaire différent. Beaucoup de «progressistes» laïques de couleurs diverses se convertissent dans toute la région en partisans acharnés du khomeinisme: ils avaient trouvé quelque chose de mieux que le communisme pour faire peur aux Occidentaux! En 1980, quand l'Irak entre en guerre contre l'Iran, c'est Saddam Hussein qui reçoit le soutien logistique des Occidentaux. L'Irak sort de la guerre surendetté et surarmé. En 1990, il envahit le Koweït, qui a refusé d'annuler ses créances sur l'Irak. On connaît la suite.
Bilan de ces dernières décennies: un désastre. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'Occident n'a pas exporté la démocratie !
L'Occident a soutenu à la fois les mouvements politiques intégristes et les régimes dictatoriaux. Par ailleurs, le Moyen-Orient est redevenu un nain économique, car la fortune pétrolière n'a pas servi à une industrialisation rapide.
En outre, la politiquedes deux poids, deux mesures pratiquée par l'Occident dans la région, qui a permis à Israël de continuer ses occupations de territoires en infraction au droit international, a contribué à décrédibiliser les principes démocratiques dont il se réclame et à mettre le vent en poupe aux mouvements intégristes islamiques, tous devenus antioccidentaux du fait de la permanence du stationnement des troupes américaines dans la péninsule Arabique.
En fait, l'Occident, dans cette région du monde, a joué les pompiers pyromanes. Il a planté les graines des déstabilisations et des violences, et s'efforce bien maladroitement d'éteindre les incendies. L'aveuglement a été général.
Certains islamologues américains et français expliquaient même sans rire, au temps de la guerre d'Afghanistan contre l'occupation soviétique, que le fondamentalisme islamique ne présentait aucun danger et qu'il était un passage obligé vers la modernité!
Pour vous, le Moyen-Orient est en décadence.
Tout à fait. Cette histoire, c'est bien celle de la décadence des sociétés arabes, impuissantes à résister à la domination ottomane, puis aux colonialismes et au dépècement de leur région, impuissantes à devenir des acteurs respectés de l'ordre international moderne. Les Arabes sont les éternels perdants du jeu mondial. Leur histoire est celle des vaincus. Toutes les tentatives faites au cours du dernier demi-siècle pour infléchir cette décadence ont échoué. Et le Moyen-Orient a commencé le nouveau siècle comme le précédent, cette fois-ci non sous la férule franco-britannique, mais sous la toute-puissante tutelle des Etats-Unis, que certains pays européens, heureusement, contestent.
Au terme de cette histoire rapide, on se rend compte combien le passé pèse sur les drames d'aujourd'hui.
Dans cette région, l'Histoire est un sujet conflictuel, source de polémiques incessantes. Le futur n'est malheureusement plus perçu qu'en fonction d'une vision mythique du passé, de l'âge d'or de la civilisation islamique: à la différence d'autres régions,le Moyen-Orient reste figé dans une conduite d'échec. Pour renverser cette tendance historique lourde, il faut la mise en œuvre d'un droit démocratique, donc laïque et décommunautarisé - y compris au niveau israélien - ce qui ne sera possible que si les puissances occidentales donnent l'exemple en faisant elles-mêmes un bon usage de ce droit, en particulier au niveau international, où il ne peut connaître des applications différentes et à intensité variable.
Sources Georges Corm
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10.03.2008
LA LOI DU MARCHAIS

Nous avons en commun avec lui cette passion de la France, de sa souveraineté et de son rayonnement. Gageons qu’aujourd’hui le camarade Georges Marchais serait plus proche des idées d’Egalité et Réconciliation que de celles ses successeurs au PCF ou de celles des faux révolutionnaires de la LCR.
Voici une vidéo suivie de quelques extraits des discours que le secrétaire général du PCF prononça lors de la campagne de l’élection présidentielle de 1974 et qui furent réunis dans un opuscule intitulé « La politique du parti communiste français » (Editions sociales, 1974). Enfin pour enfoncer le clou, une lettre du camarade Marchais au recteur de la mosquée de Paris.
21:39 Publié dans Figures politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marchais, pcf, immigration, europe
11.12.2007
LA LOI DU MARCHAIS
Nous avons en commun avec lui cette passion de la France, de sa souveraineté et de son rayonnement. Gageons qu’aujourd’hui le camarade Georges Marchais serait plus proche des idées d’Egalité et Réconciliation que de celles ses successeurs au PCF ou de celles des faux révolutionnaires de la LCR.
Voici une vidéo suivie de quelques extraits des discours que le secrétaire général du PCF prononça lors de la campagne de l’élection présidentielle de 1974 et qui furent réunis dans un opuscule intitulé « La politique du parti communiste français » (Editions sociales, 1974). Enfin pour enfoncer le clou, une lettre du camarade Marchais au recteur de la mosquée de Paris.
« Ceux que nous appelons à se rassembler ont aussi des opinions politiques différentes.
Un bon nombre vote communiste. […] D’autres sont pour les socialistes […]. D’autres ont voté pour des hommes qui se disaient « au centre », voire pour des hommes de droite […], ils pensaient sincèrement que ces hommes-là allaient tenir leurs promesses, d’autant plus qu’ils avaient tout le pouvoir. Et puis, ils les ont vu à l’œuvre, ils les ont vu oublier aussitôt élus leurs promesses et, de nouveau augmenter les impôts, laisser filer les prix, dire Non aux demandes des travailleurs.
Nous ne divisons notre peuple en camps ennemis, en factions politiques. Par exemple, il y a dans notre pays des hommes et des femmes qui sont gaullistes parce que De Gaulle, pour eux, incarnait la grandeur de la France, son indépendance et son prestige dans le monde. Sont-ils tellement d’un autre bord que nous ? Nous avons en commun avec eux cette passion de la France, de sa souveraineté et de son rayonnement. Nous nous sommes retrouvés ensemble […] contre la soi-disant « Communauté européenne de défense », pour le retrait de la France de l’OTAN, contre les prétentions dominatrices des Etats-Unis. Aujourd’hui, ces gaullistes voient les gens en place dilapider cet héritage […]. Ils veulent un gouvernement qui tienne tête résolument aux exigences américaines. Ils refusent une conception de l’Europe qui signifierait l’aliénation de notre souveraineté, la dissolution de l’identité nationale. Ce n’est certainement pas le tandem Giscard d’Estaing-Lecanuet qui défendra les aspirations de ces patriotes innombrables, ces aspirations qui sont aussi les nôtres et que nous défendrons comme nous l’avons toujours fait, c’est-à-dire avec intransigeance. Dans les moments difficiles de notre histoire, les patriotes se sont toujours retrouvés ensemble, par-delà leurs différentes opinions sur d’autres questions […]. Une nouvelle fois, c’est ce combat-là qui est à l’ordre du jour. »
« Nous c’est avec notre peuple, tout notre peuple que nous voulons assurer le renouveau du pays.
Le peuple, c’est la France du travail. Celle qui se lève tôt pour commencer une longue et pénible journée de labeur, à l’usine ou au bureau, au laboratoire ou aux champs, au magasin ou tout simplement à la maison. Celle qui s’entasse dans les transports publics, les trains de banlieue, le métro ou les embouteillages du matin et du soir. Celle qui vend ses forces, son intelligence pour un salaire insuffisant, qui gagne difficilement sa vie sur sa terre, qui travaille à son compte en se débattant dans des tracasseries sans nombre.»
« C’est la politique suivie depuis tant d’années qui est coupable de la crise qui affecte tous les domaines – économique, social, politique, moral.
Cette politique repose en effet sur une donnée simple, mais révoltante : ceux qui produisent les richesses ne sont pas ceux qui en bénéficient. Une nouvelle féodalité a fait main basse sur la nation et sur les régions qui la composent. C’est la féodalité de l’argent. Et ce système obéit à une logique impitoyable, monstrueuse, qui veut que les grands monopoles ne se contentent jamais des profits-pourtant énormes-qu’ils réalisent, mais qu’ils veulent toujours plus de profits, des profits à tout prix. Ils n’en ont jamais assez, il leur en faut toujours plus. Et ils trouvent pour cela auprès de l’Etat actuel une aide sans réserves. »
« D’abord parce que nous n’avons nullement la religion des nationalisations. Elles sont à nos yeux un moyen de libérer le pays de l’emprise tentaculaire des monopoles et de rationaliser la production dans quelques secteurs parmi les plus décisifs. Nous n’éprouvons absolument pas le besoin d’étendre cette mesure à l’ensemble de l’économie. En effet, l’exploitation agricole, l’atelier de l’artisan, la boutique du commerçant, les petites et moyennes entreprises industrielles, commerciales répondent à d’évidents besoins économiques et sociaux. Ils jouent un rôle irremplaçable. Bien loin de vouloir les liquider, comme le prétend M. Giscard d’Estaing qui s’en charge lui-même […]. En les dégageant de la tutelle étouffante des « gros », elles trouveront auprès de l’Etat et du secteur nationalisé toutes les garanties qui leur créera des conditions nouvelles d’activité, plus stables et plus favorables. »
« La sécurité ? Mais quelle sécurité existe-t-il pour l’ouvrier menacé de chômage, pour le paysan chassé de sa terre, pour l’artisan ou le commerçant sous le coup de la faillite, pour le jeune sans avenir ? Quelle sécurité existe-t-il dans une société où seule compte la loi de l’argent, où l’exemple de la corruption vient d’en haut, où la violence, la pornographie font l’objet d’un énorme et fructueux commerce, où dans ces conditions se développent dans nos villes la criminalité, le banditisme ? »
« Les hommes de la droite tonnent contre le banditisme ou la pornographie. Mais c’est de la démagogie grossière, parce que, dans le même temps, ils sont les défenseurs (et les profiteurs) de ce système social qui fait de l’appât du gain, de l’argent facilement obtenu, de la loi du plus fort, ses principes moteurs ; dans le même temps ils vantent les mérites de ce monde libre dont le plus beau fleuron est les Etats-Unis, cet empire de la corruption, de la violence et de la dépravation. »
« Devant les vignobles du Languedoc et les plaines de Beauce, devant Roissy-en-France comme devant la cathédrale de Chartres, devant l’avion Concorde comme devant la tapisserie de la Dame à la Licorne, comment ne pas tirer fierté de la continuité et de la diversité du génie français ? »
« Il ne s’agit pas d’aller à une économie corsetée, soumise à une direction rigide et autoritaire. Le choix n’est pas entre une économie libérale et une économie étatisée. Il est entre une économie dominée par quelques grands intérêts privés auxquels l’Etat réserve le plus clair de son action – et une économie au service de la collectivité nationale dans laquelle l’Etat joue un rôle d’animateur et de régulateur. Loin de brider l’initiative, cette politique donnera donc un nouveau dynamisme à l’économie du pays.
« Rien n’est plus étranger à notre conception de la démocratie et je dirais, à notre sens de l’efficacité, qu’une économie emprisonnée dans un corset autoritaire et dirigiste. Ce qu’il faut pour la France et ce que nous voulons, c’est une économie au service de la collectivité, disposant d’une grande liberté d’initiative, où l’Etat jouera un rôle d’animation et de régulation à partir de la prise en compte des intérêts nationaux. C’est l’inverse de la politique actuelle prétendument « libérale », où quelques grands intérêts privés font régner leur loi et où l’Etat intervient en faveur de leurs seuls intérêts. »
« Comme à chaque consultation électorale, les candidats de la droite ont tenté d’effrayer l’ouvrier, le paysan, le petit propriétaire, l’épargnant, en affirmant qu’avec les communistes au gouvernement, ils ne pourraient plus disposer librement de ce qui lui appartient, il ne pourrait plus décider librement de sa vie.
Une fois encore, ce sont les voleurs qui crient au voleur !
Car ce sont eux qui dirigent le pays pour le compte des puissances d’argent, c’est leur système qui prive l’ouvrier des fruits de son travail, qui chasse le paysan de sa terre, qui expulse ou porte préjudice au petit propriétaire victime d’une urbanisation anarchique et spéculative, qui spolie le petit épargnant par l’inflation galopante.
[…] il faut retirer à la minorité des maîtres de l’argent la possibilité de diriger l’économie à leur guise, de décider de tout et pour tout le monde. Voilà nous disons qu’il faut nationaliser, non pas toute l’économie, non pas la propriété personnelle familiale, mais les secteurs-clés, les secteurs décisifs de l’économie et le système bancaire. »
« En vérité, à ces hommes qui dirigeaient hier et qui dirigent toujours le pays – les hommes et les femmes de chez nous sont fondés à demander avec reproche : qu’avez-vous fait de la France ? […] Vous aviez promis de maintenir la France indépendante et souveraine, et voilà que vous la bradez aux trusts étrangers, que vous l’enfermez dans l’Europe des marchands, que vous hésitez à dire « Non » aux injonctions de l’Amérique. Vous n’avez pas rempli vos engagements avec la France !
[…]
Nous avions souligné et soutenu en leur temps, avec un grand esprit de responsabilité, les mesures prises par le général de Gaulle pour désengager la France de l’O.T.A.N. et son refus d’aliéner la souveraineté de notre pays au profit d’une autorité extérieure, fût-elle baptisée européenne.
« L’Europe, ce ne doit pas être cela. Ce ne doit pas être cette dissolution des nations […]. Et ce ne dot pas davantage être l’Europe des marchands et des monopoles multinationaux.
[…]
Seule, en effet, une communauté de pays souverains, respectueux de la libre détermination de chaque peuple, pourra réellement constituer une Europe indépendante, déterminée à s’opposer en particulier aux pressions et aux mises en demeures américaines.
[…] Nous ne pensons pas, nous, que la nation soit un « concept dépassé ». La nation, au contraire, est une réalité bien vivante […]
Nous ne pensons qu’on puisse transiger sur l’indépendance de la nation, sur sa fierté. Le Parti Communiste Français l’a montré, au prix des plus lourds sacrifices : il est et il sera toujours à l’avant-garde du combat pour s’opposer à toute atteinte à la souveraineté nationale.
Nous aimons notre pays passionnément. Un seul souci anime toute notre action et chacune de nos démarches : servir la France et son peuple.
Péguy disait de la France : « Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.» »
« Le peuple, c’est la France du travail. Celle qui se lève tôt pour commencer une longue et pénible journée de labeur, à l’usine ou au bureau, au laboratoire ou aux champs, au magasin ou tout simplement à la maison.
[…]
Le peuple, c’est la France qui vit modestement et n’a pas le temps de vivre, qui n’a d’autre ambition que de disposer du nécessaire, avoir un bon travail, un logement agréable, un peu de loisirs et de vacances pour se cultiver, se reposer, voir quelques amis, élever dignement ses enfants, connaître une vieillesse paisible.
[…]
Notre mot d’ordre est clair : union du peuple de France ! »
« Naturellement, tous ceux qui forment le peuple de France n’ont pas la même conception du monde, la même philosophie, la même croyance.
[…] il est impensable pour nous de tracer une frontière entre ceux qui croient en Dieu et ceux qui n’y croient pas.
Nous ne l’avons jamais fait, nous ne le ferons jamais.
Certes notre parti fonde son action sur une conception matérialiste du monde. Certes le marxisme et le christianisme sont deux idéologies différentes. Mais nous communistes, nous ne sommes pas de ceux qui se moquent parce qu’on croit en un Etre éternel et qu’on va à la messe. […] l’union des travailleurs, des démocrates, des patriotes, croyants et non-croyants. Car ils ont les uns et les autres des intérêts, des aspirations, des rêves communs.
Les chrétiens sont de plus en plus nombreux à penser ainsi, en trouvant dans leur foi elle-même leurs raisons d’agir pour une société plus juste, plus humaine.
Nous voulons agir avec eux […].
Nous avons, nous, un autre mot d’ordre : que ceux qui croient en Dieu et ceux qui n’y croient pas se rejoignent au plus vite. Tout leur dicte de le faire. »
« Les communistes ne veulent pas laisser aller le pays à la régression, à la ruine et à la catastrophe ; c’est pourquoi ils travaillent à l’union du peuple de France, à la véritable réconciliation nationale contre les deux cents familles. » (M. Thorez, 1936)
« Les seuls qui aient toutes les raisons de nous craindre, ce sont les barons de la grande industrie et de la haute finance. Nous ne leur voulons d’ailleurs aucun mal. Nous voulons simplement qu’ils cessent de faire la loi dans notre pays. Nous voulons que la nation, démocratiquement, légalement, leur reprenne les leviers de commande essentiels. »
Lettre de Georges Marchais au recteur de la mosquée de Paris

Je vous le déclare nettement : oui, la vérité des faits me conduit à approuver, sans réserve, la riposte de mon ami Paul Mercieca. … Plus généralement, j’approuve son refus de laisser s’accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, de travailleurs immigrés … En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leur familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. … La cote d’alerte est atteinte. … C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. … Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. … Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie locale française par l’immigration. … Se trouvent entassés dans ce qu’il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les Français. … Quand la concentration devient très importante … la crise du logement s’aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéder. Les charges d’aide sociale nécessaires pour les familles immigrés plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes.
L’Humanité, 6 janvier 1981
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