23.05.2009
Conférence "Français, musulman et patriote"
FRANCAIS, MUSULMAN ET PATRIOTE
Pourquoi la droite islamophobe et la gauche antiraciste n'en veulent pas ?
En attendant l'intégralité de la vidéo en ligne, voici le point de vue d'Alain Soral sur la question, le texte d'introduction de la conférence par Stéphane Peyral ainsi qu'un compte rendu précis et fidèle des idées qui ont été échangées le samedi 18 avril à l'Athénée Municipale lors de la conférence "Français, musulman et patriote".
Sommaire :
I - FRANCAIS, MUSULMAN ET PATRIOTE
II - PATRIOTISME DE CONCORDE
III- LES MEDIATEURS DE LA REPUBLIQUE


II - PATRIOTISME DE CONCORDE
Bonsoir à tous,
Avant de laisser la parole à nos invités, je voudrais dire quelques mots à propos de l'association Egalité et Réconciliation dont je suis le coordinateur pour la région Aquitaine. E&R est une association qui a deux ans maintenant. Elle s'est créée sous l'impulsion de lecteurs d'Alain Soral, qui est donc ici présent et qui en est logiquement le président.
Pourquoi créer une énième association me direz-vous ? Je dirais : parce que tout simplement celle-ci n'existait pas. Alors certes, je vous accorde que c'est une condition nécessaire mais peut-être pas suffisante. Mais c'est en fait pour dire qu'aux yeux de ceux qui l'ont créée et de ceux qui la rejoignent maintenant depuis deux ans, il n'existe à priori pas vraiment d'équivalent en France, à savoir une structure métapolitique qui, pour le dire vite, affirme et défend un patriotisme français, patriotisme que je qualifierais de pacifique, ouvert et recherchant toujours l'unité, la concorde plutôt que l'agressivité et l'affrontement.
Donc, ça c'est pour la forme et l'esprit de la chose si je puis dire. Maintenant, il y a aussi le point de vue général que nous défendons et qui évidemment est corrélé à un objectif.
Alors bien entendu je vais faire bref, trop bref probablement, pour exposer ce point de vue, parce que déjà ce n'est pas l'objet de la soirée, mais bien évidemment, je vous invite pour approfondir à consulter les sites internet et à lire éventuellement aussi le petit journal Flash auquel collabore Alain Soral ou tout simplement je vous invite à venir discuter avec nous qui sommes bien sûr là pour répondre aux éventuelles interrogations.
Alors pour résumer, je dirais que notre positionnement fondamental c'est le refus absolu du modèle de société totalement amoral qui nous est progressivement imposé ici en France, à savoir le modèle du calcul égoïste, de l'échange marchand, c'est-à-dire la société de l'individualisme et de l'utilitarisme ; société qui, on le voit, ne crée que de la laideur et de la violence. Et donc, face à ce modèle, nous invoquons un monde totalement opposé, fait de valeurs morales, d'éthique, un monde - pour faire un petit jeu de mot - de décence et de sens. Nous défendons donc un modèle qui nous semble de surcroît être le meilleur gage d'une vie en commun pacifique et digne.
Seulement, il y a une condition majeure pour que puisse émerger un tel modèle, c'est que tous ceux qui aspirent à le voir s'imposer puissent s'unir pour le porter et le défendre. C'est le vieil adage « l'union fait la force ». Or, on voit bien que tout est fait aujourd'hui pour que de telles unions ne se produisent pas et qu'au contraire on cherche à alimenter les tensions et à créer les divisions. En politique, c'est par exemple la tentative de faire perdurer le désormais obsolète clivage gauche-droite. Ensuite, autre exemple,il y a également les représentations biaisées que donnent les médias dominants de tel ou tel groupe ou de telle ou telle communauté. Ca c'est l'éternelle stratégie du « diviser pour mieux régner ». Et aujourd'hui, il y a donc deux armes notamment qui servent cette volonté de division, deux pièges qui nous sont tendus dirais-je, pour éviter tout simplement que les gens ne se rencontrent et ne se parlent : c'est « le choc des civilisations » et le « communautarisme ».
Ces notions mériteraient évidemment d'être explicitées, il est d'ailleurs fort possible qu'elles soient évoquées ce soir. Ce qu’on peut rapidement dire, c’est ceci : le « choc des civilisations », c’est « je m’en prends à mon voisin parce qu’il est différent de moi et qu’on m’a suggéré que tous mes maux viendraient de sa présence à mes côtés et de sa volonté de me nuire » ; le « communautarisme » c’est : « je me regoupe avec mes voisins de même couleur, de même religion, de même sexe, de même pratique sexuelle, de même ce que vous voulez et je fais pression sur le pouvoir afin de m’attirer ses faveurs (et donc ses deniers aussi et surtout) tout en entrant inévitablement en concurrence avec les autres groupes pareillement constitués.
Il faut donc juste comprendre que ces processus ne font que produire des tensions, des conflits, de la lutte mais toujours horizontale la lutte, afin que bien évidemment elle ne soit pas dirigée contre le pouvoir.
Face à cela, ce que nous disons à Egalité et Réconciliation, c'est qu'il faut en premier lieu, si on veut être conséquent politiquement parlant, éviter ces pièges et plutôt tenter, comme je le disais, d'unir toutes les bonnes volontés qui veulent résister et ce autour de valeurs communes – alors je viens d'employer le mot « résister », dans le contexte vous comprenez qu'il s'agit de la simple volonté affichée de vivre ensemble en paix et dignement.
Reste que cette union doit aussi se faire au sein d'un cadre unificateur, et que le cadre qui, pour nous à E&R, nous semble le plus adéquat c'est un cadre culturel, historique qu'on appelle la Nation française et qui, dans des conditions qu'il faudrait bien sûr préciser, peut constituer un obstacle sérieux aux projets un peu inquiétants qui sont en cours.
Mais je le redis, le chemin de la concorde est sémé d'embuche, ce n'est pas une villégiature. La volonté de dialogue et d'entente en effet ne plait pas à tout le monde, nous en avons encore eu un exemple ce soir avec quelques agités manipulés qui faisaient du bruit au bout de la rue, mais bon, bien évidemment nous ne cédons pas, nous avons une ligne de conduite, nous n'en dévierons pas et nous continuerons notre travail de dialogue et de réconciliation et d'ailleurs nous le continuons ce soir.
Et je vais donc pour cela vous laisser maintenant aux bons soins de nos invités non sans avoir au préalable ajouté deux choses : d'abord un grand merci à notre ami Camel qui a grandement contribué à ce que la rencontre de ce soir se fasse. Donc merci à lui et à tous les autres camarades qui ont bossé sur la conférence.
Et j'en profite également pour annoncer la prochaine, c'est un peu loin, ce sera au mois d'octobre prochain et nous aurons le plaisir d'accueillir Alain de Benoist sur un thème également important, celui de l'écologie et plus précisément celui de la décroissance. Nous ne manquerons de vous rappeler tout ceci en temps voulu mais maintenant je laisse la parole à nos invités que je vous présente brièvement .....
Nous sommes donc très honoré de recevoir ce soir monsieur Tareq Oubrou, théologien, recteur de la mosquée de Bordeaux, homme de dialogue qui a beaucoup travaillé sur les rapports de l'Islam avec la société française, que ce soit sur les rapports avec le droit positif, la laïcité, la citoyenneté et qui a travaillé plus généralement sur la place du sacré et de la spiritualité dans un monde de plus en plus sécularisé.
A côté de monsieur Oubrou, monsieur Alain Soral nous honore également de sa présence... sociologue, pamphlétaire, romancier, cinéaste également, il a beaucoup travaillé sur l'évolution de la société française, notamment son évolution depuis mai 68...il se définit comme patriote français et intellectuel dissident, les deux statuts n'étant pas bien sûr sans rapport, et comme monsieur Oubrou, il va nous livrer son point de vue sur « l'Islam et le patriotisme français » et nous dire en quoi et pourquoi ces deux transcendances pourrions-nous dire suscitent de l'incompréhension quand ce n'est pas de l'hostilité. Après les questions, c’est-à-dire le débat qui suivra, je vous invite à vous rendre au stand librairie au fond de la salle pour dédicace et éventuellement poursuite des échanges. Voilà. Merci et bonne soirée à tous.
Stéphane (E&R Aquitaine)
III- LES MEDIATEURS DE LA REPUBLIQUE
Egalité et Réconciliation ne ressemble décidément à aucune autre association ou structure métapolitique en France. La raison principale en est je crois qu'elle est profondément... française ! Notre moteur est sans conteste l'amour de la France. Nous voulons que cette nation de quinze siècles perdure et puisse continuer à jouer un rôle d'agent historique dans la marche du monde. Pour cela, nous voulons incarner un patriotisme d'ouverture et de paix qui, face aux défis, recourre au courage et à l'intelligence et ne cesse, par ailleurs, de viser l'unité et la concorde. Ne comptez donc pas sur nous pour faire la guerre aux français, musulmans ou autres, qui partagent notre « weltanschauung ». Nos éthiques et nos valeurs prévalent sur nos intérêts individuels et nos intérêts de classe. Et puis, nous ne voulons pas nous départir de l'idée exprimée en son temps par Jacques Bainville que la France est une « œuvre de l'intelligence et de la volonté » et que « la France c'est beaucoup mieux qu'une race : c'est une nation ».
C'est donc dans cet état d'esprit que nous avons invité Tareq Oubrou, le recteur de la mosquée de Bordeaux, afin qu'il puisse, avec notre président Alain Soral, débattre des conditions et des possibilités pour les français, musulmans et non mususlmans, de s'inscrire dans un projet commun dont le ciment identitaire serait le patriotisme français et le cadre unificateur la Nation française. L'intitulé de la conférence était : « Français, musulman et patriote. Pourquoi la Gauche antiraciste et la Droite islamophobe n'en veulent pas ? »Voici un compte-rendu de ce qui s'est dit le samedi 18 avril, le tout accompagné de quelques réflexions sur les idées qui ont été exprimées.
1. LES MEDIATEURS DE LA REPUBLIQUE
La rencontre entre le président d'Egalité et Réconciliation et le recteur de la Mosquée de Bordeaux fut plus qu'une simple conférence, il s'est presque agi d'une véritable médiation. Les deux hommes ont fait preuve d'un certain courage, compte tenu des pressions et des menaces environnantes. Ils se sont posés en médiateurs de leurs groupes respectifs et très vite, de par leurs interrogations et leurs préoccupations communes, se sont presque transformés en médiateurs de la République elle-même vis-à-vis de la communauté nationale prise dans son ensemble. Car il s'agissait bien de deux français attachés à la France, parlant à la France et soucieux de l'avenir de leur pays que nous avions à la tribune ce soir là. Deux hommes qui, face aux va-t-en guerre et aux pousse-au-crime, n'ont de cesse d'appeler à l'apaisement et au dialogue.
Alain Soral posait ainsi très vite la question essentielle : « Comment faire de cette situation de fait [la présence de 6 millions de musulmans en France] quelque chose qui se termine positivement pour la France ? ». Les deux invités ont très vite convenu que le préalable à toute réflexion de ce genre est l'apaisement des tensions et que c'est le dialogue qui peut y contribuer. Ainsi, en prélude au dialogue qui allait s'ouvrir, ils ont tous les deux commencé par rappeler leurs positions de principe.
Dans son discours liminaire, le Recteur a très bien souligné les processus mondiaux en cours qui provoquent l'affaiblissement des Etats-nations et qui en retour induisent des revendications identitaires exacerbées. Il a surtout insisté sur l'interrogation à double sens que pose le caractère pluriculturel et pluricultuel de la France. L'Islam, par exemple, interroge l'identité française mais, en retour, il est lui-même interrogé du fait de sa seule présence dans la société française. Le Recteur a donc parfaitement posé les termes du dialogue que nous voulions développer ce soir là. Le représentant de l'islam de Bordeaux n'a également pas manqué de rappeler qu'il faut « sauver les valeurs de la République parce qu'elles sauvent tout le monde », et d'insister sur le génie de la France d'avoir inventé ce modèle sociétal et politique sur lequel il faut s'appuyer pour « éviter le combat des identités » et « bâtir un projet commun ».
Alain Soral n'a pu que se réjouir d'une telle disposition d'esprit et s'est alors empressé de fustiger les processus qui précisément veulent faire obstacle à cette concorde républicaine. Car pour qu'une telle réconciliation fonctionne, encore faut-il lever les malentendus et débusquer tous les pièges qui s'y opposent. Il s'est ainsi empressé de rappeler que les immigrés venus de nos anciennes colonies sont venus en France « avec des balais dans les mains et non avec des fusils ». L'immigration est donc bien un outil du capitalisme mondialiste et il n'y a pas de complot ni de projet de conquête ou de subversion de la France par l'Islam. « La crise financière vient de Wall Street et non d'un pays arabe ! » lance-t-il. L'islamisme n'est donc bien que l'instrumentalisation d'une religion par le mondialisme marchand en vue d'alimenter le conflit de civilisation qui, semant la division, sert les intérêts de ce même mondialisme. Voilà un premier malentendu levé.
Parmi les pièges et les obstacles qui jalonnent le chemin de la réconciliation, Alain Soral a tenu également, et très vite, à s'arrêter sur l'un d'entre eux : la manipulation orchestrée par la Gauche, manipulation dont nous avons eu une traduction concrète sur le terrain le soir même. En effet, aux abords de la salle, une délégation de Gauche, composés d'anarchistes et de jeunes d'extrême-gauche, s'opposait à notre réunion et criait, au nom de l'antifascisme, ne pas vouloir du dialogue et de l'effort de paix auquel nous aspirons. Il est donc en retour légitime de se demander si finalement, à l'insu de leur plein gré, ces jeunes gens ne poussent pas à l'effet contraire, c'est-à-dire à la guerre...
2. UN OBSTACLE A LA RECONCILIATION : LE RACISME DE LA GAUCHE
Le phénomène qu'a ainsi tenu a dénoncer Alain Soral, c'est le racisme déguisé, conscient ou inconscient d'une gauche et d'une extrême-gauche laïcarde et prétendument progressiste. En effet, ces mouvances racialisent sans cesse les problèmes sociaux et homogénéisent à la façon coloniale les populations d'origine immigrée (les blacks, les beurs). Et Soral de légitimement se demander : « Pourquoi un noir devrait-il être solidaire d'un noir ? », « Demande-t-on à un blanc d'être solidaire d'un blanc ? ».
C'est en fait toute la manipulation opérée par la Gauche et alimentée par l'extrême-Gauche à l'endroit des populations immigrées qu'a voulu dénoncer le sociologue ; c'est-à-dire le modelage de ces populations dans une optique néocoloniale modernante et leur utilisation à des fins de division. Pour le dire simplement, la Gauche a utilisé les immigrés pour servir ses intérêts propres. Il fut un temps où son intérêt était que le beauf français ne touche pas à son pote, c'est-à-dire accepte l'immigration dont elle profitait économiquement (on remarquera que dans l'autre sens, il était moins demandé à ce que le pote ne touche pas au beauf français qui était alors le vrai bouc émissaire).
Seulement aujourd'hui, le « colon » capitaliste de Gauche doit également veiller à ce que les tensions qui risquent résulter de la crise, crise qu'il a lui-même contribué à provoquer, ne trouvent pas une échappatoire verticale mais horizontale. On sent donc bien que la Gauche voudrait aujourd'hui autoriser un peu plus le beauf français, majoritaire, à y « toucher » à son pote. La Gauche change de paradigme et donc de bouc émissaire afin que le danger soit identifié comme venant des arabes et non de la folie de Wall Street. D'où, d'un côté, la future nomination de Philippe Val, islamophobe d'extrême-gauche et directeur de Charlie-Hebdo, à la tête d'une des plus grandes radios de France et la bienveillance déjà affichée à l'endroit de Marine Le Pen dont le discours commence à se teinter d'anti-islamisme primaire.
3. PREALABLE A LA RECONCILIATION
Face à toutes ces manipulations et à tous ces pièges et dans l'optique d'une résorption pacifique des tensions et d'une harmonisation des communautés, le président d'Egalité et Réconciliation a en quelque sorte proposé trois lignes de conduites qui sont autant de messages à l'adresse de ceux qui se sentent concernés par l'avenir de la France.
Il a recommandé, premièrement, d'abandonner le modèle colonial jaurésien. Ce modèle assimilationniste français, inventé et appliqué par la Gauche, n'est plus opérant aujourd'hui car il agresse les identités et les spécificités, ce qui dans le contexte du mondialisme uniformisant est évidemment inconséquent. En second lieu, et pour la même raison, Soral s'est opposé au métissage comme idéologie colonialiste (et non comme aventure individuelle). Enfin, il a appelé les français de culture musulmane à refuser la culture de la repentance. Cette mentalité faite de rancœur, d'hostilité et de chantage, entretenue par les associations de Gauche et les groupes de pression communautaires, n'a fait que créer des tensions et des divisions entre les français et surtout, elle n'a jamais permis à nos compatriotes des anciennes colonies de se sentir totalement et pleinement français (mais on comprend bien que c'était en fait le but de la manœuvre). Il ne s'agit pas pour autant, rappelle Soral, d'oublier le passé mais il s'agit désormais de dépasser les contentieux et de faire de l'histoire sérieuse, en bref, d'éviter de nous faire manipuler, de cesser de nous taper dessus et d'affirmer notre fraternité dans la France et pour la France.
3. DIALECTIQUE APLLIQUEE AU MODELE REPUBLICAIN ET A L'ISLAM
Après le préalable de la réconciliation, c'est-à-dire la pacification des rapports entre les individus que nous venons d'évoquer, reste la question du cadre de la réconciliation. Alain Soral avance cette idée qu'il faut réinventer un modèle républicain de fraternité en se demandant « comment faire une réunion fraternelle de communautés fières de leurs valeurs et de leurs origines mais qui participent toutes à la grandeur de la France ? ». Il cite alors un exemple historique où un tel modèle a fonctionné en France et dont nous pourrions nous inspirer : celui du Grand Sanhédrin et du pacte social entre Napoléon et la communauté juive, pacte qui a débouché sur la pleine intégration des juifs dans la nation française et a permis qu'ils contribuent à l'aventure de la nation française et à sa grandeur (exemple historique qui soit dit en passant est quelque peu oublié aujourd'hui par les organisations représentatives juives).
Cette dynamique et cette plasticité des concepts et des principes s'est également retrouvée dans le discours du Recteur Oubrou . Celui s'est également réclamé d'une démarche quelque peu « marxienne » dans la réflexion qu'il opère à propos de l'Islam. Face à la dynamique, pour ne pas dire l'accélération de l'histoire, il a semblé revendiquer l'utilité d'une certaine méthode dialectique pour trouver les conciliations et les adaptations nécessaires.
Mais voilà, toutes ces dispositions raisonnables et réfléchies de ceux qu'on présente paradoxalement comme des extrémistes, ne parviennent pourtant pas à lever les craintes et à calmer les hostilités de certaines personnes qui, pour le coup, apparaissent finalement à leur tour comme quelque peu extrémistes et bornées. Nous avons déjà évoqué l'hostilité et le racisme larvé de la Gauche antiraciste qui d'ailleurs n'est, à priori, pas venue participer au débat ce soir là, préférant visiblement le chahut dans la rue et le folklore d'un attroupement derrière une bannière intitulée « resistencia antifascista » (parce qu'en plus ils ne seraient pas français !?). A moins que leur émissaire très spécial n'ait été ce jeune scolastique prenant la parole dès l'ouverture de la discussion pour nous faire part de sa passion biblique pour Marx et postuler, comme vérité éternelle et comme résolution finale de l'histoire, la victoire d'un prolétariat essentialisé, nous offrant donc au final un bel exemple d'idéalisme intégriste, une position très peu dialectique et en définitive très peu marxiste.
Mais venons-en maintenant à la deuxième partie du sous titre de la conférence, sous-titre qui était, je le rappelle, « Pourquoi la gauche antiraciste et la droite islamophobe n'en veulent pas ? ». Dans la chronologie du débat, après qu'aient été exposées les motivations et les méthodes de la gauche dite « antiraciste », c'est en effet une question venue du Collectif contre la Grande Mosquée de Bordeaux qui a engagé la discussion, cette fois avec donc une Droite qui s'affirme catholique et opposée à l'Islam. A la différence des gauchistes, ces personnes sont venues écouter et dialoguer, ceci semblant déjà un signe d'honnêteté. Nous verrons toutefois que la démarche n'était peut-être pas aussi bienveillante qu'on pouvait le penser.
5. LES CRAINTES D'UNE CERTAINE FRANGE DE LA POPULATION FRANCAISE
Pour revenir aux instrumentalisations opérées sur les populations, il faut se rendre à l'évidence que l'enjeu politique actuel, la manipulation en cours, se situe plutôt du côté du petit blanc français, issu de préférence de la classe moyenne et de culture chrétienne, parce que tout simplement celui-ci est démographiquement majoritaire et qu'il subit déjà et va subir encore davantage le choc de la crise financière et l'effritement identitaire de son pays. Le pouvoir capitaliste-mondialiste se demande alors comment il va pouvoir lui faire encaisser la crise et, pour le dire vite, la destruction de son pays.
C'est ainsi que dans un souci de dialogue et de clarification, nous, membres d'Egalité et Réconciliation, avions fortement incité les membres du Collectif contre la Grande Mosquée de Bordeaux qui s'affirment comme anti-mondialistes et déclarent leur identité essentiellement menacée par l'Islam, à venir poser des questions, même les plus dérangeantes, puisque ce sont souvent les plus intéressantes. Et les questions furent effectivement pertinentes. On déplorera seulement que monsieur Larebière, le président de ce collectif, n'ait pas tenu sa promesse, réaffirmée pourtant auprès de nous le matin même, de ne pas filmer l'« intervention » de son collectif et qu'il finisse par perturber le dialogue. Nous connaissons ce collectif et les mouvances identitaires auxquelles il se rattache. Nombre de leurs revendications sont légitimes et leurs actions sur le terrain, quand elles ne cèdent pas à la provocation simplificatrice, nous semblent intéressantes. Toutefois, nous avons également noté sur les blogs qui relaient leur message une tendance à la manipulation, par la fragmentation des discours et la décontextualisation des idées ; une méthode visant à plier le réel à la fiction qu'on défend et qui n'est pas sans rappeler les méthodes trotskystes. Il est d'ailleurs étonnant de voir cette mouvance souvent s'adresser à son « public » sur ce mode de la provocation superficielle, comme si celui-ci n'était pas capable de saisir les nuances ou entrer dans un minimum de subtilité (mais on comprend que cela l'obligerait par la même occasion à précisément sortir de la fiction). A Egalité et Réconciliation, nous ne voulons pas nous raconter d'histoires ni faire baisser le niveau et nous pensons que les questions délicates touchant à l'identité de la France méritent mieux que cela et ne se règlent pas à la légère. Voilà la raison pour laquelle nous avons tenu à ce qu'on ne puisse pas utiliser d'images de la conférence avant sa publication intégrale en ligne par nos soins.
Fort heureusement, malgré ce petit incident, le camarade de monsieur Larebière, a pu aller au bout de ses questions et le débat a pu se poursuivre. Il a témoigné de son inquiétude concernant la construction de cette mosquée et a dressé un tableau très juste de la situation que connaît la France aujourd'hui, à savoir la présence d'une population musulmane importante qui, immanquablement, interroge l'identité chrétienne et européenne de cette nation. Il a également temoigné d'une forme d'injustice ressentie face à l'attitude des pouvoirs publics qui donnent souvent l'impression d'être bienveillants envers l'Islam pendant qu'ailleurs ils délaissent quelque peu le patrimoine chrétien.
A cela, le Recteur Oubrou s'est empressé d'affirmer qu'il entend bien ce message venant de ce qu'on appelle la majorité silencieuse ; cette majorité de français dits « de souche » (ou appelés malheureusement « sous chiens » par certains), souvent de la classe moyenne et de culture catholique et qui n'ont pas à proprement parler de communauté constituée. Le Recteur a répété être sensible à la souffrance de cette population qui, entourée de minorités agissantes qui continuent de la charger de tous les maux, craint pour son avenir. Et par là, il a également voulu rassurer l'auditoire. Il a rappelé d'abord quel était son rôle : organiser un culte qui concerne désormais dans la région bordelaise plus de 30 000 personnes. Ensuite, concernant la future grande mosquée, il a rappelé en premier lieu, que sa construction était conforme à la loi, rappelant ensuite son utilité en tant que lieu d'édification : « c'est dans votre intérêt qu'il y ait des mosquées qui absorbent et canalisent cette spiritualité et cette présence » a-t-il dit, soulignant par là son opposition ferme à un Islam qui se développerait de façon anarchique et sauvage et qui ne pourrait être que préjudiciable au bien commun. Le message qu'a voulu faire passer cette autorité morale de la communauté musulmane de Bordeaux est donc le suivant : nous ne sommes pas vos ennemis, nous ne vous voulons aucun mal. Et de reconnaître la primauté du catholicisme en France, et de réaffirmer une volonté de transparence absolue en ce qui concerne l'implantation et l'organisation de son culte ici à Bordeaux : « La future mosquée sera ouverte à tout le monde, musulmans et non musulmans ». Un discours on ne peut plus rassurant.
Maintenant, afin d'être totalement impartial sur ce qui s'est dit durant cette soirée, nous mentionnons pour finir quelques questions qui sont restées en suspens ou qui n'ont pas provoqué, disons, de consensus entre nos invités.
6. LES QUESTIONS EN SUSPENS
La première question concerne l'immigration. Là où le Recteur Oubrou veut y voir un phénomène inéluctable, sans d'ailleurs distinguer ce qui relève du projet individuel du projet économique global, Soral pense que ce libre échange intégral, outil du capitalisme mondialisé, est à repenser car tous les peuples y sont perdants. Rappelons que monsieur Oubrou est un théologien, ce qui peut expliquer sa réticence à porter un jugement disons plus politique sur les évènements. Ce même genre de disposition s'est manifesté lorsqu'il a parlé de la diversité des tendances (politiques, idéologiques, culturelles, sexuelles) au sein de sa communauté. Il ne porte pas de jugement sur les citoyens mais sur les croyants. Le réel semble être questionné à l'aune de la foi. Ceci étant dit, c'est en quelque sorte négativement que nous avons pu juger de sa position sur la question de l'immigration puisqu'il n'a pas jugé bon de polémiquer sur celle de Soral.
La deuxième question, d'ailleurs soulevée par le membre du Collectif anti-mosquées, est celle de la double nationalité. C'est en effet une question délicate, reconnue comme telle par le Recteur. En l'état actuel des choses, il est clair que cette question pose problème, sans toutefois constituer un nœud inextricable ni un obstacle incontournable, d'autant qu'elle est loin de concerner tous les musulmans. Et puis nous n'avons jamais prétendu à E&R que tout était déjà réglé et qu'il ne restait pas du travail à faire. Il faut prendre le temps et continuer à penser des solutions pour la France de demain.
D'ailleurs, à cette question Soral n'a pas manqué de lancer les pistes de réflexions avec l'inévitable question qui découle de cette double allégeance : la hiérarchisation. Sur quoi, le Recteur Oubrou a affirmé d'une certaine façon se sentir ici en France un français musulman et non un musulman français.
Enfin, autre question, émanant une fois encore du Collectif anti-mosquées, celle d'un éventuel référendum bordelais à propos de la construction de la future grande mosquée. Une sorte de traitement de faveur pour l'Islam de Bordeaux, puisqu'à ma connaissance, ce genre de consultation n'est jamais mis en œuvre pour de tels projets. Les bordelais n'ont par exemple pas été consultés pour donner leur avis sur l'implantation d'une Eglise catholique traditionaliste dans le centre de leur ville, et c'est heureux. Une Eglise aux positions pourtant radicales et intransigeantes (mais il en faut pour le bien de la démocratie) et qui prend la liberté de célébrer le jour anniversaire de la mort du maréchal Pétain. Donc une consultation des bordelais sur la mosquée serait certes intéressante si elle porte essentiellement sur les critères architecturaux ou le fonctionnement de ce lieu et les modalités de son intégration dans la vie de la cité. Pour le reste, on ne voit pas bien où le refus de sa construction peut mener ni quels seraient les effets positifs de ce refus pour les bordelais. S'ils s'agissait encore de la construction d'un supermarché érotique du genre Sexy Center en pleine ville, on pourrait comprendre une telle débauche d'énergie et de moyen pour empêcher un tel projet mais dans le cas de la mosquée on reste un peu dubitatif.
Voilà pour les quelques questions en suspens ou qui mériteraient d'être encore débattues. Si ce compte-rendu ne prétend pas être exhaustif, il a souligné en revanche les grandes questions qui ont été abordées et a voulu rendre le climat dans lequel s'est déroulé la conférence. Comme nous le rappelons dans la conclusion qui suit, il s'est en effet passé des choses.
7. CONCLUSION
Alors que nombre d'acteurs politiques voient leur discours sans cesse démenti par le réel, c'est à plusieurs reprises ce soir-là, dans l'unité de temps et de lieu qu'a constitué cette conférence, que le réel est venu confirmer les dires d'Egalité et Réconciliation. Comme disait Lénine : « les faits sont têtus ».
Contrairement à ce qui se fait souvent en matière de conférences et afin que le mot « dialogue » prenne tout son sens, nous avions pris le parti de laisser toute la place au débat. Les questions-réponses ont donc duré deux heures, l'échange fut de très bonne qualité et s'est déroulé sans problème majeur ; une démonstration par les actes, qu'il est possible de réfléchir ensemble, au-delà de nos allégeances individuelles, sur des sujets importants et difficiles et qu'il est même possible très souvent de trouver des solutions et de s'entendre !
Autre confirmation par le réel de ce que nous ne cessons pas de répéter à E&R : l'absence dans le débat et sur des questions sérieuses de représentants de ceux qui se définissent à Gauche sur l'échiquier politique. Mais où est donc passée la Gauche ? Certes, dans un contexte ordinaire, il serait ridicule de reprocher à quelqu'un de ne pas venir à un débat mais, en l'occurrence, l'intitulé de celui-ci soir-là concernait directement la Gauche antiraciste. Comme ces gens-là se sont déplacés pour faire du chahut dans les rues à proximité de la salle, on aurait pu penser que quelques-uns en auraient profité pour venir alimenter le débat. Il n'en fut rien et ils ont visiblement voulu donner des leçons de démocratie en refusant tout simplement le dialogue ! A cette première contradiction vient s'en ajouter une autre : ces sortes de milices dites « antiracistes » sont aujourd'hui, chose relativement nouvelle, prêtes à « cogner » sur des français musulmans ; monsieur Besancenot, sur les conseils de sages avisés, avait peut-être suggéré de, comme il aime à le dire, « faire le ménage ».
Pour ce qui concerne la Droite que nous pourrions qualifier d' « identitaire », là encore, les faits sont venus démontrer les dires. Une grande partie du combat de cette mouvance est tout à fait respectable dans la mesure elle s'inscrit dans la défense de l'enracinement, la sauvegarde du lien social et la préservation des identités menacées par le mondialisme. Et il est dans leurs rangs, nous le savons, des personnes parfaitement honnêtes. Seulement, à l'instar des « gauchistes », nous déplorons qu'ils se laissent parfois gagner par le pathos, s'interdisant par là une compréhension sereine des enjeux et sacrifiant une énergie et une intelligence qui pourrait vraiment être mise au service de ce qu'ils défendent. Le petit écart de conduite constaté ce soir-là de la part d'un de leurs représentants, alors que toute la salle écoutait avec attention le propos de son camarade, est à ce titre révélateur. Et puisque nous sommes dans le sujet, terminons par ce petit emportement de fin de soirée de la part d'un jeune musulman, écart de conduite et de langage sanctionné par le départ du Recteur de la scène. Il est visiblement des façons de parler et de se tenir que ne tient pas à permettre l'Imam de Bordeaux, une réjouissante petite leçon de tenue et de politesse à méditer.
Si, comme nous venons de le voir, les faits sont têtus, nous savons que certains ne manqueront pas de mauvaise foi ni de malhonnêteté pour les déformer et les travestir. Mauvaise foi et malhonnêteté sont en effet des qualités que nous ne sous-estimons pas chez nos adversaires.
Pour notre part, des discours et des attitudes des uns et des autres lors de cette soirée, des réactions qu'elle a suscité, nous tirons d'ores et déjà un enseignement : les fondamentalistes et les bornés ne sont en réalité pas ceux qu'on croit. CQFD.
Stéphane (E&R Aquitaine)
11:30 Publié dans Conférences-Textes-Discours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : soral, oubrou, conférence, antifascisme, racisme, réconciliation, france, république
04.03.2008
La France et le multiculturalisme
_____par Stéphane (E&R Aquitaine)_______________________________
Lorsqu’on aborde la question du multiculturalisme, il convient de distinguer deux phénomènes : l’immigration et la revendication régionaliste. Ce sont en effet deux sujets qui interrogent l’identité d’une nation ainsi que son unité.
De plus, il faut avant toute chose rappeler que le multiculturalisme est comme tant d’autres « -ismes », un courant de pensée, une sorte de programme politique. C’est un modèle de société issu du libéralisme anglo-saxon qui fait le choix de reconnaître au sein d’une société donnée une pluralité de cultures dont les spécificités sont fondées sur l’ethnicité et doivent être prises en compte par l’Etat.
Ainsi, concernant le phénomène de l’immigration, on constate que certains pays qui, comme le Canada, se sont bâtis historiquement sur l’immigration et qui en leur fondement sont multiculturels, ont inscrit le multiculturalisme dans la loi et donc, par souci d’égalité et de justice, la discrimination positive qui va avec (1). Face à ces cas qui relèvent d’un choix naturel, on trouve des pays comme la France pour lesquels le multiculturalisme est clairement subi et même contraire à leurs principes politiques.
14:09 Publié dans Conférences-Textes-Discours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : multiculturalisme, identité, nation, discrimination, république, laïcité
01.01.2008
La France et le multiculturalisme
Lorsqu’on aborde la question du multiculturalisme, il convient de distinguer deux phénomènes : l’immigration et la revendication régionaliste. Ce sont en effet deux sujets qui interrogent l’identité d’une nation ainsi que son unité.
De plus, il faut avant toute chose rappeler que le multiculturalisme est comme tant d’autres « -ismes », un courant de pensée, une sorte de programme politique. C’est un modèle de société issu du libéralisme anglo-saxon qui fait le choix de reconnaître au sein d’une société donnée une pluralité de cultures dont les spécificités sont fondées sur l’ethnicité et doivent être prises en compte par l’Etat.
Ainsi, concernant le phénomène de l’immigration, on constate que certains pays qui, comme le Canada, se sont bâtis historiquement sur l’immigration et qui en leur fondement sont multiculturels, ont inscrit le multiculturalisme dans la loi et donc, par souci d’égalité et de justice, la discrimination positive qui va avec (1). Face à ces cas qui relèvent d’un choix naturel, on trouve des pays comme la France pour lesquels le multiculturalisme est clairement subi et même contraire à leurs principes politiques.
Immigration et discrimination positive
Concernant la discrimination positive on pourrait dire qu’à ceux qui réclament le droit à la différence pour des motifs identitaires (à bien distinguer de l’exigence de droits sociaux !), la République Française doit répondre qu’elle est tenue d’être indifférente à la différence. Si des français blancs, comme par exemple les activistes du Bloc Identitaire, ou des français noirs, représentés entre autres par le CRAN, ou des français juifs, soutenus par le CRIF, ou encore des français gays, défendus par Act Up, réclament ce droit à la différence, selon les lois de la République leurs exigences doivent rester lettres mortes sinon nous serions en présence d’une pratique discriminatoire et la neutralité ethnoculturelle de l’Etat ne serait pas respectée.
On peut également mentionner ici un effet pervers de la discrimination positive. Elle est censée corriger des différences de traitement en aval qu’une égalité des chances en amont n’a pu empêcher (2). Or, on commence à s’apercevoir que l’instauration de la discrimination positive en France ne viserait en fait qu’à se substituer à l’égalité des chances, constituant ainsi une solution de facilité teintée de clientélisme et ajustable selon les besoins et les intérêts du moment (des droits pour certains à des moments donnés) ; facilité qui au final dispenserait l’Etat de faire tout ce qu’il faut pour réellement garantir une égalité des chances pour tous (ou donc plutôt des droits pour tous). La discrimination positive, outil d’une politique multiculturaliste, est donc clairement un danger pour l’égalité des chances, c’est une régression qui menace la cohésion de la nation française en entérinant une forme de démagogie clientéliste, démagogie qui vise avant tout à masquer l’abandon de tout projet social (ou socialiste pourrions-nous dire) et à dissimuler la destruction de la République française et de ses fondements. (3)
Conséquence perverse de cette politique : appauvrir la pertinence de la revendication. Par exemple, une ouvrière noire ne se sentira plus de cette façon opprimée par son patron mais par son voisin qui, bien qu’ouvrier comme elle, cumule l’inconvénient d’être un homme et d’être blanc, ce qui aujourd’hui selon la doxa féministo-antiraciste vous range dans la catégorie des salauds qui oppriment les femmes. La méthode consiste donc dans la réalisation d’un morcellement des revendications de façon à les rendre minoritaires et concurrentielles et ceci par la satisfaction conditionnelle de certaines d’entre elles, c’est-à-dire par l’octroi circonstanciel de privilèges à certains au détriment des autres. C’est évidemment une très bonne façon de gommer la dimension sociale des problèmes et d’y substituer des causes relevant de la race, du sexe, de la religion, de la classe d’âge, de la culture, des pratiques sexuelles – éléments qui certes sont des facettes des problèmes qui secouent notre société mais qui dans la plupart des cas ne peuvent être érigées en ferments prédominants au détriment de la plus forte et la plus prégnante discrimination qui traverse notre société : la discrimination de classe.
Le régionalisme
En ce qui concerne le phénomène du régionalisme, le souci de cohésion de la nation implique également un traitement de cette question à l’aune des valeurs de la République. Il est possible de respecter et de prendre en compte certaines revendications régionalistes car, à l’instar des revendications communautaires il ne s’agit pas de les exclure absolument, mais cela doit se faire dans la mesure où ces revendications ne font pas le jeu du morcellement de la nation et de l’affaiblissement de l’Etat. La France s’est patiemment employée tout au long de son histoire à rendre possible cette unité et cette cohérence, on ne voit pas pourquoi à cause de malveillants apôtres du « diviser pour mieux régner », elle devrait aujourd’hui détruire cette communauté nationale.
Il est tout à fait légitime que des régions du territoire français, sentant leur identité menacée et ayant le sentiment d’une espèce de « colonisation » de leur terre, luttent pour la défendre (4). Simplement, parmi les deux voies d’opposition qui s’offrent à elles, celle ressortissant de l’articulation d’une spécificité (d’une identité individuelle) avec une identité nationale (identité collective) semble préférable à celle envisageant la sécession pure et simple vis-à-vis de la nation française.
En effet, la stratégie de l’Union Européenne (qui rappelons le au passage n’est que le cheval de Troie des multinationales mondialistes) est de flatter les revendications régionalistes afin de les satisfaire à terme par une autonomie illusoire plus proche de celle la réserve indienne américaine que d’une réelle indépendance et d’une souveraineté effective. Ce simulacre d’autonomie ne fera ainsi que masquer leur plus profonde aliénation aux tenants du pouvoir. De plus, à l’instar du multiculturalisme communautariste qui dévoie la lutte de classes verticale au profit d’une lutte intercommunautaire horizontale, le régionalisme communautariste vise à remplacer une solidarité nationale, en principe plus apte à résister au rouleau compresseur mondialiste, par une concurrence interrégionale horizontale qui facilité la main mise et le contrôle sur les régions par un pouvoir supranational qui à terme veut faire d’elles ses provinces.
Les défenseurs de ce qu’il convient désormais d’appeler « Europe des régions » ou les « Euro-régions », arguent du fait que le rééquilibrage se fait grâce à des subventions et des aides ponctuelles, une sorte de coup de pouce s’apparentant à une discrimination positive (on choisit à tel moment d’aider telle région pour tel projet).
Simplement un mécanisme redistributif neutre provenant d’un « pot » mis en commun par les membres d’une même communauté nationale est évidemment préférable à un donateur supranational impersonnel dont la générosité n’est évidemment pas inconditionnelle et qui comme dans toute forme de charité aliène son destinataire à son bon samaritain.
Pour poursuivre sur cette autre forme de discrimination positive qu’est l’Europe des régions, on peut ajouter que le choix des catégories (ou des régions) auxquelles elle s’adresse est laissé à la discrétion des gouvernants (ou des technocrates apatrides) qui, plus encore que lorsqu’ils étaient tenus à la neutralité, peuvent désormais choisir en fonction de leur intérêt du moment de favoriser tel ou tel groupe, de pratiquer un genre de clientélisme qui choisit de favoriser tel ou telle baronnie sur des critères qu’on devine relever de l’échange de bons procédés pour ne pas dire du proxénétisme.
De la même façon, dans cette optique d’un déchargement des responsabilités de l’Etat sur les régions, des français d’une région en crise ne pourraient recevoir le soutien de leurs compatriotes des autres régions qui elles se portent mieux, au motif que chaque région joue désormais pour sa pomme en se moquant du sort des autres. Cette gestion ultra-rationnalisée du territoire aboutit en fait à la loi du plus fort et du plus riche et au creusement des inégalités entre les citoyens français.
Si un peuple d’une région s’estime victime d’injustice et qu’il estime devoir être protégé, qu’il le fasse au nom de l’injustice en générale et au nom de solidarité avec les autres peuples lésés.
De plus c’est à l’Union Européenne qu’il faut s’en prendre aujourd’hui et non aux Etats-nations moribonds. Ce n’est pas la langue française mais l’anglais qui menace d’araser les cultures. Ainsi, il convient de revendiquer et sa langue spécifique et la langue française. Contractualiser avec l’Union Européenne, c’est s’aliéner à une technostructure encore plus délétère que l’Etat-nation, technostructure dont l’ambition est de créer des identités de carte postale.
Il s’agit également de se méfier de la récupération des revendications identitaires par des groupes qui entendent avant tout défendre leurs intérêts de classe : une certaine bourgeoisie régionale peut ainsi lutter contre une autre bourgeoisie jacobine au nom du droit à la différence pour avoir tout simplement sa part du gâteau, c’est-à-dire faire main basse sur le patrimoine qu’elle prétend défendre. La revendication économique ou commerciale prend alors le pas sur la revendication politique et identitaire et au final le développement et la prospérité éventuellement gagnée ne profiteront qu’aux notables locaux et non au peuple tout entier. Il faut donc ici bien voir de qui émanent les revendications et à qui profitera le crime.
Si à titre d’exemple la Corse réclame plus de protection, qu’elle le fasse pour la France toute entière. De plus, ce désir d’autonomie donne souvent l’impression que l’on veut les avantages mais qu’on refuse les inconvénients (faire partie de la communauté nationale confère des droits et des avantages mais exige aussi des devoirs). La revendication culturelle et identitaire ne doit pas se faire au détriment de la solidarité économique. A l’instar de l’ouvrière noire qui se sent plus opprimée par son voisin blanc que par son patron, le citoyen corse se sent plus opprimée par la France que par les capitalistes de Bruxelles. La haine des ethnonationalistes envers l’Etat-nation les jette dans les bras des cyniques technocrates de Bruxelles. Battons-nous donc ensembles- continentaux bretons, niçois, alsaciens et insulaires corses-, sous la bannière de la nation française pour sauver ce qui peut l’être. Le combat prioritaire en 2008 est celui du modèle français contre le modèle d’outre-atlantique.
Identité et nomadisme
La volonté de rééquilibrage rationalisé du système multiculturaliste aboutit donc à l’extrême inverse : un relativisme dangereux dénué de principe unificateur qui induit un processus absurde courant sans cesse après l’égalité sans jamais pouvoir l’atteindre. Dans l’histoire il y aura en effet toujours un groupe pour se sentir lésé. Mais peut-être est-ce précisément le but de ce mécanisme aporétique? Ne plus avoir affaire à des mouvements de masse soudés par ce que les psychanalystes appelleraient un Grand Sujet mais à des groupes minoritaires fruits de micro conformismes et dont les membres convergent autour de valeurs légitimes, dans le cas du régionalisme, mais de valeurs moins légitimes, dans le cas d’un communautarisme relevant de la couleur de la peau, des pratiques sexuelles, du genre voire de la façon de se déplacer en milieu urbain - convergences qui relèvent plus ici de la niche marketing que d’une réelle identité culturelle et sociale. La pertinence même de ces catégories est politiquement sujette à caution : en effet qu’est-ce que « les femmes » ? Qu’est-ce « les gays » ? Qu’est –ce que la « communauté noire » ? Ce sont des catégories réductrices basées sur un critère. Se définir avant tout comme gay ou comme juif ou comme skater est d’une pauvreté affligeante et sclérosante alors que se définir comme français implique une richesse identitaire autrement plus globale et riche. Partant, l’existence de communautés fondés sur la nationalité parait plus concevable : la communauté chinoise, la communauté russe, la communauté portugaise – sachant que la France est avant tout le pays de la communauté française, lapalissade qu’il n’est pas inutile de rappeler.
Dans tous les cas, il suffit ensuite de mettre en concurrence les intérêts de ces groupes ou de ces régions et le tour est joué, la division règne.
On peut même envisager que ceux qui auront les moyens, la possibilité et la lâcheté de se mettre dans le camp du plus fort et du plus riche, choisiront sans scrupules de changer de communauté et de territoire ou de cumuler dans leur caddie identitaire les appartenances qui lui conviennent et qui l’avantagent, tout ceci donc au gré de leurs intérêts. Par exemple si le type du juif-homosexuel-urbain-travaillant des les médias et résidant à Paris ou le type de la beurette-lesbienne-urbaine-travaillant dans le social et résidant en Bretagne sont porteurs, il sera pertinent de se rapprocher le plus possibles de ces types plutôt que de celui moins porteur du catholique-hétérosexuel-rural-travaillant à l’usine et résidant dans le Nord-Pas-de-Calais. Le nomade consumériste et hédoniste faisant fi de toute intériorité, de tout sentiment profond d’appartenance et qui se retrouve dans des communautés totalement factices et fluctuantes est bien le citoyen déshumanisé et désaffilié de demain. Dans un relativisme et une indifférenciation généralisés, en touristes consommateurs, les citoyens-concurrents se battront, se prostitueront pour obtenir les faveurs du plus fort et du plus riche dans une lutte qui, du fait de la limitation des places disponibles, tournera inexorablement à la guerre civile.
Un Etat neutre ?
Face à cette perspective peu réjouissante, l’issue est donc bien la réhabilitation de l’Etat-nation. En effet, la seule communauté qui vaille c’est la communauté nationale car elle fait fi des appartenances particulières, non qu’elle les rejette mais elle leur est tout simplement d’une neutralité bienveillante. Tout autre manière d’envisager l’attache communautaire rapproche du tribal, du clanique. S’il n’y a pas cohabitation de toutes les communautés sous l’égide d’un grand principe unificateur, nous allons précisément vers cette atomisation du peuple et donc à terme à des tensions dangereuses pour la paix civile.
Partant de là et pour en revenir où nous sommes partis – multiculturalisme et Etat républicain neutre – l’examen des changements de notre société et le constat des limites et des dévoiements de cette laïcité intransigeante, il est bon de se demander si premièrement, une neutralité ethnoculturelle totale est possible voire souhaitable – est-il possible et pertinent d’effacer tout matière historico-culturelle et de retirer de l’Etat toute référence à l’identité française et à ses racines historico-culturelles et religieuses. La France fille de la Révolution doit-elle oublier qu’elle fut aussi fille aînée de l’Eglise ?
Deuxièmement, est-il légitime que le bafouement de cette neutralité se fasse très souvent au détriment du christianisme et par exemple en faveur de l’islam ou du judaïsme. Des exemples parmi d’autres : dans toutes les cantines scolaires de France on respecte les prescriptions alimentaires du Coran mais on n’est plus tenu de servir du poisson le vendredi et par ailleurs on interdit à une association caritative de servir une soupe destinée aux chrétiens ; on fait appel aux deniers publics pour construire des mosquées pendant que toute une partie de notre patrimoine hérité du christianisme est laissé à l’abandon. Est-ce la meilleure façon d’assurer la cohérence et l’harmonie du peuple français ? Quant à l’attention toute particulière portée par nos gouvernants à la communauté juive, je renvoie à l’ouvrage de Jean Robin intitulé « La judéomanie », livre qui dénonce le favoritisme « perpétré » à l’encontre de cette communauté et les privilèges que L’Etat censé être neutre lui a accordé depuis 30 ans.
La nation
Si la mise en harmonie des spécificités n’est pas chose aisée le pire ce serait de renoncer à la faire. Pour y parvenir il est bon de garder à l’esprit quelques principes. Comme à l’échelle mondiale, une uniformisation à l’échelle nationale est absolument à éviter. Concernant les régions, il est nécessaire de reconnaître l’enracinement sans pour autant abandonner le ciment de la nation, c’est-à-dire la langue commune, le territoire commun, une histoire et une culture commune. Cet héritage est un moyen autrement plus fort et plus noble de donner du sens à l’existence collective des individus que de miser sur une nation dont le seul but est d’avoir les yeux rivés sur le taux de croissance et dont la seule aspiration est de soumettre ses individus abstraits car sans mémoire à une Union Européenne technocratique et sans âme. Cette seconde possibilité froide et inhumaine est pourtant celle qui est en train d’être appliquée.
Concernant les immigrés, il semble évident que pour être intégrés à la nation et devenir français, il leur faut sacrifier un peu plus leur enracinement, leurs origines que ne sont obligés de le faire les français. Ces derniers ayant déjà effectué ce sacrifice en acceptant la langue commune, le territoire commun et en ayant déjà participé à l’histoire et à la culture du pays qui les a vus naître et dont ils ont déjà reçu ou transmis l’héritage. Le problème aujourd’hui réside dans des positions de repli ou d’abandon qui font voler en éclat l’unité nationale. Repli identitaire excessif de certains régionalistes et de certaines communautés immigrées face au phénomène inverse qui consiste en l’arasement de tout héritage et qui donne une telle similitude dans la façon d’être au monde entre un jeune sous-prolétaire de banlieue et un jeune bourgeois de province, tous délivrés de toute attache et de tout repère, tous déculturés et tous inévitablement voués à épouser la religion dominante, celle des vêtements de sport, du rap et du business, c’est-à-dire celle du Marché. Rappelons ici qu’un des fils de notre président est producteur de hip-hop et s’habille comme une caillera de banlieue.
Face à ces phénomènes totalement divergents et tendant vers les extrêmes (une conséquence politique qui sera en l’occurrence une révision à terme de la loi de 1905 et sûrement pas pour le meilleur), il semble donc opportun de remettre sur pied des repères. Ne doutons pas que ces repères soient ceux relevant de la réaffirmation d’une identité française et de ses principes politiques afférents. Est-il vraiment besoin de rappeler que la France est par définition un pays européen majoritairement de race blanche, de religion catholique et de culture gréco-latine ? Faut-il rappeler la primauté de la langue française, rappeler que le couple hétérosexuel reste le meilleur modèle pour une société qui veut perdurer ? Il semble qu’il le faille quitte à se faire taxer de facho par les cons. Ne pas avoir peur donc d’affirmer que l’apologie du métissage et du déracinement est un intégrisme dangereux pour la cohésion de notre pays car métissage n’est pas synonyme d’universel. Redire, sans exclure les autres cultures et les autres religions, la primauté de la culture française sur toutes les autres, ceci parce que tout simplement et que cela déplaise à certains citoyens du monde cette culture est née et s’est forgée au fil des siècles dans un territoire qui s’appelle La France. Et à ceux qui avancent à juste titre le fait que la population de la France a changé et qu’elle ne sait plus très bien qui elle est, ni où elle va et qu’ainsi il faut de nouveau trouver les moyens de faire cohabiter harmonieusement cette multitude de cultures et d’identités sur le même sol, on pourrait demander s’ils ont une meilleure solution que celle qui consiste à donner du sens et des repères à cette cohabitation. Une France comme projet commun de solidarités communautaires multiples ne peut se faire que si au-dessus de ces solidarités existe ce qu’on appelle la Nation. Et pour que cette Nation, incarnation du bien commun et de l’intérêt général, existe, il faut qu’elle ait un contenu. Non pas un contenu fait d’un principe hégémonique annihilant toutes les identités spécifiques, mais un cadre, un Grand Référent en commun, une conscience commune qui motive la volonté de vivre ensemble.
L’idéologie dominante
Mais voilà, l’idéologie dominante est à l’opposé. On ne compte plus à gauche comme à droite ces laudateurs de l’immigration en tant que richesse culturelle, ces balayeurs de la nation, idiots utiles et lucides cyniques qui propagent l’idée d’un apport culturel extérieur bénéfique alors que les seuls apports extérieurs que la France ait reçus ces dernières décennies sont une islamisation rampante, une américanisation virale et la confiscation de ses terres et de son littoral par des retraités anglais ou allemands. Le seul Grand Sujet dont les valeurs peuvent contrecarrer ce processus destructeur qu’est la marchandisation de tous les secteurs de notre existence est donc bien celui qui affirme la primauté d’une identité française, d’une identité collective forte et en cohérence avec l’histoire de notre pays. Au nihilisme des valeurs et à une société vidée de tous repères humains la seule réponse à apporter est une réponse porteuse de valeurs fondamentales qui donnent du sens à l’existence. Le choix d’un individu déraciné, vidé de toute charge culturelle et identitaire et ne vivant que pour lui-même (ou pour son petit clan) ne semble pas être un gage de coexistence harmonieuse des membres d’une nation. Une société ne peut exister qu’en étant porteuse de sens, sens qui ne peut provenir que d’un partage collectif d’un sentiment d’appartenance et qui se réalise dans la poursuite de l’intérêt général et dans une relation dialogique entre les individus.
Si c’est contre la domination de ce modèle que luttent les chantres du multiculturalisme alors on peut dire que tout simplement ils luttent contre la France et servent volontairement ou involontairement la sujétion de notre Nation à l’idéologie du Marché et au matérialisme hédoniste qui en est sa traduction. Nous les invitons donc à la quitter notre chère France si elle ne leur plait pas.
Enfin, à ceux qui s’arc-boutent sur leurs identités locales de peur d’être submergés par la domination culturelle d’un jacobinisme ultra-centralisé, il est bon de rappeler que l’Etat français n’est plus qu’un des bras armé du mondialisme et de son mode de vie américanisé. Ce n’est donc pas pour sa disparition qu’il faut lutter mais bien pour sa résurrection, pour qu’il redevienne l’Etat souverain qui permettra au peuple et aux peuples de France d’exister à nouveau. L’urgence est que cet Etat-nation, construction politique doublée d’une réalité ethnoculturelle, ressuscite pour le meilleur, qu’il devienne de nouveau la courroie de transmission d’un héritage et le garant de l’existence d’un véritable creuset national. Sans cela, je crains fort qu’il soit difficile d’éviter le pire.
1. La politique fédérale du Canada, renvoyant chaque citoyen à sa communauté d’origine, doit donc instituer une discrimination visant à réaliser dans tous les secteurs de la société une égalité démographique en fonction de ces différentes communautés.
2. Il conviendrait également de revenir ici sur cette notion d’égalité des chances à laquelle serait préférable une égalité des droits dans toutes les étapes de l’existence des individus – car une égalité des chances, si elle donne au départ autant de chances de gagner quelle que soit l’origine des individus, elle ne les protège pas entièrement de la malchance et nous savons qu’il sera toujours plus facile pour certains de pallier cette malchance alors que d’autres devront en subir intégralement les fâcheuses conséquences.
3. Mr Bobo disait bien l’autre jour « Surtout touche pas à mon pote gay ou à mon pote noir ! Quant aux acquis sociaux de mon pote blanc et ouvrier…en fait j’en ai pas de pote comme ça ! Mais vous croyez vraiment que ça existe encore ?! »
4. Ici, il faut également bien distinguer d’une part, des revendications légitimes parce que procédant d’une réalité identitaire objective éprouvée par l’histoire (et doublée aussi il est vrai d’un récit plus subjectif) et d’autre part, des revendications plus fantasmées parce que relevant d’une pure subjectivité, d’une narration que les individus se font à eux-mêmes ou pire d’une narration que des sollicitudes étrangères ont intérêt à leur faire intégrer.
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