23.05.2009

Conférence "Français, musulman et patriote"

FRANCAIS, MUSULMAN ET PATRIOTE
Pourquoi la droite islamophobe et la gauche antiraciste n'en veulent pas ?

En attendant l'intégralité de la vidéo en ligne, voici le point de vue d'Alain Soral sur la question, le texte d'introduction de la conférence par Stéphane Peyral ainsi qu'un compte rendu précis et fidèle des idées qui ont été échangées le samedi 18 avril à l'Athénée Municipale lors de la conférence "Français, musulman et patriote".

Sommaire :

I - FRANCAIS, MUSULMAN ET PATRIOTE

II - PATRIOTISME DE CONCORDE

III- LES MEDIATEURS DE LA REPUBLIQUE

 

1670442399_c39182618b.jpg

I - FRANCAIS, MUSULMAN ET PATRIOTE
par Alain SORAL

Pourquoi la droite islamophobe n’en veut pas…
C’est assez évident.

La droite bourgeoise se prétend blanche et chrétienne, ce qu’elle est plus ou moins! Même si, de chrétienne, elle ne garde plus qu’un petit vernis culturel et formel très éloigné de l’esprit des Évangiles. Mais bon… pour cette bourgeoisie qui n’a rien contre les non Blancs du moment qu’ils sont suffisamment riches, un musulman est d’abord un pauvre venu du Sud, animé d’une foi frustre et brutale.

C’est un peu caricatural mais c’est comme ça. Le bourgeois chrétien se réclamant, lui – à table mais rarement dans les actes – d’une foi plus subtile. “Subtile” étant le mot bourgeois pour “anémiée”. Et c’est bien sûr au nom de cette foi subtile que notre bourgeois, prétendument chrétien, se plaint de la présence du musulman et de sa foi frustre sur notre sol… Cet homme de peu de foi se gardant bien d’ajouter qu’il est ce même libéral qui, via le “regroupement familial” voulu par Giscard et Chirac sur le corps de de Gaulle, a organisé cette présence musulmane, due à l’immigration, sans jamais se soucier de ce qu’elle donnerait 35 ans après. Or voilà : nous y sommes !

Merveilleuse inconséquence et duplicité bourgeoise, que le philosophe Jean-Claude Michéa a parfaitement décrite et théorisée dans son dernier opus : La Double pensée : retour sur la question libérale (Flammarion Champs Essais 2008)…

Donc, déjà rappeler à cette droite hystérique et femelle, qui a si mal su protéger notre terre de France depuis la fin de la guerre de 14, que s’il y a tant de musulmans sur notre sol – musulmans qui réclament aujourd’hui, conformément à la loi, de pouvoir pratiquer leur culte dans des lieux décents – c’est parce que la patronat français, et les loges, ont organisé l’immigration de peuplement à partir de 1973. Et pas parce que nous avons subi une invasion militaire ordonnée, au nom d’un quelconque jihad, par un califat mondial ; califat mondial qui n’existe d’ailleurs plus depuis l’écroulement de l’Empire ottoman…

Nous faisons remarquer, en outre, à cette droite affairiste inconséquente et immorale, que ces anciens immigrés, devenus nationaux, sont, en tant qu’hommes de foi, bien plus de la “droite des valeurs” qu’eux-mêmes ! Eux qui ont laissé détruire notre soi-disant “France éternelle”, “fille aînée de l’Église” par la marchandise, la délinquance et le métissage mondialiste !

Le virage islamophobe de la gauche antiraciste…
Il est beaucoup plus étonnant.

Je date personnellement ce virage de la loi sur les signes religieux “ostensibles”. Loi que les médias, et l’opinion publique, ont parfaitement identifiée comme “loi anti-foulard”. “Loi anti-foulard” qui devait pousser les musulmans à l’insoumission afin de les stigmatiser comme mauvais citoyens, ce qui a d’ailleurs échoué sur ce plan…

L’alibi de la gauche, pour avoir basculé dans l’islamophobie – et dans les faits dans le racisme anti-maghrébin –, un mépris du Magrébin qui accompagne cette haine de plus en plus affichée par le bobo pour le peuple et les pauvres, serait la défense de la laïcité…

Défense de la laïcité qui est bien sûr l’apologie classique de l’idéologie du Progrès. Idéologie prométhéenne, arrogante et brutale qui a quand même tué plus de Blancs chrétiens, depuis deux siècles, que tous les régimes théocratiques colorés passés et présents… La foi pouvant être aussi comprise, à la lumière de l’Histoire, comme école politique de l’humilité…

Mais surtout, défense de la laïcité plus ambiguë derrière laquelle se cache, à peine, la stratégie de la tension néoconservatrice. Et donc le vrai fascisme en acte, selon la définition même des gauchistes… Une stratégie du “conflit de civilisations” soutenue, jusqu’à la caricature, par l’ex-journal d’extrême gauche libertaire Charlie Hebdo et son rédacteur en chef Philippe Val, aujourd’hui nommé à la tête de France Inter à la demande de Nicolas Sarkozy lui-même ! Promotion étrange qu’il serait difficile d’expliquer sans évoquer un certain front impérial américano-sioniste…

Bref, une haine de l’islam, au nom de l’anti-religiosité, qui s’attaque aussi au catholicisme (cf. la diabolisation de Benoît XVI), mais jamais, étrangement, au judaïsme. Une religion qui condamne pourtant fermement l’homosexualité. Une contradiction qui ne semble pas plus gêner Val que Caroline Fourest, autre goudou de choc également promue par le sarkozysme ! Face à cette prise en tenaille : stigmatisés et vilipendés à la fois par la droite raciste et la gauche laïcarde à deux vitesses, l’islam et les musulmans n’ont, selon moi, qu’une stratégie possible s’ils veulent échapper au piège : le patriotisme. S’affirmer haut et fort comme musulmans ET Français, Français de confession musulmane. Pas musulmans en France ou musulmans anti-français !

Français musulman patriote, donc, et pas musulman – donc anti-français – comme le distillent les médias dominants dans l’imaginaire collectif. Les médias mais aussi, malheureusement, ces idiots qui se croient islamophiles avec leur discours “d’indigènes de la République” consistant à traiter les Français de longue date de “sous-chiens” ! Et à exiger que nous renoncions, au nom d’une idéologie d’inspiration trotskiste, à toute identité et à toute fierté nationale !

Mais ne soyons pas démagogues. Ce patriotisme musulman ne passera pas non plus par l’assimilation classique, chère à Chevènement. À l’heure où la République elle-même pratique à tout crin l’idéologie du métissage – collaborant ainsi au projet mondialiste par la destruction de toutes les cultures enracinées, de toutes les civilisations fondées sur la transcendance – disons le tout net : la matrice de l’assimilation type IIIe République est caduque…

L’islam de France ne voulant pas plus contribuer à détruire la culture qui l’accueille que renoncer à la sienne, cette réconciliation des Français et des musulmans ne se fera donc ni par assimilation ni par métissage, mais par l’affirmation claire de sa volonté d’apporter sa pierre, précieuse, à l’édifice France pour servir le projet national… Synthèse nouvelle que l’islam patriote et francophone, mais qui se situe bien dans l’esprit de cet universalisme français qui vit un Clovis, un Mazarin, un Bonaparte, un Gaston Monnerville… tous devenir de grands Français pour la plus grande gloire de la France !

Ainsi le musulman patriote pourra faire comprendre aux Français, malgré le matraquage médiatique, que l’islam est le contraire de la haine de la France et de la délinquance ; délinquance qui provient surtout de la soumission des banlieues au modèle consumériste et libéral américain… Il pourra faire comprendre aux Français que musulman ne veut pas dire nécessairement de gauche et immigrationiste. Il pourra faire comprendre aux Français que l’islam est aussi une religion de l’intégration et du respect, comme ont pu l’être avant lui, le protestantisme, le bouddhisme et, rappelons le ici haut et fort, le judaïsme d’avant le virage siono-shoatique. Virage responsable de la montée de l’antisémitisme actuel, comme essaie subtilement de le faire comprendre Éric Zemmour, notre camarade et compatriote…

Bref, qu’on peut être Français de confession musulmane, malgré l’Histoire, comme personne ne conteste aujourd’hui qu’on peut être pleinement Français et protestant.
Mais, pour cela, il faudra aussi que ce musulman patriote refuse, comme a très bien su le faire le Franco-vietnamien, tout discours de la repentance. Discours de la repentance soufflé par des intellectuels dont les valeurs ne sont en rien celles de l’islam, et qui cache, toujours, un discours de l’excuse et de l’extorsion.

La France a abandonné le discours colonial de Jaurès, qui n’était autre que l’arrogance totalitaire de l’idéologie du Progrès. Aux Franco-maghrébins – et particulièrement aux Français d’origine algérienne – d’abandonner aussi celui du FLN, qui met éternellement tous les problèmes que rencontrent les jeunes nations du Maghreb et d’Afrique sur le dos de la colonisation française. Comme si les Français avaient inventé la colonisation qui est l’un des moteurs de l’Histoire… Discours tout aussi exagéré que celui de l’apologie coloniale et qui prolonge, à des fins politiques, la haine entre Algériens et Français, provoquant la schizophrénie du Français d’origine algérienne, l’empêchant de se réaliser et de s’épanouir pleinement dans sa communauté nationale : la France !

Ce discours de réconciliation nationale, plutôt qu’un discours de haine soit disant “identitaire”, il faut le tenir d’abord par amour de la France. Pour que la France, menacée de balkanisation par l’importation sur son sol du “conflit de civilisations”, ne subisse pas le sort, demain, de l’ex-Yougoslavie et que nous, “souchiens”, ne finissions pas comme les Serbes, victimes de la perversité de l’Empire !

Il faut aussi que nos compatriotes musulmans comprennent que c’est la seule voie pour eux-mêmes… Le seul moyen d’être respectés des autres Français et de ne pas servir de vecteur à la discorde programmée… Car, face à l’aggravation de la crise économique et internationale, tout démontre que le musulman a déjà été désigné comme bouc émissaire par l’Empire mondialiste… C’est sur ce projet que ce sont réconciliés Val et Sarkozy, la gauche et la droite, et même une certaine extrême droite “identitaire”… Haro sur le musulman ! Il suffit de regarder ce qui se passe en Italie, en Hollande. Sur quelle ligne la nouvelle extrême droite a obtenu son ticket de rentrée… Pour éviter ces deux catastrophes : la persécution des musulmans de France débouchant sur la guerre civile et l’éclatement du pays, il nous faut nous unir par le patriotisme.
Projet simple, comme le sont tous les grands projets politiques, mais chemin difficile… À chacun de faire sa part du travail ; voilà la mienne !

2215455415_de35a99ed5.jpg

II - PATRIOTISME DE CONCORDE

Bonsoir à tous,

Avant de laisser la parole à nos invités, je voudrais dire quelques mots à propos de l'association Egalité et Réconciliation dont je suis le coordinateur pour la région Aquitaine. E&R est une association qui a deux ans maintenant. Elle s'est créée sous l'impulsion de lecteurs d'Alain Soral, qui est donc ici présent et qui en est logiquement le président.

Pourquoi créer une énième association me direz-vous ? Je dirais : parce que tout simplement celle-ci n'existait pas. Alors certes, je vous accorde que c'est une condition nécessaire mais peut-être pas suffisante. Mais c'est en fait pour dire qu'aux yeux de ceux qui l'ont créée et de ceux qui la rejoignent maintenant depuis deux ans, il n'existe à priori pas vraiment d'équivalent en France, à savoir une structure métapolitique qui, pour le dire vite, affirme et défend un patriotisme français, patriotisme que je qualifierais de pacifique, ouvert et recherchant toujours l'unité, la concorde plutôt que l'agressivité et l'affrontement.

Donc, ça c'est pour la forme et l'esprit de la chose si je puis dire. Maintenant, il y a aussi le point de vue général que nous défendons et qui évidemment est corrélé à un objectif.

Alors bien entendu je vais faire bref, trop bref probablement, pour exposer ce point de vue, parce que déjà ce n'est pas l'objet de la soirée, mais bien évidemment, je vous invite pour approfondir à consulter les sites internet et à lire éventuellement aussi le petit journal Flash auquel collabore Alain Soral ou tout simplement je vous invite à venir discuter avec nous qui sommes bien sûr là pour répondre aux éventuelles interrogations.

Alors pour résumer, je dirais que notre positionnement fondamental c'est le refus absolu du modèle de société totalement amoral qui nous est progressivement imposé ici en France, à savoir le modèle du calcul égoïste, de l'échange marchand, c'est-à-dire la société de l'individualisme et de l'utilitarisme ; société qui, on le voit, ne crée que de la laideur et de la violence. Et donc, face à ce modèle, nous invoquons un monde totalement opposé, fait de valeurs morales, d'éthique, un monde - pour faire un petit jeu de mot - de décence et de sens. Nous défendons donc un modèle qui nous semble de surcroît être le meilleur gage d'une vie en commun pacifique et digne.

Seulement, il y a une condition majeure pour que puisse émerger un tel modèle, c'est que tous ceux qui aspirent à le voir s'imposer puissent s'unir pour le porter et le défendre. C'est le vieil adage « l'union fait la force ». Or, on voit bien que tout est fait aujourd'hui pour que de telles unions ne se produisent pas et qu'au contraire on cherche à alimenter les tensions et à créer les divisions. En politique, c'est par exemple la tentative de faire perdurer le désormais obsolète clivage gauche-droite. Ensuite, autre exemple,il y a également les représentations biaisées que donnent les médias dominants de tel ou tel groupe ou de telle ou telle communauté. Ca c'est l'éternelle stratégie du « diviser pour mieux régner ». Et aujourd'hui, il y a donc deux armes notamment qui servent cette volonté de division, deux pièges qui nous sont tendus dirais-je, pour éviter tout simplement que les gens ne se rencontrent et ne se parlent : c'est « le choc des civilisations » et le « communautarisme ».

Ces notions mériteraient évidemment d'être explicitées, il est d'ailleurs fort possible qu'elles soient évoquées ce soir. Ce qu’on peut rapidement dire, c’est ceci : le « choc des civilisations », c’est « je m’en prends à mon voisin parce qu’il est différent de moi et qu’on m’a suggéré que tous mes maux viendraient de sa présence à mes côtés et de sa volonté de me nuire » ; le « communautarisme » c’est : « je me regoupe avec mes voisins de même couleur, de même religion, de même sexe, de même pratique sexuelle, de même ce que vous voulez et je fais pression sur le pouvoir afin de m’attirer ses faveurs (et donc ses deniers aussi et surtout) tout en entrant inévitablement en concurrence avec les autres groupes pareillement constitués.

Il faut donc juste comprendre que ces processus ne font que produire des tensions, des conflits, de la lutte mais toujours horizontale la lutte, afin que bien évidemment elle ne soit pas dirigée contre le pouvoir.

Face à cela, ce que nous disons à Egalité et Réconciliation, c'est qu'il faut en premier lieu, si on veut être conséquent politiquement parlant, éviter ces pièges et plutôt tenter, comme je le disais, d'unir toutes les bonnes volontés qui veulent résister et ce autour de valeurs communes – alors je viens d'employer le mot « résister », dans le contexte vous comprenez qu'il s'agit de la simple volonté affichée de vivre ensemble en paix et dignement.

Reste que cette union doit aussi se faire au sein d'un cadre unificateur, et que le cadre qui, pour nous à E&R, nous semble le plus adéquat c'est un cadre culturel, historique qu'on appelle la Nation française et qui, dans des conditions qu'il faudrait bien sûr préciser, peut constituer un obstacle sérieux aux projets un peu inquiétants qui sont en cours.

Mais je le redis, le chemin de la concorde est sémé d'embuche, ce n'est pas une villégiature. La volonté de dialogue et d'entente en effet ne plait pas à tout le monde, nous en avons encore eu un exemple ce soir avec quelques agités manipulés qui faisaient du bruit au bout de la rue, mais bon, bien évidemment nous ne cédons pas, nous avons une ligne de conduite, nous n'en dévierons pas et nous continuerons notre travail de dialogue et de réconciliation et d'ailleurs nous le continuons ce soir.

Et je vais donc pour cela vous laisser maintenant aux bons soins de nos invités non sans avoir au préalable ajouté deux choses : d'abord un grand merci à notre ami Camel qui a grandement contribué à ce que la rencontre de ce soir se fasse. Donc merci à lui et à tous les autres camarades qui ont bossé sur la conférence.

Et j'en profite également pour annoncer la prochaine, c'est un peu loin, ce sera au mois d'octobre prochain et nous aurons le plaisir d'accueillir Alain de Benoist sur un thème également important, celui de l'écologie et plus précisément celui de la décroissance. Nous ne manquerons de vous rappeler tout ceci en temps voulu mais maintenant je laisse la parole à nos invités que je vous présente brièvement .....

Nous sommes donc très honoré de recevoir ce soir monsieur Tareq Oubrou, théologien, recteur de la mosquée de Bordeaux, homme de dialogue qui a beaucoup travaillé sur les rapports de l'Islam avec la société française, que ce soit sur les rapports avec le droit positif, la laïcité, la citoyenneté et qui a travaillé plus généralement sur la place du sacré et de la spiritualité dans un monde de plus en plus sécularisé.

A côté de monsieur Oubrou, monsieur Alain Soral nous honore également de sa présence... sociologue, pamphlétaire, romancier, cinéaste également, il a beaucoup travaillé sur l'évolution de la société française, notamment son évolution depuis mai 68...il se définit comme patriote français et intellectuel dissident, les deux statuts n'étant pas bien sûr sans rapport, et comme monsieur Oubrou, il va nous livrer son point de vue sur « l'Islam et le patriotisme français » et nous dire en quoi et pourquoi ces deux transcendances pourrions-nous dire suscitent de l'incompréhension quand ce n'est pas de l'hostilité. Après les questions, c’est-à-dire le débat qui suivra, je vous invite à vous rendre au stand librairie au fond de la salle pour dédicace et éventuellement poursuite des échanges. Voilà. Merci et bonne soirée à tous.

Stéphane (E&R Aquitaine)


conff.JPG

III- LES MEDIATEURS DE LA REPUBLIQUE

Egalité et Réconciliation ne ressemble décidément à aucune autre association ou structure métapolitique en France. La raison principale en est je crois qu'elle est profondément... française ! Notre moteur est sans conteste l'amour de la France. Nous voulons que cette nation de quinze siècles perdure et puisse continuer à jouer un rôle d'agent historique dans la marche du monde. Pour cela, nous voulons incarner un patriotisme d'ouverture et de paix qui, face aux défis, recourre au courage et à l'intelligence et ne cesse, par ailleurs, de viser l'unité et la concorde. Ne comptez donc pas sur nous pour faire la guerre aux français, musulmans ou autres, qui partagent notre « weltanschauung ». Nos éthiques et nos valeurs prévalent sur nos intérêts individuels et nos intérêts de classe. Et puis, nous ne voulons pas nous départir de l'idée exprimée en son temps par Jacques Bainville que la France est une « œuvre de l'intelligence et de la volonté » et que « la France c'est beaucoup mieux qu'une race : c'est une nation ».

C'est donc dans cet état d'esprit que nous avons invité Tareq Oubrou, le recteur de la mosquée de Bordeaux, afin qu'il puisse, avec notre président Alain Soral, débattre des conditions et des possibilités pour les français, musulmans et non mususlmans, de s'inscrire dans un projet commun dont le ciment identitaire serait le patriotisme français et le cadre unificateur la Nation française. L'intitulé de la conférence était : « Français, musulman et patriote. Pourquoi la Gauche antiraciste et la Droite islamophobe n'en veulent pas ? »Voici un compte-rendu de ce qui s'est dit le samedi 18 avril, le tout accompagné de quelques réflexions sur les idées qui ont été exprimées.

 

politique_090421_oubrousoral.jpg1. LES MEDIATEURS DE LA REPUBLIQUE

La rencontre entre le président d'Egalité et Réconciliation et le recteur de la Mosquée de Bordeaux fut plus qu'une simple conférence, il s'est presque agi d'une véritable médiation. Les deux hommes ont fait preuve d'un certain courage, compte tenu des pressions et des menaces environnantes. Ils se sont posés en médiateurs de leurs groupes respectifs et très vite, de par leurs interrogations et leurs préoccupations communes, se sont presque transformés en médiateurs de la République elle-même vis-à-vis de la communauté nationale prise dans son ensemble. Car il s'agissait bien de deux français attachés à la France, parlant à la France et soucieux de l'avenir de leur pays que nous avions à la tribune ce soir là. Deux hommes qui, face aux va-t-en guerre et aux pousse-au-crime, n'ont de cesse d'appeler à l'apaisement et au dialogue.

Alain Soral posait ainsi très vite la question essentielle : « Comment faire de cette situation de fait [la présence de 6 millions de musulmans en France] quelque chose qui se termine positivement pour la France ? ». Les deux invités ont très vite convenu que le préalable à toute réflexion de ce genre est l'apaisement des tensions et que c'est le dialogue qui peut y contribuer. Ainsi, en prélude au dialogue qui allait s'ouvrir, ils ont tous les deux commencé par rappeler leurs positions de principe.

Dans son discours liminaire, le Recteur a très bien souligné les processus mondiaux en cours qui provoquent l'affaiblissement des Etats-nations et qui en retour induisent des revendications identitaires exacerbées. Il a surtout insisté sur l'interrogation à double sens que pose le caractère pluriculturel et pluricultuel de la France. L'Islam, par exemple, interroge l'identité française mais, en retour, il est lui-même interrogé du fait de sa seule présence dans la société française. Le Recteur a donc parfaitement posé les termes du dialogue que nous voulions développer ce soir là. Le représentant de l'islam de Bordeaux n'a également  pas manqué de rappeler qu'il faut « sauver les valeurs de la République parce qu'elles sauvent tout le monde », et d'insister sur le génie de la France d'avoir inventé ce modèle sociétal et politique sur lequel il faut s'appuyer pour « éviter le combat des identités » et « bâtir un projet commun ».

Alain Soral n'a pu que se réjouir d'une telle disposition d'esprit et s'est alors empressé de fustiger les processus qui précisément veulent faire obstacle à cette concorde républicaine. Car pour qu'une telle réconciliation fonctionne, encore faut-il lever les malentendus et débusquer tous les pièges qui s'y opposent. Il s'est ainsi empressé de rappeler que les immigrés venus de nos anciennes colonies sont venus en France « avec des balais dans les mains et non avec des fusils ». L'immigration est donc bien un outil du capitalisme mondialiste et il n'y a pas de complot ni de projet de conquête ou de subversion de la France par l'Islam. « La crise financière vient de Wall Street et non d'un pays arabe ! » lance-t-il. L'islamisme n'est donc bien que l'instrumentalisation d'une religion par le mondialisme marchand en vue d'alimenter le conflit de civilisation qui, semant la division, sert les intérêts de ce même mondialisme. Voilà un premier malentendu levé.

Parmi les pièges et les obstacles qui jalonnent le chemin de la réconciliation, Alain Soral a tenu également, et très vite, à s'arrêter sur l'un d'entre eux : la manipulation orchestrée par la Gauche, manipulation dont nous avons eu une traduction concrète sur le terrain le soir même. En effet, aux abords de la salle, une délégation de Gauche, composés d'anarchistes et de jeunes d'extrême-gauche, s'opposait à notre réunion et criait, au nom de l'antifascisme, ne pas vouloir du dialogue et de l'effort de paix auquel nous aspirons. Il est donc en retour légitime de se demander si finalement, à l'insu de leur plein gré, ces jeunes gens ne poussent pas à l'effet contraire, c'est-à-dire à la guerre...

2. UN OBSTACLE A LA RECONCILIATION : LE RACISME DE LA GAUCHE

Le phénomène qu'a ainsi tenu a dénoncer Alain Soral, c'est le racisme déguisé, conscient ou inconscient d'une gauche et d'une extrême-gauche laïcarde et prétendument progressiste. En effet, ces mouvances racialisent sans cesse les problèmes sociaux et homogénéisent à la façon coloniale les populations d'origine immigrée (les blacks, les beurs). Et Soral de légitimement se demander : « Pourquoi un noir devrait-il être solidaire d'un noir ? », « Demande-t-on à un blanc d'être solidaire d'un blanc ? ».

C'est en fait toute la manipulation opérée par la Gauche et alimentée par l'extrême-Gauche à l'endroit des populations immigrées qu'a voulu dénoncer le sociologue ; c'est-à-dire le modelage de ces populations dans une optique néocoloniale modernante et leur utilisation à des fins de division. Pour le dire simplement, la Gauche a utilisé les immigrés pour servir ses intérêts propres. Il fut un temps où son intérêt était que le beauf français ne touche pas à son pote, c'est-à-dire accepte l'immigration dont elle profitait économiquement (on remarquera que dans l'autre sens, il était moins demandé à ce que le pote ne touche pas au beauf français qui était alors le vrai bouc émissaire).

Seulement aujourd'hui, le « colon » capitaliste de Gauche doit également veiller à ce que les tensions qui risquent résulter de la crise, crise qu'il a lui-même contribué à provoquer, ne trouvent pas une échappatoire verticale mais horizontale. On sent donc bien que la Gauche voudrait aujourd'hui autoriser un peu plus le beauf français, majoritaire, à  y « toucher » à son pote. La Gauche change de paradigme et donc de bouc émissaire afin que le danger soit identifié comme venant des arabes et non de la folie de Wall Street. D'où, d'un côté, la future nomination de Philippe Val, islamophobe d'extrême-gauche et directeur de Charlie-Hebdo, à la tête d'une des plus grandes radios de France et la bienveillance déjà affichée à l'endroit de Marine Le Pen dont le discours commence à se teinter d'anti-islamisme primaire.

3. PREALABLE A LA RECONCILIATION

Face à toutes ces manipulations et à tous ces pièges et dans l'optique d'une résorption pacifique des tensions et d'une harmonisation des communautés, le président d'Egalité et Réconciliation a en quelque sorte proposé trois lignes de conduites qui sont autant de messages à l'adresse de ceux qui se sentent concernés par l'avenir de la France.

Il a recommandé, premièrement, d'abandonner le modèle colonial jaurésien. Ce modèle assimilationniste français, inventé et appliqué par la Gauche, n'est plus opérant aujourd'hui car il agresse les identités et les spécificités, ce qui dans le contexte du mondialisme uniformisant est évidemment inconséquent. En second lieu, et pour la même raison, Soral s'est opposé au métissage comme idéologie colonialiste (et non comme aventure individuelle). Enfin, il a appelé les français de culture musulmane à refuser la culture de la repentance. Cette mentalité faite de rancœur, d'hostilité et de chantage, entretenue par les associations de Gauche et les groupes de pression communautaires, n'a fait que créer des tensions et des divisions entre les français et surtout, elle n'a jamais permis à nos compatriotes des anciennes colonies de se sentir totalement et pleinement français (mais on comprend bien que c'était en fait le but de la manœuvre). Il ne s'agit pas pour autant, rappelle Soral, d'oublier le passé mais il s'agit désormais de dépasser les contentieux et de faire de l'histoire sérieuse, en bref, d'éviter de nous faire manipuler, de cesser de nous taper dessus et d'affirmer notre fraternité dans la France et pour la France.

3. DIALECTIQUE APLLIQUEE AU MODELE REPUBLICAIN ET A L'ISLAM

Après le préalable de la réconciliation, c'est-à-dire la pacification des rapports entre les individus que nous venons d'évoquer, reste la question du cadre de la réconciliation. Alain Soral avance cette idée qu'il faut réinventer un modèle républicain de fraternité en se demandant « comment faire une réunion fraternelle de communautés fières de leurs valeurs et de leurs origines mais qui participent toutes à la grandeur de la France ? ». Il cite alors un exemple historique où un tel modèle a fonctionné en France et dont nous pourrions nous inspirer : celui du Grand Sanhédrin et du pacte social entre Napoléon et la communauté juive, pacte qui a débouché sur la pleine intégration des juifs dans la nation française et a permis qu'ils contribuent à l'aventure de la nation française et à sa grandeur (exemple historique qui soit dit en passant est quelque peu oublié aujourd'hui par les organisations représentatives juives).

Cette dynamique et cette plasticité des concepts et des principes s'est également retrouvée dans le discours du Recteur Oubrou . Celui s'est également réclamé d'une démarche quelque peu « marxienne » dans la réflexion qu'il opère à propos de l'Islam.  Face à la dynamique, pour ne pas dire l'accélération de l'histoire, il a semblé revendiquer l'utilité d'une certaine méthode dialectique pour trouver les conciliations et les adaptations nécessaires.

Mais voilà, toutes ces dispositions raisonnables et réfléchies de ceux qu'on présente paradoxalement comme des extrémistes, ne parviennent pourtant pas à lever les craintes et à calmer les hostilités de certaines personnes qui, pour le coup, apparaissent finalement à leur tour comme quelque peu extrémistes et bornées. Nous avons déjà évoqué l'hostilité et le racisme larvé de la Gauche antiraciste qui d'ailleurs n'est, à priori, pas venue participer au débat ce soir là, préférant visiblement le chahut dans la rue et le folklore d'un attroupement derrière une bannière intitulée « resistencia antifascista » (parce qu'en plus ils ne seraient pas français !?). A moins que leur émissaire très spécial n'ait été ce jeune scolastique prenant la parole dès l'ouverture de la discussion pour nous faire part de sa passion biblique pour Marx et postuler, comme vérité éternelle et comme résolution finale de l'histoire, la victoire d'un prolétariat essentialisé, nous offrant donc au final un bel exemple d'idéalisme intégriste, une position très peu dialectique et en définitive très peu marxiste.

Mais venons-en maintenant à la deuxième partie du sous titre de la conférence, sous-titre qui était, je le rappelle, « Pourquoi la gauche antiraciste et la droite islamophobe n'en veulent pas ? ». Dans la chronologie du débat, après qu'aient été exposées les motivations et les méthodes de la gauche dite « antiraciste », c'est en effet une question venue du Collectif contre la Grande Mosquée de Bordeaux qui a engagé la discussion, cette fois avec donc une Droite qui s'affirme catholique et opposée à l'Islam. A la différence des gauchistes, ces personnes sont venues écouter et dialoguer, ceci semblant déjà un signe d'honnêteté. Nous verrons toutefois que  la démarche n'était peut-être pas aussi bienveillante qu'on pouvait le penser.

5. LES CRAINTES D'UNE CERTAINE FRANGE DE LA POPULATION FRANCAISE

Pour revenir aux instrumentalisations opérées sur les populations, il faut se rendre à l'évidence que l'enjeu politique actuel, la manipulation en cours, se situe plutôt du côté du petit blanc français, issu de préférence de la classe moyenne et de culture chrétienne, parce que tout simplement celui-ci est démographiquement majoritaire et qu'il subit déjà et va subir encore davantage le choc de la crise financière et l'effritement identitaire de son pays.  Le pouvoir capitaliste-mondialiste se demande alors comment il va pouvoir lui faire encaisser la crise et, pour le dire vite, la destruction de son pays.

C'est ainsi que dans un souci de dialogue et de clarification, nous, membres d'Egalité et Réconciliation, avions fortement incité les membres du Collectif contre la Grande Mosquée de Bordeaux qui s'affirment comme anti-mondialistes et déclarent leur identité essentiellement menacée par l'Islam, à venir poser des questions, même les plus dérangeantes, puisque ce sont souvent les plus intéressantes. Et les questions furent effectivement pertinentes. On déplorera seulement que monsieur Larebière, le président de ce collectif, n'ait pas tenu sa promesse, réaffirmée pourtant auprès de nous le matin même, de ne pas filmer l'« intervention » de son collectif et qu'il finisse par perturber le dialogue. Nous connaissons ce collectif et les mouvances identitaires auxquelles il se rattache. Nombre de leurs revendications sont légitimes et leurs actions sur le terrain, quand elles ne cèdent pas à la provocation simplificatrice, nous semblent intéressantes. Toutefois, nous avons également noté sur les blogs qui relaient leur message une tendance à la manipulation, par la fragmentation des discours et la décontextualisation des idées ; une méthode visant à plier le réel à la fiction qu'on défend et qui n'est pas sans rappeler les méthodes trotskystes. Il est d'ailleurs étonnant de voir cette mouvance souvent s'adresser à son « public » sur ce mode de la provocation superficielle, comme si celui-ci n'était pas capable de saisir les nuances ou entrer dans un minimum de subtilité (mais on comprend que cela l'obligerait par la même occasion à précisément sortir de la fiction). A Egalité et Réconciliation, nous ne voulons pas nous raconter d'histoires ni faire baisser le niveau et nous pensons que les questions délicates touchant à l'identité de la France méritent mieux que cela et ne se règlent pas à la légère. Voilà la raison pour laquelle nous avons tenu à ce qu'on ne puisse pas utiliser d'images de la conférence avant sa publication intégrale en ligne par nos soins.

Fort heureusement, malgré ce petit incident, le camarade de monsieur Larebière, a pu aller au bout de ses questions et le débat a pu se poursuivre. Il a témoigné de son inquiétude concernant la construction de cette mosquée et a dressé un  tableau très juste de la situation que connaît la France aujourd'hui, à savoir la présence d'une population musulmane importante qui, immanquablement, interroge l'identité chrétienne et européenne de cette nation. Il a également temoigné d'une forme d'injustice ressentie face à l'attitude des pouvoirs publics qui donnent souvent l'impression d'être bienveillants envers l'Islam pendant qu'ailleurs ils délaissent quelque peu le patrimoine chrétien.

A cela, le Recteur Oubrou s'est empressé d'affirmer qu'il entend bien ce message venant de ce qu'on appelle la majorité silencieuse ; cette majorité de français dits « de souche » (ou appelés malheureusement « sous chiens » par certains), souvent de la classe moyenne et de culture catholique et qui n'ont pas à proprement parler de communauté constituée.  Le Recteur a répété être sensible à la souffrance de cette population qui, entourée de minorités agissantes qui continuent de la charger de tous les maux, craint pour son avenir. Et par là, il a également voulu rassurer l'auditoire. Il a rappelé d'abord quel était son rôle : organiser un culte qui concerne désormais dans la région bordelaise plus de 30 000 personnes. Ensuite, concernant la future grande mosquée, il a  rappelé en premier lieu, que sa construction était conforme à la loi, rappelant ensuite son utilité en tant que lieu d'édification : « c'est dans votre intérêt qu'il y ait des mosquées qui absorbent et canalisent cette spiritualité et cette présence » a-t-il dit, soulignant par là son opposition ferme à un Islam qui se développerait de façon anarchique et sauvage et qui ne pourrait être que préjudiciable au bien commun. Le message qu'a voulu faire passer cette autorité morale de la communauté musulmane de Bordeaux est donc le suivant : nous ne sommes pas vos ennemis, nous ne vous voulons aucun mal. Et de reconnaître la primauté du catholicisme en France, et de réaffirmer une volonté de transparence absolue en ce qui concerne l'implantation et l'organisation de son culte ici à Bordeaux : « La future mosquée sera ouverte à tout le monde, musulmans et non musulmans ». Un discours on ne peut plus rassurant.

Maintenant, afin d'être totalement impartial sur ce qui s'est dit durant cette soirée, nous mentionnons pour finir quelques questions qui sont restées en suspens ou qui n'ont pas provoqué, disons, de consensus entre nos invités.

6. LES QUESTIONS EN SUSPENS

La première question concerne l'immigration. Là où le Recteur Oubrou veut y voir un phénomène inéluctable, sans d'ailleurs distinguer ce qui relève du projet individuel du projet économique global, Soral pense que ce libre échange intégral, outil du capitalisme mondialisé, est à repenser car tous les peuples y sont perdants. Rappelons que monsieur Oubrou est un théologien, ce qui peut expliquer sa réticence à porter un jugement disons plus politique sur les évènements. Ce même genre de disposition s'est manifesté lorsqu'il a parlé de la diversité des tendances (politiques, idéologiques, culturelles, sexuelles) au sein de sa communauté. Il ne porte pas de jugement sur les citoyens mais sur les croyants. Le réel semble être questionné à l'aune de la foi. Ceci étant dit, c'est en quelque sorte négativement que nous avons pu juger de sa position sur la question de l'immigration puisqu'il n'a pas jugé bon de polémiquer sur celle de Soral.

La deuxième question, d'ailleurs soulevée par le membre du Collectif anti-mosquées, est celle de la double nationalité. C'est en effet une question délicate, reconnue comme telle par le Recteur. En l'état actuel des choses, il est clair que cette question pose problème, sans toutefois constituer un nœud inextricable ni un obstacle incontournable, d'autant qu'elle est loin de concerner tous les musulmans. Et puis nous n'avons jamais prétendu à E&R que tout était déjà réglé et qu'il ne restait pas du travail à faire. Il faut prendre le temps et continuer à penser des solutions pour la France de demain.

D'ailleurs, à cette question Soral n'a pas manqué de lancer les pistes de réflexions avec l'inévitable question qui découle de cette double allégeance : la hiérarchisation. Sur quoi, le Recteur Oubrou a affirmé d'une certaine façon se sentir ici en France un français musulman et non un musulman français.

Enfin, autre question, émanant une fois encore du Collectif anti-mosquées, celle d'un éventuel référendum bordelais à propos de la construction de la future grande mosquée. Une sorte de traitement de faveur pour l'Islam de Bordeaux, puisqu'à ma connaissance, ce genre de consultation n'est jamais mis en œuvre pour de tels projets. Les bordelais n'ont par exemple pas été consultés pour donner leur avis sur l'implantation d'une Eglise catholique traditionaliste dans le centre de leur ville, et c'est heureux. Une Eglise aux positions pourtant radicales et intransigeantes (mais il en faut pour le bien de la démocratie) et qui prend la liberté de célébrer le jour anniversaire de la mort du maréchal Pétain. Donc une consultation des bordelais sur la mosquée serait certes intéressante si elle porte essentiellement sur les critères architecturaux ou le fonctionnement de ce lieu et les modalités de son intégration dans la vie de la cité. Pour le reste, on ne voit pas bien où le refus de sa construction peut mener ni quels seraient les effets positifs de ce refus pour les bordelais. S'ils s'agissait encore de la construction d'un supermarché érotique du genre Sexy Center en pleine ville, on pourrait comprendre une telle débauche d'énergie et de moyen pour empêcher un tel projet mais dans le cas de la mosquée on reste un peu dubitatif.

Voilà pour les quelques questions en suspens ou qui mériteraient d'être encore débattues. Si ce compte-rendu ne prétend pas être exhaustif, il a souligné en revanche les grandes questions qui ont été abordées et a voulu rendre le climat dans lequel s'est déroulé la conférence. Comme nous le rappelons dans la conclusion qui suit, il s'est en effet passé des choses.

7. CONCLUSION

Alors que nombre d'acteurs politiques voient leur discours sans cesse démenti par le réel, c'est à plusieurs reprises ce soir-là, dans l'unité de temps et de lieu qu'a constitué cette conférence, que le réel est venu confirmer les dires d'Egalité et Réconciliation. Comme disait Lénine : « les faits sont têtus ».

Contrairement à ce qui se fait souvent en matière de conférences et afin que le mot « dialogue » prenne tout son sens, nous avions pris le parti de laisser toute la place au débat. Les questions-réponses ont donc duré deux heures, l'échange fut de très bonne qualité et s'est déroulé sans problème majeur ; une démonstration par les actes, qu'il est possible de réfléchir ensemble, au-delà de nos allégeances individuelles, sur des sujets importants et difficiles et qu'il est même possible très souvent de trouver des solutions et de s'entendre !

Autre confirmation par le réel de ce que nous ne cessons pas de répéter à E&R : l'absence dans le débat et sur des questions sérieuses de représentants de ceux qui se définissent à Gauche sur l'échiquier politique. Mais où est donc passée la Gauche ? Certes, dans un contexte ordinaire, il serait ridicule de reprocher à quelqu'un de ne pas venir à un débat mais, en l'occurrence, l'intitulé de celui-ci soir-là concernait directement la Gauche antiraciste. Comme ces gens-là se sont déplacés pour faire du chahut dans les rues à proximité de la salle, on aurait pu penser que quelques-uns en auraient profité pour venir alimenter le débat. Il n'en fut rien et ils ont visiblement voulu donner des leçons de démocratie en refusant tout simplement le dialogue ! A cette première contradiction vient s'en ajouter une autre : ces sortes de milices dites « antiracistes » sont aujourd'hui, chose relativement nouvelle, prêtes à « cogner » sur des français musulmans ; monsieur Besancenot, sur les conseils de sages avisés, avait peut-être suggéré de, comme il aime à le dire, « faire le ménage ».

Pour ce qui concerne la Droite que nous pourrions qualifier d' « identitaire », là encore, les faits sont venus démontrer les dires. Une grande partie du combat de cette mouvance est tout à fait respectable dans la mesure elle s'inscrit dans la défense de l'enracinement, la sauvegarde du lien social et la préservation des identités menacées par le mondialisme. Et il est dans leurs rangs, nous le savons, des personnes parfaitement honnêtes. Seulement, à l'instar des « gauchistes », nous déplorons qu'ils se laissent  parfois gagner par le pathos, s'interdisant par là une compréhension sereine des enjeux et sacrifiant une énergie et une intelligence qui pourrait vraiment être mise au service de ce qu'ils défendent. Le petit écart de conduite constaté ce soir-là de la part d'un de leurs représentants, alors que toute la salle écoutait avec attention le propos de son camarade, est à ce titre révélateur. Et puisque nous sommes dans le sujet, terminons par ce petit emportement de fin de soirée de la part d'un jeune musulman, écart de conduite et de langage sanctionné par le départ du Recteur de la scène. Il est visiblement des façons de parler et de se tenir que ne tient pas à permettre l'Imam de Bordeaux, une réjouissante petite leçon de tenue et de politesse à méditer.

Si, comme nous venons de le voir, les faits sont têtus, nous savons que certains ne manqueront pas de mauvaise foi ni de malhonnêteté pour les déformer et les travestir. Mauvaise foi et malhonnêteté sont en effet des qualités que nous ne sous-estimons pas chez nos adversaires.

Pour notre part, des discours et des attitudes des uns et des autres lors de cette soirée, des réactions qu'elle a suscité, nous tirons d'ores et déjà un enseignement : les fondamentalistes et les bornés ne sont en réalité pas ceux qu'on croit. CQFD.

 

Stéphane (E&R Aquitaine)

 

16.12.2008

Miss Fwance

MISS FWANCE

 

UN
BILLET
de
PAUL DAUTRANS

A propos de :
Tu suces ?


16-12-2008

Nous avons une miss France métisse.

C’est sûr que ça va tout changer.

Moi, je m’en fous.

Qu’est-ce que vous voulez que ça me fiche, de savoir quelle créature formatée la mafia des miss propose à l’adoration du public des veaux

Apparemment, le public avait voté plutôt pour une Miss Lorraine. Une Blanche, avec des yeux bleus. Une jeune fille française d’aujourd’hui, c'est-à-dire profondément inintéressante. On apprend, sur le site de « Miss France », que l’œuvre qui l’a plus marquée, c’est : « Le Diable s’habille en Prada ». Les autres candidates les mêmes goûts : « Parce que je t'aime » de Musso (miss Rhône Alpes), « Et si c'était vrai » de Marc Levy (miss Artois Hainaut), « Une vérité qui dérange » d'Al Gore (miss Flandres), « Où on va papa ? » de Fournier (miss Ile-de-France). Quelques-unes ont cité « Mesrine », le film. Ça doit être le dernier qu’elles aient vu.

Le juré des « personnalités », lui, a choisi miss Albigeois Midi Pyrénées, une métisse Noir/Blanc. Elle fait partie des cervelles de moineau sur lesquelles s’est temporairement imprimée l’image de l’ennemi public numéro un (lequel aura probablement défouraillé sans complexe sur le jury, le public et même, qui sait, sur une ou deux miss, la galanterie se perd).

Cette miss à peau sombre, à part sa couleur, rien ne la distingue dans le lot. La femme qu’elle admire le plus est Halle Berry. Son sport, c’est le parapente. Son « réflexe beauté », c’est le mascara et le blush. Et puis être naturelle, aussi. Cette fille est un pur produit du système, zéro défaut, parfaitement formaté. Comme d’ailleurs toutes les autres candidates. Ni plus ni moins. Son truc, dans la vie, telle que je la pressens, c’est consommer et être belle. Comme toutes les autres candidates.

Sur le site de miss France, il y a quantité de commentaires d’internautes. Dans l’ensemble, l’écho est défavorable. D’aucuns trouvent que ce veau froid-là est moins mignon qu’un autre veau froid, beaucoup râlent à mots couverts contre la dictature du politiquement correct, qui a voulu que miss France ait la peau brune. Et pourquoi que c’est le jury qui tranche, hein ? Ils contestent, les gueux. Forts de leur statut de téléspectateurs avachis, ils exigent que vox populi, vox dei, non mais alors !

C’est d’un ridicule…

Un pays capable de se passionner pour l’élection du produit le mieux formaté n’a de toute façon plus aucun intérêt. De quoi ils se plaignent, tous ces gens ? De ce que « miss France », la « miss » qui représente la France, n’ait pas la peau blanche ? Mais mes petits agneaux, la première question à se poser, c’est : est-ce que c’est à une « miss » de représenter la France ?

Pour moi, l’élection de « miss France », c’est un de ces moments déprimants où le système démontre son aptitude à imprégner l’esprit collectif. D’abord, il y a le concept même de « miss ». Ce mot anglais vidé de son sens n’exprime, à bien y réfléchir, que la prédominance du type humain de la « jeune fille » dans nos sociétés réduites à l’impératif de jouissance, condamnées à l’inconscience, enfermées dans l’instantanéité. Fantasme de jeunesse, individualisme narcissique, je ne vous inflige pas le topo complet : nous le connaissons tous.

Oui, vraiment, de quoi ils se plaignent, tous ? De ce qu’un système réduit à l’autopromotion hystérique des fausses valeurs commerciales se choisisse comme porte-drapeau l’individu le plus déraciné, le plus artificiel, le plus coupé du substrat charnel du peuple ? Autant s’étonner qu’un unijambiste marche à cloche-pied. Comme tout le reste du système médiatique, le concours « miss France » est un instrument de conditionnement des masses. Ce conditionnement est fait pour que le populo prenne l’habitude de croire que le type humain à admirer, et donc à imiter, c’est la « miss » : voilà le vrai scandale. Que cette miss, métisse, ne représente pas l’archétype féminin que le Français « de souche » a intériorisé, en revanche, n’a rien d’une nouvelleté insupportable. C’est tout au plus un changement de vitesse.

Cela fait des décennies que les veaux se laissent bourrer le crâne avec cette idée stupide que la femme, c’est la jeune fille – pas la mère, pas l’épouse, pas la travailleuse qui, jadis, tenait le ménage au moins autant que son fainéant de mari. Voilà le vrai problème.

Jusque-là, le troupeau immense du bétail humain a gentiment suivi ses mauvais bergers, mais maintenant qu’on leur inflige une idole qui leur ressemble un peu moins, ces ilotes crétinisés le prennent de haut. Et les veaux de mugir que ce n’est pas normal, que c’est à eux de choisir qui ils adoreront.

Je trouve très comiques ces imbéciles qui se font conditionner depuis si longtemps avec une passivité quasiment complice, et qui, soudain, beugle que le concours était truqué. Mais pauvres truffes, le concours a toujours été truqué ! Il est un trucage en lui-même, c’est son essence. Si au moins, à la faveur de ce crime de lèse-jeune fille pâlichonne, vous pouviez vous réveiller et réaliser à quel point vous êtes pathétiques, avec vos concours de miss France et tout le folklore commercialo-débilissime qui vous sert de prêt-à-ne-pas-penser ! Mais non : dans un an, on vous donnera une autre nunuche bien balancée, blanche celle-là, et vous serez heureux.

Il fut un temps où la France, c’était Jeanne d’Arc en armes. Maintenant, c’est une miss colorisée. Faudra vous y faire, les citoyens-téléspectateurs payants : vous avez chopé la mentalité des miss, alors vous n’avez pas fini de vous faire mettre.

Bien fait pour vos gueules, bande de cons.

 


Vous pouvez librement diffuser ce texte sous forme électronique sur le web et à titre gratuit. En revanche, ce texte est publié sur le site Scriptoblog.com tous droits réservés pour toute diffusion sur support papier et/ou à titre payant.
Pour contacter l'auteur de ce texte, envoyez vos courriels à l'adresse suivante :
paul.dautrans@scriptoblog.com

14.10.2008

Euthanasie pour l'Occident - Le salut de l'Europe viendra de l'est

Emmanuel Todd confirme les vues d'Egalité et Réconciliation sur le retour de la Russie dans le concert des nations.


Le gouvernement français me fait penser à un rat qui monterait sur un navire en train de couler

Rencontre avec le politologue le moins conformiste de la communauté française

Petit-fils de l'écrivain Paul Nizan («J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie », Aden Arabie) et fils du grand reporter Olivier Todd, Emmanuel Todd est ingénieur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED). Ennemi farouche du « libre-échange » et partisan d’un « protectionnisme européen raisonnable », le politologue explique au Courrier de Russie qui est responsable du conflit géorgien et pourquoi la France devrait reconnaître l’indépendance de l’Ossétie du Sud.


Le Courrier de Russie : A qui faut-il imputer la faute dans la crise géorgienne ? Aux Russes, aux Géorgiens ou aux Ossètes ? Emmanuel Todd : Je propose d’observer le problème de la crise géorgienne d’une façon plus large, dans le cadre des enjeux géopolitiques internationaux. Il faut se rappeler qu’après la chute de l’URSS et le repli stratégique de la Russie, les Etats-Unis sont devenus l’unique superpuissance mondiale. Ils ont adopté, à partir de 1996-97 un comportement agressif vis-à-vis d’autres pays du monde. On en a vu les manifestations dans l’invasion de l’Irak, dans la campagne anti-iranienne de l’administration américaine ou encore dans l’attaque menée par Israël, pays satellite des Etats-Unis, au sud-Liban. La crise géorgienne n’est qu’une étape supplémentaire dans cette séquence agressive du système américain.

LCDR : Pourquoi une telle hostilité ?
E.T. : Les Etats-Unis se comportent de façon agressive parce qu’ils sentent leur puissance s’affaiblir. Le monde américain subit une crise économique, sociale et culturelle grave. L’effondrement financier actuel n’en est qu’une nouvelle preuve. Entre-temps, nous observons d’autres pays du monde regagner leur puissance. On assiste à une montée spectaculaire de l’Inde et de la Chine. On voit également le rétablissement de la Russie qui retrouve son équilibre économique et enregistre des taux de croissance élevés. Le monde change à grande vitesse, mais tous ne s’en rendent pas compte. On trouve encore beaucoup de gens inconscients du déclin industriel des Etats-Unis et de la fragilité de leur système. Ce fut justement le cas des Géorgiens qui se sont lancés dans la conquête de l’Ossétie se croyant soutenus par le camp « occidental » mais se sont retrouvés victimes de l’impuissance matérielle de leur allié américain. Mikhaïl Saakachvili a sous-éstimé la nouvelle capacité d’action de la Russie. Celle-ci ne souhaite pas voir l’OTAN s’installer à toutes ses frontières et n’hésite plus pas à utiliser son armée pour faire entendre son « non ».

LCDR : Croyez-vous que les Etats-Unis aient incité la Géorgie à attaquer l’Ossétie ?
E.T. : On ne sait pas exactement comment la décision a été prise et, probablement ne le saura-t-on jamais. Mais la vraie question, c’est comment la Géorgie a-t-elle pu s’imaginer qu’elle allait faire plier la Russie ? Comment Saakachvili a-t-il pu envoyer ses troupes en Ossétie, alors que la partie la mieux équipée de l’armée géorgienne était en train de soutenir les Américains en Irak ?

LCDR : Pourtant, la Géorgie a été écrasée par l’armée russe et les Etats-Unis, à supposer qu’ils ont effectivement joué un rôle dans le conflit, auraient dû prévoir ce scénario...
E.T. : Il faut se rappeler que l’on ne connaît toujours pas l’issue de la crise. Elle semble avoir conduit les Polonais à finalement accepter l’installation du système anti-missile américain sur leur territoire. Elle pourrait pousser les gouvernements européens à affaiblir leurs liens avec la Russie et se rapprocher encore plus des Etats-Unis. Qui sait si les stratèges américains n’ont pas espéré entraîner la Russie elle-même dans une séquence agressive, la conduisant à adopter une posture revancharde et conquérante nuisible à son statut international. L’administration américaine aurait pu sacrifier le pion géorgien pour améliorer sa situation sur la scène internationale. Les Américains jouent au poker, vous savez. Les Russes jouent aux échecs. Ils ont pris le pion géorgien, montré que l’Amérique ne les impressionnait plus, mais ils ont fait du maintien de relations paisibles et utiles avec l’Europe de l’Ouest leur priorité.

LCDR : Comment expliquer la réaction de l’Europe au conflit géorgien ?
E.T. : Les gouvernements européens sont pris dans un dilemme entre les intérêts de leurs peuples et ceux de leurs élites. Ce n’est pas un grand secret : les oligarchies occidentales sympathisent avec les Américains et soutiennent leur politique. Les peuples européens non. L’intérêt géopolitique de la France en tant que puissance moyenne et européenne serait une entente cordiale et stratégique avec la Russie.

LCDR : Pourtant, dans la société occidentale, on parle plus souvent de la me-nace russe...
E.T. : La Russie n’est pas une menace pour l’Europe de l’Ouest. Je dis consciemment « Europe de l’Ouest » parce que les Russes sont des Européens. La Russie a terriblement souffert de la deuxième guerre mondiale et ne cherchera pas, j’en suis convaincu, à déclencher de nouveaux conflits. La Russie a par ailleurs constaté, du temps de l’URSS, que l’Empire était une entreprise peu rentable. Son déclin démographique interdit de toute façon un fantasme expansionniste. La menace militaire russe est un mythe. La mise au pas de la minuscule Géorgie ne démontre pas que l’armée russe est toute-puissante. Elle démontre simplement que, dans le Caucase, la puissance militaire américaine n’existe pas.

LCDR : Mais outre la sécurité militaire, il existe la sécurité énergétique...
E.T. : Il ne faut pas oublier que la Russie et l’Europe de l’Ouest se retrouvent en état d’interdépendance. L’Europe a toujours besoin du gaz russe, mais la Russie a besoin des biens d’équipement européens, de technologies et de savoir-faire. Et ce n’est pas par hasard que les producteurs d’automobiles européens s’implantent en Russie et y travaillent avec beaucoup de succès.

LCDR : Si la France est intéressée à maintenir ses liens avec la Russie, pourquoi la presse occidentale adopte-t-elle une attitude aussi critique à son égard, notamment dans la couverture du conflit géorgien ?
E.T. : Les journalistes européens se montrent souvent hostiles à l’égard de la Russie au nom d’une sorte de maximalisme libéral. Peu conscients de ce qu’ils vivent eux-mêmes dans des systèmes certes forts libéraux, mais de plus en plus inégalitaires, oligarchiques même, ils se croient obligés d’exiger, hors de chez eux, des démocraties parfaites, tout de suite, indépendamment du contexte économique ou social de transition. Avouons le aussi, les journalistes européens sont rarement compétents en géopolitique. Il sont souvent très naïfs. On pourrait aussi citer comme explication le peu d’efforts du Kremlin visant à séduire la presse occidentale. Habitués à l’attitude beaucoup plus séductrice de leurs propres hommes politiques, les journalistes européens et américains ne peuvent qu’être déçus par ce manque de ménagements. Pourtant, je peux vous assurer qu’en France, dans la communauté des experts, on trouve beaucoup de personnes qualifiées qui apprécient à sa juste valeur le rôle de la Russie dans le rétablissement de l’équilibre mondial.

LCDR : On trouve beaucoup d’adeptes de l’idée selon laquelle la Russie porte toujours l’héritage de l’Empire du Mal qu’elle représentait encore il y a une trentaine d’années...
E.T. : Quant à moi, je considère que la Russie a joué un rôle plutôt positif dans l’histoire universelle. J’appartiens à la génération qui se rappelle encore que l’issue de la deuxième guerre mondiale s’est jouée à Stalingrad et que c’est aux Russes que nous devons notre liberté. L’histoire de la Russie démontre que sa vision du monde est spontanément égalitaire et multipolaire. A l’inverse des Etats-Unis qui se trouvent aujourd’hui dans un rapport asymétrique d’exploitation du monde. La France aurait dû s’en rendre compte et se rapprocher des puissances émergentes plutôt que de suivre l’Amérique dans une sorte de crispation « occidentaliste ». Le gouvernement français me fait penser à un rat qui monterait sur un navire en train de couler.

LCDR : Les Russes, ont-ils eu raison de reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud ?
E.T. : Bien évidemment.

LCDR : Pourtant, juridiquement, ce sont deux provinces géorgiennes...
E.T. : Dans le cas de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, nous assistions à une non coïncidence devenue dramatique entre l’état des faits réels et l’état juridique. Les populations de ces deux pays ne souhaitent pas être géorgiennes. Au stade actuel, la seule solution de paix à long terme est l’acceptation de la réa-lité. Sinon, le gouvernement géorgien va continuer d’envisager des solutions violentes, de domination ou même de nettoyage ethnique. Or l’intérêt réel des Géorgiens c’est la paix, le développement économique et une relation stable et positive avec la Russie dont ils ont tant besoin. En reconnaissant l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, les Européens de l’Ouest libéreraient les Géorgiens eux-mêmes du fardeau de leur histoire et de leur rancune.

LCDR : La France devrait-elle reconnaître l’indépendance de ces deux états ?
E.T. : C’est mon souhait le plus cher. Si je deviens président de la République, ce sera l’une de mes premières décisions.

04.03.2008

E&R Aquitaine soutient le CRIF!!!

1231987429.png

Le CRIF demande à la France de reconnaître l'indépendance de la France

 
Au vu de la volonté manifeste de l’Union Européenne de poursuivre jusqu'à son terme l'éradication totale de la nation française, le CRIF (Comité pour le Respect de L’Identité Française) adjure tous ses compatriotes français à exercer sur l'Etat français qui ne les représentent plus toute la pression nécessaire pour qu'il se conforme enfin à l'éthique internationale concernant le droit des minorités autochtones sur leur territoire historique et cesse de pratiquer à leur encontre une politique de destruction culturelle inexorable tout en prêchant à l'extérieur les vertus de la diversité culturelle.
Nous demandons, puisque le peuple français sur le territoire correspondant à l'Etat français, Etat souverain jusqu'à l'abolition unilatérale de cet Etat par la construction européenne, a refusé dans sa majorité le projet de Constitution européenne, à la différence de ses prétendus représentants qui ont violé sa souveraineté en le faisant passer en force, qu'une commission d'experts internationaux indépendants soit constituée pour examiner le véritable statut juridique de la France au regard du droit international et qu'on y restaure des formes appropriées de souveraineté linguistique, culturelle, administrative et politique. Il y va de la survie d'un peuple européen, le peuple français, en tant que peuple.

Les signataires renvoient à la définition contenue dans la déclaration de l’UFCE (Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes) en date de 1994 que nous
présentons ici sous une forme adaptée.
Par communauté ethnique / minorité nationale autochtone, on entend une communauté :
1. qui habite sur le territoire d’un état de manière close ou dispersée,
2. qui est numériquement parlant plus petite que le reste de la population de l’Union,
3. dont les ressortissants sont des citoyens de cet état,
4. dont les ressortissants sont établis depuis des générations et de manière constante dans la
région en question,
5. dont les ressortissants peuvent être différenciés des autres citoyens par des caractéristiques
ethniques, linguistiques ou culturelles et qui sont disposés à conserver ces particularités.

Ainsi, au regard du droit international, le peuple français, majoritairement francophone, de type caucasien et de religion chrétienne, constituant un ensemble cohérent façonné par des siècles d’histoire dans un cadre géographique et marqué par des œuvres de civilisation est fondé à revendiquer un territoire indépendant et des institutions démocratiques réellement représentatives de sa volonté. Alors qu’en ce moment même la communauté internationale attribue en Europe un Etat indépendant à un territoire qui se prévaut, à tort, de semblables prérogatives, la revendication du peuple français à pouvoir abandonner son statut de province de l’UE et à pouvoir se reconstituer en tant que nation indépendante nous apparaît ressortir d’une légitimité qui ne souffre aucune discussion. Aussi, au nom de la démocratie et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, nous, militants et sympathisants du CRIF, appelons l’Etat Français et la communauté internationale à reconnaître expressément l’indépendance de la France.

Robert Gros (président du CRIF)

 

http://er-aquitaine.hautetfort.com

http://interferences.canalblog.com