08.06.2009
Ecrivez à Carlos !
Notre président, petit par la taille et la prestance, et grand bavard devant les assemblées, vient de priver Carlos de la parole…
Suite à l’intervention de notre ami Ilich Ramirez Sanchez, dit Carlos, lors du meeting de la liste antisioniste du 1er Juin 2009, notre président si bavard et qui aime tant s’entendre parler vient d’interdire Carlos de parole en demandant à ce qu’on le prive de téléphone.
Pourtant ce président-là connaît le sens de la parole puisqu’il l’utilise à tout bout de champ et pour n’importe quoi.
Carlos,60 ans, enlevé par la DST le 15 août 1994 au Soudan puis séquestré d’une manière illégale et contraire au droit international, est en prison depuis ce jour. Il a été condamné à la perpétuité. Cela fait douze
longues années qu’il est complètement isolé et coupé de tous liens sociaux. Il est privé de tout contact extérieur n’ayant que ses livres, les courriers qu’il reçoit, les revues qu’on lui envoie, les journaux et son téléphone. Le président Sarkozy veut le priver de son téléphone. Nous étions si contents de lui donner la parole, car cela fait si longtemps qu’il ne peut s’exprimer. Si vous désirez correspondre avec lui, cela fait douze ans que je le fais, n’hésitez pas à lui écrire
voici son adresse :
————————-
Ilich Ramirez Sanchez
écrou 11542
354 D
17, rue de l’Abbaye
78303 POISSY
———————–
n’oubliez pas de joindre des timbres pour la réponse, car il ne manquera pas de vous répondre.
Ginette Hess Skandrani
15:48 Publié dans Figures politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.03.2009
Disparition de Michel Clouscard
Michel Clouscard, né en 1928 à Montpinier dans le Tarn et mort le 21 février 2009, était un sociologue et philosophe français, connu pour être le premier critique du libéralisme-libertaire.
Michel Clouscard a d'abord été un sportif professionnel : il fut présélectionné en 1948 pour les Jeux olympiques d'été de 1948 à l'épreuve du 200 mètres.
Ses études universitaires en lettres et philosophie s'achèvent par L'Être et le Code, une thèse soutenue devant un jury dans lequel figurent Henri Lefebvre et Jean-Paul Sartre.
Il est ensuite professeur de sociologie à l'université de Poitiers de 1975 à 1990.
Michel Clouscard est mort dans la nuit du 20 au 21 février 2009, chez lui, à Gaillac (Tarn), des suites de la maladie de Parkinson.
22:35 Publié dans Figures politiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.02.2009
PIER PAOLO PASOLINI - DOSSIER
PIER PAOLO PASOLINI

Pasolini devant la tombe de Gramsci à Rome (1961)
« Pier Paolo Pasolini fut à la fois païen et judéo-chrétien »
(Philippe Sollers, Pasolini, Sade, Saint Matthieu)
« Cette révolution capitaliste, du point de vue anthropologique,
c'est-à-dire quant à la fondation d'une nouvelle « culture »,
exige des hommes dépourvus de liens avec
le passé (qui comportait l'épargne et le moralisme). »
« Songe que la caractéristique la plus intransigeante
de la « première véritable et grande révolution de droite »
réside dans son pouvoir de destruction : sa première exigence
est de faire place nette d'un univers moral
qui l'empêche de s'étendre »
« Le fascisme peut revenir sur la scène
à condition qu'il s'appelle antifascisme »
(P.P. Pasolini, Lettres Luthériennes)
Durant l'année 1975, dernière année de sa vie, Pasolini, âgé de 53 ans, écrit dans le quotidien « Il Corriere della Sera». Dans les « Lettres Luthériennes », il compile ses articles et les adresse à un jeune homme imaginaire en vue de faire son éducation sociale et politique. Ce « petit traité pédagogique » s'intéresse essentiellement à la jeunesse et à ses rapports aux valeurs ; il décrit la nouvelle culture liée à un nouveau pouvoir qui se met en place, nouveau pouvoir lui-même associé à un nouveau mode de production. Et cette nouvelle culture s'avère être une culture du vide intérieur qui produit un nouveau type d'homme dégradé. Pasolini souligne la rapidité et la radicalité de cette mutation anthropologique : la même jeunesse prolétarienne et sous-prolétarienne qu'il trouvait encore sympathique 10 ans auparavant, ne trouve aujourd'hui plus grâce à ses yeux. Elle a changé. Elle est odieuse, triste, névrosée, incertaine, petite-bourgeoise. Elle a abandonné tout ce qui faisait sa spécificité, toute sa culture qui lui « donnait des gestes, une mimique, des mots, un comportement, un savoir, des critères de jugement ». Elle cherche désormais à imiter les « fils à papa » avec leur hédonisme minable d'un univers sans valeurs et elle a aujourd'hui honte de ce dont hier elle était fière. Pasolini n'hésite pas à parler de génocide envers cette jeunesse prolétarienne d'hier, affirmation d'ailleurs extensible à toute la jeunesse italienne. La société de consommation a en effet quasiment rayé de la surface de la terre tous ces personnages qui hier étaient vivants et debout et suscitaient encore l'admiration du cinéaste. Certes, Pasolini trouve encore à l'époque dans la jeunesse du Parti Communiste Italien quelques îlots de résistance, mais il sent cette résistance fragile et en passe d'être elle aussi gangrenée par la nouvelle peste idéologique.
Les lettres luthériennes devraient donc résonner aujourd'hui et plus que jamais aux oreilles des jeunes français attachés aux valeurs et aux traditions et qui constatent chaque jour, au sein de leur propre classe d'âge, les ravages opérés par la machine libérale. Cette machine s'est mise en branle à partir des années 60 et depuis elle n'a eu de cesse d'avilir les générations. Déresponsabilisation, avachissement, féminisation des corps et des esprits, dénaturation, dépolitisation, précarisation physique et mentale, uniformisation, sidération envers le vide, abrutissement, déshumanisation, promotion de la bêtise, la machine libérale-libertaire tire tout vers le bas, elle ne veut qu'une chose : une jeunesse sans forme, docile, un principe passif prêt à accepter toutes les ignominies dont on le gave. Pasolini a assisté aux premiers coups de boutoir de la machine à broyer les individus et déjà il lui semblait que presque personne dans la jeunesse n'était épargné. Alors, trente ans après ce constat inquiétant, qui sont ceux aujourd'hui qui résistent conséquemment au Léviathan destructeur des âmes, des cœurs et des corps ? Où Pasolini reconnaîtrait-il aujourd'hui ceux qui luttent et veulent, encore et coûte que coûte, demeurer vivants et se tenir debout ? Débuts de réponse dans le dossier qui suit.
Stéphane Peyral (E&R Aquitaine)
♦♦♦♦♦
ARTICLES DU DOSSIER
►Pier Paolo Pasolini le redoutable visionnaire : Les lettres luthériennes
(par Christophe Viscard, E&R Aquitaine)
►Pasolini, un réfractaire exemplaire (par Guy Scarpetta, Le Monde Diplomatique, 2007)
►La modernité comme « processus d'intégration à la bourgeoisie » (par François Bousquet, Eléments, 2007)
PIER PAOLO PASOLINI - DOSSIER (format Word) :
P.P. Pasolini - Lettres luthériennes + Dossier.doc

19:54 Publié dans Figures politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.01.2009
MICHEL COLLON
Michel Collon est un journaliste et écrivain belge.
Il a commencé sa carrière à l'hebdomadaire alternatif Solidaire. Il a poursuivi son travail de manière indépendante à travers livres, films et une newsletter internet diffusée à 40 000 abonnés. Proche du Parti du travail de Belgique, il a organisé des déploiements d'observateurs civils en Yougoslavie et en Irak. Il est membre de la conférence « anti-impérialiste » Axis for Peace.
Il a récemment dénoncé l'usage d'une photo manipulée pour faire croire que des soldats chinois s'étaient déguisés en moines bouddhistes et avaient provoqué les émeutes du printemps 2008 au Tibet.
Michel Collon rappelle dans la vidéo qui suit quelques vérités sur la politique raciste de l'Etat d'Israël ; vérité que les élites sionistes et leurs délégués, ici les contradicteurs de M. Collon, M. Goldnadel président de France-Israël et Frédéric Encel politologue admirateur d'Israël, soucieux de préserver leurs privilèges et prérogatives, n'ont de cesse de vouloir escamoter.
Michel Collon publie sur son site (en réponse à ses contradicteurs qui ont grossièrement tenté de disqualifier la citation qu'il lisait) :
MESSAGE DE MICHEL COLLON
Hier soir, 3 décembre, j’ai participé au débat de Ce Soir ou jamais sur France 3 : Iran, Irak, Proche-Orient : que va faire l’Amérique ? Durant ce débat que vous pouvez visionner à :
Débat Moyen-Orient
j’ai cité une déclaration cynique et significative de Ben Gourion, fondateur de l’Etat d’Israël en 1948. Mes contradicteurs défenseurs d’Israël ont affirmé que "mes sources étaient fausses" et que la citation ne serait pas de lui.
Après vérification, la citation est bien de Ben Gourion, la voici au complet en original :
"Si j’étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C’est normal ; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l’a promise, mais comment cela pourrait-il les concerner ? Notre dieu n’est pas le leur.
Il y a eu l’antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute ? Ils ne voient qu’une seule chose : nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela ?" David Ben-Gourion, premier ministre israélien, cité par Nahum Goldmann dans "Le Paradoxe Juif", page 121
Mes contradicteurs, n’ayant pas d’arguments sur les faits, ont utilisé une méthode mesquine classique : semer le doute sur un point de détail pour détourner l’attention du fond du problème. Vous trouverez ici plus bas une petite sélection de déclarations colonialistes et racistes, comme on peut en trouver chez tous les grands dirigeants israéliens.
Je tiens à remercier tous ceux qui m’ont témoigné leur soutien. Et surtout je leur demande de nous envoyer les meilleurs articles, témoignages et analyses sur l’injustice faite aux Palestiniens. Pour diffuser dans notre sélection hebdomadaire d’articles. Pour contrer les mensonges, "nous sommes tous des journalistes".
MICHEL COLLON Avec l’équipe Investig’action www.michelcollon.info
LA PENSEE DES DIRIGEANTS D’ISRAËL :
" Lorsque nous aurons colonisé le pays, tout ce que les Arabes seront capables de faire, sera de détaler tout autour comme des cafards drogués dans une bouteille ". Rafael Eitan (chef d’état-major israélien). New York Times (14 avril 1983).
" Les Palestiniens sont comme des bêtes marchant sur deux pattes ". Menahim Begin (premier ministre), discours à la Knesset, cité par Amnon Kapeliouk, Begin et les bêtes. New Statesman (25 juin 1982).
" Nous marchions dehors, Ben-Gourion nous accompagnant. Allon répéta cette question, qu’est-ce qu’on doit faire de la population palestinienne ? Ben-Gourion agita sa main dans un geste qui voulait dire : “Conduisez-les en dehors” ! " Mémoires de Rabin, publié dans le New York Times (23 octobre 1979).
" Il n’y a pas semblable chose que les Palestiniens, ils n’ont jamais existé ". Golda Meir, premier ministre israélien, 15 juin 1969
" C’est le devoir des leaders israéliens d’expliquer à l’opinion publique clairement et courageusement, un certain nombre de faits qui ont été oubliés avec le temps. Le premier est qu’il n’y a pas de sionisme, de colonisation, d’État Juif sans l’éviction des Arabes et l’expropriation de leurs terres ". Yoram Bar Porath, Yediot Aharonot (14 juillet 1972).
" Des villages juifs furent construits à la place des villages arabes. (...) Il n’y a pas un seul endroit construit dans ce pays qui n’ait pas eu une ancienne population arabe ". Moshe Dayan, ministre de la Guerre, adressé à The Technion Haifa, rapporté par Ha’aretz (4 avril 1969).
" Nous devons tout faire pour nous assurer que les Palestiniens ne reviendront jamais, les vieux mourront et les jeunes oublieront ". David Ben-Gourion dans ses mémoires le 18 juillet 1948 (page 157)
20:51 Publié dans Figures politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.11.2008
Anti-impérialisme et libération nationale
Patrice LUMUMBA, 6 mois au pouvoir

"Un jour, l’histoire aura son mot à dire, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseigne
à l’ONU, à Washington, Paris ou Bruxelles, mais l’histoire qu’on enseignera dans
les pays libérés du colonialisme et de ses marionnettes. L’Afrique écrira
sa propre histoire. Une histoire faite de gloire et de dignité".
(Patrice Lumumba)
Quelques jours après avoir obtenu, le 30 juin 1960, son indépendance de la Belgique, le pays longtemps appelé Congo Belge et destiné à devenir le Zaïre fut livré au chaos, déchiré par des conflits entre différents individus, tribus et groupes politiques pour établir leur domination ou leur indépendance.
Les élections législatives furent remportées en mai 1960, par le Mouvement National Congolais (MNG) présidé par LUMUMBA, et en juin il fut donc nommé Premier ministre par le roi des belges, alors que plus tard, Kasa-Vubu, sera élu Président de la république de ce pays.
Le 23 juin 1960, Patrice Émery Lumumba devint donc le premier premier ministre du Congo indépendant. Il appelait à la libération aussi bien économique que politique de son pays, et ne refusait pas le contact avec les pays socialistes.
Lumumba commença par décréter l'africanisation de l'armée et doubla la solde des soldats, ce qui rendait impossible le contrôle du gouvernement congolais par l’ex-puissance coloniale. La Belgique, qui voulait protéger ses investissements massifs dans les minerais répond par l'envoi de troupes pour protéger ses ressortissants au Katanga (la région minière) et soutient la sécession de cette région menée par Moïse Kapenda Tshombé. Le 11 juillet, la province de Katanga, qui abrite le gros des gisements de cuivre, de cobalt, d’uranium, d’or et d’autres minerais du Congo, annonça en effet qu’elle faisait sécession. La Belgique apporta donc son soutien à l’indépendance du Katanga, prévoyant les avantages qui en découleraient : ses investissements seraient à l’abri dans un pays minuscule, qui ne devrait ni rendre de comptes, ni payer de taxes au gouvernement central de Léopoldville. De plus, le leader du Katanga, Moise Tshombe faisait preuve d’un intérêt tout particulier pour les investissements des Belges.
Les Etats-Unis, de leur côté, conscients des vastes richesses mises en jeu, et obsédés, comme d’habitude, par la lutte contre le « communisme » entreprirent également de contrôler la situation politique sur place. Le directeur de la CIA, Allen Dulles prédit « une prise de contrôle communiste aux conséquences désastreuses […] pour les intérêts du monde libre » et débloqua un fond d’urgence de 100 000 dollars pour remplacer le gouvernement de Patrice Lumumba par un « groupe pro-occidental ». Le président Eisenhower décréta qu’il serait « très difficile, sinon impossible de négocier avec Lumumba », et que ce dernier représentait « une menace pour la paix et la sécurité dans le monde ». Rien que ça ! Un ancien petit employé des postes de la jungle congolaise à la tête d’un pays exsangue représentait donc une grave menace pour un pays comme les Etats-Unis qui détenait pourtant le pouvoir d’anéantir, en quelques heures, toute velléité de rébellion dans la plupart des régions du monde.
Bien évidemment, une vaste campagne de presse menée aux Etats-Unis vint appuyer cette idée que les soviétiques par l’entremise de Lumumba étaient sur le point de mettre la main sur le Congo et que le monde entier courait un grave danger. Il faut dire que c’étaient surtout les intérêts financiers au Katanga de certains hauts fonctionnaires de l’administration américaine qui couraient alors un grave danger.

Les Etats-Unis soutinrent donc l’intervention militaire belge au Katanga au nom de la paix et de la stabilité du monde. Seulement, l’intervention des Belges fut particulièrement violente et meurtrière, ce qui amena l’ONU, notamment sous la pression de nombreux pays du bloc afro-asiatique, d’exiger le retrait des belges et leur remplacement par les forces de l’ONU. Cependant, on vous le donne en mille, les responsables de l’opération des Nations Unies au Congo étaient tous américains. Il faut dire que Lumumba n’avait pas non plus les faveurs de l’ONU dont il avait ouvertement critiqué la politique par trop pro-occidentale.
Ainsi, malgré les demandes répétées de Lumumba, les forces de l’ONU ne firent rien pour arranger la situation sur place. Lumumba demanda l’intervention de l’ONU qui envoya des troupes partout sauf au Katanga, et refusa de s’opposer à "l’indépendance" du Katanga dont elle n’ignorait pas l’illégalité. Les combats meurtriers continuèrent donc et le gouvernement de Lumumba dû même faire face à un second soulèvement dans une autre province du pays. Dans ce climat de confusion et de chaos, le président du Congo, Joseph Kasavubu décida de congédier Lumumba. Il faut dire que la CIA faisait, à coup de billets verts, un travail de persuasion remarquable auprès des politiques congolais. Seulement ce travail devait avoir ses limites puisque Lumumba, s’il n’avait plus les faveurs du président désormais entretenu par la CIA, bénéficiait du soutien affirmé du parlement congolais encore majoritairement indépendant. Lumumba fut tout de même démis de ses fonctions et sans pouvoir officiel continua malgré tout la résistance avec le soutien de nombreux congolais. Le parlement fut tout près de voter sa restitution lorsque Mobutu, numéro un de l’armée, prit le pouvoir au cours d’un putsch conçu par les Américains et assigna à résidence les dirigeants congolais.
Pendant cette période confuse où Lumumba n’avait plus réellement de pouvoir, « la CIA et les hauts responsables de l’administration américaine ont continué à le considérer comme une menace ». On disait que « son talent et son dynamisme seuls lui ont permis de rétablir sa position à chaque fois qu’elle semblait ruinée », que « c’était un orateur envoûtant, capable de convaincre les foules massives de passer à l’action », que « si on lui permettait de parler à un bataillon de l’armée congolaise, il en ferait ce qu’il voudrait au bout de cinq minutes ». (Rapport pour le sénat américain de la Commission d’Etude sur les opérations gouvernementales liées aux activités , 20 novembre 1975)
Fin septembre, un scientifique de la CIA, le Dr Sidney Gottlieb, arriva au Congo avec une « substance biologique mortelle » destinée à tuer Lumumba. Le virus censé engendrer une maladie mortelle indigène au Congo, voyagea dans la valise diplomatique. L’évolution des évènements au Congo voulut que le virus ne fût jamais utilisé, car le bureau congolais de la CIA ne put recruter un « agent de confiance dans l’entourage de Lumumba » avant la péremption de la substance biologique.
Pendant quelque temps, Lumumba fut protégé contre Mobutu par l’ONU, qui se voyait contrainte, compte tenu de l’intense pression internationale, de prendre quelques distances avec Washington. Ainsi, en octobre, son lieu de résidence est encerclé et il est maintenu en résidence surveillée. Mais fin novembre, craignant pour sa vie, il essaye de s’enfuir afin de gagner Stanleyville alors aux mains de ses partisans. Il ne réussit pas et est rattrapé par les soldats de Mobutu, frappé et molesté en présence de troupes ghanéennes de l’ONU, qui restent impassibles sur ordre de leurs supérieurs. Le 1er décembre, il est donc arrêté et emmené par les troupes de Mobutu. Un câble de la CIA, daté du 28 novembre, indique que l’Agence a participé à la chasse à l’homme. Le câble évoque la collaboration du bureau local de la CIA avec le gouvernement congolais pour installer des barrages routiers, et la mobilisation de troupes pour bloquer un itinéraire qui aurait pu permettre à Lumumba de s’échapper.
Lumumba, Maurice Mpolo et Joseph Okito sont donc détenus un temps au camp militaire de Thysville sur ordre de Mobutu. Le 17 janvier 1961, ils sont transférés à Élisabethville et ainsi livrés par Mobutu aux mains de leur ennemi numéro un Moise Tshombe, chef de la province du Katanga. Ils seront conduits dans une petite maison sous escorte militaire où ils seront ligotés, humiliés et torturés par les responsables katangais comme Moïse Tshombé, Munongo, Kimba, Kibwe, Kitenge mais aussi les Belges Gat et Vercheure. Ils seront fusillés le soir même par des soldats sous le commandement d’un officier belge. Mais, des documents secrets officiels belges, maintenant déclassifiés, dont la lecture ne laisse pas de doutes sur le fait que c’est bien la Belgique qui porte la plus grande responsabilité dans l’assassinat de Lumumba. Le comte Harold d’Aspremont Lynden, ministre belge des Affaires africaines et proche du roi Baudouin, n’écrivait-il pas le 5 octobre 1960 que l’objectif principal à poursuivre dans l’intérêt du Congo, du Katanga et de la Belgique est évidemment l’élimination définitive de Lumumba ? Ce sont des Belges, précise De Witte, qui ont dirigé toute l’opération du transfert de Lumumba au Katanga, jusqu’à sa disparition et celle de son corps. La Belgique était en effet le seul pays à avoir reconnu le Katanga comme état indépendant et sa petite armée était dirigée par des officiers belges. Le lendemain, une opération sera menée par des agents secrets belges pour faire disparaître dans l'acide les restes des victimes découpées auparavant en morceaux. Leurs dépouilles ne seront donc jamais retrouvées.
Plusieurs de ses partisans seront exécutés dans les jours qui vont suivre, avec la participation de militaires, ou mercenaires belges. Tshombé lance alors la rumeur selon laquelle Lumumba aurait été assassiné par des villageois. Ceci déclenche une insurrection parmi la population paysanne, qui prend les armes sous la direction de Pierre Mulele au cri de « A Lumumba » ou « Mulele Mai » : les paysans conquièrent près de 70 % du Congo avant d’être écrasés par l’armée de Mobutu.
En fait, assassiné à 36 ans, Lumumba a passé six ans de militantisme et six mois au pouvoir. Durant sa courte vie et encore sa plus courte « carrière » politique, Patrice Emery Lumumba aura tout synthétisé : la prise de conscience de l'oppression coloniale dans ses aspects les plus brutaux, ceux de l'administration belge ; la volonté d'indépendance, exprimée dans un défi sans concession ; le refus de tous les particularismes régionaux ou tribaux ; la méfiance à l'égard d'une « bourgeoisie nationale » trop prompte à se substituer au colonisateur ; le rêve d'une Afrique unie solidaire des autres mouvements de libération du Tiers Monde ; enfin, la coalition contre lui des petits traîtres locaux ainsi que des grands intérêts privés et publics étrangers.
Patrice Lumumba est depuis lors un symbole de l’anti-impérialisme reconnu à travers l’Afrique et le reste du Tiers monde. Comble de l’ironie ou du cynisme, Mobutu lui-même le consacra héros national en 1966 finit par construire un mémorial en l’honneur de sa victime. Le retour d'Égypte de sa femme Pauline et de ses enfants fut considéré comme un événement national. Le jour de sa mort, le 17 janvier, est un jour férié au Congo-Kinshasa.
- Stef Domrémy-Peyral -
Source principale : Les guerres scélérates, William Blum, Paragon, 2004.
Autres sources : http://www.sankurufoundation.org/patrice_lumumba.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrice_Lumumba
18:29 Publié dans Figures politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lumumba, congo, zaïre, cia, nation
08.11.2008
Alexandre Douguine

L’idéologie du gouvernement mondial
(Alexandre Douguine, Elementy no 2, 1991)
Le Nouvel ordre mondial, basé sur l’établissement d’un Gouvernement Mondial, comme l’ont candidement reconnu les idéologues de la Commission Trilatérale et du Bilderberg Group, n’est pas simplement une question de domination politico-économique exercée par une certaine clique dirigeante « occulte » de banquier internationaux. Cet « Ordre » se base sur la victoire à l’échelle mondiale d’une idéologie particulière, et donc le concept ne concerne pas seulement des instruments de pouvoir, mais aussi une « révolution idéologique », un « Coup d’Etat » de la conscience, une « nouvelle pensée ».
[…]
Le Nouvel ordre mondial représente en lui-même un projet eschatologique, messianique, dépassant largement en portée d’autres formes historiques d’utopies planétaires –comme le premier mouvement prolétarien en Europe, le Califat arabe, ou les plans communistes pour une Révolution Mondiale.
[…]
Après une longue série d’hésitations, d’ambiguïtés, d’avancées pragmatiques et de dissimulations tactiques, le mondialisme contemporain a finalement formulé ses principes fondamentaux à propos de la situation actuelle. Ces principes peuvent être répartis à quatre niveaux :
1 – Economique : l’idéologie du Nouvel ordre mondial présuppose l’établissement complet et obligatoire du système de marché capitaliste libéral sur toute la planète, sans se préoccuper des régions culturelles et ethniques. Tous les systèmes socio-économiques qui comportent des éléments de « socialisme », de « justice sociale ou nationale », de « protection sociale », doivent être complètement détruits et transformés en sociétés de « marché absolument libre ». […]
2 – Géopolitique : l’idéologie du Nouvel ordre mondial donne une préférence inconditionnelle aux pays englobant l’Occident géographique et historique, par opposition aux pays de l’Orient. […] Le plan jadis mis en œuvre de l’alliance géopolitique entre l’Occident et l’Orient, contre le Centre (par exemple, l’Occident capitaliste allié à la Russie communiste contre l’Allemagne nationale-socialiste), n’est plus en usage pour le mondialisme contemporain. […]
3 – Ethnique : l’idéologie du Nouvel ordre mondial insiste sur le mélange complet, racial, national, ethnique et culturels, des peuples, et vante le cosmopolitisme des grandes villes. Les mouvements nationaux et micro-nationaux, précédemment utilisés par les mondialistes dans leur combat contre le « grand nationalisme » de type impérial, seront complètement supprimés, car il n’y aura aucune place pour eux dans cet Ordre. A tous les niveaux, la politique nationale du Gouvernement Mondial sera orientée vers le mélange, le cosmopolitisme, le melting-pot, et ainsi de suite.
4 – Religieux : l’idéologie du Nouvel ordre mondial prépare l’avènement d’une certaine figure mystique, dont l’apparition est supposée changer radicalement la scène religieuse-idéologique de la planète. Les idéologues du mondialisme sont persuadés que cela signifie l’avènement du Moshiah, le Messie qui dévoilera les lois d’une nouvelle religion pour l’humanité et qui réalisera de nombreux miracles. L’ère de l’utilisation pragmatique des doctrines athées, rationalistes, et matérialistes, est close. Ils proclament maintenant l’avènement d’une époque de « nouvelle religiosité »
Voilà exactement le tableau qui émerge des dernières révélations des idéologues de la Commission Trilatérale, du Groupe de Bilderberg, de l’American Council on Foreign relations (CFR), et d’autres auteurs qui sont intellectuellement au service du mondialisme à des niveaux très différents. [..]
[…]
[…] il est important de noter que cette idéologie ne peut pas être qualifiée comme étant « de droite » ni « de gauche ». Plus encore, il existe en elle une superposition essentielle et consciente de deux couches, liées aux réalités des polarités politiques. Le Nouvel ordre mondial est radicalement et rigidement « de droite » sur le plan économique, car il suppose la primauté absolue de la propriété privée, du marché complètement libre, et le triomphe des appétits individualistes dans la sphère économique. Simultanément, le Nouvel ordre mondial est radicalement et rigidement « de gauche » sur le front politico-culturel, puisque l’idéologie du cosmopolitisme, du mélange, du libéralisme éthique, appartient traditionnellement à la catégorie des priorités politiques de la « gauche ». Cette combinaison de la « droite » économique et de la « gauche » idéologique sert d’axe conceptuel à la stratégie mondialiste contemporaine, une base pour l’élaboration de la civilisation à venir. Cette ambiguïté se manifeste même dans le terme « libéralisme » qui, sur le plan économique signifie « marché absolument libre », mais qui sur le plan idéologique appelle à une « idéologie douce de la permissivité » [souligné par nous]. Aujourd’hui, nous pouvons légitimement affirmer que le Gouvernement Mondial fondera sa dictature non sur quelque modèle typique de « tyrannie totalitaire », mais sur les principes du libéralisme.*
[…]
[…] le Moshiah, dont les puissantes institutions mondialistes sont supposées faciliter la venue, est, du point de vue de tendances religieuses aussi différentes que le christianisme orthodoxe et l’islam, clairement et sans aucun doute associé avec la sinistre figure de l’Antéchrist. Comme suite de la logique même du drame apocalyptique, au cours du dernier combat, le choc se produira non pas entre le Sacré et le profane, non entre la Religion et l’athéisme, mais entre la religion et la pseudo-religion.
[…]
L’idéologie radicalement opposée au mondialisme peut également être décrite à quatre niveaux :
1- Economique : priorité à la justice sociale, à la protection sociale, et au facteur « communautaire », national, dans le système de production et de distribution.
2- Géopolitique : une claire orientation vers l’Est [souligné par nous] et une solidarité avec les zones géopolitiques les plus à l’Est, à propos des conflits territoriaux, etc.
3- Ethnique : fidélité aux traditions et aux traits nationaux, ethniques et raciaux des peuples et des Etats, avec une préférence pour le « grand nationalisme » [souligné par nous] de type impérial, par opposition aux micro-nationalismes aux tendances séparatistes.
4 – Religieux : dévotion aux formes religieuses originelles et traditionnelles – et surtout au christianisme orthodoxe et à l’islam, qui identifient clairement la « nouvelle religiosité », le Nouvel ordre mondial, et le Moshiah avec le plus sinistre personnage du drame eschatologique, l’Antéchrist (Dadjal en arabe).
Le front de lutte idéologique anti-mondialiste doit aussi combiner des éléments des idéologies « de gauche » et « de droite », mais nous devons « être de droite » en termes politiques (en d’autres mots, « nationalistes », « traditionalistes », etc.) et « de gauche » dans le domaine économique (en d’autres mots, des défenseurs de la justice sociale, du « socialisme », etc.)
[…]
[…] la fidélité à l’Eglise, aux enseignements des Saints Pères, au christianisme orthodoxe, est un élément nécessaire et très important du combat anti-mondialiste, car l’essence et le sens de ce combat est de choisir le vrai Dieu, le « bon côté », le « camp béni » et nul ne pourra nous sauver du mauvais charme, du péché, de la tentation, de la mort, durant ce terrible voyage, excepté le fils de Dieu. Nous devons devenir Ses hôtes, Son armée, Ses serviteurs, et Ses missionnaires. Le Gouvernement Mondial est la dernière rébellion des puissances d’en-bas contre le Divin. La durée de leur triomphe sera courte. Éternelle sera la joie de ceux qui rejoindront les rangs des « derniers combattants pour ».
Le Vrai Juge « viendra de manière inattendue ».

Extrait de l’ouvrage « Le prophète de l’eurasisme » - collection Heartland – AVATAR éditions
* commentaire personnel : seulement, si ce Gouvernement Mondial ne parvient plus à asseoir sa domination par un totalitarisme « mou » procédant d’une « idéologie douce de la permissivité », nous pouvons gager qu’il aura recours à des expédients beaucoup moins souples et autrement plus sécuritaires et violents pour imposer son nouvel Ordre économique et sa nouvelle pseudo-religion. Depuis la rédaction de cet article, de nombreux exemples de cette violence nous ont d’ores et déjà été donnés à voir sur le plan international, par le recours à la violence militaire américaine illégitime et « sans limite », et une tendance manifeste à l’accentuation du contrôle des comportements individuels s’est installée dans les politiques nationales des pays occidentaux (Etats-unis et Europe). Si la résistance ne peut être matée de manière « douce » et « pernicieuse », la dictature du Gouvernement Mondial optera peut-être donc pour des moyens plus tyranniques et plus violents que ceux suggérés par ce paragraphe de l’article.
20:30 Publié dans Figures politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.05.2008
Nouvel Ordre Mondial - Pierre HILLARD
"Il faudrait que tous ceux qui défendent la souveraineté de la nation et l’héritage de la civilisation française et européenne s’unissent, s’entraident et forment des réseaux. "
(Pierre Hillard, Docteur en Sciences Politiques, Chargé de cours à l’Ecole Supérieure du Commerce Extérieur)
L'Union Européenne contre les Patries et les Peuples
(extraits d'un entretien de P. Hillard avec le journal Rébellion)
[...] le Traité de Lisbonne institue deux points mortels pour tous les Etats européens : la primauté du droit européen sur le droit national et la personnalité juridique permettant à l'Union européenne (UE) de signer des traités reconnus internationalement.
En fait, cette construction européenne est l'oeuvre d'une oligarchie financière et d'une certaine manière religieuse (au niveau des hauts degrés de maçonnerie) poursuivant l'unification des continents dans le but de les fusionner ensuite en une sorte de "région monde". Tous les chiffons agités en faveur de la "Paix", de la "Liberté" et autres billevesées de ce style ne servent qu' à "agiter le peuple avant de s'en servir" comme le disait si bien Charles-maurice de Talleyrand.
Une multitude de lobbies et de groupes de pression fourmille à Bruxelles dans de nombreux domaines. Cependant, si l'on devait retenir l'action d'un seul, je citerai le Transatlantic Policy Network ( le TNP : Réseau politique transatlantique). Cette organisation euro-atlantque réunissant les élus du Parlement européen et du Congrès des Etats-Unis est soutenue financièrement par plus de 30 grandes multinationales comme Boeing, Coca-Cola, Siemens, Nestlé, Microsoft, Péchiney, Michelin, IBM, etc et de multiples think tanks comme le CFR (Council on Foreign Relations), la Brooking Institution, le CSIS (Center for Strategic and International Studies) etc. L'objectif déclaré est d'aboutir, théoriquement, à un bloc euro-atlantique complet, politique, économique et militaire pour 2015.
Il faut rappeler aussi le rôle déterminant de la classe politique allemande en accord avec le monde anglo-saxon dans l'élaboration de tous les textes favorisant une Europe des régions promouvant l’ethnicisme, en définitive une Europe des tribus. En fait, tous les textes ethno-régionalistes européens sont allemands. Les Etats doivent éclater par l’émancipation ethnique, mais aussi par la gestion directe des Fonds structurels (manne financière) directement entre les régions et Bruxelles.[…] La régionalisation supranationale est donc utile au libre-échange débridé promu par les Anglo-Saxons pour dissoudre les Etats.
Il faudrait que tous ceux qui défendent la souveraineté de la nation et l’héritage de la civilisation française et européenne s’unissent, s’entraident et forment des réseaux. Des divergences existent entre des courants nationalistes chrétiens, laïcs et païens. Cependant, nous sommes tous attachés à notre pays, à ses traditions et à ses valeurs bimillénaires. La philosophie mondialiste hait la tradition, la famille classique et les vertus qui donnent un sens à la vie. Chacun à notre niveau, nous devons agir en paroles et en actions pour combattre la tendance actuelle en attendant que la roue tourne en notre faveur. Une jeune fille au XVe siècle résumait avec logique et simplicité la consuite à suivre : « Les hommes se battront et Dieu donnera la victoire ».
LISEZ REBELLION
entretien de P. Hillard paru dans le No 29 mars-avril 2008
A ECOUTER SUR CE BLOG - interview de P. Hillard sur France Cul' : Mondialisme pro-américain
SUR DAILYMOTION (double cliquer sur la vidéo pour accéder aux autres parties) :
Europe et Nouvel Ordre Mondial 1/6
17:32 Publié dans Figures politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.04.2008
Figure politique : Georges Corm
Georges Corm
Georges Corm, né le 15 juin 1940, est économiste, politologue, historien et juriste libanais. Spécialiste du Moyen-Orient, Consultant économique pour plusieurs organismes internationaux, ministre des Finances du Liban de 1998 à 2000, il enseigne actuellement la coopération économique internationale et les finances publiques à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth. Il est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire, la sociologie et l'économie des pays du bassin méditerranéen et du Proche-Orient arabe dont notamment: La Question religieuse au XXIe siècle, Géopolitique et crise de la post-modernité (La Découverte, 2006), Le Proche-Orient éclaté, 19562006 (Folio, 2006), Le Liban contemporain, Histoire et société (La Découverte, 2003 et 2005), Orient-Occident, la fracture imaginaire (La Découverte, 2002 et 2004) et La Méditerrané: espace de conflit, espace de rêve (L'Harmattan, 2001). George Corm a également publié un roman, La Mue (Noël Blandin, 1992).
L'Occident a planté les graines de la violence
propos recueillis par Dominique Simonnet
pour L'Express du 27/02/2003 Numero: 2695
Interview de Georges Corm où l'on apprend comment l’islamisme radical s’est installé au Moyen-Orient. Petit cours d’histoire.
Des siècles de domination impériale n'y ont pas suffi. Il fallait encore que l'Occident allume de nouveaux incendies: dès 1918, la France et la Grande-Bretagne, puis l'URSS et les Etats-Unis, ont colonisé le Moyen-Orient, découpé les frontières, attisé les rancœurs communautaires, et couronné les dictateurs et les intégristes. Ce sont les Occidentaux qui ont semé les graines de la violence et du fanatisme, accuse l'intellectuel libanais Georges Corm. Ce sont eux qui ont mis le Moyen-Orient à genoux. A l'heure où nous donnons des leçons de morale à la planète entière, nous nous gardons bien d'évoquer notre part de responsabilité dans cette histoire. Le monde arabe, lui, ne l'a pas oubliée.
Au Moyen-Orient, la fin de la Première Guerre mondiale marque en effet l'effondrement du modèle antique: celui de la grande structure impériale dans laquelle se mélangent les religions, les peuples, les langues. Quand l'Empire ottoman, qui avait choisi le camp des vaincus, est démembré, en 1919, la France et la Grande-Bretagne prennent le contrôle du Moyen-Orient, mais elles ne comprennent rien à cette unité dans la diversité. Elles n'y voient qu'un ensemble de «majorités» et de «minorités», notions spécifiquement européennes. Pour les Occidentaux, la langue, la religion et la race sont constitutives d'une communauté. Ils vont donc survaloriser les identités religieuses, privilégier les «minorités», celles qui ne relèvent pas du courant sunnite: les chrétiens, les musulmans hétérodoxes (chiites, ismaéliens, druzes). Et, ce faisant, provoquer un véritable émiettement de la région, en suscitant l'éveil de sentiments communautaristes.
Le partage du Moyen-Orient avait déjà été planifié par les Européens, avant même la fin de la guerre...
Absolument. En 1916, les Français et les Britanniques s'étaient secrètement partagé la région. Mais, en même temps, les Britanniques avaient promis aux Hachémites (qui gouvernaient le petit royaume du Hedjaz, avec La Mecque et les lieux saints) la création d'un royaume arabe unifié sur ces mêmes territoires (Arabie, Syrie, Liban, Palestine, Irak)! Et, en 1917, lord Balfour, ministre britannique des Affaires étrangères, avait, lui, assuré que la Palestine irait aux communautés juives d'Europe. Cela sans compter le démembrement de l'Anatolie, prévu par le traité de Sèvres (1920), et que le sursaut de Mustafa Kemal fait avorter.
Déjà, la Palestine aux juifs ?
L'idée d'un retour des juifs en Palestinen'était pas nouvelle: elle avait été avancée dès l'expédition de Bonaparte en Egypte, et les premières implantations juives avaient été créées en 1897 par le mouvement sioniste de Theodor Herzl.
Jusque-là, musulmans, chrétiens et juifs y vivaient ensemble et en paix... En 1919, les Etats-Unis tentent de freiner les visées impérialistes des Français et des Britanniques. Ils envoient au Moyen-Orient une commission d'enquête qui rend un avis très clair: le souhait des Arabes, dit-elle, c'est de s'unir en un seul Etat, sous l'égide des Hachémites. Et les Américains précisent: il ne faut surtout pas tenter de créer un Etat exclusivement juif en Palestine qui aboutirait à l'éviction des Palestiniens de leur pays.
Tout cela était assez bien vu... Mais on n'écoute pas les conseils des Américains...
Non. Les Français et les Britanniques considèrent cette commission comme une ingérence inadmissible dans leurs affaires. Les pays arabes sont alors placés «sous mandat»: la France disposede la Syrie et du Liban; la Grande-Bretagne prend l'Irak et la Palestine, en sus de l'Egypte, qu'elle occupe depuis 1882; l'Italie a occupé la Libye en 1911. Plus question d'un grand Etat arabe ! Et plus question de discuter avec les Hachémites d'Arabie, qui prônent un nationalisme arabe modernisant devenu trop populaire. En Arabie, les Britanniques provoquent d'ailleurs leur chute et placent au pouvoir, en 1926, la famille des Saoud, qui se réclame du wahhabisme, fondamentalisme musulman très localisé au centre de l'Arabie, ayant une conception rigoriste et étriquée de la charia.
Les puissances occidentales ne misent pas sur les modérés.
Il est plus simple de traiter avec les chefs de tribus qui refusent la modernité plutôt qu'avec les élites modernistes mais nationalistes. Au cours de cette période, la France et la Grande-Bretagne exercent une domination pesante sur les pays arabes, étouffant toutes les aspirations modernistes et démocrates, et renforcent les identités religieuses (diviser pour mieux régner). Ainsi, sous son mandat, la France réprime dans le sang les révoltes, comme celles des Druzes en Syrie, bombardant Damas à plusieurs reprises. En Palestine, la Grande-Bretagne, elle, met en place des structures communautaires juives, embryons d'Etat...
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la situation au Moyen-Orient ne change pas.
Des révoltes se produisent en Irak, vite matées par les Britanniques. Dès 1943, l'indépendance est demandée par les Libanais et les Syriens. Mais, cette année-là, la France commet l'acte inouï d'emprisonner pendant trois semaines le président de la République du Liban et la totalité du Conseil des ministres, sous prétexte qu'ils viennent d'ôter de leur Constitution toute référence au mandat de la France et d'instituer l'arabe comme langue officielle. Il faudra encore trois ans, et une plainte du Conseil de sécurité, pour obtenir l'évacuation des troupes françaises.
Après la Seconde Guerre mondiale, le Moyen-Orient éclate, écartelé par les multiples interventions des puissances occidentales et tétanisé par la création de l'Etat d'Israël.
Quand l'ONU décide, en 1947, le partage du territoire entre juifs et Palestiniens, la guerre entre les deux communautés est inévitable. Les Arabes ne comprennent pas pourquoi ils doivent, eux, peuple tiers, supporter le poids de l'Holocauste et des crimes commis en Europe. Pourquoi ne donne-t-on pas la Bavière aux juifs, ou pourquoi ne les accueille-t-on pas aux Etats-Unis? En Palestine, pourtant, il n'y a pas d'hostilité à une présence juive et une immigration modérée: de tout temps, il y a eu une présence juive, et aussi chrétienne. Mais ce qui leur semble inacceptable, c'est la création d'un Etat séparé. Une partie du sionisme (comme celui de Martin Buber) lui-même n'en voulait pas. Les Arabes refusent donc la résolution de l'ONU sur le partage. Le conflit israélo-arabe est engagé.
Et la géopolitique de la région va désormais en dépendre.
En 1948, les armées arabes sont vaincues par les milices juives. L'ONU demande l'internationalisation de Jérusalem et garantit aux Palestiniens expulsés un droit au retour qui ne sera pas respecté. Ce premier conflit a pour conséquence la chute des gouvernements de Syrie, en 1949, puis d'Egypte, en 1952, où les militaires prennent le pouvoir. Deux pays qui se tournent vers l'URSS, pendant que les Etats-Unis tentent d'embrigader l'Irak, le Liban et le nouvel Etat de Jordanie (créé en 1949), en plus de l'Arabie saoudite, déjà dans leur giron, dans un pacte pour contrer l'influence soviétique grandissante dans la région.
La France et la Grande-Bretagne quittent le devant de la scène. Entrent l'URSS et les Etats-Unis. C'est la guerre froide que l'on exporte au Moyen-Orient.
En effet, le monde arabe est coupé entre, d'une part, les régimes dits «progressistes», qui nationalisent à tour de bras et se tournent économiquement vers l'URSS, et, d'autre part, les clients de la puissance américaine. A ce moment-là, les pays dits «non alignés» perçoivent Moscou comme le contrepoids à l'impérialisme occidental. Les mouvements palestiniens se développent dans toute la région, avec le soutien des très nombreux groupes politiques et des pays dits «progressistes».
Suit la longue série de conflits que l'on connaît: la malheureuse expédition franco-britannique de Suez en 1956, la guerre des Six-Jours en 1967, la guerre du Kippour, en 1973... Malgré les accords de Camp David, qui rendent le Sinaï à l'Egypte, les Etats-Unis ne parviennent pas à éteindre l'incendie.
Le conflit israélo-palestinien va se poursuivre pendant quinze ans, mais sur le territoire du Liban, envahi deux fois par Israël (1978 et 1982) sous prétexte d'éradication des mouvements armés palestiniens. On continue de se battre, dans un espace restreint cette fois. Les Libanais connaîtront quinze ans de souffrances (1975-1990). La décennie suivante verra les tentatives de paix rester sans succès, car l'accord d'Oslo, en 1993, sera vidé de son sens du fait de la continuation de la colonisation israélienne.
Entre 1973 et 1985, les pays pétroliers reçoivent une manne de plus de 1 000 milliards de dollars! L'Arabie saoudite devient une puissance financière considérable. Une partie de cet argent est alors utilisée pour promouvoir la conception wahhabite de l'islam dans tous les pays musulmans.
Favoriser l'intégrisme, c'est aussi ce que fait l'Occident en Iran, jouant une fois encore sur les rivalités religieuses.
En effet. Pour éviter le développement du communisme, les Etats-Unis voient d'un bon œil les mouvements intégristes musulmans et favorisent la prise de pouvoir des religieux en Iran: l'imam Khomeini est d'abord considéré comme un paratonnerre contre le communisme. La France l'accueille et le traite comme un véritable chef d'Etat. Par la suite, lorsque la révolution iranienne dérape (prise de l'ambassade américaine à Téhéran), les Occidentaux diabolisent le chiisme et idéalisent le sunnisme wahhabite, considéré comme un allié de l'Occident. Ils ne comprennent pas que l'islamisme radical est en fait l'héritier des partis communistes: c'est la même vision anti-impérialiste du monde, la même dénonciation, avec un vocabulaire différent. Beaucoup de «progressistes» laïques de couleurs diverses se convertissent dans toute la région en partisans acharnés du khomeinisme: ils avaient trouvé quelque chose de mieux que le communisme pour faire peur aux Occidentaux! En 1980, quand l'Irak entre en guerre contre l'Iran, c'est Saddam Hussein qui reçoit le soutien logistique des Occidentaux. L'Irak sort de la guerre surendetté et surarmé. En 1990, il envahit le Koweït, qui a refusé d'annuler ses créances sur l'Irak. On connaît la suite.
Bilan de ces dernières décennies: un désastre. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'Occident n'a pas exporté la démocratie !
L'Occident a soutenu à la fois les mouvements politiques intégristes et les régimes dictatoriaux. Par ailleurs, le Moyen-Orient est redevenu un nain économique, car la fortune pétrolière n'a pas servi à une industrialisation rapide.
En outre, la politiquedes deux poids, deux mesures pratiquée par l'Occident dans la région, qui a permis à Israël de continuer ses occupations de territoires en infraction au droit international, a contribué à décrédibiliser les principes démocratiques dont il se réclame et à mettre le vent en poupe aux mouvements intégristes islamiques, tous devenus antioccidentaux du fait de la permanence du stationnement des troupes américaines dans la péninsule Arabique.
En fait, l'Occident, dans cette région du monde, a joué les pompiers pyromanes. Il a planté les graines des déstabilisations et des violences, et s'efforce bien maladroitement d'éteindre les incendies. L'aveuglement a été général.
Certains islamologues américains et français expliquaient même sans rire, au temps de la guerre d'Afghanistan contre l'occupation soviétique, que le fondamentalisme islamique ne présentait aucun danger et qu'il était un passage obligé vers la modernité!
Pour vous, le Moyen-Orient est en décadence.
Tout à fait. Cette histoire, c'est bien celle de la décadence des sociétés arabes, impuissantes à résister à la domination ottomane, puis aux colonialismes et au dépècement de leur région, impuissantes à devenir des acteurs respectés de l'ordre international moderne. Les Arabes sont les éternels perdants du jeu mondial. Leur histoire est celle des vaincus. Toutes les tentatives faites au cours du dernier demi-siècle pour infléchir cette décadence ont échoué. Et le Moyen-Orient a commencé le nouveau siècle comme le précédent, cette fois-ci non sous la férule franco-britannique, mais sous la toute-puissante tutelle des Etats-Unis, que certains pays européens, heureusement, contestent.
Au terme de cette histoire rapide, on se rend compte combien le passé pèse sur les drames d'aujourd'hui.
Dans cette région, l'Histoire est un sujet conflictuel, source de polémiques incessantes. Le futur n'est malheureusement plus perçu qu'en fonction d'une vision mythique du passé, de l'âge d'or de la civilisation islamique: à la différence d'autres régions,le Moyen-Orient reste figé dans une conduite d'échec. Pour renverser cette tendance historique lourde, il faut la mise en œuvre d'un droit démocratique, donc laïque et décommunautarisé - y compris au niveau israélien - ce qui ne sera possible que si les puissances occidentales donnent l'exemple en faisant elles-mêmes un bon usage de ce droit, en particulier au niveau international, où il ne peut connaître des applications différentes et à intensité variable.
Sources Georges Corm
10:33 Publié dans Figures politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : liban hizbollah israël france
10.03.2008
LA LOI DU MARCHAIS

Nous avons en commun avec lui cette passion de la France, de sa souveraineté et de son rayonnement. Gageons qu’aujourd’hui le camarade Georges Marchais serait plus proche des idées d’Egalité et Réconciliation que de celles ses successeurs au PCF ou de celles des faux révolutionnaires de la LCR.
Voici une vidéo suivie de quelques extraits des discours que le secrétaire général du PCF prononça lors de la campagne de l’élection présidentielle de 1974 et qui furent réunis dans un opuscule intitulé « La politique du parti communiste français » (Editions sociales, 1974). Enfin pour enfoncer le clou, une lettre du camarade Marchais au recteur de la mosquée de Paris.
21:39 Publié dans Figures politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marchais, pcf, immigration, europe
11.12.2007
LA LOI DU MARCHAIS
Nous avons en commun avec lui cette passion de la France, de sa souveraineté et de son rayonnement. Gageons qu’aujourd’hui le camarade Georges Marchais serait plus proche des idées d’Egalité et Réconciliation que de celles ses successeurs au PCF ou de celles des faux révolutionnaires de la LCR.
Voici une vidéo suivie de quelques extraits des discours que le secrétaire général du PCF prononça lors de la campagne de l’élection présidentielle de 1974 et qui furent réunis dans un opuscule intitulé « La politique du parti communiste français » (Editions sociales, 1974). Enfin pour enfoncer le clou, une lettre du camarade Marchais au recteur de la mosquée de Paris.
« Ceux que nous appelons à se rassembler ont aussi des opinions politiques différentes.
Un bon nombre vote communiste. […] D’autres sont pour les socialistes […]. D’autres ont voté pour des hommes qui se disaient « au centre », voire pour des hommes de droite […], ils pensaient sincèrement que ces hommes-là allaient tenir leurs promesses, d’autant plus qu’ils avaient tout le pouvoir. Et puis, ils les ont vu à l’œuvre, ils les ont vu oublier aussitôt élus leurs promesses et, de nouveau augmenter les impôts, laisser filer les prix, dire Non aux demandes des travailleurs.
Nous ne divisons notre peuple en camps ennemis, en factions politiques. Par exemple, il y a dans notre pays des hommes et des femmes qui sont gaullistes parce que De Gaulle, pour eux, incarnait la grandeur de la France, son indépendance et son prestige dans le monde. Sont-ils tellement d’un autre bord que nous ? Nous avons en commun avec eux cette passion de la France, de sa souveraineté et de son rayonnement. Nous nous sommes retrouvés ensemble […] contre la soi-disant « Communauté européenne de défense », pour le retrait de la France de l’OTAN, contre les prétentions dominatrices des Etats-Unis. Aujourd’hui, ces gaullistes voient les gens en place dilapider cet héritage […]. Ils veulent un gouvernement qui tienne tête résolument aux exigences américaines. Ils refusent une conception de l’Europe qui signifierait l’aliénation de notre souveraineté, la dissolution de l’identité nationale. Ce n’est certainement pas le tandem Giscard d’Estaing-Lecanuet qui défendra les aspirations de ces patriotes innombrables, ces aspirations qui sont aussi les nôtres et que nous défendrons comme nous l’avons toujours fait, c’est-à-dire avec intransigeance. Dans les moments difficiles de notre histoire, les patriotes se sont toujours retrouvés ensemble, par-delà leurs différentes opinions sur d’autres questions […]. Une nouvelle fois, c’est ce combat-là qui est à l’ordre du jour. »
« Nous c’est avec notre peuple, tout notre peuple que nous voulons assurer le renouveau du pays.
Le peuple, c’est la France du travail. Celle qui se lève tôt pour commencer une longue et pénible journée de labeur, à l’usine ou au bureau, au laboratoire ou aux champs, au magasin ou tout simplement à la maison. Celle qui s’entasse dans les transports publics, les trains de banlieue, le métro ou les embouteillages du matin et du soir. Celle qui vend ses forces, son intelligence pour un salaire insuffisant, qui gagne difficilement sa vie sur sa terre, qui travaille à son compte en se débattant dans des tracasseries sans nombre.»
« C’est la politique suivie depuis tant d’années qui est coupable de la crise qui affecte tous les domaines – économique, social, politique, moral.
Cette politique repose en effet sur une donnée simple, mais révoltante : ceux qui produisent les richesses ne sont pas ceux qui en bénéficient. Une nouvelle féodalité a fait main basse sur la nation et sur les régions qui la composent. C’est la féodalité de l’argent. Et ce système obéit à une logique impitoyable, monstrueuse, qui veut que les grands monopoles ne se contentent jamais des profits-pourtant énormes-qu’ils réalisent, mais qu’ils veulent toujours plus de profits, des profits à tout prix. Ils n’en ont jamais assez, il leur en faut toujours plus. Et ils trouvent pour cela auprès de l’Etat actuel une aide sans réserves. »
« D’abord parce que nous n’avons nullement la religion des nationalisations. Elles sont à nos yeux un moyen de libérer le pays de l’emprise tentaculaire des monopoles et de rationaliser la production dans quelques secteurs parmi les plus décisifs. Nous n’éprouvons absolument pas le besoin d’étendre cette mesure à l’ensemble de l’économie. En effet, l’exploitation agricole, l’atelier de l’artisan, la boutique du commerçant, les petites et moyennes entreprises industrielles, commerciales répondent à d’évidents besoins économiques et sociaux. Ils jouent un rôle irremplaçable. Bien loin de vouloir les liquider, comme le prétend M. Giscard d’Estaing qui s’en charge lui-même […]. En les dégageant de la tutelle étouffante des « gros », elles trouveront auprès de l’Etat et du secteur nationalisé toutes les garanties qui leur créera des conditions nouvelles d’activité, plus stables et plus favorables. »
« La sécurité ? Mais quelle sécurité existe-t-il pour l’ouvrier menacé de chômage, pour le paysan chassé de sa terre, pour l’artisan ou le commerçant sous le coup de la faillite, pour le jeune sans avenir ? Quelle sécurité existe-t-il dans une société où seule compte la loi de l’argent, où l’exemple de la corruption vient d’en haut, où la violence, la pornographie font l’objet d’un énorme et fructueux commerce, où dans ces conditions se développent dans nos villes la criminalité, le banditisme ? »
« Les hommes de la droite tonnent contre le banditisme ou la pornographie. Mais c’est de la démagogie grossière, parce que, dans le même temps, ils sont les défenseurs (et les profiteurs) de ce système social qui fait de l’appât du gain, de l’argent facilement obtenu, de la loi du plus fort, ses principes moteurs ; dans le même temps ils vantent les mérites de ce monde libre dont le plus beau fleuron est les Etats-Unis, cet empire de la corruption, de la violence et de la dépravation. »
« Devant les vignobles du Languedoc et les plaines de Beauce, devant Roissy-en-France comme devant la cathédrale de Chartres, devant l’avion Concorde comme devant la tapisserie de la Dame à la Licorne, comment ne pas tirer fierté de la continuité et de la diversité du génie français ? »
« Il ne s’agit pas d’aller à une économie corsetée, soumise à une direction rigide et autoritaire. Le choix n’est pas entre une économie libérale et une économie étatisée. Il est entre une économie dominée par quelques grands intérêts privés auxquels l’Etat réserve le plus clair de son action – et une économie au service de la collectivité nationale dans laquelle l’Etat joue un rôle d’animateur et de régulateur. Loin de brider l’initiative, cette politique donnera donc un nouveau dynamisme à l’économie du pays.
« Rien n’est plus étranger à notre conception de la démocratie et je dirais, à notre sens de l’efficacité, qu’une économie emprisonnée dans un corset autoritaire et dirigiste. Ce qu’il faut pour la France et ce que nous voulons, c’est une économie au service de la collectivité, disposant d’une grande liberté d’initiative, où l’Etat jouera un rôle d’animation et de régulation à partir de la prise en compte des intérêts nationaux. C’est l’inverse de la politique actuelle prétendument « libérale », où quelques grands intérêts privés font régner leur loi et où l’Etat intervient en faveur de leurs seuls intérêts. »
« Comme à chaque consultation électorale, les candidats de la droite ont tenté d’effrayer l’ouvrier, le paysan, le petit propriétaire, l’épargnant, en affirmant qu’avec les communistes au gouvernement, ils ne pourraient plus disposer librement de ce qui lui appartient, il ne pourrait plus décider librement de sa vie.
Une fois encore, ce sont les voleurs qui crient au voleur !
Car ce sont eux qui dirigent le pays pour le compte des puissances d’argent, c’est leur système qui prive l’ouvrier des fruits de son travail, qui chasse le paysan de sa terre, qui expulse ou porte préjudice au petit propriétaire victime d’une urbanisation anarchique et spéculative, qui spolie le petit épargnant par l’inflation galopante.
[…] il faut retirer à la minorité des maîtres de l’argent la possibilité de diriger l’économie à leur guise, de décider de tout et pour tout le monde. Voilà nous disons qu’il faut nationaliser, non pas toute l’économie, non pas la propriété personnelle familiale, mais les secteurs-clés, les secteurs décisifs de l’économie et le système bancaire. »
« En vérité, à ces hommes qui dirigeaient hier et qui dirigent toujours le pays – les hommes et les femmes de chez nous sont fondés à demander avec reproche : qu’avez-vous fait de la France ? […] Vous aviez promis de maintenir la France indépendante et souveraine, et voilà que vous la bradez aux trusts étrangers, que vous l’enfermez dans l’Europe des marchands, que vous hésitez à dire « Non » aux injonctions de l’Amérique. Vous n’avez pas rempli vos engagements avec la France !
[…]
Nous avions souligné et soutenu en leur temps, avec un grand esprit de responsabilité, les mesures prises par le général de Gaulle pour désengager la France de l’O.T.A.N. et son refus d’aliéner la souveraineté de notre pays au profit d’une autorité extérieure, fût-elle baptisée européenne.
« L’Europe, ce ne doit pas être cela. Ce ne doit pas être cette dissolution des nations […]. Et ce ne dot pas davantage être l’Europe des marchands et des monopoles multinationaux.
[…]
Seule, en effet, une communauté de pays souverains, respectueux de la libre détermination de chaque peuple, pourra réellement constituer une Europe indépendante, déterminée à s’opposer en particulier aux pressions et aux mises en demeures américaines.
[…] Nous ne pensons pas, nous, que la nation soit un « concept dépassé ». La nation, au contraire, est une réalité bien vivante […]
Nous ne pensons qu’on puisse transiger sur l’indépendance de la nation, sur sa fierté. Le Parti Communiste Français l’a montré, au prix des plus lourds sacrifices : il est et il sera toujours à l’avant-garde du combat pour s’opposer à toute atteinte à la souveraineté nationale.
Nous aimons notre pays passionnément. Un seul souci anime toute notre action et chacune de nos démarches : servir la France et son peuple.
Péguy disait de la France : « Deux mille ans de labeur ont fait de cette terre un réservoir sans fin pour les âges nouveaux.» »
« Le peuple, c’est la France du travail. Celle qui se lève tôt pour commencer une longue et pénible journée de labeur, à l’usine ou au bureau, au laboratoire ou aux champs, au magasin ou tout simplement à la maison.
[…]
Le peuple, c’est la France qui vit modestement et n’a pas le temps de vivre, qui n’a d’autre ambition que de disposer du nécessaire, avoir un bon travail, un logement agréable, un peu de loisirs et de vacances pour se cultiver, se reposer, voir quelques amis, élever dignement ses enfants, connaître une vieillesse paisible.
[…]
Notre mot d’ordre est clair : union du peuple de France ! »
« Naturellement, tous ceux qui forment le peuple de France n’ont pas la même conception du monde, la même philosophie, la même croyance.
[…] il est impensable pour nous de tracer une frontière entre ceux qui croient en Dieu et ceux qui n’y croient pas.
Nous ne l’avons jamais fait, nous ne le ferons jamais.
Certes notre parti fonde son action sur une conception matérialiste du monde. Certes le marxisme et le christianisme sont deux idéologies différentes. Mais nous communistes, nous ne sommes pas de ceux qui se moquent parce qu’on croit en un Etre éternel et qu’on va à la messe. […] l’union des travailleurs, des démocrates, des patriotes, croyants et non-croyants. Car ils ont les uns et les autres des intérêts, des aspirations, des rêves communs.
Les chrétiens sont de plus en plus nombreux à penser ainsi, en trouvant dans leur foi elle-même leurs raisons d’agir pour une société plus juste, plus humaine.
Nous voulons agir avec eux […].
Nous avons, nous, un autre mot d’ordre : que ceux qui croient en Dieu et ceux qui n’y croient pas se rejoignent au plus vite. Tout leur dicte de le faire. »
« Les communistes ne veulent pas laisser aller le pays à la régression, à la ruine et à la catastrophe ; c’est pourquoi ils travaillent à l’union du peuple de France, à la véritable réconciliation nationale contre les deux cents familles. » (M. Thorez, 1936)
« Les seuls qui aient toutes les raisons de nous craindre, ce sont les barons de la grande industrie et de la haute finance. Nous ne leur voulons d’ailleurs aucun mal. Nous voulons simplement qu’ils cessent de faire la loi dans notre pays. Nous voulons que la nation, démocratiquement, légalement, leur reprenne les leviers de commande essentiels. »
Lettre de Georges Marchais au recteur de la mosquée de Paris

Je vous le déclare nettement : oui, la vérité des faits me conduit à approuver, sans réserve, la riposte de mon ami Paul Mercieca. … Plus généralement, j’approuve son refus de laisser s’accroître dans sa commune le nombre, déjà élevé, de travailleurs immigrés … En raison de la présence en France de près de quatre millions et demi de travailleurs immigrés et de membres de leur familles, la poursuite de l’immigration pose aujourd’hui de graves problèmes. Il faut les regarder en face et prendre rapidement les mesures indispensables. … La cote d’alerte est atteinte. … C’est pourquoi nous disons : il faut arrêter l’immigration, sous peine de jeter de nouveaux travailleurs au chômage. … Je précise bien : il faut stopper l’immigration officielle et clandestine. … Il faut résoudre l’important problème posé dans la vie locale française par l’immigration. … Se trouvent entassés dans ce qu’il faut bien appeler des ghettos, des travailleurs et des familles aux traditions, aux langues, aux façons de vivre différentes. Cela crée des tensions, et parfois des heurts entre immigrés des divers pays. Cela rend difficiles leurs relations avec les Français. … Quand la concentration devient très importante … la crise du logement s’aggrave ; les HLM font cruellement défaut et de nombreuses familles françaises ne peuvent y accéder. Les charges d’aide sociale nécessaires pour les familles immigrés plongées dans la misère deviennent insupportables pour les budgets des communes.
L’Humanité, 6 janvier 1981
21:30 Publié dans Figures politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








